Comment se reproduisent les inégalités ? (Débat)

Cinquante-six ans après la publication de « la Reproduction » par Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, le maintien de l’ordre social et le rôle de l’école font l’objet de nouveaux travaux de recherche.

« La Reproduction est un ouvrage de synthèse et un programme de travail théorique », estime Bertrand Geay. © Loic VENANCE / AFP

Comment naissent les inégalités ? Comment se reproduit l’ordre social ? Quel rôle joue l’école ? Ces questions étaient au cœur d’une émission réalisée par l’humanite.fr qui a réuni les sociologues Bertrand Geay et Monique Pinçon-Charlot et l’ancienne ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem, autour de la Reproduction au XXIe siècle, ouvrage collectif sur l’actualité de la sociologie de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron.

La publication de la Reproduction en 1970 marque-t-elle une rupture dans l’étude de la genèse des inégalités ? Continuer la lecture de Comment se reproduisent les inégalités ? (Débat)

Le congrès du PCF en direct vidéo (LILLE 2026)

Suivez les débats, les prises de paroles, les moments forts du 40ème congrès du Parti Communiste Français

Canicule, services publics, présidentielle : Fabien Roussel face à Apolline de Malherbe (video)

Face à la canicule, Fabien Roussel défend un plan d’urgence pour protéger le pays face au dérèglement climatique : rénovation des logements, transports, services publics et investissements de long terme.
Il revient également sur la protection de l’enfance, les moyens des services publics, la présidentielle de 2027 et la situation au Proche-Orient.

📺 Extrait de son passage sur BFM.
00:00 Canicule : urgence climatique et adaptation du pays
08:30 Services publics : hôpital, protection de l’enfance et moyens de l’État
13:50 Présidentielle 2027
16:10 Palestine, Israël et le 7 octobre : la position du PCF

« Racisé », un terme polémique ?

Utile au combat antiraciste ? Essentialisant et réducteur ? Le débat autour de l’usage de ce mot entré dans le dictionnaire en 2010 révèle des conceptions et des approches différentes dans le travail de recherche et les stratégies militantes.

La notion de « racisé », adjectif ou substantif, dérange lorsqu’elle est perçue comme visant une personne dont l’identité se réduit à cette caractéristique.
© Julien Mattia / Le Pictorium 

Utile aux universitaires et au combat antiraciste pour les uns, essentialisant, réducteur ou humiliant pour les autres, le terme « racisé » divise et fait débat, au-delà du champ sémantique. La notion de « racisé », adjectif ou substantif, dérange lorsqu’elle est perçue comme visant une personne dont l’identité se réduit à cette caractéristique. Pourtant, entrée dans le dictionnaire en 2010, elle définit une personne victime de racisme et de discrimination. Continuer la lecture de « Racisé », un terme polémique ?

Fabien Roussel : « Il faut relancer l’économie par les salaires » In Alternatives Économiques

Entretien avec: Fabien Roussel, Secrétaire national du Parti communiste français, maire de Saint-Amand-les-Eaux

A moins d’un an de l’élection présidentielle, les idées fusent à gauche. Pour nourrir les débats et les réflexions, Alternatives Economiques a décidé d’interviewer plusieurs personnalités politiques de gauche afin d’éclairer comment, chez chacun et chacune, s’articule une vision du monde, un programme et des combats prioritaires.

Après Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure, nous poursuivons notre série d’entretiens avec le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel. Il développe son plan de relance et de réindustrialisation de l’économie française, son choix du nucléaire ainsi que sur le modèle agricole, l’évolution de la protection sociale, l’immigration, etc., et ses priorités pour le quinquennat.

Comment jugez-vous la situation économique et budgétaire de la France ?

Fabien Roussel : La France traverse une crise grave. Nous sommes confrontés à un risque réel de récession. Mais je tiens à le dire immédiatement : ce n’est pas une fatalité. Nous avons les moyens de sortir de cette crise et d’en limiter les effets. Pour cela, il faut s’attaquer aux vrais sujets : l’énergie, la réindustrialisation, la pauvreté au travail, les salaires, les retraites. Une relance de l’économie par la consommation et par la production est possible. La situation est sérieuse, mais nous avons les moyens de nous en sortir.

Le débat budgétaire va bientôt revenir au premier plan. La réduction du déficit et de la dette doit-elle être une priorité ? Continuer la lecture de Fabien Roussel : « Il faut relancer l’économie par les salaires » In Alternatives Économiques

Guerre au Moyen-Orient : jusqu’à 38 millions d’emplois menacés dans le monde

Voilà la réalité celle face à laquelle l’impérialisme n’a d’autre issue que poursuivre dans cette logique mortifère et la violence de la répression face à des peuples entiers que l’on sacrifie… Il n’y a plus que la guerre et le fascisme mais il est déjà là… et l’union pas les divisions électoralistes dans des jeux de bistrot mais le rassemblement contre cette politique de guerre économique, politique, civilisationnelle… C’est pour protéger leur propre peuple que la rencontre entre Poutine et Xi a eu lieu, le faire en tentant de préserver un monde multipolaire échappant à cette logique catastrophique dans laquelle se mêlent la guerre de l’hégémon en crise avec la transformation des forces productives, avec quelle orientation au profit de qui ? (note de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

L'OIT estime dans son rapport que les conséquences du conflit seront très inégales selon les régions et les catégories de travailleurs.

L’OIT estime dans son rapport que les conséquences du conflit seront très inégales selon les régions et les catégories de travailleurs. YB/GFJ/SN/SS/ – REUTERS – Yannis Behrakis

Dans un rapport alarmant, l’OIT estime que la guerre au Moyen-Orient pourrait détruire jusqu’à 38 millions d’emplois à temps plein dans le monde d’ici 2027, sous l’effet conjugué de la flambée du pétrole et des tensions sur les chaînes d’approvisionnement.

La guerre au Moyen-Orient ne se limite plus à un choc géopolitique et énergétique : elle commence désormais à détruire des emplois à l’échelle mondiale. Dans un rapport publié lundi, Organisation internationale du travail (OIT) alerte sur une dégradation rapide des marchés du travail, avec des pertes pouvant atteindre 38 millions d’emplois à temps plein d’ici 2027 dans un scénario de crise prolongée.

L’organisation met en garde contre un impact économique appelé à se diffuser « bien au-delà de la région ». « La hausse des coûts de l’énergie, la perturbation des routes de transport, les tensions sur les chaînes d’approvisionnement, l’affaiblissement du tourisme et les contraintes migratoires pèsent sur les économies et les marchés du travail », avertit-elle.

Pour l’OIT, le conflit agit comme un choc lent mais profond sur l’économie mondiale. « Au-delà de son coût humain, la crise au Moyen-Orient (…) est un choc lent et potentiellement durable qui transformera progressivement les marchés du travail », a déclaré Sangheon Lee, auteur du rapport. L’organisation redoute un affaiblissement durable de l’emploi de qualité. Cette crise pourrait, selon lui, « laisser des cicatrices plus profondes en affaiblissant les conditions qui rendent le travail décent, sûr et protégé ».

Chute des revenus du travail

L’OIT fonde ses projections sur un scénario « illustratif » dans lequel les prix du pétrole progresseraient d’environ 50 % par rapport à leur moyenne du début de l’année 2026, dans un contexte économique mondial déjà « marqué par une croissance faible ». Dans cette hypothèse, « les heures de travail mondiales devraient reculer de 0,5 % en 2026 et de 1,1 % en 2027 », soit l’équivalent de 14 millions puis 38 millions d’emplois à temps plein supprimés.

Le choc toucherait également directement les revenus. Les revenus réels du travail pourraient « diminuer de 1,1 % et de 3 % », soit une perte estimée à 1.100 milliards de dollars en 2026 puis 3.000 milliards en 2027. Le chômage mondial progresserait parallèlement de 0,1 point puis de 0,5 point.

Les Etats arabes en première ligne

L’OIT estime que les conséquences seront très inégales selon les régions et les catégories de travailleurs. Les Etats arabes apparaissent comme la zone la plus exposée. Dans cette région, les heures de travail pourraient chuter de 3,7 % dans un scénario de crise prolongée et jusqu’à 10,2 % en cas d’escalade majeure. L’organisation avertit que « les travailleurs migrants devraient supporter une part disproportionnée » du choc.

« Environ 40 % des emplois dans les Etats arabes se trouvent dans des secteurs à haut risque », a expliqué Maurizio Bussi. Sont particulièrement concernés le commerce, la construction, l’industrie manufacturière, l’agriculture, les transports ainsi que l’hébergement-restauration.

L’Asie-Pacifique fragilisée

L’onde de choc s’étend déjà vers l’Asie. L’OIT souligne que la dépendance de nombreux pays asiatiques aux importations d’énergie et aux migrations de travail vers les pays du Golfe « entraîne des effets de contagion ». Dans l’ensemble de la région Asie-Pacifique, les heures travaillées devraient reculer de 0,7 % en 2026 puis de 1,5 % en 2027.

L’organisation s’inquiète également du ralentissement des recrutements dans les monarchies du Golfe, qui « exerce une pression sur les migrations et les envois de fonds ». Pour de nombreux ménages d’Asie du Sud et du Sud-Est, ces transferts d’argent constituent une source essentielle de revenus.

Face à ce risque social mondial, l’OIT juge les réponses des gouvernements encore trop limitées. Les mesures prises dans différents pays restent « inégales, fragmentées et souvent limitées », estime l’organisation. Elle appelle les Etats à « renforcer l’accent sur l’emploi et les revenus » afin de soutenir les secteurs les plus fragilisés et de protéger les travailleurs précaires. L’institution insiste notamment sur la nécessité d’aider les salariés de l’économie informelle, les travailleurs migrants, les réfugiés et les petites entreprises, considérés comme les plus vulnérables face à l’extension du choc économique provoqué par la guerre.

LT (avec AFP)

 

« Les immigrés et leurs descendants sont une composante centrale et durable de la population française » : portrait d’une société diverse et mélangée

La grande enquête « Trajectoires et origines » menée par l’Ined et l’Insee montre que les immigrés et leurs descendants représentent un tiers de la population qui se mêle au fil des générations à la population sans ascendance migratoire.

Au total, c’est 34 % de la population qui a un lien à l’immigration.
© Jean-Daniel SUDRES / Voyage Gourmand / saif images

Une société française diverse, qui se mélange mais où les inégalités selon les origines restent fortes. Tels sont les principaux enseignements de TeO2, la seconde édition de l’enquête « Trajectoire et origine » menée par l’Ined et l’Insee et publiée ce 21 mai1. Continuer la lecture de « Les immigrés et leurs descendants sont une composante centrale et durable de la population française » : portrait d’une société diverse et mélangée

Qu’est-ce que l’homonationalisme, qui incite une partie de la communauté LGBT + à voter extrême droite ?

Voter extrême droite séduit de plus en plus les personnes lesbiennes, gay, bisexuelles et trans, certes à un niveau plus bas que la population globale, selon un sondage Têtu/Ifop publié cette semaine, alors que le concept d’homonationalisme reste peu connu.

L’homonationalisme prend la forme de déclarations stigmatisantes envers les personnes immigrées, racisées et musulmanes, les décrivant comme des menaces par nature pour les personnes LGBT +.  © Bastien Ohier via AFP

Les résultats du sondage du magazine Têtu, réalisé par l’Ifop et paru mercredi 11 mars concernant la présidentielle 2027 interrogent. Le candidat du RN Jordan Bardella arrive en tête, avec 27 % des intentions de vote exprimées par les personnes lesbiennes, gay, bisexuelles et trans. Mais il arrive premier du fait de l’éparpillement des candidats à gauche, car concernant les familles politiques, l’extrême droite est cependant loin de constituer la première force chez les personnes LGBT. Continuer la lecture de Qu’est-ce que l’homonationalisme, qui incite une partie de la communauté LGBT + à voter extrême droite ?

Un communisme de conquêtes : la proposition du Conseil National du PCF pour le 40ᵉ congrès

Les communistes et leurs amis de la Section Castelsarrasin, Valence et Lomagne se réuniront le vendredi 10 avril à l’Espace Métais à 18h30 pour lancer le débat du 40ème congrès.

 » Un communisme de conquêtes  » – Préambule de la base commune

Pour information, le Préambule de la Base commune sur les objectifs du 40e Congrès | Retrouvez le projet de base commune en intégralité sur le site du Congrès.

Avec « Un communisme de conquêtes », il s’agit aujourd’hui de franchir une étape decisive : doter le PCF d’une démarche dans la durée, affirmer le rôle central du PCF dans la conquête des pouvoirs par le monde du travail. Volontairement, ce texte d’orientation ne reprend donc pas l’ensemble des travaux du précédent congrès. Le 40e Congrès du Parti communiste français s’inscrit dans la continuité des orientations définies lors des précédents congrès. Le texte du 38ᵉ Congrès, « Manifeste du Parti communiste », portait l’ambition d’arrêter l’effacement du PCF et de le rendre à nouveau visible dans le débat public. Celui du 39ᵉ Congrès, « L’ambition pour de nouveaux jours heureux », a permis de renouveler le projet communiste et de préciser ses propositions. Ce projet de base commune n’est pas un programme électoral mais se veut être un texte de visée communiste, fixant des priorités politiques et stratégiques, et donnant mandat à la future direction nationale pour mettre en œuvre ces orientations d’ici le prochain congrès.

Ce texte a vocation à s’appuyer sur les acquis existants et à être complété par les productions les plus récentes du Parti qui constituent des contributions essentielles à l’élaboration et à la mise en œuvre de son projet.

La crise systémique du capitalisme suscite de profonds bouleversements : guerres, menaces nucléaires, effondrement des principaux indicateurs écologiques, crise sociale, crise démocratique. L’ordre international est traversé par des recompositions majeures, marquées à la fois par la volonté du capital étatsunien d’asseoir sa domination internationale sur un nouveau mode d’accumulation, mais aussi par la contestation de l’hégémonie du dollar et la montée de nouvelles puissances. Les tensions s’exacerbent à mesure que l’administration Trump entend conserver sa suprématie dans un ordre mondial devenu multipolaire, et qu’elle s’affranchit à cette fin du droit international pour affirmer sa volonté impérialiste et guerrière.

Dans ce contexte, la France s’enfonce dans une crise majeure. Elle apparaît affaiblie. Du fait de l’alignement de tous ses gouvernements sur l’impérialisme étatsunien et de leur acceptation des orientations mises en œuvre au sein de l’Union européenne, sa voix s’est progressivement marginalisée sur la scène internationale.

Ce déclassement est indissociable des choix économiques et sociaux opérés depuis plusieurs décennies. Les politiques néolibérales ont profondément fragilisé l’appareil productif, accéléré la désindustrialisation, affaibli le modèle agricole français et contribué au recul des infrastructures publiques. En privilégiant la financiarisation au détriment du travail et de la production, elles ont aggravé les inégalités et réduit ses capacités de répondre aux défis du siècle, en particulier le dérèglement climatique.

Cette situation alimente une crise sociale catastrophique, tandis que l’échec du macronisme a plongé le pays dans une crise de régime inédite depuis les origines de la Ve République. Le recul de la conscience de classe et l’atomisation du salariat, la peur de l’avenir qui s’empare des catégories populaires nourrissent les replies identitaires. Elles favorisent la progression de plus en plus dangereuse de l’extrême droite. Aucune des réponses politiques existantes n’est aujourd’hui à la hauteur pour combattre ce phénomène et le faire refluer durablement.

Face à ces défis, « Un communisme de conquêtes » propose une orientation ambitieuse autour d’un projet de dépassement du capitalisme et d’unir le peuple de France. Pour cela, il importe de bâtir une force politique solidement ancrée dans le monde du travail et de la création, capable de rassembler largement les travailleuses et les travailleurs, de faire progresser la conscience de classe et de donner à la gauche une base sociale forte.
C’est par la mobilisation du monde du travail que pourra être inversé le rapport de force. Cette dynamique est indispensable pour faire reculer l’extrême droite et ouvrir une perspective politique capable de répondre aux défis économiques, sociaux et environnementaux de notre temps. Elle constitue la condition pour la conquête des pouvoirs et la construction d’une société d’émancipation.

Comme ils l’ont fait à l’occasion de leurs derniers congrès, c’est aux communistes qu’il appartient de s’emparer à présent de cette proposition de base commune, de l’enrichir de leurs expériences et de leurs réflexions, d’en faire le levier collectif du déploiement de leur parti afin de lui permettre de se hisser au niveau de secousses historiques.

RATP: agents et sous-traitants musulmans dans le viseur

Une note destinée aux encadrants de la RATP, signée par Jean Castex en juillet 2025, incite à contrôler les pratiques religieuses des agents et prestataires, pour respecter la « neutralité » et la « laïcité » du service public. Au prix de graves atteintes aux libertés individuelles.

 

Sont interdits, tout « livre religieux, bouteilles d’eau dans les sanitaires, cartons pliés pouvant servir à la réalisation de prières, tapis, stickers à connotation politique ». 

Lorsque Myriam1 apprend que, dans certains sites de la RATP, les bouteilles en plastique dans les toilettes devront être contrôlées, retirées et remises aux chefs par les travailleurs des sociétés de nettoyage, elle éclate de rire. « Les bouteilles d’eau ne servent pas que pour les ablutions, c’est aussi juste pour être propre derrière… On ne peut même pas se laver les fesses ? » ironise-t-elle. Continuer la lecture de RATP: agents et sous-traitants musulmans dans le viseur