Avec la première vague de chaleur de l’année, les conditions de travail des enseignant.es et des élèves sont très dégradées. La Rédaction du Café pédagogique a reçu énormément de témoignages de ce qui se vit dans les classes.
Passer dans les rangs avec un brumisateur
Ce mardi 26 mai 2026 à 16h30 il faisait déjà 32.2°C dans la salle de Valérie, enseignante au collège. « Les moyens que j’ai ? Ouvrir la fenêtre et faire courant d’air, boire régulièrement pour les élèves qui ont des gourdes car pour les autres, il n’y a rien de proposé ! ». De son côté, Nadine, enseignante de chimie à Paris a annulé son TP sur les synthèses chimiques en classe de seconde. « J’ai changé de salle pour en avoir une moins chaude (heureusement qu’il y en avait une…) et j’ai fait du cours à la place. Je ferai de même vendredi après-midi. Rien n’est envisagé par la région académique. La secrétaire générale nous a demandé de lui envoyer des photos des relevés de températures dans nos salles », note l’enseignante dépitée.
Dans son collège de Toulouse, Mélanie passe dans les rangs avec un brumisateur. « Je remarque que les enfants ont soif, chaud, sont en état léthargique (affalés sur les tables) et certains ont des migraines ». Dans son établissement, un email a été envoyé aux parents « pour doter leur enfant d’une gourde et de vêtements légers ». Le collège effectue aussi une distribution d’eau pendant les pauses. « La végétalisation est en projet mais il n’y a rien de concret ».
« Les élèves sont épuisés. Quelques malaises signalés », souligne Erwan, enseignant en Ille-et-Vilaine, département fortement impacté également. « Une ventilation neuve est à l’arrêt depuis 2 ans et ce malgré les différentes relances. Une réflexion est engagée depuis 20 ans sur une rénovation de l’établissement. Je crois que l’on va attendre encore longtemps ».
« Des heurts plus fréquents »
L’enseignante remarque dans les petites classes que « les enfants manquent d’énergie, peinent à mobiliser un peu de concentration. Les heurts entre pairs sont plus fréquents, les situations dégénérèrent plus vite. Les maux de ventre, de tête, sont extrêmement fréquents ».
Ses élèves sont allés sous les arbres en dehors de l’école. « La cour est bitumée et n’a que deux arbres qui font de l’ombre pour 16 classes. Mais à cet endroit extrêmement petit, nous ne pouvons pas non plus adapter toutes les activités prévues. Un animateur sportif communal nous a prêté un ventilateur sur pied pour la classe ».
Le manque d’aération des locaux avec des fenêtres qui ne s’ouvrent qu’en oscillo battant demeurent un problème récurrent. « Personne n’est désigné pour ouvrir les salles et les fenêtres le matin », écrit cet enseignant.
Les témoignages qui reviennent le plus dans la centaine d’emails reçus en quelques heures est le sentiment d’abandon. Solène le résume ainsi : « Nous nous sentons bien abandonnés et livrés à nous-mêmes dans ce genre de situation. Nous en venons même à demander à nos élèves si certains parents auraient des ventilateurs à prêter, ce à quoi certaines familles, conscientes des moments difficiles vécus par leurs enfants, répondent favorablement. Ils en viennent à pallier le manque de considération dont nous faisons l’objet ».
N’hésitez pas à nous partager une photographie d’un thermomètre dans votre classe ainsi que vos installations ou vos solutions pour éviter de subir cette vague de chaleur avec les élèves.
Contact : temperatureecole@gmail.com
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