Samedi 4 novembre, le sénateur Stéphane Ravier, passé du Rassemblement national à Reconquête, celui-là même qui souhaitait éradiquer les « métastases rouges des quartiers », conviait des représentants des « parents vigilants » et de SOS éducation à une petite sauterie au sénat, conclue par Marion Maréchal et Eric Zemmour. Humblement qualifiée de « colloque », ce meeting d’extrême-droite au sein même d’une institution de la République permet à cette association de franchir un cap de plus dans son entreprise de légitimation. Laurence De Cock, chercheuse, revient sur l’évènement qui, loin d’être anodin, est symptomatique de l’entrisme de l’extrême-droite dans l’école.
La culture de la délation
Source : compte Twitter de Stéphane Ravier
Les « parents vigilants » sont une association de parents constituée autour de la candidature d’Éric Zemmour aux élections présidentielles de 2022. Ils se targuent d’atteindre le nombre de 60000 et d’être entrés dans les instances officielles de l’institution grâce aux élections de parents d’élèves. Continuer la lecture de Laurence De Cock : Contre l’entrisme de l’extrême-droite dans l’école publique








Le 1er septembre, le Chef de l’État a indiqué vouloir « revenir à un système qu’on connaissait dans le passé, qui fonctionnait, qui est un peu celui des Écoles normales ». En réponse à une interrogation du sénateur Max Brisson qui l’interroge : « comment allez-vous faire en sorte que la demande de l’employeur soit première […] les écoles normales étaient à la main de l’Éducation nationale » , le nouveau ministre de l’Éducation nationale Gabriel Attal a répondu le 6 octobre : « notre ambition rejoint votre avis ; je veux créer une école normale du XXIème siècle ». Et il en a dessiné les contours : un pré-recrutement au niveau du baccalauréat, une formation axée sur « les fondamentaux et les valeurs de la République » avec entrée progressive dans le métier.
