« C’est au mois de mars qu’on va pouvoir préciser certaines choses ». Interrogé sur France Inter le 2 mars, JM Blanquer a promis de rendre ses arbitrage sur la revalorisation avant la fin mars. Il a signé le 2 mars le décret instituant la revalorisation des enseignants en début de carrière. Il promet de nouvelles avancées sous conditions. Qu’en penser ?
Une revalorisation 2021 limitée à 12€ pour la grande majorité des enseignants
« C’est au mois de mars qu’on va pouvoir préciser certaines choses. Il y a des augmentations qui ont déjà eu lieu comme la prime informatique mais aussi la prime d’attractivité pour les enseignants jeunes qu’ils verront à partir de mai », a déclaré JM BLanquer sur France Inter le 2 mai. « On prépare le budget 2022 dans une perspective ambitieuse pour continuer la revalorisation. Il est important d’avoir une augmentation des salaires mais aussi une augmentation qualitative. J’invite à aller voir le document sur le professeur du 21ème siècle pour voir ce qui peut nous moderniser ».
Ainsi JM BLanquer ne se limite pas à faire le point de la revalorisation 2021. Alors que les résultats du Grenelle de l’éducation sont attendus depuis début février, il semble avoir fait ses arbitrages et affirme être en situation d’annoncer les conditions d’une revalorisation.
Gérard Araud, ancien ambassadeur aux États-Unis, et Étienne de Poncins, qui représente la France en Ukraine, s’en prennent à la révolution de 1871 sur Twitter, au plus grand mépris de l’histoire. Cent-cinquante ans après, l’esprit versaillais est toujours là…
La Commune de Paris reste une période méconnue. Même les plus hauts diplomates en ont une vision, disons, erronée. Pour les 150 ans de cette révolution, voilà que l’ancien ambassadeur de la France aux États-Unis, Gérard Araud, la qualifie d’« insurrection armée contre une Assemblée qui vient juste d’être élue au suffrage universel, qui incendie par esprit de destruction les monuments de la ville, le tout sous l’œil de l’ennemi qui sable le champagne ».
Un tweet que notre ambassadeur en Ukraine, Étienne de Poncins, commente ainsi : « La Commune est aussi une préfiguration du totalitarisme communiste soviétique par la terreur et les massacres accomplis. Sur le plan politique, c’était une référence permanente de Lénine pour 1917. »
Seule la dernière phrase tombe juste. Pour le reste, il conviendrait de traiter cette période avec plus de rigueur et moins de mépris.
Un : la Commune s’est insurgée le 18 mars 1871 car Thiers tentait de s’emparer des 227 canons de la garde nationale.
Deux : l’Assemblée élue en février l’a été lors de législatives réclamées par l’Empire allemand, dont l’armée occupait plus de 40 départements français et retenait près de 400 000 prisonniers. Le Journal officiel ne publie d’ailleurs ni le nombre d’inscrits, ni celui de votants. Et les monarchistes remportent l’élection non pas car les citoyens adhèrent à leur régime, mais parce qu’ils apparaissent comme les garants de la paix (en échange de 5 milliards de francs-or, et de la session de l’Alsace-Moselle).
Trois : Paris se révolte, et la Commune adopte en 72 jours toute une série de mesures progressistes.
Quatre : Thiers la fait massacrer, après avoir demandé à Bismarck la libération de soldats uniquement dans ce but. L’ennemi peut sabler le champagne !
Cinq : les versaillais font bombarder la capitale et liquider plus de 17 000 personnes. Dans le chaos, des communards, sans l’aval de leur gouvernement, exécutent une centaine d’otages et brûlent des monuments. C’était une faute. Mais que dire des versaillais…
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les 150 ans de la Commune de Paris.
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et la richesse des débats qui leur succédèrent.
Alors que les tests salivaires se déploient dans les écoles, des velléités d’utiliser les personnels enseignants apparaissent dans certains départements. Une nouvelle fois, les missions des PE se trouvent détournées en leur faisant porter une responsabilité qui ne peut être la leur. Le SNUipp-FSU s’adresse au ministre et lui pose un certain nombre de questions qui ne manqueront pas d’être soulevées dans le quotidien des écoles.
La lettre au ministre
Monsieur le Ministre,
Les tests salivaires se déploient dans les écoles depuis quelques jours, sans aucun texte de cadrage ministériel mais avec de nombreuses opérations de communication médiatique. Une nouvelle fois, l’impréparation de votre gestion de la crise sanitaire dans les écoles est flagrante. Les modalités de mise en œuvre de ces tests divergent donc d’un département à l’autre, tant au niveau du choix des écoles que dans leur réalisation. Les enseignantes et les enseignants des écoles pourraient en effet se substituer aux personnels des laboratoires médicaux et faire passer eux-mêmes ces tests aux élèves. Nous dénonçons vigoureusement cette éventualité où les personnels des écoles seraient donc encore livrés à eux-mêmes pour prévenir la pandémie dans les écoles. Les enseignant-es ne sont ni des infirmier-es, ni des personnels de laboratoire. Ils ne font pas plus partie des extensions successives de l’arrêté du 10 juillet 2020 listant les personnels pouvant réaliser des tests RT-PCR, naso-pharyngés comme salivaires. Par ailleurs, cette politique de tests manque d’ambition et reste très loin d’un dépistage massif des élèves comme de l’ensemble des personnels permettant une surveillance épidémiologique régulière des écoles et des établissements scolaires. Comment avez-vous élaboré la démarche scientifique qui guide ces tests ?
Concrètement, cette campagne pose de nombreuses interrogations sur le plan sanitaire et organisationnel que nous vous soumettons et pour lesquelles les personnels des écoles ont besoin de réponses urgentes. En amont, les enseignant·es devront recueillir l’accord écrit des parents et des informations sur leur numéro de sécurité sociale, ce qui va reposer pour beaucoup sur les directrices et directeurs dont la tâche de travail est déjà énorme, et peut poser également question sur la sensibilité des informations transmises, par exemple pour une famille bénéficiaire de la CMU. Comment et combien de temps ces données sont-elles conservées ? Votre ministère a-t-il procédé aux démarches juridiques nécessaires et a-t-il déclaré ce recueil auprès de la CNIL ?
Pour la réalisation des tests, les enseignants et les enseignantes devraient superviser son déroulement. Cela pose également une multitude de questions comme celle de la gestion des autres élèves durant ce temps, qui s’avère être très long, sans accroître le brassage dans l’école ? Avez-vous prévu de mettre à disposition de chaque école des brigades de remplacement ? Quel nettoyage des locaux servant aux tests où les enfants auront émis une multitude de postillons est-il prévu ? De même, quelles consignes et techniques d’aération sont prévues pour empêcher l’aérosolisation ?
Enfin, la réalisation de ces tests par les enseignant·es pose questions, celle de leur responsabilité, sur le plan juridique notamment. De même, quelles garanties apporterait votre ministère en termes de formation et de fourniture d’équipements de protection adéquats ? Nous dénonçons le mépris avec lequel vous considérez les enseignant-es des écoles en laissant ouverte la possibilité qu’ils puissent se substituer au personnel de laboratoire médical et le peu de considération que vous portez à l’école primaire.
Nous exigeons que votre ministère mette fin aux possibles recours aux enseignant-es pour réaliser les tests et que vous diffusiez au plus vite dans les écoles un texte de cadrage clair sur le déroulé de cette campagne de dépistage. Dans l’attente de réponses de votre part, nous vous prions de croire, Monsieur le ministre, en notre sincère et profond attachement au service public d’éducation.
En toute action, la pire des choses est sans doute l’ignorance.
Quel que soit l’objectif, quelle que soit l’ambition, l’ignorance est impardonnable. Chacun peut se tromper, nous faisons tous des erreurs mais nous apprenons à « rater mieux » selon l’expression de Samuel Beckett. Comment y parvenir ? Par la curiosité, l’apprentissage, l’écoute, l’observation, le recul critique, en bref tout ce qui va faire baisser notre niveau d’ignorance, tout ce qui va nous permettre de cultiver nos pensées et nos gestes.
Depuis la nuit des temps, le pouvoir tient lieu de culture à celles et ceux qui le détiennent. Ils revendiqueraient presque leur ignorance, bannière revancharde face à une culture qui les écrase et qu’il n’ont jamais eu le courage d’atteindre. Et peu importe après tout, tant que la machine fonctionne, que chacun vit à peu près comme il le souhaite. Continuer la lecture de Le gouffre béant de l’ignorance. Chronique 6 de Marcel Duvel
Presque un an après le début de la crise sanitaire, la gestion ministérielle de ce dossier est marquée par de très nombreuses insuffisances qui frisent parfois l’irresponsabilité. Enfermé dans un déni coupable de réalité, le ministre de l’Éducation nationale multiplie les sorties médiatiques à contre-courant de la situation sanitaire réelle. Il prend aussi des décisions incompréhensibles dont la dernière en date est l’allègement du protocole sanitaire alors même que les variants circulent davantage sur le territoire.
Pourtant les différents avis et études scientifiques convergent tous pour mettre en avant le rôle actif de l’école dans la diffusion de l’épidémie.
Attachés au maintien de l’ouverture des écoles et des établissements comme à la scolarité en présentiel des élèves, la FSU, la FCPE, le collectif Ecole et Familles oubliées exigent la mise en place d’un protocole sanitaire qui permettrait enfin d’assurer la protection des élèves et des adultes et plus largement de la société par une gestion responsable et volontariste de la crise sanitaire. Continuer la lecture de Pour des mesures d’urgence et une stratégie globale contre le Covid19 en milieu scolaire
Alors que le panorama s’assombrit sur fond d’accélération des difficultés des travailleurs et des familles populaires, la question sociale est évacuée tandis que la France est entraînée dans une inquiétante dérive politique avec la normalisation des discours d’extrême droite.
Je souhaite pouvoir m’arrêter sur la séquence xénophobe de ces derniers jours tant elle mérite d’être méditée, étudiée. Elle doit surtout faire l’objet d’une réplique unitaire de tous les progressistes, de tous les démocrates.
Inquiétante et significative est la dérive politique dans laquelle la France est entraînée, sur fond d’accélération des difficultés des travailleurs et des familles populaires, et alors que le ciel s’assombrit sur le front social. Elle l’est pour tous les progressistes qui assistent effarés à une succession d’outrances sur l’islam et les musulmans. Elle est encore plus pour nos concitoyens de confession musulmane dont la religion fait l’objet de sordides manœuvres orchestrées par le pouvoir qui use de subterfuges pour détourner l’attention de la profondeur de la crise. L’extrême droite n’a plus à parler, à provoquer. Seul compte désormais pour elle de travailler sa respectabilité dans la perspective d’une prise de pouvoir.
Par Manel Djadoun, Secrétaire à l’organisation de l’UEC et étudiante en Master 2 de recherche en sociologie politique à Nanterre.
Depuis une semaine, notre pays est secoué par une vague de débats sur la présence d’un soi-disant « islamo-gauchisme » à l’université. Sur CNews, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, avait ainsi annoncé vouloir demander au CNRS de réaliser une enquête sur l’ensemble des courants de recherche afin de « distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme et de l’opinion ». Dans le même registre, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, défendait l’idée selon laquelle il existerait « une matrice intellectuelle venue des universités américaines et des thèses intersectionnelles » qui « converge avec les intérêts des islamistes ». Ces déclarations constituent une atteinte extrêmement grave à l’autonomie universitaire, aux libertés académiques, bref à la démocratie. En faisant porter la responsabilité de l’islamisme sur les chercheurs de notre pays, le gouvernement cherche en réalité à discréditer des pans entiers de la recherche qu’il considère comme dangereux : postcolonialisme, gender studies, intersectionnalité, recherches sur la « race ». Si les débats vifs et contradictoires autours de ces travaux sont essentiels au progrès des connaissances- d’ailleurs l’ensemble de ces concepts font l’objet de discussions et critiques dans le champs académique- les instrumentalisations politiques qui en sont faites sont contraires à la démarche scientifique et au progrès des savoirs. Nous pourrions aussi simplement rire devant la déliquescence intellectuelle du gouvernement et l’utilisation ridicule du terme « d’islamo-gauchisme ». Mais nous aurions sans nul doute tort car ce n’est surement pas un hasard si les forces réactionnaires du pays en font un usage aussi virulent. D’abord ce terme recèle une véritable force sémantique. Il permet à lui seul de rapprocher les universitaires travaillant sur les questions de race, de terrorisme ou d’islam avec les milieux de gauche et les idéologies extrémistes. L’ensemble des intellectuels engagés, des syndicalistes, des personnalités mobilisées contre le racisme se voient ainsi associé·e·s , sans preuve aucune, à l’idéologie terroriste. Même si le terme émerge sous une certaine forme dans les textes de Chris Harman, dirigeant trotskiste du Parti travailliste anglais,l’histoire du terme en France est éminemment liée aux réseaux d’extrême droite qui vont largement le populariser après la guerre d’Irak pour s’opposer à la gauche.
Petit détour historique
Le terme d’islamogauchisme nous amène aussi presque inéluctablement à faire le rapprochement avec celui de « judéo-bolchévisme » puisqu’ils possèdent la même structure sémantique mais aussi parce que cela nous permet, dans une certaine mesure, de comprendre les dynamiques racistes à l’œuvre dans nos sociétés occidentales. Le judéo-bolchévisme est un terme qui se développe au XXe siècle, en Russie notamment. A cette époque, il permettait d’accuser les partis communistes d’être contrôlés par les Juif·ves . L’émergence de ce concept reposait tout de même sur une certaine forme de réalité : Les Juif-ves russes s’étaient largement engagé·e·s au sein du parti bolchévique puisque que, comme tous les prolétaires, de toutes confessions et de toutes origines, ils subissaient en Europe et aux Etats-Unis l’exploitation capitaliste mais aussi un racisme violent et légalisé comme en Russie. Pour faire plier le mouvement révolutionnaire, les tsaristes et les contre-révolutionnaires mèneront une offensive idéologique contre le parti bolchévique en faisant largement usage du terme « judéo-bolchevique » et en cherchant à unir stratégiquement les antisémites et les anticommunistes. C’est donc par l’antisémitisme que l’on devenait anticommuniste. Ce n’est qu’un peu plus tard que le terme arrive dans les mouvements d’extrême-droite européens, notamment le nazisme : à nouveau les antisémites et les anticommunistes formaient une alliance qui conduira aux conséquences tragiques que nous connaissons.
Mais pourquoi donc attaquer l’université pour lutter contre le terrorisme ?
Dans les pays où s’opère une résurgence des mouvements réactionnaires il n’est pas rare que les sciences sociales fassent l’objet d’attaques particulièrement violentes. L’arrivée de Jair Bolsonaro au pouvoir à la tête du Brésil en est l’illustration parfaite puisqu’il s’en est pris, dès son arrivée, aux universités de sciences sociales car elles sont de hauts lieux de contestation du pouvoir. La tendance autoritaire du gouvernement français répond à des logiques quelques peu similaires : celles qui visent à contrôler les espaces où s’organisent les mouvements contestataires, l’université en premier lieu. Dès lors, parler d’islamo-gauchisme à l’université c’est d’abord prendre appui sur le racisme, en tant que système de domination et d’exploitation, pour ranger largement des franges de la population du côté de la réaction dans le but d’affaiblir le mouvement révolutionnaire – antiraciste, féministe, syndical et ouvrier. En ce sens, les réactionnaires ne visent pas simplement les musulman·e·s engagés mais aussi les non-musulman·e·s engagé·e·s à gauche qui deviennent complices d’une manière ou d’une autre des islamistes.
Ensuite cela permet d’attaquer directement les savoirs critiques, c’est-à-dire les savoirs qui remettent en cause l’ordre social et son fonctionnement. En posant les chercheurs et chercheuses engagé·e·s à gauche comme les traitres à la nation et aux sciences « véritables », le gouvernement cherche à disqualifier toute une frange de scientifiques opposé·e·s à ses politiques et à ses projets de société. Cela permet aussi de faire la promotion de politiciens, éditorialistes, publicistes, intellectuels réactionnaires comme Zemmour, Finkielkraut pour leur donner de la crédibilité… Enfin cela permet de mener une offensive brutale contre l’université, son autonomie et son indépendance en orientant notamment les sources de financement.
Conclusion
Défendre l’idée d’une présence de l’ « islamo-gauchisme » permet en réalité de créer une alliance objective entre les racistes (islamophobes notamment), les anti-intellectuels (notamment ceux opposés aux sciences sociales) et ceux qui s’opposent à la gauche, partagent les mêmes idées réactionnaires pour faire plier les mouvements antiraciste, féministe, écologiste et syndical qui mettent à mal le gouvernement actuel. Nous n’avons nul autre choix que celui de s’opposer pied à pied à toutes celles et ceux qui font la promotion de « l’islamogauchisme » et qui précipitent notre pays dans la division et la régression. Pour combattre toutes les formes d’obscurantismes, nos universités doivent être des lieux de progrès des savoirs et des connaissances mais aussi de liberté, d’indépendance et d’affranchissement. À rebours de leur projet destructeur pour l’université, nous voulons bâtir une université émancipatrice ouverte à tous·tes, notamment aux classes populaires parmi lesquelles se trouvent les musulman·e·s de notre pays.
NDLR de MAC: Un ouvrage rafraichissant des éditions AUBERBABEL à lire de toute urgence…
Le regretté1 Desproges avait eu l’idée à la fois géniale et farfelue d’écrire un « dictionnaire superflu » avec un seul mot par lettre dont un des charmes était que chaque article était agrémenté de la même illustration, avec une légende adaptée et toujours étonnamment pertinente, l’une d’entre elles étant le véritable titre du tableau utilisé.
Une de ces légendes était : « le pangolin s’est échappé ».
Je n’aurais pas le mauvais goût de faire remarquer, plus de trente ans après sa disparition, que non, malheureusement, le pangolin ne s’est pas échappé, du moins si on en croit les récits de source officielle. S’il s’était effectivement échappé, il n’aurait pas reçu la fiente de la chauve-souris enfermée à l’étage au dessus, ni fourni bien involontairement ses écailles souillées pour la confection d’une poudre de perlimpinpin, dont les vertus aphrodisiaques ne sont pas plus grandes que si on l’avait fabriquée avec des rognures d’ongle (fabrication bien inutile d’ailleurs puisqu’il suffit de se ronger les ongles pour absorber de la kératine), laissant ainsi les pangolins en paix et nous épargnant une pandémie.
Ce dictionnaire arbitraire ne prétend même pas à cette rigueur : les illustrations sont parcimonieuses et aléatoires, les articles sont disparates, la seule règle étant d’avoir au minimum un mot par lettre de l’alphabet. Travail beaucoup moins ambitieux, donc, qu’un dictionnaire tentant de recenser tout ce que l’honnête homme doit savoir, telle cette Encyclopédie des connaissances utiles parue en 1836, dont le tome seizième, d’un format à peu près analogue à celui-ci, nous mène seulement de Civilisation (suite – il faut dire que le programme est ambitieux) à Comestible, article qui renvoie lui-même aux articles aliment, farine, pain, pâte, salaison, etc., dont nous ne pourrons donc pas profiter si nous ne possédons que ce tome seizième.
Sans prétendre à l’exhaustivité ni même à la cohérence, notre système a cependant l’avantage de nous permettre de faire état de quelques questionnements, marottes, obsessions ou rancœurs, selon le système employé en 1940 par Godfrey Elton dans ses émissions radio, intitulées It occurs to me : c’est ce qui me passe par la tête et je vais donc vous en parler.
Mais sont-ce simplement des marottes ou des obsessions ?
Les définitions des mots choisis arbitrairement ne relèvent elles pas plutôt d’une « vision du monde », mélange d’objectivité et de subjectivité, même si elle reste parcellaire étant donné le procédé choisi ?
1 C’est vraiment une façon de parler, parce que je ne l’ai découvert qu’après sa mort. C’est pourquoi il ne m’a jamais déçu. Qui sait, il serait peut-être devenu gâteux, ou pire, réac et sentencieux.
Quatrième de couverture
Sans prétendre à l’exhaustivité, ce petit livre, n’a de dictionnaire que l’ordre alphabétique de ses articles, choisis par ses différents contributeurs en fonction des idées qui leur sont passées par la tête à un moment quelconque, ce qui n’enlève à priori rien à leur pertinence éventuelle. Les rubriques ayant été collectées juste avant la crise du « gros vide », il est temps de s’attaquer dès aujourd’hui au tome deux afin d’y disséquer les nouveaux barbarismes apparus depuis. Ces nouveaux maux sont à définir d’urgence si nous ne voulons pas devenir leurs esclaves. A vos plumes !
En vente pour 10 € ou 12€ avec envoi. S’adresser à Alexandra Tricottet <alexandra.tr@laposte.net>
« Ces livres, achetés sur le budget de la mairie, échappent à notre politique d’acquisition et nous n’aurons aucun regard sur eux », explique une bibliothécaire.
Enquête. La ville du Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis, annonce l’achat de 4 000 ouvrages référencés par l’association Alexandre et Aristote, créée par une proche d’Éric Zemmour et subventionnée par la mairie. Une intervention inquiétante dans la politique documentaire des médiathèques.
La photo de famille date du 29 janvier dernier : au centre, le maire ex-LR (1) du Blanc-Mesnil, Thierry Meignen, entouré de son directeur de cabinet, Vijay Monany, proche de l’extrême droite, de Sarah Knafo et Alexandre Galien, fondateurs d’Alexandre et Aristote. Devant des bibliothécaires médusés, se déroule à la médiathèque Édouard-Glissant une présentation de l’association à laquelle la mairie vient d’accorder une subvention de 20 000 euros. Quelques jours plus tard, c’est au tour des enseignants du lycée technique Aristide-Briand de rencontrer les créateurs de ce nouvel outil de promotion de la lecture. L’idée est simple : « Dis-nous qui tu es, nous te dirons quoi lire ! » clame la page d’accueil du site d’Alexandre et Aristote, qui renvoie vers des sites marchands (Fnac, la Procure et Amazon, remplacé par Place des libraires). Continuer la lecture de Humanité, révélation. La fachosphère s’infiltre dans les bibliothèques
Après les déclarations de Frédérique Vidal, une enquête du CNRS montre comment l’exécutif a offert une “exposition inespérée” à un néologisme promu par l’extrême droite
Logo du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) Illustration.
Aussi préoccupée par cette question que demandeuse d’une enquête en la matière, la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal devrait lire avec attention cette étude produite par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) sur l’emploi de l’expression “islamo-gauchisme”. Elle y constaterait, éléments objectifs à l’appui, qu’en réclamant un “bilan” sur “l’islamo-gauchisme” à l’université, elle a surtout contribué à populariser un néologisme, surtout utilisé sur Internet comme un “instrument de lutte idéologique” par l’extrême droite.
Côté méthode, cette étude menée par le Politoscope du CNRS et rendue publique ce dimanche 21 février, a utilisé un outil permettant d’analyser “plus de 290 millions de messages à connotation politique émis depuis 2016 entre plus de 11 millions de comptes Twitter”. Un système permettant de cartographier avec précision les tweets mentionnant cette expression et d’étudier les communautés militantes qui l’utilisent, et de quelle façon. Continuer la lecture de Islamo-gauchisme: une étude du CNRS pointe un « piège » pour le gouvernement… in HuffPost