Le géant pétrolier TotalEnergies a enregistré un bénéfice net de 5,4 milliards de dollars au 2e trimestre, de quoi doubler ses profits par rapport à l’année précédente. « La crise énergétique lui a largement bénéficié, tandis que des millions de ménages ont peiné à se fournir en carburant », ont réagi plusieurs organisations non gouvernementales, dont Greenpeace France et Réseau Action Climat, appelant à une taxation de ces bénéfices records.

L’habitude n’enlève rien au scandale. La société pétrolière TotalEnergies a de nouveau annoncé, jeudi 23 juillet, une explosion – ici un doublement – de son bénéfice net : 5,4 milliards de dollars au 2e trimestre, contre 2,7 milliards un an plus tôt. Les causes d’une telle trajectoire sont connues : le géant pétrogazier profite de l’explosion des prix – déjà élevés – des hydrocarbures suite à la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël au Moyen-Orient.
« Dans un environnement de prix élevé en lien avec le conflit au Moyen-Orient, TotalEnergies tire parti de son modèle intégré et de sa diversification pour afficher au deuxième trimestre un résultat net ajusté (indicateur suivi par les analystes) de 6 milliards de dollars », s’est réjoui le patron du groupe, Patrick Pouyanné, dans un nouvel exercice de minimisation du réel.
Un « prétendu geste de solidarité »
« La crise énergétique lui a largement bénéficié, tandis que des millions de ménages ont peiné à se fournir en carburant, rétorque une coalition d’ONG (Greenpeace France, CCFD-Terre Solidaire, 350.org, Réseau Action Climat, Oxfam France) dans un communiqué. Le prétendu geste de solidarité sur le plafonnement des prix à la pompe dans les stations n’aura coûté à l’entreprise que l’équivalent de 4 % de ses profits du premier trimestre 2026. »
Sur l’ensemble du premier semestre, le groupe français a engrangé un bénéfice net de 11,2 milliards de dollars, en très forte hausse de 72 % sur un an. TotalEnergies avait enregistré une très forte augmentation de son bénéfice net au premier trimestre, porté par l’envolée des prix du pétrole et du gaz ainsi que par ses activités de négoce. Il avait ainsi atteint 5,8 milliards de dollars (4,96 milliards d’euros au cours de fin avril), en hausse de 51 % sur un an.
Outre la crise pétrolière alimentée par le blocus du détroit d’Ormuz, l’autre facteur ayant généré des profits monstres chez TotalEnergies est la multiplication des chantiers à travers le monde. Du Brésil aux États-Unis, en passant par la Libye, ces derniers se sont multipliés… Et ont permis de « compenser pour partie l’impact des pertes de production au Moyen-Orient de l’ordre 210 kbep/j (210 000 barils équivalent pétrole par jour) en moyenne sur le trimestre ».
Membre des vingt entreprises les plus émettrices de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale, TotalEnergies continue donc de se développer massivement dans le marché mortifère des énergies fossiles. Gaz et pétrole représentent ainsi 97 % de sa production d’énergie et 82 % de ses investissements sur l’année 2025.
« Instaurer des règles de taxation plus justes »
La possible taxation de ces superprofits revient ainsi sur la table. « Le cinquième cycle de négociations sur la Convention des Nations unies sur la coopération fiscale internationale débutera le lundi 3 août à New York, rappellent les cinq organisations dénonçant les profits de guerre de TotalEnergies. Ce forum véritablement multilatéral doit aboutir en 2027 à un traité mondial pouvant (…) instaurer des règles et des mécanismes de taxation plus justes, au bénéfice notamment des pays les plus touchés par la crise climatique. »
Encore faut-il que le gouvernement ne saborde pas la moindre initiative en ce sens. « La France s’est montrée peu constructive, peu ambitieuse et freinante dans ces négociations, notamment pour inscrire le principe de pollueur-payeur dans le texte de la Convention », regrettent Greenpeace France, CCFD-Terre Solidaire, 350.org, Réseau Action Climat, Oxfam France.
La macronie peut au moins se targuer d’être cohérente sur son soutien au géant pétrolier français. Début avril, Paris a ignoré un appel lancé par les ministres des Finances portugais, autrichien, italien, allemand et espagnol, qui réclamaient la création d’une taxe sur les bénéfices exceptionnels des sociétés énergétiques en temps de guerre, auprès de la Commission européenne.
En savoir plus sur DEMOCRITE "de la vie de la cité à l'actualité internationale"
Subscribe to get the latest posts sent to your email.