Extrême droite. Enquête à Lyon, au cœur du laboratoire de la violence fasciste

Situé dans le quartier du Vieux Lyon, le bar associatif d’extrême droite la Traboule est un lieu de rencontre pour les identitaires et l’ultradroite. © Bruno Amselle /Divergence

Situé dans le quartier du Vieux Lyon, le bar associatif d’extrême droite la Traboule est un lieu de rencontre pour les identitaires et l’ultradroite. © Bruno Amselle /Divergence

Centre névralgique de l’extrême droite en France, la capitale des Gaules est le théâtre de multiples agressions de militants de gauche, migrants ou syndicalistes. Une situation qui prospère via les locaux, avec pignon sur rue, de ces groupuscules.

Lyon (Rhône), envoyé spécial.

Elles portent bien leur nom, les pentes de la Croix-Rousse. Tout comme la montée de la Grande-Côte, une de ces nombreuses voies piétonnes pittoresques qui relient la « colline qui travaille » au quartier des Terreaux, un des cœurs du centre-ville de la capitale des Gaules. À Lyon, il y a deux collines, « celle qui travaille », donc, et « celle qui prie, Fourvière », détaille malicieusement Aline Guitard, la secrétaire départementale du PCF, qui nous attend devant son local. Situé au croisement de cette fameuse montée et de la rue Imbert-Colomès, celui-ci est en piteux état : ouvert aux quatre vents, les fenêtres brisées. À l’intérieur, encore des éclats de verre et un petit radiateur électrique qui serait bien en peine de chauffer les lieux. Mieux vaut garder son manteau. « On attend les réparations, le feu vert de l’assurance », explique Aline Guitard, qui fait contre mauvaise fortune bon cœur. La mauvaise fortune, ce sont « sept attaques en dix-huit mois, dont trois fois les fenêtres cassées », précise-t-elle. Des actes de vandalisme qui portent une marque évidente, malgré l’absence de revendication officielle : celle de l’extrême droite.

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Il y a urgence à combattre le racisme sous toutes ses formes ! (PCF)

April Benayoum, Miss Provence élue première dauphine de Miss France, vient de subir, ce week-end, de violentes attaques antisémites après avoir déclaré que son père était d’origine israélienne.

L’an dernier, la Guadeloupéenne Clémence Bottino, à peine élue Miss France, avait elle aussi subi des attaques racistes sur les réseaux sociaux et avait été comparée à un singe.

Dans le même temps, des tags haineux étaient découverts sur la mosquée de Beaucaire. Et la parole raciste pouvait s’exprimer sans filtre sur les radios, avec des propos abjects tenus contre la chroniqueuse Rokaya Diallo mettant en cause ses origines africaines.

Sud Radio vient d’ailleurs de présenter ses excuses à cette dernière. Il n’en demeure pas moins que la libération de la parole raciste est intolérable et qu’elle est insuffisamment combattue sur les réseaux sociaux.

Face à ces agressions, le PCF assure April Benayoum, Rokaya Diallo et toutes les victimes de racisme, d’antisémitisme et d’autres propos haineux, notamment sur les réseaux sociaux de son soutien.

Il demande que les auteurs d’actes et de paroles racistes et antisémites soient sans délai recherchés, poursuivis et condamnés comme le prévoit déjà la Loi Gayssot.

Il appelle le Conseil supérieur de l’audiovisuel à intervenir auprès des chaînes de radio et télévision afin que ne soient plus tolérés des débordements qui deviennent de plus en plus fréquents.