Au Vernet-d’Ariège, Carole Delga et Fabien Roussel ont rendu hommage aux déportés In DDM

Les deux élus de gauche, face à la stèle du camp du Vernet.
Les deux élus de gauche, face à la stèle du camp du Vernet. DDM – D.V.

La présidente de la région Occitanie et le secrétaire national du Parti communiste français étaient présents au Vernet ce samedi 29 octobre, pour rendre hommage aux déportés du camp et montrer leur union face à l’extrême droite.

Union et souvenirs. Ce samedi 29 octobre, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, et Fabien Roussel, député de la 20e circonscription du Nord, ont rouvert en Ariège le grand livre de l’Histoire française. De 17 à 19 heures, les élus ont rendu de nombreux hommages aux déportés du camp du Vernet. Dans ce lieu, de nombreux républicains espagnols, résistants, juifs ou intellectuels avaient été enfermés entre 1939 et 1944, durant la Seconde Guerre mondiale.

« Ce camp de concentration, créé pour interner les républicains espagnols, était le plus répressif de France », tonnait Roussel devant plus de 70 personnes venues assister au recueillement des deux élus de gauche. Le parcours automnal a débuté au cimetière du camp, situé à Saverdun. Face au vent soufflant de la basse Ariège, celui qui était candidat à la dernière élection présidentielle assurait : « Cela faisait très longtemps que je souhaitais venir me recueillir ici. Cette commémoration est importante pour ma famille politique, mais aussi pour ma famille personnelle. » Continuer la lecture de Au Vernet-d’Ariège, Carole Delga et Fabien Roussel ont rendu hommage aux déportés In DDM

28 octobre 1922 : Rome, cette ultime marche jusqu’au pouvoir mussolinien

La marche des chemises noires sur la capitale italienne, le 28 octobre 1922, n’est pas l’événement fondateur de l’État fasciste. Elle ne fait que consacrer une passation de pouvoir déjà en cours, compromis entre Mussolini et un État épouvanté par la « menace bolchevique ». Récit.

Benito Mussolini (au centre) rejoint les fascistes de la marche sur Rome en octobre 1922. © George Rinhart/Corbis via Getty Images

Benito Mussolini (au centre) rejoint les fascistes de la marche sur Rome en octobre 1922. © George Rinhart/Corbis via Getty Images

On sait avec Marx que l’histoire ou ses personnages apparaissent souvent deux fois, « la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce (1) ». Ainsi, cent ans presque jour pour jour après que le roi d’Italie, Victor-Emmanuel III, a chargé le chef du Parti national fasciste (PNF), Benito Mussolini, de former un nouveau gouvernement (29-31 octobre 1922), une de ses émules autoproclamées, Giorgia Meloni, s’apprête à s’installer au palais Chigi, piazza Colonna, à Rome.

Mme Meloni n’a pas eu besoin de marcher sur la Ville éternelle pour arriver au pouvoir ; elle a réussi à rassembler les droites toutes plus ou moins « extrêmes », toutes déjà plus ou moins fascistes, celle de Berlusconi et celle de Salvini, personnalité qu’elle avait déjà côtoyée au gouvernement.

Mais n’était-ce pas ce qu’avait fait le Duce lui-même, durant des années, avant sa « marche sur Rome » du 28 octobre 1922, ce formidable « coup de bluff » qui devait être, le lendemain 29 octobre, le prétexte à ce que le roi Victor-Emmanuel III l’appelle à former, en pleine déconfiture de l’État transalpin, un nouveau gouvernement ? Continuer la lecture de 28 octobre 1922 : Rome, cette ultime marche jusqu’au pouvoir mussolinien

Georges Serignac, grand maître du Grand Orient de France : quel est le rôle des francs-maçons aujourd’hui ?

Entrée dans l’ère postmoderne de l’anthropocène, confrontée à la mondialisation néolibérale et à la civilisation numérique, l’humanité est en perte de repères. Pour le grand maître du Grand Orient de France, la franc-maçonnerie se doit de jouer un rôle dans ce contexte. Il nous explique pourquoi et comment.

Georges Serignac, grand maître du Grand Orient de France. Photo Henrique Campos

Georges Serignac, grand maître du Grand Orient de France. Photo Henrique Campos

Il n’est pas si fréquent que le premier responsable, désigné pour un mandat de trois ans, du Grand Orient de France accorde un entretien à la presse, et en particulier à l’Humanité. Pour Georges Serignac, c’est la volonté pour l’une des principales obédiences de « s’ouvrir à la société » et de présenter la franc-maçonnerie telle qu’elle entend se développer qui a rendu possible cet échange en direction des lectrices et lecteurs du journal fondé par Jean Jaurès.

Beaucoup de nos lecteurs méconnaissent le Grand Orient de France. Comment définiriez-vous la franc-maçonnerie ?

La franc-maçonnerie est un objet complexe qui agrège plusieurs éléments apparemment éloignés. C’est un espace de liberté d’expression, un lieu de réflexion, de construction de la pensée, qui utilise une méthode particulière, certes initiatique, mais surtout faite d’écoute, d’échange, de respect de la parole de l’autre.

Icon Quote  »Liberté, Égalité, Fraternité » : la devise est commune à la République et au Grand Orient de France.

C’est aussi un lieu de convivialité, de sociabilité, dont l’un des piliers fondateurs est la solidarité. Toutes ces dimensions se mettent au service de valeurs nées des Lumières au XVIIIe siècle, qui substituent la raison à la croyance, et seront source un siècle plus tard de la liberté absolue de conscience, et, finalement de l’idée républicaine avec « Liberté, Égalité, Fraternité », la devise commune à la République et au Grand Orient de France. Continuer la lecture de Georges Serignac, grand maître du Grand Orient de France : quel est le rôle des francs-maçons aujourd’hui ?

Les fascistes sont de sortie, stoppons-les.

Affiche apposée sur les murs cette semaine

Horrifiés, comme la majorité de nos concitoyens, par le crime abject de la petite Lola, nous sommes aux côtés de sa famille et de ses proches. Face à ce terrible assassinat, le recueillement et la dignité auraient dû l’emporter. La réflexion également sur les causes d’une telle sauvagerie et les moyens d’y remédier.

Cela n’a pas été le choix de la droite et de l’extrême droite. Bien aidées par les chaînes d’information en continu du groupe Bolloré, elles ont décidé de faire leur miel de l’horreur.

Il s’est même trouvé un Cyril Hanouna, aussi populiste que sordide, dansant dans ses studios pour fêter les records d’audience réalisés par ses émissions grâce à cet assassinat, après avoir appelé devant des centaines de milliers de téléspectateurs à une justice expéditive, sans avocat ni contradiction. Abject ! Pour ces gens sans scrupule, pour l’extrême droite et la droite radicalisée, les appels de la famille contre toute récupération politique et médiatique ne comptent pas. À la digne émotion, ces forces opposent l’indigne récupération. Continuer la lecture de Les fascistes sont de sortie, stoppons-les.

Anna Colin Lebedev : « Il n’y a aucun déterminisme à la guerre en ukraine »

Dans « Jamais frères ? », la spécialiste du monde postsoviétique Anna Colin Lebedev revient sur l’évolution parallèle des sociétés russe et ukrainienne ces trente dernières années. Elle y décrypte l’instrumentalisation politique des liens entre ces deux pays par Vladimir Poutine. Entretien.

 

Jamais frères ? Ukraine et Russie, une tragédie postsoviétique, Seuil, 224 pages, 19 euros

Huit mois de conflit depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, des dizaines de milliers de morts qui ont fait voler en éclats les relations entre deux pays voisins et réputés proches. L’universitaire Anna Colin Lebedev revient sur une connaissance asymétrique de l’Ukraine et de la Russie. Pour mieux comprendre ce qui se joue sur le long terme, avec cette guerre, son ouvrage « Jamais frères ? Ukraine et Russie, une tragédie postsoviétique » éclaire d’un jour nouveau les racines et les enjeux du conflit.

Comment est né ce livre qui retrace l’histoire, décrit les liens et sociétés de l’Ukraine et de la Russie ?

Il répond à un besoin très simple : comprendre ce qu’il se joue dans la guerre. En France, nous avons une conception et une connaissance asymétriques des deux pays. Depuis longtemps, l’histoire de la Russie est plus répandue au travers de ses dimensions culturelles, linguistiques, économiques. L’Ukraine restait, quant à elle, connue par l’intermédiaire du regard russe et le récit qu’en faisait ce pays de manière consciente ou inconsciente. Devant cette déformation, je voulais rééquilibrer les connaissances et expliquer que la guerre ne puise pas ses origines dans les sociétés. Continuer la lecture de Anna Colin Lebedev : « Il n’y a aucun déterminisme à la guerre en ukraine »

Statues, Vierges, Calvaires et autres totem et Gris-gris… Par la Libre Pensée

NDLR de MAC: Quand c’est à Moissac que M. Lopez se commet dans toutes les processions et bénédictions de rue (4 depuis le 1er juillet sans compter le fêtes de Pâques et de Pentecôte), nous trouvons peu d’esprits éclairés et de pensée libre pour protester. Le RN et ses élus, suivis par un cortège de viles bondieuseries sert de fer de lance de la « reconquête » chrétienne pour ne pas dire catholique. Le danger est fort d’une remise en cause de la Laïcité, pilier de notre République et de notre démocratie. Attentifs nous devons l’être car le Goupillon ne se dépare jamais du Sabre!

 

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L’affaire de la statue du dénommé « Saint-Michel » aux Sables d’Olonne en Vendée a déclenché une véritable crise de délires paranoïaques de la part de l’extrême-droite.

…  Quand la folie s’empare d’un monde inquiet

Vu sur Familles-Chrétiennes (03/10/2022) : « Le violent acharnement avec lequel l’autoproclamée «Libre-pensée» cherche, aux Sables d’Olonne, à bannir de l’espace public une modeste statue représentant l’archange Saint Michel située sur le parvis d’une église paroissiale éponyme, vient faire écho à l’extrême violence avec laquelle, il y a 120 ans, les moines rédemptoristes qui occupaient cette même église en ont été chassés par la troupe, à la suite de la proscription des Congrégations mise en œuvre par la IIIème République.

Et il est vrai qu’une visite du site internet de la « Libre-pensée » fait l’effet d’une plongée dans cette violence sectaire inouïe qui a animé la politique anticléricale du « bloc des gauches » à l’aube du XXe siècle et dont l’esprit demeure là intact. La devise « A bas la Calotte » y trône en place d’honneur avec à ses côtés les photos des «banquets gras du Vendredi malsain » où l’on se réunit pour « blasphémer en chœur ». On se croirait revenu au temps du petit père Combes et de René Viviani. On y respire une détestation inexpiable du christianisme et de l’Église, alors que le voile islamique et le burkini y bénéficient de toutes les indulgences. Continuer la lecture de Statues, Vierges, Calvaires et autres totem et Gris-gris… Par la Libre Pensée

Bugs et privatisation rampante : la numérisation accélérée des services publics tourne au fiasco

Justifié par la numérisation des services publics, le coûteux recours aux cabinets de conseil, censés pallier une prétendue incompétence des administrations, sert en réalité leur privatisation rampante. Une ruine pour l’État, qui finance ainsi son démantèlement. Un cauchemar pour les usagers et les agents. La preuve avec notre enquête.

© Vincent Motron/L'Humanité

© Vincent Motron/L’Humanité

Comme chaque semaine, Virginie Sorel appréhende le lundi. Assise devant son écran, juste avant d’appuyer sur le bouton, elle rumine. Dans sa tête, elle s’interroge : « Combien de dossiers “de merde”, je vais devoir me taper. Un, deux, trois…  ? » Ceux qui, une fois instruits, font planter la machine. Dès lors une page blanche s’affiche, le dossier disparaît, « une heure de boulot à se concentrer pour rien », le système est en « exception ». Au mieux, dans dix minutes, la gestionnaire de clientèle de la Caisse d’allocations familiales (CAF) de Nancy devra tout recommencer. Ou peut-être devra-t-elle attendre le lendemain. Parfois, Virginie Sorel rêve d’envoyer son ordinateur à travers la fenêtre. Un an et demi que ça dure.

3,88 millions d’euros pour le cabinet McKinsey

Tout commence par une réforme. Celle de l’aide au logement et, plus précisément, celle du calcul de l’aide au logement qui tient compte désormais des douze derniers mois et non plus de ceux de l’année n-2. En gage de simplification, les employeurs sont invités à renseigner l’administration sur les revenus de leurs salariés dans une base de ressources mensuelles. Annoncée en 2017, la réforme démarre mal. Sa première mise en musique sur le vieux logiciel datant des années 1970 est un échec. Le système de production, déjà à la limite de ses capacités et qui aurait dû être rénové, dysfonctionne à chaque test. Et personne ne trouve la solution. Continuer la lecture de Bugs et privatisation rampante : la numérisation accélérée des services publics tourne au fiasco

Au secours ! L’ambassadeur d’Ukraine à Paris est un individu dangereux… par Danielle Bleitrach

 

Les délires ukrainiens tels que les proclame cet invraisemblable “diplomate” font irrésistiblement songer à ce que Politzer disait lors de la venue de l’idéologue du nazisme Rosenberg à Paris: il décrivait et expliquait pourquoi chez les nazis l’histoire est toute entière subordonnée à la propagande, qui “n’a pas à chercher de vérité objective et qui se conçoit elle-même comme une réclame imitant la publicité commerciale“. La propagande n’a pas pour but la vérité mais l’efficacité et quelque chose est vrai quand ça marche. Remarquons que Politzer montrait en quoi la révolution française, les Lumières, les luttes des classes en France avait fort heureusement inscrit dans la mentalité française un scepticisme de bon aloi qui s’interrogeait sur le fatras de la dite propagande du sieur Rosenberg. Et il est vrai que pour le cartésianisme français il est difficile d’accepter certaines allégations de cet ambassadeur et de ses pareils qui sévissent sur les plateaux de télévision…Au secours ! L’ambassadeur d’Ukraine à Paris est un individu dangereux… par Danielle Bleitrach

Il est très difficile de défendre l’idée que les Russes se bombardent eux-mêmes dans une centrale nucléaire comme on a tenté de nous vendre l’affaire… Comme il est également difficile d’imaginer que les Russes pousseraient l’esprit du mal qui les anime, selon l’ambassadeur d’Ukraine à Paris, jusqu’à détruire le barrage de Kakhovka en coupant l’alimentation d’eau de la péninsule de Crimée qui est leur terre, ou encore envisagent d’inonder Kherson dans lequel ils sont installés… En outre ceux qui en appellent à une frappe nucléaire “préventive”, ce sont les dingues du régime ukrainien… Continuer la lecture de Au secours ! L’ambassadeur d’Ukraine à Paris est un individu dangereux… par Danielle Bleitrach

Lannemezan : plus de 1000 personnes réclament la libération de Georges Ibrahim Abdallah, le plus ancien détenu politique

Les manifestants se sont massés devant les grilles de la centrale pénitentiaire de Lannemezan.
Les manifestants se sont massés devant les grilles de la centrale pénitentiaire de Lannemezan. NR – CHRISTIAN VIGNES

 

Plus d’un millier de personnes se sont rassemblées devant la centrale de Lannemezan, pour la libération du plus ancien détenu politique de France, incarcéré depuis 38 ans.

Chaque année, le collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah organise un rassemblement devant la centrale pénitentiaire de Lannemezan dans les Hautes-Pyrénées, qui a réuni, comme chaque année pour l’anniversaire de son arrestation, en octobre 1984, un peu plus d’un millier de personnes. Une intention louable, aujourd’hui âgé de 71 ans, Georges Ibrahim Abdallah est libérable depuis une vingtaine d’années… Continuer la lecture de Lannemezan : plus de 1000 personnes réclament la libération de Georges Ibrahim Abdallah, le plus ancien détenu politique

Comment l’avidité met-elle la santé sous tension ?

Bien public Dans la plus stricte opacité, les industriels du médicament vendent leurs produits aux États à des prix démesurés, mettant en péril les comptes publics et l’accès à la santé. L’ouvrage Combien coûtent nos vies ? décrypte cette course aux profits et appelle à la mobilisation citoyenne.

 Laurence Cohen, vice-présidente à la commission sénatoriale des Affaires sociales

Laurence Cohen, vice-présidente à la commission sénatoriale des Affaires sociales
Julien Jaulin

 

Coauteurs de Combien coûtent nos vies ? (1), Pauline Londeix et Jérôme Martin, cofondateurs en 2019 de l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament, et Laurence Cohen, vice-présidente à la commission sénatoriale des Affaires sociales, se sont rencontrés dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Les sénateurs CRCE souhaitaient y porter des amendements pour une fixation plus juste et transparente des prix des médicaments. Cette collaboration a confirmé la volonté de créer un pôle public du médicament.

Qu’est-ce qui a motivé l’écriture de Combien coûtent nos vies ?

Pauline Londeix

Notre livre est né d’une colère contre le fait que certains gouvernements, dont celui de la France, s’opposent à la transparence sur la fixation du prix des médicaments, au mépris des comptes publics et de la santé des populations, comme ce fut le cas lors du vote à l’OMS en 2019 d’une résolution appelant à lever l’opacité des marchés pharmaceutiques.

Jérôme Martin

Nous souhaitions aussi montrer que, dans les pays du Sud, les acteurs de la société civile ont réussi à remporter des actions en justice et à faire changer les lois pour que les populations puissent accéder aux traitements dont elles ont besoin, notamment en contestant des brevets et en obtenant la production locale de médicaments génériques. Continuer la lecture de Comment l’avidité met-elle la santé sous tension ?