Mort de Leïla Shahid, ancienne déléguée générale de la Palestine en France

Déléguée générale de Palestine en France puis auprès de l’Union européenne, elle incarnait la lutte d’un peuple pour son autodétermination. Elle était une grande amie de « l’Humanité ». Elle est décédée le 18 février dans le Gard. Elle avait 76 ans.

Karama. Dignité en arabe. À lui seul il dit Leïla Shahid qui, le 18 février au matin, nous a quittés. Dignité parce que cette grande dame, infatigable combattante et diplomate palestinienne, a toujours préféré affronter que subir, la vie comme la mort. À l’unisson de son peuple, elle était une résistante. Continuer la lecture de Mort de Leïla Shahid, ancienne déléguée générale de la Palestine en France

Marco Rubio, la honte du peuple américain

Il y a un réveil des Américains d’origine hispanique dont a témoigné la prestation de Bad Bunny au Super Bowl, pour en percevoir l’impact, il faut savoir que c’est la plus grande manifestation sportive des USA, les places sont hors de prix et le stade immense est plein. La prestation qui a indigné Trump témoigne de la colère de ceux qui refusent surtout d’être considérés comme des citoyens de seconde zone. Mais cette manifestation interne a résonné dans toute l’Amérique latine et même au Canada où il y a une forte immigration. C’est une tradition d’opposer les latins à l’avidité froide des yankees mais cette tradition est encore plus forte chez les peuples comme Cuba, Porto Rico et le Mexique qui se considèrent comme les « sentinelles » de « Nuestra América » selon l’expression de José Marti, et le mépris est grand pour ceux que l’on traite de « gusanos », la vermine prête à vendre Cuba, la mafia de Miami dont l’illustration est Rubio. En ce moment le Mexique bouillonne et se multiplient les réunions locales qui affirment leur soutien à Cuba et au Venezuela et se découvrent comme nous face au fascisme avec le peuple cubain aux avant-postes pour un Gaza dans les Caraïbes (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete).

Parmi les milliers de résidents cubains, une personne, parvenue aux plus hautes fonctions politiques au sein du Parti républicain, a été le fer de lance des attaques les plus virulentes contre le pays de ses compatriotes migrants. Photo
Parmi les milliers de résidents cubains, une personne, parvenue aux plus hautes fonctions politiques au sein du Parti républicain, a mené les attaques les plus virulentes contre le pays de ses compatriotes migrants. Photo AFP

 

Antonio Gershenson

8 février 2026

L’émigration cubaine vers les États-Unis se poursuit depuis des siècles. Après le triomphe de la révolution, elle s’est intensifiée. Actuellement, selon les données du Bureau du recensement des États-Unis, la population migrante cubaine compte environ 1 343 960 personnes qui ont quitté leur pays, principalement pour des raisons politiques et économiques. C’est à cette époque qu’une vive opposition s’est levée contre Fidel Castro et tout ce qui touchait à la transition vers le socialisme. Continuer la lecture de Marco Rubio, la honte du peuple américain

Fabien Roussel et Assan Lakehoul : « Faire le pari de la jeunesse ! »

Après la proposition du Medef de créer un Smic jeunes et un CDI qui pourrait « être rompu sans motif pendant les trois premières années », mais aussi les déclarations du chef d’état-major Mandon à « se préparer à perdre ses enfants », une génération entière est visée par ces attaques.

Deux messages n’ont pas échappé à la jeunesse de France.

Le premier émane du chef d’état-major des armées, Fabien Mandon, qui a déclaré que la France devait se préparer à « accepter de perdre ses enfants ». Le second vient du syndicat patronal, le Medef, qui réclame pour les jeunes un CDI révocable, payable en dessous du Smic. Voilà donc le double projet proposé à la jeunesse de France par ceux qui la dirigent !

Entre précarité sociale et perspectives guerrières, la jeunesse voit son présent et son avenir hypothéqués sans que jamais la parole ne lui soit donnée.

La jeunesse doit être la priorité des décennies à venir. Et le monde a besoin d’une jeunesse formée, épanouie, joyeuse, prête à remettre la planète sur ses pieds. Face au sentiment de déclassement, au réchauffement climatique et aux menaces de guerre, il y a besoin de générations de jeunes hommes et de jeunes femmes conscientes, qui fassent le choix du climat, du vivant, de la coopération, de l’amitié entre les peuples plutôt que celui du court terme, de la confrontation et de la désespérance.

Oui, mille fois oui, la jeunesse est une solution et non un problème à résoudre. Les jeunes d’aujourd’hui sont la première génération à penser que leur vie sera pire que celle de leurs parents. C’est une honte et un échec collectif. Il faut leur redonner confiance. Il faut remettre l’avenir qu’elles et ils représentent au cœur de notre présent commun.

Construire un avenir à la jeunesse, c’est construire un avenir à la nation tout entière. Nous devrions y consacrer une part significative de notre richesse, comme nous l’avons fait en 1945 pour nos anciens avec la Sécurité sociale ! Redresser l’école, développer les universités, révolutionner la formation professionnelle, planifier la création d’emplois utiles, émancipateurs et rémunérateurs, voilà les chantiers à entamer d’urgence pour que la jeunesse puisse voir un coin de ciel bleu dans cet horizon qu’on lui promet si orageux.

Faire de la jeunesse de France, dans sa diversité, la jeunesse la mieux formée, la plus épanouie, la plus heureuse d’Europe, c’est un vrai projet de société.

Et celui-ci tourne le dos, bien entendu, à la précarité, au chômage et à la pauvreté qui frappent près d’un quart de nos enfants aujourd’hui, à la ville comme à la campagne.

Ne manque-t-il pas dans nos services publics des centaines de milliers de soignants, de juges, de magistrats, d’enseignants, d’accompagnants pour les personnes âgées, de travailleurs sociaux pour les enfants en situation de handicap ou les grands précaires ? Ne manque-t-il pas de médecins, de policiers, de gendarmes, de pompiers, tous ces métiers si utiles qui, autrefois, faisaient briller les yeux des enfants. N’y a-t-il pas des milliers de postes à créer dans nos universités, pour préparer la transition écologique, pour développer une IA utile à l’humanité, pour développer en tous domaines la recherche et l’innovation ? Ces métiers si indispensables pour nous permettre de faire société doivent être beaucoup mieux reconnus, mieux valorisés, mieux rémunérés pour redevenir attractifs.

Ceux qui nous dirigent vont-ils une bonne fois pour toutes entendre ces jeunes qui veulent vivre, participer, s’émanciper, créer et non plus se faire exploiter, se faire dominer, se faire mépriser ?

Nos enfants sont en quête d’espérance, de respect, d’écoute. Ils veulent vivre libres et heureux en France, à égalité quels que soient leur sexe, leur couleur de peau, leurs origines sociale ou culturelle. Certains rêvent d’une maison, d’une famille, d’un travail, d’un salaire dans la ville où ils ont grandi ; d’autres de voyages, de découvertes, de libertés en Europe et dans le monde ! Ils veulent vivre dans une planète respirable, en paix. Certains veulent des enfants. D’autres non. Ils sont divers, différents mais ils doivent être respectés, entendus, écoutés, qu’ils vivent dans les grandes villes ou à la campagne, qu’ils aient des diplômes ou pas. Qu’attendons-nous pour leur donner envie de vivre, de s’investir, d’aimer et de bâtir leur pays !

Faire le pari de la jeunesse, c’est faire le pari d’une belle République, unie, forte et audacieuse. C’est tout ce dont la France a besoin !

 

Cuba : en défense de l’honneur du genre humain. Par Maité Pinero

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En pleine euphorie d’agression du Venezuela, Trump et Marco Rubio ont sonné l’hallali. Après 67 ans de résistance devant l’empire, c’en serait fini de la révolution cubaine. Cuba devrait tomber cette année, l’Administration étasunienne le dit chaque jour et sur tous les tons. Les haineux de toujours, à Miami et ailleurs, quantité de voix et de plumes qui parlent et écrivent au garde-à-vous renchérissent. Continuer la lecture de Cuba : en défense de l’honneur du genre humain. Par Maité Pinero

Soutien du PCF à Cuba face à l’agression et aux menaces des États-Unis

Le trois janvier dernier, les États-Unis agressaient la République bolivarienne du Venezuela et kidnappaient le président Nicolas Maduro et la députée Cilia Flores. Lors de cet acte de guerre inacceptable, 100 personnes ont perdu la vie, parmi elles 32 soldats cubains.

Je voudrais, au nom du Parti communiste français, vous adresser ici toute ma solidarité et envoyer mes condoléances et mon affection aux familles des Cubains assassinés par l’impérialisme étatsunien. Ce sont toutes les personnes qui luttent contre la guerre, pour la souveraineté des peuples à disposer d’eux-mêmes, qui sont depuis le 3 janvier endeuillées. Continuer la lecture de Soutien du PCF à Cuba face à l’agression et aux menaces des États-Unis

Franck Marsal commente les jeux boursiers et le ZugZwang … il faut jouer quand même…

 

Comme d’habitude et fort heureusement les premier à avoir compris ce que j’appelle le ZugZwang sont mes co-auteurs parce qu’il s’agit d’un commentaire né de notre livre et de l’expérience vécue de censure… Merci Franck c’est exactement ce que l’on doit voir d’un système qui n’est pas échec et mat mais qui n’a pas d’issue autre que l’autodestruction et l’apocalypse et qui exige une stratégie et une compréhension renouvelée. Voici un texte qui dit bien ce qu’est la stratégie de Trump et celle de Macron et des vassaux, d’un système qui est incapable d’agir autrement qu’il ne le fait et de la nécessité de s’en abstraire que nous avons défendu à travers notre livre. (note de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Cette nomination (celle de Kewin Warsh luttant contre l’inflation) et les mouvements boursiers qu’elle a déclenchée sont pleins de paradoxes. La baisse des cours de l’or et de l’argent est historique quand on considère sa rapidité, l’or a perdu jeudi environ 10% de sa valeur en 30 minutes seulement. Mais cette valeur est à mesurer aussi à la lumière de la progression que l’or a connu depuis la crise financière de 2007 – 2008. La chute de la valeur de l’or représente en réalité seulement ce que le métal précieux avait gagné sur une semaine.

Lire aussi: Forte chute de l’or et de l’argent, mais les ventes paniques ne modifieront pas la tendance haussière à long terme, dit la Chine

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Les BRICS ouvrent la voie à un nouveau système de paiement mondial

Une monnaie commune aux BRICS pour faciliter la dédollarisation reste un rêve lointain, mais une alternative numérique à SWIFT est presque là. Ce qui se passe à Cuba, en Iran doit être vu comme le font les Cubains eux-mêmes sans défaitisme. Soit vous adoptez la vision de ce fascisme aux abois, soit vous adoptez la vision d’un monde multipolaire travaillé par la lutte des peuples pour leur survie. C’est d’ailleurs parce que le PCF est la seule force politique qui se place au niveau des intérêts réels du peuple français, cherche l’unité des opprimés que je dis que ce parti est le moins pire mais qui reste au plan géopolitique dans une vision consensuelle qui voit dans les Etats-Unis une force irrésistible avec laquelle il faudrait pactiser avant de livrer bataille quitte à être comme les Kurdes, les Ukrainiens, laissés à leur triste sort quand le fascisme doit se retirer en situation de défaite. Certes les BRICS ne sont pas la totalité de la résistance mais néanmoins, ils témoignent comme le font à leur manière Cuba et le Venezuela de la capacité de lutte. Notez que les BRICS ont ici choisi de s’appuyer sur l’économie réelle par rapport à l’économie virtuelle. Et même l’Inde qui n’est pas à proprement parlé le fer de lance de la lutte anti-impérialiste est contrainte de se protéger de la chute de l’impérialisme dollar. On voit la même danse du côté des Européens. Trump joue à fond jusqu’au fascisme criminel la force de ce qui s’avère en pleine crise, le dollar, l’armada, il fait d’énormes dégâts mais il ne peut sauver ce qui peut l’être sauf par l’apocalypse. Ce que nous définissons comme le Zugzwang. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

par Jan Krikke

Les BRICS proposent une alternative à l’ordre néolibéral dominé par l’Occident. Image : Capture d’écran X

Alors que l’Inde s’apprête à accueillir le sommet des BRICS cette année, l’accent sera mis sur un système de paiement reliant les monnaies numériques nationales. En privilégiant cette infrastructure au lancement d’une nouvelle monnaie, le bloc fait le pari pragmatique que ce sont les systèmes concrets, et non les gestes symboliques, qui transformeront la finance mondiale.

Lors du sommet, un point crucial de l’ordre du jour signale un changement potentiel : le développement d’un système de paiement BRICS basé sur des monnaies numériques de banque centrale (MNBC) interopérables. Continuer la lecture de Les BRICS ouvrent la voie à un nouveau système de paiement mondial

Capgemini : sanctions, remboursement des aides et contrôle public et social ! (PCF)

 

Publié le 30 janvier 2026

Capgemini, entreprise française, a conclu avec l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), sous couvert d’une de ses filiales, des accords, en particulier pour fournir du « skip-tracing » (identification et localisation des migrants), pour un montant de 365 millions de dollars. Plus Capgemini localise de migrants, plus elle empoche ! Continuer la lecture de Capgemini : sanctions, remboursement des aides et contrôle public et social ! (PCF)

Groenland – Etats-Unis – UE : le bal de l’hypocrisie

 

Dès son premier mandat, Donald Trump a manifesté son désir d’acquérir le Groenland, territoire danois depuis le XVIe siècle. Ces propos, initialement accueillis avec scepticisme, ont ressurgi lors de son retour au pouvoir en janvier 2025, ravivant l’intérêt américain pour cette colonie arctique danoise.

Les déclarations de la Maison Blanche concernant la convoitise du Groenland, initialement perçues comme une extravagante aberration, ont pris une toute nouvelle tournure avec l’enlèvement du président vénézuélien légitime le 3 janvier. Ce passage de la fantaisie à l’action a révélé à la communauté internationale la détermination des États-Unis d’Amérique, sous la présidence Trump, à transgresser le droit international, au besoin, afin d’obtenir les bénéfices géo-économiques unilatéraux. Continuer la lecture de Groenland – Etats-Unis – UE : le bal de l’hypocrisie

Coups d’État à l’américaine, doctrine du chaos

L’Amérique latine à l’inverse de l’UE irrémédiablement enfoncée dans son hypocrite proclamation de valeurs, que son allégeance aux Etats-Unis nie totalement, trouve la force de chercher dans son histoire le ressort de sa résistance réelle. Cette démarche est la seule capable de faire échapper au fascisme de la complicité avec les Etats-Unis arrivés au stade ultime de l’impérialisme, le fascisme et la guerre n’est malheureusement celui d’aucune force politique dans ce qui se prétend l’Europe et qui n’en est que l’occident vassalisé à son rejeton sanglant. Les dirigeants élus ou non élus de ce conglomérat en état d’instabilité politique permanent n’ont face à eux aucune force politique, toute la gauche est depuis des décennies enfoncée dans les compromis de l’eurocommunisme et dans ce mélange d’électoralisme à la Millerand et cet anarchisme syndical à la Proudhon que dénonçait déjà Rosa Luxembourg. On compense la trahison de fait par l’emphase indignée qui est censée donner du sens au compromis opportuniste permanent hors de saison dans le rapport des forces géopolitique actuel. C’est déjà ce qui a favorisé l’acceptation des guerres mondiales et a permis la contrerévolution néolibérale, celle dite de la fin de l’histoire, même quand l’histoire a repris sa marche. (note et traduction de Danielle Bleitrach histoireetsociete)

Le président américain Donald Trump (au centre), accompagné du secrétaire d'État Marco Rubio (à gauche) et du secrétaire à la Guerre Pete Hegseth, lors de la conférence de presse où il a annoncé l'opération militaire contre le Venezuela et l'enlèvement du président Nicolás Maduro. Photo
Le président américain Donald Trump (au centre), accompagné du secrétaire d’État Marco Rubio (à gauche) et du secrétaire à la Guerre Pete Hegseth, lors de la conférence de presse où il annonce l’opération militaire contre le Venezuela et l’enlèvement du président Nicolás Maduro. Photo AP

Juan Becerra Acosta

« Chaque fois que les États-Unis « sauvent » un peuple, ils le laissent dans un état de folie ou de cimetière. » 

Cette phrase d’Eduardo Galeano décrit les enfers des peuples dont la richesse en ressources naturelles ou les positions géographiques stratégiques font d’eux la cible de la voracité américaine, qui s’attaque sans discrimination – sous le prétexte fallacieux d’apporter une aide humanitaire ou d’appliquer la justice – tout en pillant impitoyablement des territoires et en détruisant des populations. Continuer la lecture de Coups d’État à l’américaine, doctrine du chaos