« Se montrer tel qu’on est » : samedi, Montauban accueille la première Marche des fiertés de son histoire In DDM

Samedi dernier, des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Toulouse.
Samedi dernier, des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Toulouse. DDM – LAURENT DARD

 Ce samedi 13 juin 2026, Montauban écrit une nouvelle page de son histoire avec la toute première Marche des fiertés de Tarn-et-Garonne. Porté par les associations Pride 82 et Fierté 82, l’événement ambitionne plus que de célébrer la diversité : briser l’isolement, combattre les discriminations et rappeler qu’en milieu rural aussi, les voix LGBTQIA+ ont toute leur place.

C’est une grande première. Ce samedi 13 juin 2026 (lire encadré), Montauban accueille la Marche des fiertés de Tarn-et-Garonne qui déroulera le tapis rouge à la communauté LGBTQIA + *. Une journée dédiée aux différences, à l’acceptation de soi et à la tolérance. Louis Bequet et Ayden Narpinian, qui représentent respectivement les associations Pride 82 et Fierté 82, en présentent les enjeux.

Louis Bequet représente l'association Pride 82 dont le but est d'organiser des événements inclusifs ouverts à tous.
Louis Bequet représente l’association Pride 82 dont le but est d’organiser des événements inclusifs ouverts à tous. DDM – MANUEL MASSIP

Quelle est la différence entre vos deux collectifs ?

Toutes deux ont été lancées en 2025 même si avant, plusieurs associations existaient dont certaines avec lesquelles on travaille encore aujourd’hui. Pride est un organisateur d’événements inclusifs quand Fierté s’occupe d’un centre de ressources avec de l’accompagnement personnalisé ou des sessions de formation, par exemple. On est partis d’un constat simple : en Tarn-et-Garonne, il y a peu de collectifs pour accompagner les personnes LGBTQIA +. Même au sein de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), il n’existe aucune statistique locale. Dès que ce centre de ressources a été lancé par le centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF), il y a eu un vrai engouement. Notamment de la part d’infirmiers ou de psychologues qui souhaitent se former aux questions relatives au genre pour accompagner au mieux les personnes LGBTQIA + et en transition. Il y a un vrai besoin et aujourd’hui, Fierté est une vraie association. Et en créant Pride, même s’il y a déjà eu plusieurs événements depuis un an, on savait déjà que le but ultime serait d’organiser cette première Marche des fiertés.

Pourquoi est-ce si important ?

Suite à un précédent fait divers [qui remonte à 1949, NDLR] qui avait généré une certaine forme d’amalgame, on a longtemps entendu : « T’es pédé ? Ah mais c’est normal, tu viens de Montauban ». Au-delà de cela, Albi, Rodez, Cahors, Agen : toutes ces villes ont leur Marche des fiertés. Même si c’est un département rural, le Tarn-et-Garonne peut avoir sa pride ! Nous avons à cœur que tout le monde se sente concernés par l’événement. C’est un jour où l’on peut se montrer tel qu’on est. Face à la montée de la droite et de l’extrême droite, il est primordial de ne pas se taire. Lorsqu’on voit le retour en arrière à l’œuvre aux Etats-Unis, au Sénégal ou en Italie, tout ceci prend du sens. Ce n’est pas qu’un événement festif ou un entre-soi. Comme on l’a vu samedi dernier à Toulouse, les familles, les jeunes, les moins jeunes, les parents sont tous invités à nous rejoindre. Défendre nos droits, c’est l’affaire de tous.

Ayden Narpinian représente l'association Fierté 82 qui propose notamment un accompagnement personnalisé à toutes les personnes LGBTQIA+.
Ayden Narpinian représente l’association Fierté 82 qui propose notamment un accompagnement personnalisé à toutes les personnes LGBTQIA+. DDM – MANUEL MASSIP

Est-ce plus difficile de s’assumer dans un territoire rural ?

Oui parce qu’il y a moins de structures mais nous répondons à un vrai besoin. En termes de mentalités, il y a de tout. Il y a peu, certains de nos adhérents qui tractaient sur le marché pour annoncer l’événement du 13 juin ont été confrontés à beaucoup de bienveillance, certes, mais aussi, à des propos LGBTophobes. Ce qui est puni par la loi, rappelons-le.

Quel conseil donneriez-vous aux personnes en souffrance ?

Qu’il faut en parler, que nous sommes là pour ça. À Fierté 82, une professionnelle est formée pour les accompagner et on organise des permanences mensuelles et même, des temps d’échanges en groupe. Même Pride 82 peut devenir une « safe place » et être un relais pour tous ceux qui ont envie de parler. Bien sûr que de plus en plus de familles réagissent positivement à certaines annonces. Mais certains se font encore virer de chez eux pour ce qu’ils sont. Trop de gens se sentent perdus et il faut absolument éviter l’isolement, qui entraîne parfois des situations irréversibles.

*Par L, on entend « Lesbiennes » ; par G, « Gays » ; par B, « Bisexuel·le·s » ; par T, « Trans » ; par Q, « Queers » ; par I, « Intersexué·e·s » ; par A, « Asexuel·le·s » ou « Aromantique·s » et le + inclut les autres termes désignant les genres et les sexualités.

Au programme de la journée

Samedi 13 juin 2026, le village associatif de la Marche des fiertés ouvrira ses portes de 14 heures à 18 heures, place Franklin-Roosevelt. On y retrouvera notamment : Pride82 (organisation d’événements inclusifs), Fierté 82 (centre de ressources LGBTQIA+), Les Corps fauves (éducation populaire à la vie affective, sexuelle et relationnelle), EM2T (espace mineur.e.s et trans Toulouse), Fièr.es et révolutionnaires (collectif du PCF) ou encore, Queers des champs (visibilisation et soutien des LGBTQIA+ en milieu rural).

La Marche des fiertés s’élancera à 16 heures depuis la place Franklin-Roosevelt. Elle empruntera la rue de L’Hôtel de ville puis le pont Vieux pour une halte place Lalaque.

Retour par le pont Vieux, l’église Saint-Jacques, Grand rue Villenouvelle puis l’esplanade des Fontaines pour rallier la place Franklin-Roosevelt par l’allée de L’Empereur. On pourra compter sur nos confrères de Radio Asso pour la sonorisation de l’événements et des interviews en direct. À partir de 20h30, un « after » est organisé à la guinguette «Ô Alabarèdes», avec de nombreuses animations à la clé.

Contact : pride82.asso@gmail.com / contact@fierte82.fr et 07 49 01 16 56.

 


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