A la veille de la rentrée, des municipalités, comme Nice, ont annoncé arrêter la distribution gratuite de fournitures scolaires, jugée trop coûteuse. D’autres, comme Saint-Denis-Pierrefitte, s’apprêtent à prendre le chemin inverse, pour aider les familles.

Une mesure jugée « trop coûteuse »

Le versement de l’allocation de rentrée scolaire (ARS) a débuté le 18 août en France métropolitaine, en Guadeloupe, en Guyane et en Martinique. Il a été effectué dès le 4 août à Mayotte et à La Réunion. Versée chaque année à près de trois millions de familles, sous conditions de ressources, son montant est de 426,87 euros, 450,41 euros ou 466,02 euros selon l’âge de l’enfant (de 6 à 18 ans).

Mais pour aider les familles à financer les dépenses de la rentrée scolaire, outre l’ARS, certaines communes distribuent des « kits de fournitures scolaires » à leurs administrés. C’était le cas de Nice (Alpes-Maritimes) depuis 2025, mais la nouvelle équipe dirigeante, menée par Éric Ciotti (UDR, allié du Rassemblement national), n’a pas reconduit l’opération. Celle-ci a été jugée trop coûteuse : « 440 000 euros, soit environ 20 euros par trousseau, logistique et livraison comprises », a expliqué la Ville à Nice-Matin. Aussi, « il est apparu que les fournitures proposées ne répondaient pas pleinement aux attentes réelles des familles » et que « ce dispositif faisait doublon avec de nombreuses aides existantes ».

Les oppositions de la droite, du centre et de la gauche ont dénoncé une mesure « injuste » et « brutale » pour les familles. Sur RMC, le 18 août, le président de l’association Tous Citoyens, David Nakache, qui distribuait des kits à Nice l’an dernier, regrettait une décision « unilatérale » sans « aucune approche sociale ». Celle-ci a en outre été « prise sans concertation, sans vote au conseil municipal, en prévenant les familles trois semaines avant la rentrée », poursuit-il.

Des produits bas de gamme ?

D’autres communes ont pris la même décision avant cette rentrée 2026. A Saint-Jean-de-Braye (Loiret), le nouvel édile, Cédric Gourin (Les Républicains), a mis fin à la distribution gratuite de fournitures scolaires aux élèves de la ville. Là aussi, l’opération, d’un montant de 27 000 euros, était jugée « trop coûteuse », expliquait-il en mai dernier à La République du Centre. Et d’ajouter que « l’allocation de rentrée scolaire est faite pour ces achats de fournitures ». Le nouveau maire estimait aussi, sur RTL, que le kit « n’était pas forcément adapté à ce que les enseignants demandaient ». L’opposition socialiste, qui avait mis en place le dispositif il y a deux ans, a critiqué « un contresens absolu, à l’heure où le pouvoir d’achat recule » et « alors que l’école se doit d’être gratuite pour tous et toutes ».

Ces décisions ne concernent toutefois pas uniquement des communes dirigées par la droite.  Le nouveau maire La France insoumise (LFI) de Vaulx-en-Velin (Rhône), Abdelkader Lahmar, a décidé d’arrêter la distribution de fournitures en raison de leur mauvaise qualité, a-t-il plaidé en juillet lors d’un conseil municipal, comme l’a rapporté Le Progrès : « Vous pensez réellement que ce type de produits bas de gamme sont utiles aux élèves ? Chaque sac doit équivaloir à 8 ou 9 euros par élève et ce sont des fournitures estampillées “Made in China”. Se plaindre de la canicule ces derniers jours tout en participant au mode de consommation qui la provoque n’est pas très logique. » Et d’assurer que les 32 000 euros mobilisés pour ces kits seront « réinjectés ».

Offrir les mêmes conditions à tous les enfants

A contrario, le nouveau maire LFI de Saint-Denis-Pierrefitte, Bally Bagayoko, a annoncé que des fournitures scolaires de bases seront distribuées dans les écoles élémentaires le jour de la rentrée. La mesure, dont le coût n’a pas encore été précisé, « vise à soutenir concrètement le pouvoir d’achat des familles et à permettre à tous les enfants de commencer l’année scolaire dans les mêmes conditions », explique la Ville. Même chose à Mantes-la-Jolie (Yvelines), où le nouveau maire, Adama Gaye (gauche, sans étiquette), a acté dès cette rentrée la distribution des kits aux près de 3 400 élèves des écoles élémentaires publiques et privées sous contrat de la ville, pour un montant de 70 000 euros. L’adjoint au maire Guillaume Quévarec assure, sur RMC, que « tous les objets qui sont dedans sont aux normes françaises, certains sont même écoresponsables ».

Les estimations du coût de la rentrée scolaire 2026 varient selon les études. En juillet, Que Choisir Ensemble (ex UFC-Que Choisir) estimait que, « cette année, les parents devront dépenser un peu plus que l’année dernière afin d’équiper leurs enfants pour la rentrée des classes. Les fournitures scolaires en grandes surfaces coûtent en moyenne 2 % plus cher qu’en juillet 2025. Une hausse limitée, mais qui vient s’ajouter à celle observée l’an dernier (+ 2 %) et surtout à l’importante augmentation de 2023 (+ 10 %) ». L’Association des industriels de la papèterie et du bureau (AIPB) – qui rassemble 42 entreprises représentant 145 marques – et le cabinet NielsenIQ ont quant à eux publié une étude indiquant une baisse des prix (- 1,2% en moyenne en grandes surfaces), tout comme une enquête de Famille de France parue le 19 août.

Selon un sondage paru le 3 août réalisé par Cofidis, spécialiste du crédit à la consommation, « 46 % des parents se disent en difficulté face aux dépenses de rentrée ».

Erwin Canard