Fabien Roussel désigné candidat par les militants du PCF à 72 % (Résultats complets et video TF1)

Les militants du PCF ont voté ce week-end à 72 % pour une candidature de leur secrétaire national. Celui-ci entend faire du travail la question centrale à gauche.

C’est parti ! Les communistes se lancent en campagne pour l’élection présidentielle. La candidature de Fabien Roussel a été approuvée lors d’une consultation des adhérents organisée par le PCF du 3 au 6 septembre, par 72,06 % de voix pour, 22 % contre et 5,94 % d’abstention. Le taux de participation (64 %) est équivalent à celui de la précédente consultation interne, en juin dernier, dans le cadre du 40e congrès.

C’est un « très beau résultat, et je remercie tous les communistes qui ont participé à ce long processus, s’est félicité Fabien Roussel. C’est un bel exercice démocratique que nous venons de réaliser pour prendre une décision importante : celle de présenter un projet de rupture aux Français à l’occasion de l’élection présidentielle. J’invite tous les communistes à s’engager dans la campagne et à faire gagner la gauche en 2027 ».

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Travail, réindustrialisation, paix seront au cœur de la campagne. « Nous avons un projet original à défendre, qui nous démarque des autres candidats. Nous sommes légitimes à le présenter. Notre ambition est de refaire du travail un sujet central pour la gauche, de poser la question de la souveraineté », estime Léon Deffontaines, porte-parole du PCF, pour qui « la planification est nécessaire pour répondre aux immenses défis sociaux, économiques et environnementaux ».

Celle-ci doit fixer des « objectifs de production, prévoir des grands projets utiles pour l’environnement, intensifier l’électrification de notre économie avec une énergie nucléaire qui vise à décarboner notre industrie ».

L’objectif est d’allier « la lutte contre le réchauffement climatique, qui est l’enjeu le plus important de notre siècle, et la question sociale », souligne le dirigeant communiste. La campagne posera celle des droits et pouvoirs des travailleurs. « La clé pour répondre aux défis sociaux et écologiques passe par les solutions proposées par les travailleurs eux-mêmes, qui doivent se réapproprier leur outil de travail », estime Léon Deffontaines.

« Ne pas polémiquer avec les autres candidats de gauche »

L’opportunité d’une telle candidature a fait débat lors du 40e congrès à Lille, en juillet, et la discussion s’est poursuivie depuis. Lors des universités d’été de L’Après, fin août, le maire communiste de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), Patrice Leclerc, a énoncé que la gauche devait « tout faire pour qu’il y ait une candidature unitaire pour empêcher l’extrême droite de passer ».

Dans le Parisien ce dimanche, mettant en avant « l’aspiration à l’union », Stéphane Peu, le président du groupe des députés communistes et ultramarins à l’Assemblée nationale, Gauche démocrate et républicaine (GDR), a prévenu : « Le sujet majeur va être le risque de l’accession de l’extrême droite au pouvoir et la capacité de la gauche à hisser un candidat au second tour. »

Les partisans de la candidature Roussel sont surtout inquiets du total des voix de gauche, qui peine à dépasser les 30 % des voix depuis 2017. « L’idée est de ne pas polémiquer avec les autres candidats de gauche », insistait, vendredi dernier dans l’Humanité, Ian Brossat, directeur de campagne de Fabien Roussel.

L’objectif avec le bulletin de vote Roussel n’est pas de diviser, mais de « grossir les rangs de la gauche », en allant « convaincre ceux qui ne votent plus pour elle », souligne Léon Deffontaines. « Tout le monde a conscience à gauche et au PCF du danger d’extrême droite. La question posée est la manière de l’empêcher d’arriver au pouvoir. Est-ce un rassemblement sauve-qui-peut derrière un candidat ? » interroge, dubitatif, le porte-parole du parti.

Le conseiller municipal d’Amiens (Somme) craint que les seules candidatures de Jean-Luc Mélenchon et de Raphaël Glucksmann ne « permettent pas de progresser là où la gauche a perdu pied, dans les territoires ouvriers ». Pis, selon Léon Deffontaines, la candidature de Jean-Luc Mélenchon pourrait avoir au second tour un effet « repoussoir » et ne pas être en capacité de l’emporter.

Miser sur les salariés et une campagne de proximité

Pour faire reculer l’extrême droite, il « faudra une campagne axée sur l’affrontement entre capital et travail, la répartition des richesses et la démocratie dans l’entreprise. Notre projet doit s’articuler à notre plan climat, aux luttes féministes et antiracistes », insiste Guilhem Mirande, secrétaire départemental du PC dans le Lot-et-Garonne. Dans ce département rural, « nous devrons pousser le débat sur l’agriculture » alors qu’il existe un véritable « lobbying » de l’extrême droite en direction du monde paysan.

« Notre objectif est de nous adresser aux salariés, notamment de première ligne », avance Ozer Öztorun, secrétaire départemental du Val-de-Marne, qui mise sur une « campagne de proximité ». La question des services publics sera cruciale. « Les salariés nous parlent de la dégradation de leurs conditions de vie et commencent à voter RN, alors qu’ils sont parfois métis, originaires d’outre-mer », s’inquiète l’animateur communiste.

L’objectif sera de lutter contre « le vote par dépit. Dans une société fracturée, nous avons besoin d’un récit qui unifie et ouvre une perspective d’élévation par le haut pour tout le monde ». Rassembler le monde du travail est l’un des piliers de la lutte contre la peste brune.


Je souhaite participer à la campagne

de Fabien Roussel

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