Guerre Israël-Hamas : Marwan Barghouti, ou l’espoir de paix emprisonné

Le dirigeant palestinien le plus populaire est en prison depuis plus de vingt ans. Il pourrait pourtant détenir la clé de la résolution du conflit, alors qu’Israël se satisfait de l’impasse politique créée par la présence du Hamas à Gaza, et de l’impuissance d’une Autorité palestinienne discréditée.

Marwan Barghouti est emprisonné par Israël depuis 2002. © HAZEM BADER / AFP

 

Le 15 avril 2002, alors que la Palestine est en pleine Intifada, une escouade de l’armée israélienne pénètre à Ramallah, la ville palestinienne. Les soldats encerclent le bâtiment dans lequel se trouve celui qu’ils recherchent depuis longtemps : Marwan Barghouti. Quelques tirs se font entendre, puis le dirigeant palestinien, menotté, est emmené au QG de la police israélienne de sinistre mémoire, à Jérusalem.

Depuis cette date, Marwan Barghouti n’a plus recouvré la liberté. Pis, il a été soumis immédiatement à de multiples tortures. Il a raconté à ses avocats les pressions physiques sous la forme de privations de sommeil prolongées et d’interrogatoires ininterrompus, et du recours à la méthode dite du shabeh, qui consiste à attacher la personne interrogée à une chaise et la contraindre à y rester assise pendant plusieurs heures dans une position douloureuse – en l’occurrence des clous dépassant du dossier de la chaise l’empêchaient de se reposer. Il a passé plus de mille jours en isolement cellulaire. Il est en prison depuis plus de vingt et un ans maintenant. Continuer la lecture de Guerre Israël-Hamas : Marwan Barghouti, ou l’espoir de paix emprisonné

Quand les combats à Gaza s’arrêteront : pas de bonnes options

Des bâtiments ont été détruits dans la ville de Gaza après des frappes aériennes israéliennes. Photo : EPA via The Conversation / Mohammed Saber
Chaque jour nous tentons de partager avec nos lecteurs une idée force. Celle d’aujourd’hui revient à mettre en lumière la contradiction entre forces productives et rapports de production et en quoi cet ébranlement irréversible rend impossible le maintien en l’état de nos sociétés sur le plan économique, social, politique, une crise profonde de civilisation dans laquelle institutions, valeurs perdent leur pertinence intérieure dans les rapports de production et la majeure partie des relations sociales, aucune solution ne peut être envisagée sur ces bases là, le statu quo devient lui même impossible… Nous en sommes aux possibilités inconnues d’un ordinateur quantique tandis que les sociétés dont on pouvait estimer qu’elles atteignaient le plus haut niveau de développement s’empêtrent dans des contradictions de plus en plus insolubles et on se dit que même avec l’aide de n’importe quelle machine tout dépendra encore de ce avec quoi on la nourrira. Telle cette mobilisation d’une armée appuyée de surcroit par un porte avion nucléaire pour tenter d’en finir avec une idée celle de la justice pour tous comme base de la paix. Tandis que les Etats-Unis incapables de résoudre leurs problèmes internes portent l’asphyxie du dollar jusqu’à un niveau insoutenable tout en ne sachant plus comment gérer leurs frontières. Ils continuent partout la même folie et l’érection de murs. il est clair que la solution ne peut pas naître dans un tel mode de production, le capitalisme au stade impérialiste a fait son temps même si les dépenses militaires deviennent encore et toujours son seul investissement dans l’économie réelle, la base de son essor scientifique et technique. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

 

Même si Israël peut éliminer complètement le Hamas, a-t-il un plan crédible à long terme pour Gaza ?

Par IAN PARMETER 23 OCTOBRE 2023

Sans compter les escarmouches transfrontalières périodiques, Israël a mené trois guerres majeures contre le Hamas depuis le retrait de ses forces de Gaza en 2005 – en 2008, 2014 et 2021. Chacune d’entre elles impliquait des incursions terrestres limitées, avec des soldats israéliens à Gaza pendant une quinzaine de jours.

Au cours des deux dernières semaines, Israël a mis sur pied une force énorme pour monter une autre invasion terrestre en représailles aux attaques transfrontalières du Hamas qui ont tué environ 1 400 Israéliens le 7 octobre. Continuer la lecture de Quand les combats à Gaza s’arrêteront : pas de bonnes options

Biden, le président de la Troisième Guerre mondiale (la finale)

Le président devrait demander au Congrès 100 milliards de dollars pour l’Ukraine, Israël, Taïwan et le financement de la frontière

par Dave DeCamp
Publié le 1

Jeudi soir, le président Biden a prononcé un discours depuis le Bureau ovale dans lequel il plaide en faveur de la poursuite par les États-Unis du financement de la guerre par procuration en Ukraine et de l’attaque d’Israël contre Gaza.

Biden a déclaré qu’il demanderait vendredi au Congrès d’autoriser davantage de dépenses pour la guerre en Ukraine et une aide militaire « sans précédent » pour Israël. Selon les médias, la demande portera sur environ 100 milliards de dollars et comprendra également une aide à Taïwan, que la Chine considérera comme hautement provocatrice, et un financement pour la sécurité des frontières.

Environ 60 milliards de dollars devraient être destinés à l’Ukraine, car la Maison Blanche veut adopter un paquet de dépenses sur la guerre qui durera jusqu’aux élections de 2024. Israël devrait recevoir environ 10 milliards de dollars d’aide militaire, et le reste ira à la frontière, à Taïwan et potentiellement à d’autres régions de l’Asie-Pacifique.

Dans son discours, le président Biden a tenté d’établir des comparaisons entre le Hamas et le président russe Vladimir Poutine. « Le Hamas et Poutine représentent des menaces différentes, mais ils partagent ceci en commun : ils veulent tous les deux anéantir complètement une démocratie voisine, l’anéantir complètement », a-t-il déclaré.

Le président a affirmé qu’il était du devoir de l’Amérique de s’impliquer dans ces guerres étrangères et que cela assurerait la sécurité des Américains, même si la guerre par procuration en Ukraine rend la guerre nucléaire beaucoup plus probable, et que le soutien des États-Unis au bombardement de Gaza par Israël attise le sentiment anti-américain dans le monde entier.

« Le leadership américain est ce qui maintient le monde ensemble. Les alliances américaines sont ce qui nous maintient en sécurité en Amérique. Les valeurs américaines sont ce qui fait de nous un pays partenaire avec lequel vous voulez travailler. Mettre tout cela en péril – nous nous éloignons de l’Ukraine, nous tournons le dos à Israël – cela n’en vaut tout simplement pas la peine. C’est pourquoi demain, j’enverrai au Congrès une demande de budget urgente pour financer les besoins de sécurité nationale de l’Amérique – les besoins de soutien à nos partenaires essentiels, y compris Israël et l’Ukraine », a déclaré Biden.

 

Shlomo Sand : « Sans les Palestiniens, Israël ne peut pas vivre »

De Tel-Aviv où il vit et enseigne à l’université, l’historien, ardent défenseur de la paix et de la fin de l’occupation, livre en exclusivité à l’Humanité son analyse lucide de la tragédie en cours au Proche-Orient, qui était selon lui, hélas, prévisible.

L’historien Shlomo Sand
© Editions La Découverte

Historien engagé et volontiers polémiste, Shlomo Sand ne s’est jamais senti aussi mal depuis le 7 octobre. Soldat en 1967, il n’a cessé de militer pour la reconnaissance du droit à l’autodétermination du peuple palestinien et pour son droit à un État indépendant aux côtés de l’État d’Israël.

Mais il persiste dans son rêve que ses enfants et petits-enfants puissent un jour vivre dans « un État démocratique qui accorde les mêmes droits à tous ses citoyens. Il explique pourquoi dans l’entretien qu’il nous a accordé et dans son ouvrage, Deux peuples, un Etat ? Relire l’histoire du sionisme, à paraître en janvier 2024 au Seuil.

Quel sentiment éprouvez-vous devant cette tragédie qui touche les peuples israélien et palestinien ? Continuer la lecture de Shlomo Sand : « Sans les Palestiniens, Israël ne peut pas vivre »

Solidarité avec le Peuple palestinien ! Non à l’expulsion de Mme Mariam Abou Daqqa ! Libération de Georges Ibrahim Abdallah ! communiqué de la Libre Pensée

Communiqué de la Fédération Nationale de la Libre Pensée

La Fédération nationale de la Libre Pensé rappelle sa prise de position exprimée précédemment : Au moment où l’on massacre en Palestine au nom de prétextes prétendument religieux, nous réitérons que la Paix ne peut revenir dans cette région-martyre que dans le respect absolu de la liberté de conscience et des cultes pour celles et ceux qui veulent en pratiquer un, et dans la laïcité des institutions d’Etat. Nous combattons pour une seule Palestine unie, laïque et démocratique, qui garantira l’égalité des droits entre tous, Juifs, Musulmans, Chrétiens, Laïques et Libres Penseurs. Continuer la lecture de Solidarité avec le Peuple palestinien ! Non à l’expulsion de Mme Mariam Abou Daqqa ! Libération de Georges Ibrahim Abdallah ! communiqué de la Libre Pensée

La CNL 82 s’oppose à l’augmentation des loyers

Communiqué

Montauban, le 18 octobre 2023

Les membres du conseil d’administration de Tarn et Garonne Habitat, premier bailleur social du département, se sont réunis ce mercredi en séance plénière. A l’ordre du jour, plusieurs délibérations dont le débat d’orientation budgétaire et la politique des loyers 2024 avec une hausse proposée de 3,5% dès le 1er janvier 2024.

Depuis des années le gouvernement fait le choix d’affaiblir le modèle français des HLM en asphyxiant financièrement les organismes. Ceux-ci se retrouvent face à des choix difficiles en matière de rénovation et de construction alors que les besoins sont de plus en plus criants a expliqué en séance le président José Gonzales. Une situation financière qui pousse Tarn et Garonne Habitat à répercuter ces difficultés sur les locataires en augmentant les loyers pour la deuxième année consécutive.

« Même si nous sommes conscients de la situation de l’organisme, nous devons nous opposer collectivement à cette augmentation », a expliqué Julien Sueres, représentant des locataires pour la Confédération Nationale du Logement avant de plaider devant le conseil d’administration pour un gel des loyers en 2024.

« Aujourd’hui c’est une attaque politique et idéologique de la part du gouvernement que subissent les HLM. Plutôt que de se décharger sur les locataires, nous devons avoir le courage d’envoyer un message fort au ministère en faisant bloc collectivement contre cette asphyxie financière en refusant de d’augmenter les loyers, même si cela est la seule option que l’Etat nous laisse », a fustigé le castelsarrasinois pointant également les conséquences sociales de telles décisions. « Les locataires sont confrontés à des choix insupportables. Les familles font de terribles sacrifices sur l’alimentation, les loisirs et même la santé pour tenir leurs budgets. Ne rajoutons pas des difficultés sur une situation déjà explosive », a-t-il conclu avant de voir la délibération adoptée par une majorité du CA à l’exception des représentants des locataires qui ont tous voté contre.

Dans la guerre de l’information, c’est la vérité qui meurt

Un article brillantissime qui montre comment le mensonge d’une propagande effrénée finit par interdire toute vérité y compris sur les exactions réelles. Puisque les enfants n’ont pas été décapités le Hamas n’a pas assassiné de civils, pire encore l’extermination des juifs n’a jamais existé… Cela fait des années que l’on mesure bien ce que les outrances de la propagande et pas seulement dans le cas d’Israël produisent des effets pervers, le doute débouche sur l’irrationnel, sur une manière de répondre au “Mal” par la même diabolisation. (note de Danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop)

https://vz.ru/opinions/2023/10/17/1235223.html

Une guerre de l’information est en cours, dans laquelle personne ne sera épargné – et surtout pas la vérité, principal ennemi de la propagande. Tout cela nous est familier grâce à l’expérience de la SVO, au cours de laquelle nous avons entendu à maintes reprises le mantra “La Russie est en train de perdre la guerre de l’information”.

Par Igor Karaoulov, poète, publiciste

Les guerres modernes sont régies par les médias. Au siècle dernier, les journaux contenant des informations sur la guerre pouvaient mettre une semaine pour atteindre les provinces, mais aujourd’hui, s’il y a des explosions et des effusions de sang quelque part, ils vous le montreront immédiatement. Bien sûr, s’ils le veulent, s’ils le jugent important et nécessaire ; personne ne s’intéresse au fait que les Hutus et les Tutsis peuvent se battre pendant des années sans qu’il y ait de supporters dans les tribunes.

Mais ce n’est pas le cas au Moyen-Orient. C’est là que se concentrent les intérêts géopolitiques des États-Unis et de leur principal allié asiatique, Israël. La Palestine est le point le plus douloureux pour l’ensemble du monde musulman. Et, bien sûr, la télévision et l’internet donnent toute la mesure du désordre qui règne au Moyen-Orient. Continuer la lecture de Dans la guerre de l’information, c’est la vérité qui meurt

Retour aux écoles normales versus enseignement des ‘’valeurs de la République’’? in Caf. Péda.

Attentat d’Arras : à Rennes, le local du PCF vandalisé par un groupuscule d’extrême droite

Accusé de s’être mobilisé, en 2014, contre l’expulsion de la famille de l’auteur de l’attentat d’Arras, le PCF d’Ille-et-Vilaine a trouvé, dimanche, sa permanence taguée. Le groupuscule d’extrême droite l’Oriflamme Rennes a revendiqué cette dégradation.

Le groupuscule d’ultra-droite l’Oriflamme Rennes a revendiqué cette attaque.
© Capture d’écran X

Rubalises et taches de peintures rouges recouvrent le portail d’entrée du local du PCF de Rennes, ce dimanche 15 octobre au soir. Plusieurs feuilles sont aussi collées, portant les inscriptions « Aujourd’hui le PCF soutient les assassins islamistes comme autrefois il défendait les terroristes algériens du FLN » et « Traîtres à la France, PCF assassins ».

Les militants d’extrême droite du groupuscule l’Oriflamme Rennes ont mis en scène leur immonde attaque, qu’ils revendiquent sur leurs réseaux sociaux : « L’entrée du local du PCF rennais, situé rue Louis Hémon, a été fermé (sic) symboliquement car après l’attaque d’Arras, il est devenu une véritable scène de crime ».

Depuis vendredi et l’attentat d’Arras, l’extrême droite accuse les communistes de s’être mobilisés en 2014, avec plusieurs associations dont le Mrap et la Cimade, pour empêcher l’expulsion de la famille Mogouchkov. Une mobilisation qui avait permis de faire annuler la procédure d’expulsion collective vers la Russie de cette famille assignée en résidence dans un foyer de La Guerche-de-Bretagne, en Ille-et-Vilaine. Mohammed Mogouchkov, le jeune homme qui a mortellement poignardé vendredi un enseignant devant un lycée d’Arras avait alors une dizaine d’années.

Aurélien Guillot, secrétaire fédéral du PCF en Ille-et-Vilaine, annonce porter plainte

Ce qui n’empêche pas l’extrême droite comme le groupuscule l’Oriflamme Rennes de considérer le PCF du département comme « des gauchistes qui promeuvent l’invasion migratoire et qui se retrouvent avec du sang sur les mains sans jamais l’assumer ».

Aurélien Guillot, secrétaire fédéral du PCF en Ille-et-Vilaine, a indiqué qu’il était « en train de porter plainte » et qu’il déplore que « l’extrême droite tente de créer une polémique de toutes pièces » en exploitant l’« acte terroriste » d’Arras. Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel avait réagi, avant les dégradations du local de Rennes, aux attaques de l’extrême droite : « C’est honteux face à un tel drame d’ouvrir une polémique à l’encontre d’associations qui, au quotidien, œuvrent pour protéger des enfants. C’est indigne à l’heure où tout doit être fait pour unir les Français contre le terrorisme, l’obscurantisme et les fanatismes religieux. »

De son côté, le Mrap, également mis en cause, a dénoncé une « honteuse récupération d’un crime odieux », et rappelé qu’en 2014, le futur terroriste n’avait que 11 ans. « À moins de penser que le terrorisme est inscrit dans les gènes, il est idiot de répandre l’idée que le MRAP a « soutenu un terroriste » », écrit l’association, rappelant que la responsabilité judiciaire est « individuelle et non pénale ».

 

Laurence De Cock : Les visages de notre résistance in Caf. Péda.