Une délégation du PCF s’est rendue en Palestine, notamment pour développer la campagne « Un million d’oliviers pour la paix » visant à aider les agriculteurs palestiniens soumis à ce qu’ils appellent un « génocide silencieux ».

Maire de Sebastia, une commune de quelque 4 000 habitants située à une douzaine de kilomètres au nord de Naplouse, Mohammad Azem accueille avec chaleur la délégation du Parti communiste français 1.
Une présence qui n’est pas que symbolique, tant ce village est littéralement assiégé par les colons et l’armée israélienne. « Ils ont saisi 55 % de nos terres et pillent les sites archéologiques », dénonce l’édile, rappelant que sa commune est inscrite au patrimoine mondial palestinien en péril par l’Unesco depuis cette année.
Se rendre à Sebastia depuis Ramallah, c’est traverser une histoire à la fois lointaine – « Nos oliveraies ont plus de 3 000 ans », souligne, non sans fierté, Mohammad Azem, et proche – l’occupation israélienne.
« La plupart de nos plantations sont en zone C (contrôle total israélien – NDLR). Nous subissons beaucoup d’attaques de colons qui nous empêchent d’aller travailler nos terres », dénonce Fadiya Allawi, producteur local. Les colons ont arraché 180 de ses arbres et l’empêchent maintenant d’utiliser son tuyau d’irrigation.
« Les oliviers représentent notre résilience et notre identité »
Les yeux de Abou Karim Hamad, lui aussi agriculteur, brillent quand il parle de sa « belle terre, riche », des oliviers et des amandiers qu’il a plantés. « Les colons sont venus et ont tout arraché, soit près de 1 000 arbres et plants de vignes. » Une occupation au quotidien que nos interlocuteurs qualifient de « génocide silencieux ».
Pour le maire de Sebastia, « les oliviers représentent notre résilience et notre identité. Les Israéliens le savent, c’est pourquoi ils les arrachent. » Et Fadiya Allawi de renchérir : « L’important pour nous est de ne pas laisser notre terre aux Israéliens. Même si les colons détruisent nos oliviers, il faut qu’on replante, car leur but est de nous chasser. » Cette volonté farouche ne se nourrit pas de mots mais d’actions au quotidien, en Palestine comme au niveau international.
« Nous avons toujours soutenu la lutte de libération du peuple palestinien et sa résistance à l’occupation », explique ainsi Christine Hernandez au nom de la délégation du PCF.
Une solidarité concrète, avec le lancement d’une campagne dans le Val-de-Marne, et aujourd’hui, dans toute la France, organisée par le Parti communiste en lien avec L’Association palestinienne des Arabes agronomes (Arab Agronomists Association, AAA), intitulée « Un million d’oliviers pour la paix ».
Une campagne « de solidarité politique et financière pour soutenir économiquement les familles d’agriculteurs, défendre la souveraineté alimentaire, protéger les terres de la colonisation et de l’occupation et faire de chaque olivier planté un acte de résistance pacifique », souligne la responsable communiste en joignant le geste à la parole. Un olivier a été planté à Sebastia par les délégués français. Plus généralement, la mobilisation en France a permis de collecter 53 000 euros, permettant de planter 11 000 oliviers et d’apporter une aide à 367 familles d’agriculteurs.
La solidarité concrète
C’est tout le sens de cette initiative du PCF. Parvenir à mobiliser en France pour le droit à l’autodétermination du peuple palestinien en exerçant des pressions sur le gouvernement et, dans le même temps, développer une solidarité concrète, en Palestine même.
Dans son périple, la délégation communiste s’est ainsi rendue dans le sud de la Cisjordanie, à Masafer Yatta, où les habitants ont aussi témoigné des exactions des colons. Mais aussi à Hébron, où l’ancien ministre palestinien de la Culture, Anwar Abu Eisheh, qui dirige l’Association d’échanges Culturels Hébron-France (AECHF, aussi sous le nom Solidarity Hebron), a expliqué comment les habitants étaient soumis à un insupportable régime d’occupation.
À Ramallah, le PCF a rencontré officiellement les dirigeants de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), ainsi que Bassam Saleh, le secrétaire général du Parti du peuple palestinien (PPP, communiste). Ce dernier a souligné qu’il était de « la responsabilité du mouvement international de se mobiliser pour créer un nouvel élan de solidarité internationale ». Pour Vincent Boulet, chargé des relations internationales au PCF, « l’Alliance avec l’OLP doit permettre de combattre le système d’oppression coloniale et la pratique d’un génocide qui viole les fondements du droit international ».
De nouvelles coopérations, comme celle demandée par le maire de Sebastia, Mohammad Azem, devraient se développer dans les prochains mois en plus de la bataille pour le boycott et les sanctions contre Israël. Pour que les Palestiniens ne soient pas seuls face à l’occupation meurtrière.
- Fédérations du Gard, du Gers, du Lot-et-Garonne, de la Meurthe-et-Moselle, de l’Oise, des Pyrénées-Atlantiques, des Pyrénées-Orientales, du Val-de-Marne, la direction nationale du PCF, ainsi que des élus locaux et la sénatrice de Meurthe-et-Moselle, Silvana Silvani. ↩︎
Cristine Hernandez au 40ème congrès du PCF
En rencontrant les organisations de l’OLP – et notamment le Parti du Peuple Palestinien (PPP) -, cette mission a réaffirmé la solidarité politique du PCF en faveur d’un État de Palestine libre et souverain, fondé sur le respect du droit international.
Alors que le génocide à Gaza se poursuit, les Palestiniens parlent d’un génocide silencieux en Cisjordanie occupée,
Plus que jamais, il est indispensable de construire un vaste mouvement de solidarité internationale, tout en menant la lutte politique, pour exiger le respect des droits fondamentaux du peuple palestinien aux côtés du peuple israélien.

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Pierre Barbancey