
Nous sommes maintenant à un peu moins de deux mois de notre Congrès et à moins d’un mois du vote des 40 000 militantes et militants du PCF sur le projet de Base commune.
3 textes alternatifs proposent une autre orientation à cette base commune.
Parallèlement, plus de 600 contributions ont été déposées pour nourrir le débat. C’est le signe de la vitalité démocratique de notre parti et d’une volonté des militants de participer au débat général.
La situation internationale n’a jamais été aussi préoccupante, gravissime. Ce n’est pas mieux en France. Les forces d’extrême droite sont à l’offensive partout en Europe. Tout cela rend nos débats d’autant plus importants pour analyser le plus finement possible la situation, trouver les meilleures réponses. Et disons-le avec humilité, ce n’est pas simple.
Ce congrès doit nous permettre de prendre le temps d’y réfléchir, ensemble, de confronter nos points de vue tout en faisant le bilan du mandat écoulé.
J’ai lu les 3 textes alternatifs qui expriment des idées, des analyses, des propositions qui viendront certainement enrichir nos débats et la base commune. J’y ai aussi lu des interrogations, des doutes. Il y a aussi des choix, des orientations qui sont en opposition avec celles que notre conseil national défend depuis le 38e congrès. C’est normal.
N’ayons pas peur du débat. Il est salutaire, bienvenu, utile, essentiel même.
Gardons en tête l’objectif de nous retrouver le plus unis possible à l’issue de ce congrès, de rester une force politique révolutionnaire, combative et surtout solide, unie pour affronter la situation politique nationale et internationale.
Le texte de base commune présenté par la direction nationale qui a déjà intégré de nombreux amendements lors de notre précédent Conseil national a vocation à évoluer d’ici la fin de notre Congrès. Avec un objectif : tout faire pour élaborer un texte qui puisse rassembler la plus grande majorité des adhérents et des adhérentes sur des choix élaborés en commun ; un texte qui ouvre pour les 3 ans à venir et bien au-delà des perspectives de travail et d’organisation ; un texte qui doit nous donner le souffle politique dont nous avons besoin pour relever le défi du renforcement de notre parti et construire des alternatives à l’emprise du capital.
C’est le chemin que propose le texte de base commune « un communisme de conquêtes ». Un chemin et une perspective de fond et de long terme pour nous projeter dans le type de société que nous voulons construire. Qu’est ce qu’une transition révolutionnaire ? Quels mots pouvons-nous poser pour définir le chemin vers le communisme ? Pour construire la conscience et l’unité de classe ?
Nous avons tous adhéré au Parti communiste car nous partageons un idéal de progrès mettant l’humain au coeur de son projet, libéré de toute forme d’exploitation, de domination de discrimination. C’est le communisme.
Nous débattons à chaque congrès des chemins pour y parvenir face à un capitalisme en pleine mutation, en tenant compte de l’état de notre société, du mouvement social, des luttes.
Nous sommes un parti révolutionnaire, nous ne sommes pas un super syndicat : nous sommes une force politique qui, par les luttes et par les urnes a vocation à transformer la société, à conquérir le pouvoir, à gouverner.
Nous proposons un chemin, tenant compte des multiples fractures de la société, de notre économie, de nos services publics, de notre industrie, de la nécessité de planifier, de reprendre la main sur nos richesses.
Nous parlons à chaque fois « d’une autre société », ne sachant jamais vraiment la qualifier. « Une autre », cela ne dit pas ce que nous voulons. C’est pourquoi nous proposons de redéfinir le concept de socialisme. Des textes alternatifs le proposent également. D’autres le réfutent. Parlons-en !
Le capitalisme s’adapte pour surmonter ses crises. Adaptons le socialisme ! Travaillons au renouveau du socialisme. Il y a une exigence de radicalité, de tourner la page du capitalisme, un besoin de révolution, une curiosité sur ce qui se passe ailleurs. Trump cible les communistes et le socialisme. Répondons-lui !
Je vous propose d’en débattre simplement. Rien n’est figé. Le débat doit nous permettre d’avancer et de clarifier nos propositions sur la réappropriation des moyens de production, sur la démocratie et la nouvelle République, sur le capital et la lutte des classes, sur la société que nous voulons mettre en place, sur l’impérialisme d’aujourd’hui et la Paix. C’est bien là l’objectif d’un Congrès que de parler de nos orientations fondamentales, de qualifier notre projet, de le préciser !
Autre sujet de débat : la question électorale.
Nous avons pris un virage depuis 2018 lors du 38e Congrès. Confirmé lors du 39e Congrès. Et ce 40e Congrès repose la question, c’est normal.
Et il appartiendra donc, comme à chaque fois, aux communistes de trancher démocratiquement ET souverainement cette question. Rien n’est décidé à l’avance. Tout commence maintenant.
La base commune reprend ainsi la feuille de route adoptée lors de nos deux derniers Congrès mais aussi lors de notre Conférence nationale en décembre 2024 qui revendique la légitimité des communistes à présenter leur projet lors des élections nationales, en tenant compte de la crise, de la situation politique, du poids de l’extrême droite.
Les communistes peuvent décider aujourd’hui un autre choix, de revenir en arrière. Je vous le dis : ce n’est pas l’orientation que je défends, ni celle de la base commune que nous proposons.
Et à moins d’un an de l’élection présidentielle alors que plusieurs candidats se sont déjà déclarés à gauche notamment, il est normal que nous, les communistes, nous la traitions, même si elle n’est pas le point unique de notre débat.
Oui, je défends le principe d’un programme ambitieux, révolutionnaire, porté par une candidature communiste à l’élection présidentielle et par la construction de candidatures aux élections législatives à la base, dans les départements, tenant compte des rapports de force, qui nous permettent de faire élire le plus de députés communistes, dans le plus grand nombre de circonscriptions et ne plus se retrouver dans un accord niant notre implantation et nos candidats et candidates.
Oui, je défends le principe d’une candidature issue de nos rangs pour porter cette ambition pour la France, pour la paix, pour le monde du travail, comme en 2022 car au-delà du score, cette élection constitue un moments-clef du rapport de force, de la bataille d’idée ; un moment de confrontation de projets devant les Français et donc une période clef aussi pour nourrir les consciences et la lutte des classes.
Nous sommes un parti révolutionnaire, combatif, implanté sur tout le territoire.
Nous avons des textes alternatifs qui exigent encore plus de radicalité, plus de combats de classe : mais comment le faire sans participer au débat, sans candidat à l’élection présidentielle ?
Justement, la base commune rappelle notre vocation à mener ce combat à l’élection présidentielle, à présenter notre projet devant les Français lors de ces deux rendez-vous, présidentielle et législatives, tout en nourrissant parallèlement les luttes sur le terrain.
D’autant que nous avons un projet de société sur lequel nous avons travaillé. Et, là aussi, nous avons un bilan issu de notre travail collectif :
Je pense évidemment au plan climat Empreinte 2050, aux conférences organisées ici place du colonel Fabien, sur ce sujet, très large ! Combien nous ont dit d’ailleurs lors de ces conférences qu’ils comptaient sur nous pour défendre ces idées lors des futures présidentielles car nous sommes les seuls à gauche à porter une telle ambition !
Je pense aussi aux réflexions issues des cahiers thématiques déjà validés sur la mobilité, le logement, le handicap, la sécurité sociale ou l’ESS, ceux sur la sécurité, l’éducation, l’agriculture, le monde associatif,
les droits des femmes, celui sur la paix et la défense nationale voté ce samedi 9 mai et ceux encore en cours d’élaboration par les commissions santé, enseignement supérieur et recherche, protection de l’enfance, droits des personnes LGBTQI+.
Notre bilan ce sont aussi les multiples conférences, campagnes, initiatives prises seuls ou avec le mouvement social, sur les salaires, sur les retraites, sur les services publics et l’industrie, sur la Palestine avec l’OLP, sur Cuba avec nos camarades cubains, sur la Paix, pour le pouvoir d’achat devant les préfectures ou encore avec les forces de gauche européennes. Je pense aussi à tous ces déplacements dans les fédérations pour débattre avec nos concitoyens, sans tabou, en direct dans un format innovant. J’en oublie mais en tout cas, nous n’avons pas chômé.
Je pense enfin aux travail de nos groupes parlementaires, à leurs commissions d’enquête, aux révélations faites par nos camarades sur les chiffres du capital, à leurs propositions de loi.
Cette richesse accumulée, ce travail, ces idées, n’avons-nous pas envie de les partager avec les Français ?
Je garde une expérience positive, enrichissante, de la présidentielle 2022. Car au-delà du résultat, cette campagne nous a renforcés. Les communistes sont allés à la rencontre des Français, avec des beaux débats à chaque fois. Nous en sommes sortis plus forts en matière d’organisation.
Notre candidature, notre campagne a aussi alimenté les débats, fait bouger les lignes à gauche, comme parmi les Français. Nucléaire, ruralité, travail, salaire, smicardisation de la France, souveraineté industrielle, féminisme, fraude fiscale. Aurions-nous pu faire avancer ces idées sans participer à l’élection ? Je ne le pense pas.
Participer à la présidentielle, ce n’est pas simplement revenir dans le paysage politique et retrouver de la lisibilité – même si c’est déjà beaucoup – c’est surtout donner de la visibilité à nos idées, au travail de nos groupes, de les confronter aux autres et de le faire devant les Français.
La séquence politique qui s’ouvrira à partir du mois de septembre est donc une nouvelle occasion de défendre nos idées, nos propositions, notre projet de société, surtout dans la période actuelle, où tous les repères vacillent, dans le monde comme en France.
L’extrême droite menace. C’est vrai. Comme depuis 2002. Et j’ai la conviction intime que cette menace est construite, alimentée par les mêmes qui veulent garder le pouvoir, qui utilisent l’extrême droite comme repoussoir forçant chaque camp à s’unir autour d’un candidat unique, à droite comme à gauche, mettant de côté les débats qui existent, à droite comme à gauche. La candidature de l’extrême droite, la menace qu’elle représente sert à cela : éliminer du débat des forces transformatrices comme la nôtre.
L’extrême droite menace. C’est vrai. Ne pas présenter de candidature à l’élection présidentielle élimine-t-elle cette menace ? Non. Elle libèrera notre électorat qui se répartira entre différents candidats. Et c’est peut être cela que cherchent certaines forces qui font tout pour nous éliminer, pour m’attaquer personnellement et m’éliminer de la présidentielle et éliminer le PCF de la présidentielle. Allons-nous laisser des forces extérieures décider pour les communistes ? J’espère que non.
Oui, l’extrême droite menace. Et nous proposons de tout faire pour l’empêcher d’aller au second tour, de l’affaiblir, notamment en cherchant à convaincre celles et ceux qui doutent ou qui sont tentés de voter pour elle en pensant être défendus.
Autre choix : ne pas présenter de candidature nous conduirait à devoir choisir entre Mélenchon, Glucksmann ou une candidature socialiste, ou une candidature issue d’une primaire qui pourrait être pro-OTAN, pro-guerre, fédéraliste, anti-industrie, anti-nucléaire ? Ou d’en devenir le porte-parole ?
Ma conviction c’est que le pire, c’est de ne pas choisir, de donner le sentiment de douter. Je préfère assumer un choix, un choix difficile mais un choix.
Et en votant le choix de la base commune, les communistes affirment leur choix de vouloir rassembler sur un programme ambitieux, de discuter avec tout le monde tout en conservant le choix majoritaire fait lors de nos deux derniers Congrès de défendre nos idées, notre projet lors de cette élection.
Nous affirmons que le projet doit nous guider plus que le casting et nous proposons d’en débattre partout et avec tout le monde.
Cette base commune prend l’engagement aussi de ne plus construire au sommet des accords d’union aux législatives qui nient notre implantation et qui font élire des députés qui se présentent ensuite contre nous, comme nous l’avons vu aux municipales.
Le NFP, construit au sommet, avec 50 circonscriptions pour les communistes, c’est fini. L’union, oui, mais respectueuse de chacun, construite à la base, sur le terrain, département par département; en tenant compte des rapports de force, des luttes et de l’implantation des candidats. Si vous me choisissez comme secrétaire national, je m’en porte ici le garant.
Enfin, la présidentielle arrive vite. Les candidatures à gauche commencent à se confirmer. Même ceux qui défendent la primaire confirment maintenant que si elle échouait, ils se présenteraient, quoi qu’il arrive. N’attendons pas que tout le monde soit en campagne pour faire un choix. Car ce sera trop tard pour se lancer et nous nous retrouverions dans une impasse, comme en novembre 2016, où après avoir tendu la main à tout le monde, nous décidions de ne pas présenter de candidat.
Ce congrès doit nous permettre d’exprimer un choix, une orientation, sur la présidentielle et sur les législatives. Cette décision, nous devrons la prendre dès juillet, avec une conférence nationale statutaire, dans la foulée du Congrès et un vote des communistes en septembre. Quel que soit le choix, il doit être fait à ce moment là. Car si nous faisions le choix de présenter un candidat, un programme, il faudra être en campagne au plus tôt, au plus vite.
Ce Congrès doit permettre aux communistes d’attaquer la rentrée 2026 en étant combatifs, offensifs, unis car il y a besoin d’une force communiste forte et influente en France capable de se projeter dans l’avenir. Nous sommes à un carrefour de notre histoire. Projetons nous sur les 15 ans qui viennent. Abordons ce 40e Congrès en ayant confiance dans la force de nos idées, dans notre force militante.
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