Voie professionnelle : Après la grève.. in Caf. Péda. + Com. CRC Occitanie

Mobilisation réussie pour la grève des lycées professionnelle du 18 octobre. Si le ministère et les syndicats ne sont pas d’accord sur le taux de grévistes, celui-ci est important et probablement majoritaire. Mais le plus dur reste à faire. Vendredi 21 octobre les syndicats sont invités à la première réunion de concertation sur la réforme. Déjà apparaissent des fissures dans l’unanimité syndicale qui a permis la réalisation de cette grève historique…

Inédit : une grève public – privé

« Je suis là contre la casse du lycée professionnel ». Marie est professeure de lettres histoire dans un lycée professionnel de Noisy-le -Grand. Avec sa collègue, professeure d’EPS, elle est venue manifester contre la réforme de la voie professionnelle.  Et particulièrement « contre le doublement des périodes de stage qui va appauvrir la richesse des enseignements et faire que le lycée professionnel meurt ». Continuer la lecture de Voie professionnelle : Après la grève.. in Caf. Péda. + Com. CRC Occitanie

AESH, un métier en mal de reconnaissance 

Depuis la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, de plus en plus d’élèves en situation de handicap sont scolarisés en milieu ordinaire – dans les écoles, collèges et lycées. Une avancée notable pour le droit des enfants en situations de handicap, leurs familles mais aussi pour l’ensemble de la société qui opère un changement dans le regard qu’elle porte sur le handicap. Pourtant, comme souvent lorsqu’il s’agit d’éducation et du secteur public, les moyens sont loin d’être à la hauteur. Dix-sept ans après la promulgation de la loi, près de 430 000 enfants sont scolarisés en milieu ordinaire, ils étaient moins de 127 000 en 2004-2005 selon la DEPP. Les AESH jouent un rôle majeur dans l’adaptation de la scolarisation. Pas assez nombreuses (94% sont des femmes), leurs conditions de travail mais aussi leur manque de formation les empêchent bien souvent de mener à bien leur mission.

 119 018 AESH – Accompagnant d’Élève en Situation de Handicap – travaillent au quotidien auprès d’élèves en situation de handicap. Depuis la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, le nombre d’élèves en situation de handicap accueillis en classe ordinaire ou dans des dispositifs spécifiques en milieu ordinaire (école, collège et lycée) a explosé. En 2020, la DEPP dénombrait près de 400 000 élèves scolarisés tous degrés confondus, ils seraient 430 000 à la rentrée 2022. Continuer la lecture de AESH, un métier en mal de reconnaissance 

La FCPE 82 en congrès National

Intervention de Julien Sueres – CDPE 82 – lors du Congrès FCPE

Durant son intervention, le député Rodrigo Arenas a rappelé à juste titre que « l’école c’est la république ». Eh bien, il est sûrement utile de rappeler que pour un enfant en situation de handicap, souvent cette république est tenue à bout de bras par un ou une AESH. Je vous invite à rendre hommage ici à ces hommes et ces femmes qui chaque jour permettent que l’école soit la République pour ces enfants.

Ce 76ème congrès porte donc sur le sujet important de l’égalité dans l’éducation.

Parler d’égalité aujourd’hui, c’est parler d’inclusion et de handicap. Parce que nous savons tous ici que pour chaque enfant en situation de handicap qui ne peut pas jouir de son droit universel à l’éducation, en cours comme à la cantine, c’est finalement, l’école, la République, qui sont en échec.

Parler d’inclusion aujourd’hui, c’est parler du rôle majeur que jouent les accompagnants d’élèves en situation de handicap, ces personnels que l’Etat refuse de sortir des griffes de la précarité.

Parler des AESH aujourd’hui, c’est parler de leur statut et de leur rémunération. Et nous savons tous que cette situation rocambolesque où ces personnels sont payés d’un côté par l’éducation nationale, pour les temps scolaires, et par les collectivités, pour le périscolaire, est une aberration.

Parler du salaire des AESH aujourd’hui, c’est donc aussi parler des dotations aux collectivités. Et malheureusement, même si nous voudrions tous que les AESH puissent bénéficier d’un contrat à plein temps sous statut de l’éducation nationale. Mais l’Etat préfère faire peser le coût des salaires des AESH lors des temps périscolaires sur les collectivités locales. Des collectivités locales mises à mal budgétairement par le désengagement de l’Etat depuis des années.

Je terminerai donc sur deux points.

Tout d’abord, il est urgent aujourd’hui que la FCPE se mobilise pour un véritable statut public et des salaires dignes pour les AESH. Cette mobilisation doit commencer dès le 29 septembre prochain en étant massivement dans la rue aux côtés des syndicats qui appellent à l’action.

En attendant ce grand soir, nous devons également nous mobiliser aux côtés des collectivités pour que l’Etat leur donne les moyens de payer ces AESH sur les temps périscolaires. En avril dernier, les associations représentatives des collectivités ont lancé un appel à l’Etat via leur collectif « Territoires Unis ». La FCPE doit désormais faire bloc derrière cet appel pour le faire aboutir et obtenir ces moyens de la part de l’Etat. Ce serait un grand pas pour l’inclusion, un grand pas pour l’école, un grand pas pour la République.

Julien Sueres


Présidentielle 2022 : Quel avenir pour l'école ? | FCPE

Communiqué de la FCPE82 à l’issue de ce congrès

26 septembre 2022

Congrès National de la FCPE : les parents ont débattu sur l’égalité d’accès à l’éducation

Une délégation de quatre parents d’élèves a participé ce week-end au congrès national de la fédération des conseils de parents d’élèves de l’école publique qui s’est tenu à Paris. Beatriz Malleville, Présidente de la FCPE 82, Julien Sueres, Vice-Président, Christine Loupiac, Trésorière et Patricia Perdreau, membre du Conseil d’Administration, ont ainsi pu apporter leurs témoignages Tarn et Garonnais aux débats du congrès. Le thème de celui-ci portait cette année sur « l’égalité pour tous ».

« Un sujet au cœur des préoccupations de nombreux parents d’élèves », rappelle la Présidente Beatriz Malleville insistant sur des problématiques de manque d’enseignants, de fermetures de classes dans les milieux ruraux ou encore d’inclusion des enfants en situation de handicap, qui touchent notre département. La question des élèves en situation de handicap a d’ailleurs été le sujet de l’intervention de Julien Sueres lors des débats lorsqu’il s’est exprimé au nom de la délégation du Tarn-et-Garonne.

« Oui, l’école, c’est la République », a-t-il lancé à la salle avant de pointer que pour de nombreux enfants en situation de handicap cette République est souvent « portée à bout de bras par les personnels Accompagnants des élèves en situation de handicap ». Pointant la mobilisation inter-syndicale à venir du 29 septembre, le vice-président a insisté sur le fait qu’aujourd’hui parler d’inclusion, « c’est parler des AESH, de leur statut précaire et de leurs revendications en termes de salaires », avant d’appeler « le plus grand nombre de parents à venir soutenir les AESH dans la rue le 29 septembre pour envoyer un message fort au gouvernement ».

Sensible à la question de la rémunération de ces personnels accompagnants sur les temps périscolaires, il a insisté que « lorsqu’un enfant ne peut pas profiter pleinement de son droit à l’éducation, en classe comme à la cantine, c’est l’école, c’est la République qui est en échec ». Aujourd’hui, la rémunération des AESH sur ces temps périscolaires incombe aux collectivités locales. Régions, départements et communes ont lancé un appel au gouvernement en avril dernier pour que celui-ci leur donne des moyens à la hauteur pour leur permettre de répondre aux besoins de tous les enfants en situation de handicap. « Tous les parents doivent faire bloc pour soutenir cet appel afin que l’Etat donne les moyens aux collectivités de rémunérer les AESH correctement », a lancé Julien Sueres avant de terminer son intervention devant un parterre de quelques 300 congressistes.

Budget 2023 et éducation nationale : La revalorisation promise n’est pas au rendez-vous in, Caf. Péda.

Les 10% promis par Emmanuel Macron, soit 6 milliards, ne sont pas au rendez-vous du budget 2023. A la place, un peu moins de 2 milliards de revalorisation inconditionnelle qui cibleront la première moitié de la carrière. S’ajoute environ un milliard pour le « nouveau pacte » et pour des mesures catégorielles, comme les 74 millions consacrés à la prime Rep qui sera versée aux AED. Le ministère parle de « choc d’attractivité » pour le métier enseignant. Mais qui fait confiance à un employeur qui promet sans tenir ?

Une augmentation du budget qui suit l’inflation

 « Revalorisation historique », « accélération inédite » : l’entourage de Pap Ndiaye ne manque pas de belle formule pour présenter la hausse du budget de l’éducation nationale. Il est vrai qu’elle est substantielle. Hors pensions, le budget de l’enseignement scolaire passe à 60 milliards, soit 3.6 milliards de plus qu’en 2022. Cela représente +6.5% d’augmentation, ce qui à première vue, est un record. Continuer la lecture de Budget 2023 et éducation nationale : La revalorisation promise n’est pas au rendez-vous in, Caf. Péda.

La marchandisation du savoir (Tribune)

Simon DuteilPorte-parole de Solidaires

Marie-Jean Sauret Psychanalyste et auteur

La désertion actuelle de l’enseignement inquiète. Jamais la carence de professeurs (des écoles, collèges, lycées) n’a été aussi importante : 4 000 postes inoccupés. 83,6 % sont pourvus, contre 94,7 % en 2021, soit une baisse de 11,1 points. Le primaire, malgré la « perte » de 67 000 élèves, compte des classes de maternelle de près de 29 à 30 élèves, et des CE2, CM1 et CM2, parfois de double niveau, de 28 à 29 élèves (source syndicale). L’éducation nationale cherche à compenser cette pénurie par le recrutement de contractuels formés souvent à la va-vite. Les seules académies de Créteil et de Versailles leur attribuent 900 postes sur les 1 665 respectivement à pourvoir. Ailleurs, ce recrutement serait « seulement » de 1 % dans le premier degré et de 8 % dans le second. Continuer la lecture de La marchandisation du savoir (Tribune)

Fête de l’Humanité : au fil des allées de ce «lieu idéal»

Sans frontières. Les averses n’ont pas douché l’enthousiasme des visiteurs. Jeunes plongés dans le grand bain de la fraternité, militants de la liberté au Village du monde… la Fête reste un irremplaçable carrefour des rencontres.

Lahcene ABIB

D’averses en arcs-en-ciel, le soleil a bien fini par percer, dimanche : la cité de toile émergeait du brouillard et, au fil des vastes allées, la boue laissait place à la terre battue. Mais dans l’alchimie de la Fête, la météorologie compte peu : lumière ou grisaille, il y avait la même joie de se retrouver, de débattre ou de danser, le même plaisir à être ensemble et à donner de la voix, la même quiétude, et cette inestimable et rare attention des uns aux autres.

Sur la Base 217, dans ses nouveaux quartiers de l’Essonne, loin de La Courneuve, la plus grande fête politique d’Europe s’est faite plus champêtre : son public a suivi ; les plus jeunes, les novices découvrent avec plaisir une façon d’être ensemble, un carrefour de rencontres auquel ils ne s’attendaient pas. Continuer la lecture de Fête de l’Humanité : au fil des allées de ce «lieu idéal»

L’enseignement professionnel s’unit contre le projet d’E Macron in Caf. Péda.

Longtemps frères ennemis, les syndicats de l’enseignement professionnel font front commun contre le projet d’Emmanuel Macron porté par Carole Grandjean. Dans un communiqué commun, Cgt, Cnt, Se-Unsa, Snalc, Snuep Fsu, Snetaa FO et Sud appellent les professeurs de lycée professionnel (PLP) à se réunir pour « préparer les mobilisations nécessaires ».

Une large intersyndicale

« Les annonces présidentielles laissent planer une menace forte pour l’avenir des lycées professionnels, des PLP et des élèves de la voie professionnelle au sein du Service public d’Éducation », écrivent dans un communiqué commun la Cgt, le Snalc, le Snuep Fsu, le Snetaa FO, Sud et la Cnt, soit la totalité des syndicats de la voie professionnelle, à l’exception du Sgen Cfdt. La nouveauté c’est le ralliement du Snetaa FO à l’intersyndicale, alors qu’il avait jugé dans un premier moment la rencontre avec P Ndiaye comme « pouvant annoncer des évolutions positives pour les PLP ». Continuer la lecture de L’enseignement professionnel s’unit contre le projet d’E Macron in Caf. Péda.

Rentrée scolaire : les raisons d’un fiasco annoncé

« Un professeur devant chaque classe. » En creux, la promesse du ministre de l’Éducation nationale révèle la crise de recrutement du système scolaire. Celle-ci n’est elle-même qu’un signe marquant d’un mal plus profond, structurel, ancré dans les projets macroniens pour l’enseignement.

 

Emmanuel Macron l’a décrété : c’est « la fin de l’abondance ». On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Dans les écoles et établissements scolaires, c’est sous le signe de la pénurie d’enseignants que 12 millions d’élèves et 1,2 million de personnels de l’éducation nationale font aujourd’hui leur rentrée. Une pénurie qui résulte des décisions du gouvernement lui-même et constitue un signe, le plus visible et le plus inquiétant, d’un système scolaire qui se trouve désormais, comme l’hôpital ou la justice, en état d’urgence. Continuer la lecture de Rentrée scolaire : les raisons d’un fiasco annoncé

Macron lance la libéralisation de l’Ecole! in Caf. Péda.

« Nous devons avoir l’audace de changer de méthode.. C’est une révolution culturelle ». Emmanuel Macron a présenté le 25 août devant les recteurs et les Dasen, ce qui sera sa politique éducative durant ce quinquennat. Peu de nouveautés par rapport à son programme électoral. Si ce n’est le caractère non obligatoire des débats annoncés à la rentrée et une réforme de la formation des enseignants. Ils seront (dans quelle proportion ?) formés dès le bac. Le montant du Fonds d’innovation pédagogique est ramené à 500 millions. E Macron a confirmé une revalorisation de 10% pour tous les enseignants et de 20% pour ceux qui s’engageront dans le « nouveau pacte ». Car, avec la réforme de la voie professionnelle et le nouveau pacte, E Macron engage une libéralisation de l’Ecole tout en maintenant le cap pédagogique fixé par JM Blanquer. Que restera t-il de l’Education nationale dans 5 ans ?

 

Revalorisation promise

 

« Nous avons trop d’élèves malheureux, trop de parents anxieux, de professeurs désabusés ou qui ont le sentiment de ne pas être reconnus et trop d’entreprises qui ne trouvent pas de jeunes formés. Compte tenu de l’investissement de la Nation cela veut dire que quelque chose ne marche pas. Nous devons avoir l’audace de changer de méthode. Cela ne se règle pas par plus de moyens ». Emmanuel Macron a dressé un constat alarmant du système éducatif français.. Mais tout en rappelant que les mesures du premier quinquennat allaient certainement donner leur fruit dans les évaluations nationales et en rendant un hommage appuyé à JM Blanquer. Continuer la lecture de Macron lance la libéralisation de l’Ecole! in Caf. Péda.

Sorcière, de la créature maléfique à l’icône féministe

De Salem à Édimbourg, le mouvement de réhabilitation de milliers de femmes persécutées et exécutées pour « sorcellerie », entre les XVe et XVIIIe siècles, marque des points. Quelle est la modernité de ce combat ? Analyse

 

Elle était la dernière des sorcières de Salem… non graciée. Son nom s’était perdu dans les limbes de l’Histoire. Ce sont des collégiens qui l’en ont sorti. Célibataire sans enfant, Elizabeth Johnson avait 22 ans lorsqu’elle fut dénoncée comme sorcière et condamnée à la pendaison. Sans être acquittée, elle a échappé à la potence après que le gouverneur royal de l’État du Massachusetts, un certain William Phips, a mis fin à l’hystérie presque générale qui saisissait, à la fin du XVIIe siècle, cette partie de la Nouvelle-­Angleterre.

Une « pécheresse » examinée lors de son procès, « créature » forcément insensible à la douleur puisque protégée par le diable. La puissante vague misogyne a culminé en Europe au XVIIe siècle.

En mai dernier, Elizabeth Johnson a finalement été réhabilitée par le Sénat de ce même État, trois cent vingt-neuf ans après sa condamnation. Au cours d’une recherche sur les fameuses « sorcières de Salem », des collégiens de North ­Andover ont découvert son nom, un an plus tôt. Ils n’ont dès lors cessé de plaider sa cause auprès des élus de l’État, qui ont pris l’affaire en mains, comme un point final au mouvement de vérité et de réhabilitation concernant cette tache – une de plus – dans l’histoire des États-Unis. En quelques mois, 20 personnes de Salem et des villages environnants avaient été tuées (19 par pendaison et une par lapidation) et des centaines accusées durant une grande crise puritaine. Continuer la lecture de Sorcière, de la créature maléfique à l’icône féministe