Propositions pour la paix, en débat avec Patrick le Hyaric

Voici une importante contribution, qui ouvre le dialogue sur le dernier livre de Patrick le Hyaric et plus généralement avec la ligne suivie depuis des années par le journal l’Humanité et le secteur international du PCF. Nous considérons que ce texte participe du débat que nous avons ici dans ce blog et que nous ferons tout pour étendre – parce qu’il est indispensable – puisqu’il s’agit de comprendre ce qui provoque une guerre pour l’éviter, pour trouver les vrais coupables, ceux qui parce tel est leur intérêt continuent à l’attiser en développant une propagande de haine, en déversant des armes, et ceux sur qui on doit s’appuyer pour empêcher cela. Demain à ce titre nous vous ferons part des journées de Vénissieux, de l’invite à y participer. Pour en revenir au livre et conférences de Patrick le Hyaric, nous pensons comme ce dernier qu’il faut d’urgence chercher la paix et le faire aussi au niveau international. Notre différence est qu’il n’y aura pas de paix en contribuant à la propagande de guerre du capital. Nous pensons aussi que le moment historique actuel ne peut plus se contenter d’un pâle réformisme et de l’appui sur une gauche dépassée et en rupture partout avec le monde du travail, singulièrement en Europe, pour rassembler y compris la gauche il faut une perspective qui est le socialisme, un autre type de coopération. Nous ne nous faisons pas d’illusion sur l’UE-OTAN et nous revendiquons le droit de connaitre les positions des partis communistes en priorité, nous exigeons la fin de toute censure de leur voix, le contraire de ce que pratique l’Humanité de Patrick le Hyaric comme de Fabien Gay. C’est le sens du renouveau du PCF depuis le 38e Congrès au plan interne, de l’action de Fabien Roussel, il serait temps de voir que la lutte pour la paix a besoin du même renouveau. Ce texte émane de notre ami et camarade Gilbert Rodrigue dont on connait le blog front syndical de classe orienté d’abord vers les luttes. Ce n’est pas un hasard, puisque ceux qui aujourd’hui menacent le droit de grève et prennent de fait le parti du patron de Total, de ses actionnaires qui ne cessent de se gaver, de l’épidémie, de la guerre, de l’inflation sont les mêmes qui entretiennent les guerres et ceux qui payent l’addition sont les travailleurs qui réclament simplement leur dû. Ce texte est aussi un apport parce qu’il porte sur quelle stratégie, quelles alliances pour la paix, est-ce que l’UE est le cadre idéal pour revendiquer la paix ? (note de Danielle Bleitrach pour histoire et société)


http://www.frontsyndical-classe.org/2022/10/la-paix-en-ukraine-passe-entre-autre-par-le-statut-de-neutralite-du-pays-et-l-arret-de-fourniture-d-armes.html__________________________________________

L’escalade se poursuit donc et s’aggrave.

Le pouvoir de Kiev enivré par ses succès tactiques et le soutien démesuré des USA et de l’Union européenne caressant l’idée d”une victoire militaire.

Tout cela allant par conséquent au devant des objectifs des faucons US aspirant à affaiblir la Russie voire à procéder à un partitionnement du pays lui-même comme en attestent plusieurs rapports de la CIA.

En vu de s’emparer de maintes de ses richesses et de se préparer à l’affrontement avec son ennemi stratégique qu’est la Chine.

L’inquiétude des peuples grandit donc légitimement.

D’autant que les oligarchies et les puissances d’argent préoccupées exclusivement de leurs intérêts égoïstes et de leur domination sur le monde – de plus en plus contestée -, entendent faire payer à leurs propres peuples les conséquences de leurs choix politiques et économiques et des sanctions qu’ils multiplient :

augmentation démentielle des prix de l’énergie, attaque contre les salaires, délocalisations poursuivies et aggravées, poursuite de la casse des services publics et contre les institutions de santé…

Nous aspirons TOUS à sortir de cette spirale et à établir les conditions de sécurité pour TOUS les états, en premier lieu pour ceux directement concernés par le conflit actuel, peuples européens compris.

MAIS les voix qui s’expriment actuellement prétendant prendre en compte cette aspiration à la paix et à gauche celle des communistes historiquement porteurs de cet espoir et de cette exigence correspondent-elles aux nécessités de l’heure et sont-elles susceptibles d’y répondre?

Parmi elles les interventions de Patrick Le Hyaric ancien député européen et ancien directeur de l’Humanité dans son très récent document

” Les raisons de la guerre en Ukraine …”

Certes il préconise une désescalade et un cessez-le-feu.

Ainsi que l’ouverture sous l’égide de l’ONU et de l’Organisation pour la sécurité et la paix en Europe (OSCE)* d’une conférence pour la paix.

Mais sous quelles conditions ?

L’appréciation sur les causes profondes ayant conduit à la situation dangereuse dans laquelle nous nous trouvons déterminant la nature des propositions pour en sortir.

Or que nous raconte Patrick La Hyaric et que nous propose-t-il ?

Sur l’enchaînement :

Il reconnait dès le départ que les propositions réitérées sur plusieurs années des dirigeants russes de la conclusion d’un accord de sécurité pour TOUS les états de région n’ont rencontré que le silence côté occidental ET l’extension permanente et simultanée de l’OTAN autour de la Russie.

Il reconnaît le torpillage des accords de Minsk par Kiev et les exactions fascistes contre les populations du Donbass.

Mais en minimisant la portée de ces faits sur l’opinion russe quant à ses préoccupations de sécurité.

Cela, au profit d’une charge parallèle à cette reconnaissance contre le nationalisme grand-russe et d’une légitimation “démocratique” du Maïdan.

En ignorant donc les massacres dans la foulée des démocrates à Odessa le 2 mai 2014 ainsi qu’à Marioupol et le sens de ces massacres qui visaient à tuer par la terreur le mouvement de contestation grandissant à l’est et au sud du coup d’état perpétré à Kiev, la réalité de ce coup d’état fortement soutenu par les USA et l’UE, les forces nazies servant de troupes de choc.

Ainsi écrit-il page 29 :

Il est vrai que la Russie s’est dite menacée dès lors que le peuple ukrainien a manifesté dès 2014 ses aspirations démocratiques et sociales ainsi que de formaliser l’accord d’association avec l’Union Européenne”

Autrement dit ce ne sont pas les préoccupations de sécurité nationale qui préoccupent Moscou mais les aspirations démocratiques du peuple ukrainien qui sont réelles mais dont on ne peut ignorer qu’en 2014 elles ont été subverties ET par les puissances impérialistes ET par les forces fascistes issues principalement de l’ouest du pays.

Traduction au présent de l’histoire de l’Ukraine et de la diversité de sa population.

La compréhension des causes de cet enchaînement ne rendant pas excusable à ses yeux la décision d’intervention militaire du 24 février qu’il qualifie de “date à inscrire au tableau noir de notre histoire“.

Sur les propositions de Paix 

Les propositions de paix que Patrick Le Hyaric formule résultant directement de cette analyse.

En particulier bien qu’il l’ai nié lors de son intervention à la réunion-débat du vendredi 7 octobre à Beauvais il conditionne la conclusion d’un cessez le feu et d’un accord de paix au retrait des troupes russes du sol ukrainien :

page 61 :

Ces rappels [le silence occidental face aux propositions d’un ” projet de sécurité en Europe”] sont utiles pour comprendre les cheminements nourris d’inquiétudes des pouvoirs russes. Ils n’atténuent en rien notre condamnation ferme de l’intervention militaire décidée par M. Poutine, ni notre mobilisation pour le retour à la paix et donc le retrait de ses troupes d’Ukraine.”

Cette formulation est révélatrice : pour être admis dans le cercle de la raison dominante occidentale dessiné inlassablement dans les médias système (n’est-ce pas LCI, BFM-TV, la 2 …) il faut d’abord faire de l’intervention militaire russe du 24 février dernier l’acte sacrilège par excellence du moment et donner satisfaction aux exigences de Zelenski.

Ce qui revient quant au fond à blanchir l’occident de sa volonté pourtant manifeste depuis plusieurs années de déclencher une guerre par procuration en Ukraine au mépris du sort du peuple ukrainien lui-même.

Pour formuler des propositions de PAIX crédibles il faut donc partir de la responsabilité majeure de l’occident et de l’impérialisme US dans sa volonté de rendre inéluctable l’affrontement avec la Russie dans la perspective de l’affaiblir et de la dépecer !

Afin de perpétuer une hégémonie mondiale menacée par la montée de puissances alternatives qui aspirent à un monde multipolaire où ne dominent plus les intérêts et les “règles” d’un occident collectif cynique et menteur chronique!

La tâche est rude et la démarche minoritaire bien sûr!

Par exemple il ne faudrait pas mettre en avant le mot d’ordre de “retrait de l’OTAN” car nous ne serions pas compris de l’opinion bien que cette revendication soit inscrite dans le programme du PCF comme de LFI !

Mais sauf à hurler avec les loups c’est la voie de la résistance au matraquage ambiant qu’il nous paraît devoir emprunter.

En se détournant des analyses et des propositions opportunistes qui placent au centre les exigences et les intérêts des puissances occidentales.

Comme les minoritaires qui avant 1914 et ensuite ont refusé l’Union sacrée et le consentement à la boucherie de la première guerre mondiale,

Comme les militants et les députés communistes comme Ambroise Croizat qui en 1939 ont refusé de condamner le pacte germano-russe au prix de leur liberté conscients qu’avec les accords de Munich les bourgeoisies françaises et anglaises entendaient d’abord laisser les mains libres à Hitler à l’Est et régler leurs comptes avec la classe ouvrière de leur propre pays, notamment en France après le Front populaire.

Plus que jamais l’heure est à la lucidité et au courage pour défendre la PAIX, les intérêts des peuples d’Europe et ceux des travailleurs. 

POUR LA PAIX EN UKRAINE : 

Arrêt des sanctions 

Arrêt de l’envoi d’armes à Kiev

 cessez le feu! 

Démilitarisation et neutralité de l’Ukraine
 

organisation d’une conférence internationale pour la sécurité de TOUS les états de la région

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* Dont par ailleurs on a pu mesurer l’alignement sur le régime de Kiev tout au long des années passées sur le Front du Donbass.

Total. Salaires, négociations, réquisitions : les grévistes répondent

Carburant. Alors que le gouvernement choisit l’escalade en annonçant la réquisition des salariés d’ExxonMobil, l’Humanité est allée à la rencontre des grévistes de Total et d’Esso.

©Bailleul Pablo

 

Mardyck (Nord), Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime), envoyés spéciaux.

Non, les grévistes ne sont pas de dangereux preneurs d’otages, ils ne veulent pas empoisonner la vie des Français et ils ne gagnent pas des mille et des cents. Tel est, en substance, le message qu’ont voulu faire passer les quelque deux cents manifestants rassemblés, ce mardi midi, devant la raffinerie ExxonMobil de Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime). Voilà trois semaines que l’immense complexe pétrolier est à l’arrêt, comme cinq autres raffineries et dépôts de carburant ailleurs dans le pays, en raison des revendications des ouvriers qui réclament des hausses de salaires cohérentes avec l’inflation et les bénéfices exceptionnels accumulés cette année par leurs employeurs. Un conflit social qui alimente l’inquiétude des automobilistes et provoque un raidissement de l’exécutif, à l’image d’Élisabeth Borne annonçant ce mardi la réquisition des grévistes d’ExxonMobil. Continuer la lecture de Total. Salaires, négociations, réquisitions : les grévistes répondent

Fabien Roussel : « S’Il y a du carburant à mettre, c’est bien dans les salaires ».

Le secrétaire national du PCF a présenté à la presse, lundi, son Tour de France « avec vous sans tabou », commencé dans le Pas de Calais, le 3 octobre. Face à la flambée des prix de l’énergie, et au risque de récession, le communiste alerte sur les délocalisations en cascade à venir.

Fabien Roussel : « S’Il y a du carburant à mettre, c’est bien dans les salaires ».

Fabien Roussel : « S’Il y a du carburant à mettre, c’est bien dans les salaires ».
©Fred TANNEAU / AFP

« Je souhaite que le PCF soit en phase avec ce qu’attendent les Français. » Fabien Roussel a présenté ce lundi, lors d’une conférence de presse, son tour de France « avec vous sans tabou ». Commencée le 3 octobre dernier, dans le Pas-de-Calais, cette tournée de 13 étapes thématiques, dans chacune des régions métropolitaines, permettra au secrétaire national du PCF d’ouvrir un dialogue avec les Français, ponctué de rencontres avec les habitants, les élus, les militants et les syndicalistes. « Ils viendront avec leurs questions, moi avec mes réponses », glisse le député, qui se refuse à tenir des meetings. Un exercice déjà expérimenté durant la campagne présidentielle par l’ex-candidat du PCF, lors des « Rencontre des jours heureux ». Dorénavant pour Fabien Roussel, l’enjeu est double : « savoir ce que les Français attendent de la gauche et du PCF », assure-t-il, mais aussi « parler à nouveau à la France périphérique pour que la gauche devienne majoritaire demain », glisse Ian Brossat, le porte-parole de la formation. Continuer la lecture de Fabien Roussel : « S’Il y a du carburant à mettre, c’est bien dans les salaires ».

Total . « C’est notre patron qui prend les usagers en otage »

Salaires Depuis vingt jours, plusieurs raffineries et dépôts de carburant sont en grève pour une juste répartition des superprofits historiques engrangés par les compagnies pétrolières. Les salariés de TotalEnergies et d’ExxonMobil attendent toujours des réponses à leurs revendications.

REUTERS

C’est une règle immuable pour tout mouvement social d’ampleur : plus la grève se prolonge, plus la probabilité de voir les grévistes taxés de « preneurs d’otages » dans les médias augmente en parallèle. Mais depuis le début des débrayages dans les raffineries, le 20 septembre, cette loi de Godwin de la contestation a franchi un cap supplémentaire : « Nous sommes désormais traités à demi-mot d’assassins, fulmine Thierry Defresne, secrétaire CGT du comité européen de TotalEnergies.  La semaine dernière, un journaliste de télé m’a demandé comment je vivais le fait que des gens allaient mourir en raison de la pénurie de carburant qui frappe les ambulances… »

Si les critiques redoublent, c’est que la situation se tend : sur les six raffineries de pétrole que compte encore l’Hexagone, quatre étaient toujours à l’arrêt ce week-end, dont la plus grosse de France, à Gonfreville l’Orcher (Seine-Maritime). Des dépôts pétroliers sont également touchés par la grève. L’ensemble de ces sites appartiennent au géant tricolore TotalEnergies et à l’américain ExxonMobil. Continuer la lecture de Total . « C’est notre patron qui prend les usagers en otage »

Brésil : Lula en tête avec 48,43 %

Le pays-continent jouait son destin le 2 octobre avec le premier tour de la présidentielle. La victoire possible de Luiz Inacio Lula da Silva, largement en tête au premier tour, suscite d’immenses espérances. Mais « La lutte continue jusqu’à la victoire finale », a déclaré, Lula contraint à un second tour.

« Dès demain, nous serons en campagne. Ne vous reposez pas. Parlons à nos adversaires, à nos amis. Nous sommes la meilleure solution pour résoudre la vie du peuple brésilien. Bonne nuit et à demain. »

En effet, selon les résultats publiés par le Tribunal supérieur électoral (TSE)  portant sur 99,99 % des bulletins dépouillés, le représentant du Parti des travailleurs, ancien chef de l’Etat de 2003 à 2010, enregistre plus de cinq points d’avance avec 48,43 % des voix sur le président d’extrême droite sortant, Jair Bolsonaro (43,20 %).

Lula recueille plus de 57,2 millions de votes en sa faveur. Mais faute de majorité absolue, un second tour aura lieu le dimanche 30 octobre.

La centriste Simone Tebet est troisième, loin derrière, avec 4,16 % des voix. Le travailliste Ciro Gomes la suit, à 3,04 %. Tous les autres candidats sont autour ou sous la barre des 0,50 %. Le taux de participation de ce premier tour a atteint 79 %.

Le dernier sondage Datafolha donnait le candidat du Parti des travailleurs (PT) largement en tête, avec 50 % des voix, contre 36 % pour Jair Bolsonaro. Plus que jamais les risques de déchirement d’une société dévastée et extrêmement polarisée restent présents.

capture d'écran

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Entendre les voix d’une révolution féministe en Iran

Nous publions cet appel d’universitaires féministes du monde entier lancé sous la forme d’une pétition.

Manifestation devant l'ambassade d'Iran à Buenos Aires, en solidarité avec les femmes en Iran, le 27 septembre 2022 - AFP

Manifestation devant l’ambassade d’Iran à Buenos Aires, en solidarité avec les femmes en Iran, le 27 septembre 2022 – AFP

Le 16 septembre, Mahsa (Zhina) Amini, femme kurdo-iranienne de 22 ans, a été brutalement assassinée par la police des mœurs de la République islamique d’Iran. Elle a été frappée à plusieurs reprises à la tête après son arrestation pour port de hijab soi-disant “incorrect”. Il s’agit de l’un des nombreux autres meurtres d’État commis de manière systématique et délibérée par le régime d’apartheid sexiste de l’Iran. Depuis ce meurtre d’État, des personnes ont manifesté dans de nombreuses villes d’Iran. Continuer la lecture de Entendre les voix d’une révolution féministe en Iran

Grève du 29 septembre. À Paris, contre la vie au ras du Smic

Plus de 200 rassemblements se sont déroulés en France pour exiger des hausses de salaire et protester contre la réforme des retraites. 40 000 personnes ont défilé dans la capitale, selon la CGT. Nous y étions !

C’est au son de la chanson des Doors, Riders on the Storm, évoquant des hommes coincés dans une tempête, que la manifestation interprofessionnelle à l’appel de la CGT, FSU, Solidaires et des organisations de jeunesse, s’est élancée, jeudi, depuis la place Denfert-Rochereau, à Paris. Alors que le gouvernement a annoncé le jour même une parodie de consultation sur la réforme des retraites pour tenter d’apaiser les esprits, ils étaient 40 000 à défiler dans la capitale (selon les organisateurs) pour cette rentrée sociale, mais aussi 4 500 à Nantes, quelques milliers à Marseille ou encore 1 000 à Saint-Denis de La Réunion, bien décidés à ne pas se laisser piéger par cette nouvelle régression. Continuer la lecture de Grève du 29 septembre. À Paris, contre la vie au ras du Smic

Grève du 29 septembre : près de 200 manifestants dans les rues de Montauban in DDM

Les salaires et le pouvoir d'achat étaient au cœur des revendications, ce jeudi 29 septembre.

Salaires, pouvoir d’achat et retraites ont rassemblé les travailleurs du Tarn-et-Garonne pour cette journée de rentrée sociale.

Malgré les averses ponctuant la journée, les travailleurs étaient dans la rue, ce jeudi 29 septembre. Répondant à l’appel national des organisations syndicales CGT, FSU et Solidaires, quelque 200 manifestants se sont rassemblés en milieu de journée au square Picard de Montauban.

Parmi eux : des salariés de GXO logistics de Labastide-Saint-Pierre (80 % de grévistes), d’EDF énergie de Golfech, des professionnels de santé du centre hospitalier de Montauban, des cliniques Boyé et Pont-de-Chaume, du centre hospitalier intercommunal de Castelsarrasin-Moissac, des enseignants et personnels de l’Education nationale, des agents de la fonction publique territoriale ou encore des postiers. « Toutes les professions ont répondu présent », s’est réjoui Christophe Couderc, secrétaire départemental de la CGT. Des jeunes rassemblés sous la bannière MNL (Mouvement national lycéen) et quelques retraités étaient également de la partie.

« La colère s’installe »

Au cœur des revendications pour cette première journée de rentrée sociale : les revenus et le pouvoir d’achat, dans un contexte national marqué par la hausse des prix. « On sent que la colère s’installe. Les salaires n’augmentent pas au contraire de l’inflation. Il y a un vrai décrochage par rapport au coût de la vie. On ne peut pas continuer comme ça, plaide le responsable syndical de la CGT. On doit se faire entendre. Cette journée de grève doit en amener d’autres. »

Le dossier chaud de la réforme des retraites était lui aussi sur toutes les lèvres. « Travailler jusqu’à 65 ans dans ces conditions ? Avec 1 500 € net de salaire par mois pour vivre ? Ça n’est pas viable », regrette ce salarié de GXO logistics. La question de la transition écologique a elle aussi été abordée.

Après quelques prises de paroles des principaux représentants syndicaux, le cortège s’est ensuite élancé en musique dans le centre-ville de Montauban, faisant une halte remarquée devant l’hôtel de ville au son de « L’Internationale ». Un pied de nez directement adressé à la municipalité, concernant la mise à disposition des locaux de la CGT : « Après nous avoir chassés de la Maison du Peuple [il y a trois ans, NDLR], la mairie a relancé une démarche pour nous expulser cette fois-ci de nos bureaux rue d’Albert », soutient Christophe Couderc, dénonçant au passage un acharnement : « C’est scandaleux. Si la CGT, première organisation syndicale du département, se retrouvait à la rue, ce serait du jamais vu. C’est une façon de porter atteinte à tous les travailleurs. »

La manifestation a ensuite pris la direction de Villenouvelle, où se situe le siège actuel de l’UD CGT, pour discuter de la suite à donner à cette journée de rentrée sociale.

Le fléau des violences sexistes (PCF)

L’affaire Adrien Quatennens secoue l’opinion publique et la classe politique. Reconnaissant être auteur de violences conjugales sur sa future ex-compagne, il choisit de ne pas se mettre en retrait de son mandat électif. Comment représenter la République et œuvrer à protéger les femmes du fléau des violences sexistes et sexuelles si on violente soi-même sa compagne ?

Quelques soutiens entreprennent de minimiser. « Une gifle, oui mais… » pas tous les jours, oui mais il s’est excusé… On se centre uniquement sur la gifle et on ne parle pas du téléphone subtilisé, du harcèlement, du poignet saisi. Pas un mot pour la victime. Une séquence révélatrice d’une ignorance ou d’un mépris de la réalité des violences conjugales et de leur gravité et qui suscite une nouvelle vague d’indignation. Ernestine Ronai, communiste et responsable de l’Observatoire des violences faites aux femmes en Seine-Saint-Denis, en déduit que « ce qui marque notre époque c’est le recul de la tolérance sociale vis-à-vis de ces violences, et c’est ce qu’il faut cultiver et faire grandir ».

D’autres affaires d’accusations de violences sexistes et sexuelles concernant des élus et personnalités politiques font également beaucoup parler. La méthodologie des partis politiques dans la gestion et la prise en charge de ces accusations et faits de violences sexistes et sexuelles est questionnée.

Fabien Roussel le rappelle ainsi dans sa tribune parue au JDD le 25 septembre dernier : « Au PCF, nous avons fait le choix de mener une politique de tolérance zéro. » Nous prenons nos responsabilités et avons été parmi les premiers à le faire. Nous avons fait le choix de refuser l’impunité des agresseurs dans notre organisation. Notre programme à la dernière élection présidentielle a montré notre volonté d’être à la pointe en matière de lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Depuis 2018, le PCF est doté d’un dispositif Stop violences que l’on peut saisir à l’adresse mail stopviolences@pcf.fr ou via le collectif féministe contre le viol avec lequel nous sommes conventionnés. Au sein du dispositif comme au CFCV, les victimes sont assurées d’être écoutées, accompagnées et orientées par des personnes formées.

Notre périmètre d’action n’est pas judiciaire. Nous ne rendons pas la justice et nous ne nous substituons pas à celle-ci. Il s’agit de faire respecter nos statuts qui garantissent à chacun·e la protection de son intégrité physique et morale.

Être communiste ne protège pas des violences du monde patriarcal dans lequel nous vivons, mais être adhérent au PCF nous oblige à y faire face et être à l’initiative. En prônant une société libérée de toutes formes de domination, exploitation, oppression, nous avons un devoir d’exemplarité. Voilà pourquoi nous avons créé ce dispositif et pourquoi, avec l’appui du secteur formation, nous formons toutes et tous les camarades à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Nous travaillons concrètement à créer des conditions toujours plus propices à un cadre de militantisme sain et sécurisé, au bénéfice de toutes et tous.

Wirden Shirley, membre du CN PCF

La FCPE 82 en congrès National

Intervention de Julien Sueres – CDPE 82 – lors du Congrès FCPE

Durant son intervention, le député Rodrigo Arenas a rappelé à juste titre que « l’école c’est la république ». Eh bien, il est sûrement utile de rappeler que pour un enfant en situation de handicap, souvent cette république est tenue à bout de bras par un ou une AESH. Je vous invite à rendre hommage ici à ces hommes et ces femmes qui chaque jour permettent que l’école soit la République pour ces enfants.

Ce 76ème congrès porte donc sur le sujet important de l’égalité dans l’éducation.

Parler d’égalité aujourd’hui, c’est parler d’inclusion et de handicap. Parce que nous savons tous ici que pour chaque enfant en situation de handicap qui ne peut pas jouir de son droit universel à l’éducation, en cours comme à la cantine, c’est finalement, l’école, la République, qui sont en échec.

Parler d’inclusion aujourd’hui, c’est parler du rôle majeur que jouent les accompagnants d’élèves en situation de handicap, ces personnels que l’Etat refuse de sortir des griffes de la précarité.

Parler des AESH aujourd’hui, c’est parler de leur statut et de leur rémunération. Et nous savons tous que cette situation rocambolesque où ces personnels sont payés d’un côté par l’éducation nationale, pour les temps scolaires, et par les collectivités, pour le périscolaire, est une aberration.

Parler du salaire des AESH aujourd’hui, c’est donc aussi parler des dotations aux collectivités. Et malheureusement, même si nous voudrions tous que les AESH puissent bénéficier d’un contrat à plein temps sous statut de l’éducation nationale. Mais l’Etat préfère faire peser le coût des salaires des AESH lors des temps périscolaires sur les collectivités locales. Des collectivités locales mises à mal budgétairement par le désengagement de l’Etat depuis des années.

Je terminerai donc sur deux points.

Tout d’abord, il est urgent aujourd’hui que la FCPE se mobilise pour un véritable statut public et des salaires dignes pour les AESH. Cette mobilisation doit commencer dès le 29 septembre prochain en étant massivement dans la rue aux côtés des syndicats qui appellent à l’action.

En attendant ce grand soir, nous devons également nous mobiliser aux côtés des collectivités pour que l’Etat leur donne les moyens de payer ces AESH sur les temps périscolaires. En avril dernier, les associations représentatives des collectivités ont lancé un appel à l’Etat via leur collectif « Territoires Unis ». La FCPE doit désormais faire bloc derrière cet appel pour le faire aboutir et obtenir ces moyens de la part de l’Etat. Ce serait un grand pas pour l’inclusion, un grand pas pour l’école, un grand pas pour la République.

Julien Sueres


Présidentielle 2022 : Quel avenir pour l'école ? | FCPE

Communiqué de la FCPE82 à l’issue de ce congrès

26 septembre 2022

Congrès National de la FCPE : les parents ont débattu sur l’égalité d’accès à l’éducation

Une délégation de quatre parents d’élèves a participé ce week-end au congrès national de la fédération des conseils de parents d’élèves de l’école publique qui s’est tenu à Paris. Beatriz Malleville, Présidente de la FCPE 82, Julien Sueres, Vice-Président, Christine Loupiac, Trésorière et Patricia Perdreau, membre du Conseil d’Administration, ont ainsi pu apporter leurs témoignages Tarn et Garonnais aux débats du congrès. Le thème de celui-ci portait cette année sur « l’égalité pour tous ».

« Un sujet au cœur des préoccupations de nombreux parents d’élèves », rappelle la Présidente Beatriz Malleville insistant sur des problématiques de manque d’enseignants, de fermetures de classes dans les milieux ruraux ou encore d’inclusion des enfants en situation de handicap, qui touchent notre département. La question des élèves en situation de handicap a d’ailleurs été le sujet de l’intervention de Julien Sueres lors des débats lorsqu’il s’est exprimé au nom de la délégation du Tarn-et-Garonne.

« Oui, l’école, c’est la République », a-t-il lancé à la salle avant de pointer que pour de nombreux enfants en situation de handicap cette République est souvent « portée à bout de bras par les personnels Accompagnants des élèves en situation de handicap ». Pointant la mobilisation inter-syndicale à venir du 29 septembre, le vice-président a insisté sur le fait qu’aujourd’hui parler d’inclusion, « c’est parler des AESH, de leur statut précaire et de leurs revendications en termes de salaires », avant d’appeler « le plus grand nombre de parents à venir soutenir les AESH dans la rue le 29 septembre pour envoyer un message fort au gouvernement ».

Sensible à la question de la rémunération de ces personnels accompagnants sur les temps périscolaires, il a insisté que « lorsqu’un enfant ne peut pas profiter pleinement de son droit à l’éducation, en classe comme à la cantine, c’est l’école, c’est la République qui est en échec ». Aujourd’hui, la rémunération des AESH sur ces temps périscolaires incombe aux collectivités locales. Régions, départements et communes ont lancé un appel au gouvernement en avril dernier pour que celui-ci leur donne des moyens à la hauteur pour leur permettre de répondre aux besoins de tous les enfants en situation de handicap. « Tous les parents doivent faire bloc pour soutenir cet appel afin que l’Etat donne les moyens aux collectivités de rémunérer les AESH correctement », a lancé Julien Sueres avant de terminer son intervention devant un parterre de quelques 300 congressistes.