Auteur de « la Possibilité du fascisme », Ugo Palheta estime que, si les « sondages ont pour fonction d’encadrer le débat », le plafond de verre pour le Rassemblement national n’existe pas pour autant. Entretien.
Un sondage non publié a donné Le Pen et Macron au coude-à-coude en cas de second tour de l’élection présidentielle. Existe-t-il un risque réel que le RN parvienne au pouvoir en 2022?
Ugo Palheta

Pour l’instant, ces sondages sont très abstraits, notamment parce qu’on ne connaît pas encore toutes les forces politiques en présence pour la présidentielle. En outre, ces sondages ont pour fonction d’encadrer le débat, comme l’avait montré Bourdieu ; ils nous conditionnent psychologiquement à n’envisager qu’un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Cela dit, le FN puis le RN ont progressé énormément dans la dernière décennie. Ils sont passés en quinze ans, entre 2002 et 2017, de 18 % à 34 % au second tour de la présidentielle. Par ailleurs, leurs idées se sont banalisées dans l’espace médiatique, pas seulement sur les réseaux sociaux et Internet, mais sur les chaînes d’information en continu ou les radios de grande écoute, où l’on n’a jamais vu autant de chroniqueurs d’extrême droite, Éric Zemmour n’étant que l’arbre dissimulant la forêt. Continuer la lecture de « La République s’est lepénisée » : entretien avec le sociologue Ugo Palheta



« Des années 1980 à nos jours, les salaires des enseignants ont subi des influences contradictoires. Ils ont d’une part été tirés vers le haut par des mesures de revalorisation de carrières. Et ils ont subi par ailleurs des facteurs de baisse, correspondant principalement en la perte de valeur du point d’indice et en la hausse des retenues sociales. Ces influences contradictoires rendent difficiles une perception d’ensemble de leur évolution. Et elles génèrent des discours contradictoires sur leur évolution », écrit Bernard Schwengler. Tout l’intérêt du livre tient dans le démontage clair et très précis de ces mécanismes.



Commençons par les vedettes de la journée. Les infirmières scolaires étaient nombreuses dans le cortège et particulièrement visibles, enveloppées dans une couverture de survie. « Je me bats avec mes collègues pour qu’on ne soit pas décentralisées et que l’on reste en établissement », nous a dit Nadia Barnerias, infirmière dans une cité scolaire de la banlieue parisienne. Le projet de loi 4D prévoit que la santé scolaire passe aux collectivités territoriales. Une autre menace est apparue récemment avec un amendement (adopté) au projet de loi sur « la santé par la confiance » mettant les infirmières sous la houlette des médecins. « On travaille à la réussite des élèves, à leur suivi, à la prévention. On ne chôme pas », assure t-elle. Elle ne voit pas comment en étant absentes des établissements les infirmières pourraient mieux assurer les visites obligatoires et suivre les élèves dans leurs problématiques de santé et d’aide psychologique ».
Officiellement le Grenelle de l’éducation regroupe des experts qui discutent librement de l’avenir de l’Ecole. Sauf que c’est le ministère qui a choisi les personnalités présentes et que chaque groupe est piloté par un cadre du ministère (généralement un inspecteur général). Au final on retrouve dans les différents groupes des renvois aux propositions des autres groupes. On a bien un édifice idéologique cohérent élaboré par le ministère.