Si la nomination de Pap Ndiaye avait pour but de renouer contact entre le président de la République et les enseignants, il semble que les illusions de cette ouverture à gauche se soient envolées. La recomposition gouvernementale lancée après le dernier 49.3 se fait vers une droite qui a décidé de faire de l’éducation son terrain de bataille. Dans cette nouvelle configuration, quelle place pour Pap Ndiaye ?
Dorénavant trop assimilé à son prédécesseur par les enseignants, le ministre de l’éducation nationale reste une cible pour la droite qui dépose contre lui une proposition de loi qui sera examinée le 11 avril. Pap Ndiaye n’est il plus que la trace d’un épisode politique dépassé ?
L’échec de l’ouverture vers les enseignants
Lundi 6 mars 2023, après seulement une heure de discussion, la totalité des organisations syndicales de l’éducation nationale claquent la porte. Elles quittent la table des négociations sur ce qui devait être l’instrument de la reconquête de l’électorat enseignant : la revalorisation. Dans un rarissime communiqué commun, elles dénoncent le « nouveau pacte » que Pap Ndiaye propose. Elles y voient « un instrument qui ne répond en rien aux attentes des collègues et aux besoins de l’Ecole« . « Le Pacte va conduire à un alourdissement de la charge de travail des personnels. Aucune réponse n’est apportée à la question des inégalités salariales femmes / hommes« , dénoncent-elles. « Le Pacte standard c’est 24 h face élèves, dont les remplacements de courte durée auxquelles on ajoute 24 h de découvertes des métiers et 24 h dans le cadre des projets CNR« , précise S Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU. « C’est donc au moins 50 h de travail sans compter la préparation pour 3750 € annuels bruts« . Soit moins de 100€ par mois pour 1h30 par semaine devant élèves. La revalorisation, annoncée depuis des années, ne fait pas que s’éloigner au fur et à mesure des années. Son montant fond au fil des précisions ministérielles et des mois d’inflation. Continuer la lecture de Pap Ndiaye : Un ministre devenu un poids mort ? in Caf. Péda.
Entretien avec Mélanie Fabre : Les hussardes noires de la République ?
Souvent méconnues et invisibilisées, les femmes ont toutefois joué un rôle important dans la construction de l’école républicaine et laïque d’aujourd’hui. Dès 1879, l’état impose la création d’une école normale par départements afin de former les futures institutrices. Les plus compétentes intègrent l’École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses, devenant ainsi les fontenaysiennes, futures enseignantes et directrices des écoles normales. Nombre d’entre elles s’engagent et font des écoles normales des bastions du républicanisme. Mélanie Fabre, maîtresse de conférences à l’Université Picardie-Jules Verne et spécialiste de la question, répond aux questions du Café pédagogique.
Les femmes sont peu présentes dans les récits narrant la construction de l’école républicaine et de l’éducation populaire. Ont-elles joué un rôle important?
Au moment où se construit l’école républicaine, c’est-à-dire à partir des années 1880, les femmes ne sont pas représentées parmi les preneurs de décision : elles ne siègent ni au Sénat, ni à la Chambre des députés, ni dans les hautes instances comme le Conseil supérieur de l’Instruction publique où se débattent notamment les programmes scolaires. Elles ne font donc pas partie de ces républicains qui impulsent une réforme éducative, en haut lieu. Continuer la lecture de Dossier: Féminisme et École in Caf.Péda.
Communiqué de la Fédération du Parti Communiste Français du Tarn et Garonne
Saint Porquier, Dieupentale, école Marcel Pagnol … autant de fermetures de classes ou d’école dès la rentrée prochaine dans le Tarn et Garonne. A cela s’ajoute la quasi impossibilité d’assurer correctement la continuité d’enseignement lorsqu’un.e enseignant.e est absent.e en raison d’une brigade de remplacement insuffisante pour pallier à l’ensemble des besoins du territoire. Les moyens manquent cruellement pour assurer les apprentissages dans de bonnes conditions. Nous ne pouvons admettre que classes surchargées, enseignants non remplacés deviennent l’alpha et l’oméga de l’éducation nationale. Continuer la lecture de Ecoles: la casse continue (Communiqué PCF82)
Pascale Prat dirige cette école depuis 2002.Photo DDM, E.L.
Annoncé à plusieurs reprises par la mairie de Montauban, l’école Marcel-Pagnol est censée fermer ses portes à la fin de l’année scolaire. Mais ni les parents d’élèves ni la directrice de l’établissement ne peuvent s’y résoudre.
« Je n’arrive pas à me faire l’idée », confie Pascale Prat, la directrice, depuis 2002, de l’école Marcel-Pagnol, « comment peut-on envisager sereinement de fermer une école qui vit »?, s’interroge-t-elle. La menace de fermeture de l’établissement scolaire à la rentrée prochaine devient pourtant de plus en plus forte. La maire Brigitte Barèges et ses élus, ont encore une fois affirmé leur désir d’aller jusqu’au bout de ce projet lors du dernier conseil municipal, lundi.
Pour autant, l’enseignante ne s’y résout pas. « Il y a d’abord eu l’argument que l’école avait besoin d’être rénovée mais des travaux ont déjà été réalisés, les fenêtres ont été changées de ce côté-ci, rappelle-t-elle en désignant les ouvertures côté rue, et il ne reste que celles côté cours à changer ». Et de poursuivre : « Des travaux d’entretien réguliers ont été effectués. D’importants travaux d’amélioration ont d’ailleurs été entrepris récemment comme la mise aux normes d’accessibilité aux personnes en situation de handicap ou la fermeture et l’insonorisation du préau », détaille-t-elle.
Alors que les annonces de fermetures de classes se multiplient, celles d’écoles sont aussi nombreuses. Dans ce dernier cas, les élèves sont bien souvent envoyés dans des écoles de quartiers, de villes ou de villages limitrophes. Fermer une école impacte toute la vie de la cité, l’école primaire étant, depuis sa création, un maillon essentiel de la vie locale. À Montauban, c’est l’école Marcel Pagnol qui fermera définitivement ses portes le 7 juillet. Une situation qui émeut les habitants et habitantes mais aussi les enseignantes de cette école de trois classes. Pascale Prat, la directrice, a écrit une lettre ouverte à Pap Ndiaye. Le Café pédagogique a décidé de la retranscrire intégralement. On lit à travers ces lignes le désarroi d’une directrice (elle n’est pas sans rappeler celle de Christine Renon) et d’une équipe au service des élèves. On y lit aussi le désarroi et l’incompréhensions de celles-ci et de tous les acteurs et actrices de l’école.
Les fermetures de classes et d’écoles sont théoriquement actées par le Dasen – Directeur académique des services de l’éducation nationale. Dans le cas présent, c’est la mairie qui a pris les devants, et le Dasen – qui aurait pu s’y opposer – s’est hâté d’acter la décision selon la FSU SNUipp de Haute-Garonne. « L’école connait une baisse d’effectif, les élèves seront 47 à la prochaine rentrée selon les prévisions » nous explique Sandra Rubio co-secrétaire départementale. « Cela justifie une fermeture de classe, mais pas une fermeture d’école… ». Contactées, la municipalité et la direction académique n’ont pas souhaité commenté.
NDLR de MAC: a l’heure du démantèlement d’une école publique qui est privée de moyens humains et financiers, il est bon de comprendre l’enjeu d’une éducation nationale, le sens d’une instruction publique avec un président qui n’a jamais caché son aversion pour le service public d’éducation .
En France, 1 élève sur 5 en moyenne est scolarisé dans un établissement privé sous contrat, avec de fortes disparités selon les territoires, 1 élève sur 3 à Paris et 1 sur 10 en Guyane. Un phénomène qui accentue la non-mixité à l’école et qui bénéfice d’un financement public à hauteur de 73%.
L’école privée sous contrat est financée à 73% par l’argent public. La France est un pays où l’enseignement privé est étroitement lié au public, du point de vue de la scolarité comme du financement. Dès lors, l’expression-même école « privée » par opposition à l’école « publique » ne prête-t-elle pas à confusion, tout en l’entretenant. Parler d’école « subventionnée » ne serait-il pas plus juste et moins « trompeur » dans la mesure où l’école privée sous contrat est essentiellement financée par l’argent public, par les impôts de l’ensemble de tous les contribuables, sans qu’elle ne soit accessible à tous ? Le financement public n’est à ce jour soumis à aucune condition de mixité sociale ou de carte scolaire.
Les parents d’élèves de l’école primaire publique de Saint Porquier s’inquiètent de la fermeture d’une classe à la rentrée prochaine. Dans l’établissement, la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre après l’annonce de la direction académique aux organisations syndicales. « Une proposition de retrait d’emploi va être soumise aux instances, au comité technique et puis au CDEN », confirme Sandra Rubio, représentante du syndicat SNUIPP FSU venue soutenir la mobilisation des parents d’élèves devant l’école vendredi soir. « Les services de l’éducation nationale envisagent de fermer une classe sur les 6, pour nous il en est hors de question et nous allons tout faire pour empêcher cela », prévient Magalie Genibre, déléguée des parents d’élèves de l’école. Continuer la lecture de Saint Porquier. La fermeture d’une classe ne passe pas + Pétition
NDLR de MAC: la casse de l’éducation nationale est « en Marche ». Il s’agit ni plus ni moins que de livrer l’ensemble du système à la spéculation et au libéralisme ambiant.
« Au-delà des améliorations techniques de la réforme de 2019, une refonte plus globale des modes de formation et de recrutement des enseignants est nécessaire », estime la Cour des Comptes dans un nouveau rapport présenté le 1er février. « L’attractivité du métier enseignant ne peut se résumer à une question salariale ». Puisque ce n’est pas un problème de salaire et puisque les concours n’arrivent pas à faire le plein, la solution est vite trouvée : il suffit des les supprimer. Et pour assurer l’attractivité partout, de payer différemment les enseignants selon les académies. Pour les professeurs des écoles, sans aller jusqu’à la réouverture des écoles normales, la Cour des Comptes demande une formation spécifique basée sur une licence professionnelle. Quelques jours après un rapport qui demandait la mise sous contrat des établissements publics, la Cour est toujours dans l’optique d’une gestion privée du service éducatif public.
La masterisation « déstabilisante »
La Cour des Comptes ne l’ignore pas , il y a bien une baisse d’attractivité des concours de l’enseignement que la Cour évalue tout en restant curieusement sur les chiffres de 2021, alors que 2022 a vu près de 4000 postes laissés vacants. Or, pour la Cour, « la qualité du recrutement et de la formation des enseignants est cruciale pour la performance de l’école ». La crise du recrutement amène une baisse de cette qualité selon les académies et les disciplines. Ainsi dans le second degré le nombre de candidats par poste peut atteindre 6 en SVT mais moins de 1 en lettres classiques ou tout juste 1 en allemand. Dans le premier degré, ni Créteil ni Versailles n’arrivent à avoir assez de candidats. Continuer la lecture de Alerte, métier enseignant : La Cour des Comptes opte pour les contractuels in Caf. Péda.
Le journal de la Jeunesse communiste est allé interroger Patrick Tort sur une question qui aurait dû faire bondir la classe politique. 27 % des jeunes semblent contester la science de l’évolution ! 19% estiment que « les pyramides égyptiennes ont été bâties par des extraterrestres ». 25% pensent qu’on « peut avorter sans risque avec des produits à base de plantes ». Etc.
Sur l’émission 28 minutes j’ai entendu la représentante de Regards, suivant le principe qu’il faut flatter les jeunes, prétendre que le phénomène ne mérite aucune attention. Ce serait des jeunes qui veulent se distinguer ! Or le phénomène ne touche pas que les jeunes ! J’ai encore devant moi un homme très sensé niant les crimes à Charlie Hebdo qui auraient été montés de toute pièce pour dénigrer les musulmans ! La preuve ? Personne n’a jamais vu les corps ! Il est donc heureux que Patrick Tort ait pu s’exprimer et il mériterait d’être sur le plateau de 28 minutes.
De l’entretien je retiens cette phrase qui signe le retour de la servitude volontaire : « Ces formes modernes de l’aliénation jouant sur le désir, le fantasme et la récompense symbolique ont contribué d’une manière décisive à convaincre leurs cibles humaines qu’elles n’obéissent qu’à leur liberté en choisissant d’adhérer à ce qui les asservit. »
Il y a 230 ans, ce n’est pas un homme que le peuple souverain exécute.
C’est un régime, la tyrannie royaliste, et ses armes de l’oppression: l’intégrisme religieux, la société de caste, l’impunité fiscale des aristocrates et des prêtres, l’esclavage aux colonies, la répression des minorités religieuses, la chasse aux pauvres, la déportation des opposants politiques, la censure de la presse, l’absence d’instruction publique, de santé publique, l’état de coutume et des passe-droits, de l’abus par privilège contre la protection du droit.
21 janvier 1793
Le roi était coupable aussi en tant que personne : il a trahi la France en complotant avec des puissances étrangères en guerre, il a soutenu le projet des girondins de déclencher cette guerre, pensant que la France vaincue le rétablirait dans son pouvoir absolu, et corrompus tous ceux qui intrigueraient pour lui contre la France. Continuer la lecture de Vive la République, mort aux tyrans !