A l’envolée des taux d’incidence des jeunes d’âge scolaire, très au dessus du niveau de novembre 2020, répond l’agressivité de la campagne publicitaire lancée par le ministère de l’éducation nationale sur les réseaux sociaux. Le slogan « Aller à l’école c’est rester en bonne santé » ne prend pas que le contre pied de l’évidence. Il répond de façon particulièrement agressive aux pressions pour alléger les classes dans les lycées et collèges. N’empêche : au gouvernement l’idée de la fermeture des écoles fait son chemin.
La montée de la vague
Il fallait oser. Le ministère de l’éducation nationale lance le 24 mars une campagne publicitaire sur Twitter avec comme slogan « Aller à l’école c’est rester en bonne santé ». En petits caractères en dessous on apprend qu’il s’agit de bénéficier de l’EPS et de la cantine. Mais l’expérience que font enseignants et parents c’est l’explosion de la contamination des jeunes d’âge scolaire.
C’est ce que disent les nombres donnés par l’Education nationale la semaine dernière. Mais c’ets surtout ce que montrent les données du ministère de la Santé. Le taux d’incidence des 0-9 ans a nettement dépassé le niveau de novembre 2020 en moyenne dans le pays. En Ile de France il est plus de deux fois supérieur ! Celui des 10-19 ans est encore un peu en dessous en France mais très au dessus dans les 16 départements comme l’IDF. Chaque journée apporte ses annonces de fermetures d’établissements et de classes. Elles se multiplient.
La Fsu demande des demi groupes dans les collèges
Les syndicats reflètent l’inquiétude sur le terrain. Le Snes Hauts de France, une des régions les plus touchées, après la fermeture de plusieurs collèges et le retrait des enseignants au collège e Marly, demande le passage en urgence des effectifs en demi classe dans les collèges. Les syndicats FSu de Créteil, autre zone faisant partie des 16 départements, demande des demi classes dans les lycées et les collèges et des équipements pour controler la qualité de l’air dans les classes.
Epidémiologistes et gouvernement envisagent la fermeture
Des épidémiologistes demandent la fermeture des établissements scolaires. Arnaud Fontanet, membre du conseil scientifique, sur BFM, rappelle que « les autres pays ne s’en sont pas sortis autrement ». Dominique Costagliola demande de vrais demi groupes. « Si toute la classe est là une semaine sur deux l’impact n’est pas le même que si les élèves viennent chaque jour mais seulement réunis par demi groupes ».
Selon Europe 1, « en haut lieu on évoque discrètement l’obligation de fermer les écoles » pour freiner l’épidémie. C’est à cette réflexion que s’adresse la publicité agressive de la rue de Grenelle.

Mauvais chiffres pour l’Education nationale qui affiche un doublement du nombre des élèves contaminés lors de la semaine du 19 mars avec 15484 élèves contre 9221 la semaine précédente et 1809 personnels contre 1106. Encore ces nombres sont-ils nettement sous-évalués. Le ministère de la santé donne 8307 jeunes de 0 à 19 ans contaminés pour la seule journée du 15 mars.





« À la lecture des entretiens réalisés à l’issue du confinement pour le présent numéro, deux images viennent à l’esprit : Le Radeau de La Méduse de Géricault et le porte-avions Charles de Gaulle appareillant de Toulon », expliquent Claude Bisson Vaivre et Annie Tobaty en s’appuyant sur un sondage auprès des adhérents de l’AFAE. Le radeau de la Méduse c’est quand les fonctionnaires de l’Education nationale ont vu leur administration s’éloigner au loin et l’Ecole menacée de couler. Rappelons nous ces premiers jours qui ont suivi le 12 mars et l’annonce de la fermeture des écoles alors que le ministre avait affirmé le contraire. « Je me suis senti abandonné, en proie à un niveau de stress qui n’a cessé d’augmenter », raconte un acteur de terrain. La revue ne cache pas que, si certains Dasen sont restés fidèles au poste, d’autres ont disparu jusqu’au mois de mai. Un mouvement qui a pu concerner d’autres cadres. L’administration ne fonctionnant plus c’est par les chaines d’actualité que des informations passent. Les enseignants découvrent « le caractère inopérant des outils.. du fait de la volonté dogmatique d’imposer les outils nationaux ». Ils découvrent aussi la fracture numérique , qui était niée depuis des années. « Si, nombreux sont ceux qui s’accordent pour dire que la période de confinement a libéré la créativité des équipes et modifié les relations tant au sein des équipes qu’avec les élèves et leurs familles, ils sont aussi nombreux à se sentir désemparés par le silence du niveau académique », disent Claude Bisson Vaivre et Annie Tobaty. 
