
Publié par Franck Marsal
Le vote massif des communistes a lancé officiellement la campagne de leur candidat, Fabien Roussel, qui s’exprimait dès dimanche soir sur le 20 heures de TF1.
Dans le contexte actuel de crise généralisées des démocraties capitalistes, ce fut déjà une première bataille. La légitimité du Parti Communiste à présenter son candidat à l’élection présidentielle – pour laquelle pléthore de candidats de tous ordres sont déjà annoncés) aurait pu (aurait dû ?) paraître naturel. Ce ne fut pas le cas et il fallut toute la force militante du parti, engagée dans un processus démocratique de notre organisation pour poser cette candidature sur la table.
Cette candidature n’est peut-être pas comme les autres. De fait, elle porte, par la manière dont elle a été amenée cette dimension unique : celle d’un collectif porté au sein d’un parti militant et démocratique.
L’extrême-droite allemande vient de remporter une quasi majorité absolue dans le land de Saxe-Anhalt. En France, tous les scénarios donnent une victoire de l’extrême-droite. Et ce ne sont pas seulement des sondages, dont on sait toutes les limites. Ce sont une multitude de signaux d’implantation de l’extrême-droite dans notre pays et de ses idées dans les cercles de la classe dominante.
Pourtant, chacun sait qu’une majorité de français ne veut pas d’une victoire de Marine Le Pen. Une majorité de français perçoit clairement, dans son quotidien, la destruction des bases productives dans notre pays, qui inéluctablement, réduit en lambeaux notre modèle social, nos services publics, tout ce qui fait qu’on peut collectivement et individuellement simplement vivre, simplement travailler pour produire et vivre de son travail.
C’est pour donner corps à ces majorités aujourd’hui divisées et en partie orphelines d’une perspective politique claire qu’il fallait lever un vent nouveau sur ce pays.
Le chemin est étroit. Il faut unir, mais l’unité ne peut plus se construire sur des schémas anciens, usés jusqu’à la corde. Les apôtres du capitalisme n’ont pas jeté l’éponge. Ils continuent à déverser leur propagande malgré l’échec patent et mondial de leur politique. Avant l’intervention de Fabien Roussel sur TF1, François Lenglet expliquait que la solution miracle serait l’augmentation de 3% de la TVA, l’impôt le plus injuste qui soit, qui frappe indistinctement toutes les familles et en premier lieu les travailleurs, en prélevant arbitrairement aujourd’hui 20%, demain peut-être 23%, presque un quart de la valeur produite arrachée brutalement.
L’extrême-droite n’est qu’un nouvel habillage de cette politique. Elle se présente sous le jour le plus opportuniste qui soit. Mais ses projets ne sont que d’accélérer par la force la politique de spoliation pratiquée par la haute bourgeoise, en s’en prenant aux organisations syndicales, aux droits des travailleurs et sous une forme ou une autre à tous ceux qui défendent l’intérêt collectif.
Au delà de l’extrême-droite, le projet général des classes capitalistes dans l’occident anciennement dominant, est d’unir par la force, par la guerre ou la menace de la guerre et pour leur seul profit.
Les communistes portent un autre projet. Ils n’ont pas simplement un programme, ils ont un projet de société, et une méthode pour le porter.
Plus qu’un programme, ce que propose Fabien Roussel et les communistes, c’est un cap, autour duquel chacun peut trouver sa place, vers lequel il s’agit de construire, non pas une tactique électorale, mais un mouvement populaire prolongé, capable de conduire à son terme une transformation profonde de notre société.
Vivre, c’est s’opposer au fascisme et à la guerre. Vivre, c’est reconstruire et moderniser notre société. Vivre, c’est ouvrir la société et ses possibilités à chacun, créer les conditions pour chacun de se développer et contribuer au collectif. Vivre, c’est cesser de détruire, de fermer les usines, des exploitations agricoles et des services publics. Vivre, c’est créer au plus vite un système de production neutre en CO2, dont le Plan Climat du PCF est le projet unanimement reconnu comme le plus complet et le plus abouti.
Marx disait que le capital représente le travail mort, qui revient, entre les mains du capitaliste, s’opposer au travail vivant.
Les capitalistes se sont plus que jamais éloignés des réalités, placés hors d’atteinte des travailleurs. Dans leurs comités de direction, au sommet des fonds d’investissements géants, ils décident de fermer les usines, de délocaliser, de mettre en concurrence, dans un seul but : accroître les profits et accumuler des richesses.
Chaque jour, on enlève ainsi un peu de vie à des milliards de familles. On retire des trimestres de retraites, pour les remplacer par du travail. On supprime des emplois, laissant moins de travailleurs avec une charge accrue au détriment de leur santé. On ferme des hôpitaux, des écoles. On augmente les prix et les impôts, et on bloque les salaires. Entre les prix qui flambent et les salaires qui stagnent, c’est la vie qui disparait. Ce sont des soins ou du chauffage auquel on renonce, des distances toujours plus longues entre le domicile et le lieu de travail, une alimentation au moins cher et tant de petites choses, qu’on s’efforce de conserver, car elles font le bonheur de la vie, mais qu’on est contraint de lâcher petit à petit.
Vivre, c’est donc reprendre le pouvoir, le remettre définitivement dans les mains de ceux qui créent et nourissent les conditions de la vie, les travailleurs, et tous ceux qui prennent soin du vivant, dans leur famille, pour leurs amis. C’est s’unir pour définir ensemble ce dont on a besoin et comment on peut le créer afin que tous en bénéficie à terme.
Ce que nous devons mener, c’est bien plus qu’une simple campagne électorale. Nous devons nous saisir de cette campagne pour ouvrir un débat large et prolongé entre les composantes du peuple et autour de ce cap d’avenir.
L’unité du peuple ne peut pas se faire à l’emporte-pièce. Les français sont toujours restés libres de leur choix, malgré toutes les manipulations et les chausses-trappes. Macron l’a appris à ses dépens lorsqu’il a dissout l’Assemblée Nationale. Mais aujourd’hui, la méfiance et le doute, l’isolement et le repli sur soi ont pris des proportions dramatiques. Redonner confiance dans le collectif nécessite désintéressement, humilité et un travail approfondi dans la durée. Rétablir une conscience pratique de la lutte des classes et de son sens historique nécessitera de nombreuses étapes.
Le travail mené depuis le 38ème congrès, pour reconstruire le parti non plus en « force d’appoint » de la gauche réformiste, mais en force transformatrice par lui-même et capable de rassembler autour de lui sur ses propres bases, a commencé à changer le regard que portent les français et les travailleurs sur les communistes, et en particulier sur Fabien Roussel qui nous représente. Mais, nous le savons, un long chemin est encore devant nous pour transformer ce courant de sympathie en force collective agissante.
Comme l’a souligné Fabien, cette campagne, les communistes l’ont réfléchie mûrement. Ce furent des mois de débats et de discussion, pour peser la gravité de la situation et la capacité de nos propositions à déjouer les plans du capital, à dévier la trajectoire menant à la catastrophe annoncée.
Fort de ce travail approfondi, nous sommes prêts et déterminés. Dès que les résultats du vote (le dernier vote d’une longue série qui ont confirmé à chaque étape l’orientation de ce processus), les balais et les seaux de colles étaient sortis pour couvrir les murs de l’affiche de campagne (comme on le voit ci dessous avec les camarades du Pas de Calais).
Bonne campagne à tous !
Rejoignez la campagne de Fabien Roussel
Cliquez sur le lien
En savoir plus sur DEMOCRITE "de la vie de la cité à l'actualité internationale"
Subscribe to get the latest posts sent to your email.