En hommage à Jesse Jackson et aux conditions des « conquêtes » antiracistes, féministes…

Il est essentiel, au moment où s’effacent les acteurs de ce que furent les années soixante et soixante et dix, de rétablir la nature des combats qui certes faisaient avancer des conquêtes antiracistes, féministes, lgbt, mais de mesurer à quel point la perspective socialiste leur donnait la force qui aujourd’hui leur fait défaut dans la montée d’une extrême-droite qui n’est que l’impérialisme occidental organisant sur tous les plans la régression. Ce serait l’idée la plus urgente malheureusement en France le consensus atlantiste tend à laisser croire que le combat a lieu entre deux factions du capital, l’un libertaire, l’autre autocrate que l’on rapproche alors du socialisme dans un système de propagande qui a surgi dans les années quatre vingt et a culminé avec la chute de l’URSS. le refus du monde multipolaire, de la Chine crée les conditions de la régression du pire des conservatismes (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Dean Baker

Jesse Jackson participant à un rassemblement, le 15 janvier 1975. Source photographique : O’Halloran, Thomas J. – Domaine public

Jesse Jackson : un hommage

Il serait difficile de surestimer l’importance de Jesse Jackson dans l’ouverture de la vie politique et sociale américaine, non seulement aux Afro-Américains, mais aussi aux Hispaniques et à la communauté LGBTQ+. Il est sans doute difficile pour les jeunes générations d’imaginer, et même pour les plus âgés comme moi de se souvenir, à quel point la discrimination était virulente dans un passé encore récent. Continuer la lecture de En hommage à Jesse Jackson et aux conditions des « conquêtes » antiracistes, féministes…

La critique de l’Humanité est malheureusement aisée, trouver des solutions dans et hors parti.

Nous recevons un certain nombre d’articles de militants communistes qui disent leur désarroi devant la ligne éditoriale du quotidien l’Humanité. Les mêmes souvent soulignent l’apport d’Histoireetsociete comme celui de ce camarade de l’Isère. Cette appréciation concerne en priorité ceux qui dans notre équipe sont membres du PCF à savoir Marianne Dunlop et Franck Marsal. Mais pas seulement parce que l’absence d’une presse qui dénonce le consensus atlantiste voire celui qui nous mène vers le fascisme et la guerre concerne notre pays, la France, qui devient de plus en plus la proie d’attitudes inquiétantes. A ce titre, si je n’ai jamais eu de sympathie pour les casseurs et ceux qui divisent le mouvement ouvrier sous prétexte de radicalisme, voir l’assemblée nationale française contribuer à promouvoir debout un « Horst Wessel » (pour ceux qui ignoreraient de quoi il s’agit, je leur conseille une petite recherche). Le véritable problème est l’affaiblissement du PCF, en nombre de militants mais aussi dans leur formation dont l’état de la presse et des débats est l’illustration. C’est contre cet affaiblissement que quelle que soit l’adhésion ou non de ses membres définit sa propre ligne éditoriale. merci de l’avoir compris. C’est d’ailleurs le sens du livre que je viens de publier : Le Zugzwang, la fin du libéralisme libertaire, et Après? qui se situe dans le prolongement de notre livre précédent sur la nécessité pour la France de s’éveiller à la Chine et au monde multipolaire. Il ne s’agit pas de régler des comptes mais d’insister sur l’urgence de retrouver la profondeur historique et géopolitique de l’événement (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete).

Commentaires d’un militant sur l’Humanité du 16 février

Une nouvelle fois l’Humanité fait la démonstration de son désintérêt pour les communistes, illustrant ainsi sa lente dérive qui l’éloigne de la lutte des classes et l’installe dans le mouvement gazeux de l’intersectionnalité où les luttes sociétales sont rendues dominantes.

Ce lundi 16 février j’attendais autre chose qu’un article insignifiant, voire méprisant pour le PCF, seul parti d’envergure ayant appelé et organisé les rassemblements pour CUBA. En marge de la double page consacrée à Francesca Albanese (rien à dire) un petit article de 3 paragraphes titre sur « Un élan de solidarité mondial pour Cuba »… C’est un peu juste, pour un élan de solidarité mondial, non? Plus grave, sur les 3 paragraphes un est intitulé « La société civile s’organise » où l’on cite pêle-mêle les initiatives, et en fin d’article le pseudo-journaliste qui ne s’est manifestement pas rendu sur les lieux de manifestations écrit qu’ »à l’appel d’associations et de partis politiques, dont le PCF, des rassemblements se sont tenus dans de nombreuses villes de France ».

Si ce journaliste avait fait son boulot il aurait vite vu que le PRCF, Révolution Permanente, la CGT etc. ont appelé à rejoindre l’action initiée par… le PCF. Pas par le PS, pas par LFI, pas par EELV, par le PCF ! Je me suis dit, c’est pas possible il y aura quelque chose mardi. Non mardi, il n’y avait rien sur CUBA ni sur le PCF d’ailleurs.

J’ai trouvé le même lundi 16 février deux autres exemples assez caractéristiques. En page 9, dans la rubrique Politique et Société, on trouve un article ovni, comme ça arrive régulièrement dans l’Humanité, sorti d’on ne sait où mais pas de la rédaction à priori. Ici, il s’agit, avec une seule photo et de quelques mots d’exploiter le scandale Epstein contre la Chine. La photo présente un diplomate français mouillé dans cette sordide affaire avec Wang Yi, une des personnalités politiques chinoises la plus importante. C’est rien vous me direz, mais lire « En 2014, le prédateur sexuel a sollicité le Consul général de France aux Etats-Unis pour faciliter la venue de « trois assistantes » (à la demande, c’est dans l’article, d’un conseiller diplomatique de Sarkozy, amis d’Epstein et pas clair du tout). Aujourd’hui, le diplomate est ambassadeur de France en Chine ».

Pourquoi avoir choisi cette photo avec Wang Yi qui est sans rapport avec le contenu de l’article ?

L’autre article est celui relatif à la conférence de Munich. Si l’analyse globale n’est pas mauvaise, elle est toutefois assez faible et largement sous-documentée. un conseil : réduire la taille des photos, surtout celle de Rubio, et augmenter le texte… Bref, le journaliste n’a retenu comme réponse à Rubio que l’intervention de la Démocrate américaine Alexandra-Ocasio-Cortez qui semble faire fi des enjeux internationaux, comme la paix par exemple. Si on n’est pas un peu curieux, on en reste à cette information très en-deça de ce qu’un journal dit communiste devrait produire. Je conseille donc aux journalistes de l’Humanité traitant des questions internationales de consulter le site Histoire et société où l’on retrouve pléthore d’articles autrement documentés. A la conférence de Munich il y avait aussi Wang Yi, tiens c’est étrange, et l’article trouvé sur le site Histoire et société dit ceci, ce qui me parait bien plus… communiste !

« Dans les salles de conférence, la seule alternative crédible à la dystopie proposée par Rubio est venue du ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi , qui a insisté sur l’importance des mécanismes internationaux fondés sur la coopération mondiale – et non sur la bonne volonté des puissances occidentales, comme le suggérait l’intervention américaine – ainsi que sur les alternatives à la confrontation armée. « Si le système international ne fonctionne pas correctement, ce n’est pas l’ONU elle-même qui en est responsable, mais plutôt un certain pays qui cherche à exacerber les divergences et les désaccords, à se placer au-dessus de tous, à attiser les tensions entre blocs et même à raviver la mentalité de la Guerre froide », a déclaré Wang.

« La Chine sera une force inébranlable pour la paix », a-t-il poursuivi. « Nous nous engageons sur la voie du développement pacifique et appelons tous les pays à faire de même. La Chine sera un pilier de stabilité. […] La Chine sera une force de progrès dans l’histoire. Nous défendrons avec résolution les acquis du progrès de la civilisation humaine, ferons progresser les quatre grandes initiatives mondiales et œuvrerons à la construction d’une communauté de destin pour l’humanité. » sources : Histoire et société

De deux choses l’une, soit le sénateur de l’année et par ailleurs directeur de l’Humanité (c’est beaucoup quand même…) est complètement dépassé, soit il est l’artisan de cette dérive. A suivre…

« Bolloré a infusé la haine raciale dans l’espace public », alerte l’historien du journalisme Alexis Lévrier

Le réseau des Relay, arme de distribution massive dont s’est emparé le milliardaire d’extrême droite, lui offre champ libre pour distiller ses idées dans la vie quotidienne des Français, estime l’historien Alexis Lévrier.

« Ce qui est frappant dans le cas de l’empire Bolloré, c’est qu’il y a des concentrations à la fois horizontales et verticales. Les activités sont complémentaires les unes des autres : un empire de presse, un empire d’édition et, avec Relay, un empire de distribution », analyse l’historien.
© Corre S/Alpaca/Andia.fr

Devenus une vitrine pour les auteurs de la bollosphère, les Relay sont le reflet du caractère cohérent de l’offensive réactionnaire menée par le milliardaire breton, à la tête de Lagardère, affirme Alexis Lévrier. Le spécialiste de l’histoire du journalisme déplore « l’étrange défaite » politique qui a conduit cet empire médiatique à avoir le champ libre dans sa guerre idéologique. Au risque d’un effondrement démocratique. Continuer la lecture de « Bolloré a infusé la haine raciale dans l’espace public », alerte l’historien du journalisme Alexis Lévrier

Video: 211 MILLIARDS €, la dépense cachée n°1 de l’État (devant l’école et l’hôpital)

💥 211 milliards d’euros donnés chaque année aux grandes entreprises… sans conditions sociales ni écologiques ! C’est la bombe qu’a révélée une commission d’enquête parlementaire menée par les communistes, avec comme rapporteur le sénateur Fabien Gay.

👉 Dans cette vidéo, Fabien Roussel décortique :

✔ combien chaque foyer paie réellement

✔ où va vraiment l’argent public

✔ pourquoi cela creuse les inégalités et fragilise nos services publics

🛑 Il est temps d’exiger que l’argent public serve l’intérêt général : écoles, hôpitaux, salaires, transition écologique et emploi – pas les profits des multinationales.

✍️ Signez la pétition ici : ➡️ https://www.pcf.fr/petition_condition…

👉 Elle demande notamment :

✔ des critères sociaux & écologiques pour chaque aide

✔ le remboursement des aides si une entreprise délocalise

✔ une réduction drastique des subventions non conditionnées

📢 PARTAGEZ cette vidéo partout si vous pensez que l’argent public doit profiter à la population, pas aux actionnaires !

Droit aux vacances, à la santé, au logement… le communisme municipal, pourquoi ça marche ?

Depuis un siècle le communisme municipal œuvre, au niveau local, à l’émancipation des travailleurs et des citoyens. Et s’empare des grands combats à mener, notamment sur le besoin de renouveler la démocratie et d’affronter la question climatique. Deux millions de Français ont aujourd’hui un maire communiste.

En 2026, les communes communistes insistent plus que jamais pour conserver une part importante de logement social, pour ne pas reléguer les classes populaires aux marges des métropoles.

Changer la vie ne dépend pas que de l’élection présidentielle. Les communistes le démontrent chaque jour depuis un siècle. Ils administrent encore aujourd’hui 630 communes. Plus de 2 millions de personnes ont la chance d’avoir un maire communiste ; 20 millions de Français vivent dans une ville comptant au moins un adjoint PCF. Entre les années 1920 et aujourd’hui, les équipes municipales communistes ont répondu aux manques de l’État en menant des politiques innovantes et faisant du commun : incarner la solidarité, développer les services publics, émanciper le temps hors travail.

« Le grand marqueur du communisme municipal, ce sont les politiques sociales, résume Emmanuel Bellanger, directeur du Centre d’histoire sociale du CNRS. Il existe deux grandes matrices. Ces municipalités ont développé le logement social municipal avec les HBM, en s’appuyant sur des offices municipaux. La deuxième est la politique de santé à destination des travailleurs et enfants. On pense immédiatement aux colonies de vacances et centres de santé ».

L’une des premières actions, dans l’entre-deux-guerres, fut de faire reculer l’habitat insalubre qui régnait en lisière des métropoles. Cette politique est née dès les années 1920. Elle s’est poursuivie à la Libération. Et aussi dans les années 1960 et 1970, période durant laquelle la municipalité de Champigny-sur-Marne, avec à sa tête Louis Talamoni, sort des milliers de Portugais d’un bidonville pour les reloger dans des HLM. Et cette politique existe encore aujourd’hui. Maire de Saint-Denis avant 2016, Didier Paillard a fait face à l’installation de camps de Roms sur des friches industrielles. « Au départ, nous avons mis en dignité les habitants, fournissant un accès à l’eau, puis nous avons amélioré l’habitat avec des préfabriqués. En lien avec l’État, nous avons inscrit les habitants dans une démarche d’insertion par le travail pour les adultes, d’inscription à l’école pour les enfants », témoigne-t-il. Petit à petit, les campements ont été résorbés, y compris en accueillant une partie des familles dans le parc de logement public.

Contre les déserts médicaux et pour les logements sociaux

En 2026, les communes communistes insistent plus que jamais pour conserver une part importante de logement social, pour ne pas reléguer les classes populaires aux marges des métropoles.

Dans nombre de villes PCF, on compte plus de 40 % de logement public. C’est cette pratique qui a inspiré la loi solidarité renouvellement urbain (SRU) promue par le ministre communiste Jean-Claude Gayssot, qui exige 20 % de logement social dans les communes en tension. Car la ville est pour toutes et tous.

S’appuyant sur la fiscalité locale dans des territoires abritant de l’industrie, nombre de ces communes ont mis en place des politiques de redistribution, par l’intermédiaire de dépenses sociales élevées. Bien que n’étant pas une compétence communale, la santé s’est imposée comme l’une des politiques publiques les plus importantes dans les villes communistes. « Les dispensaires sont nés dans l’entre-deux-guerres, notamment dans la banlieue populaire. La situation sanitaire y était déplorable », relate Benoît Carini-Belloni, maître de conférences en sociologie de la santé. Dans les années 1930, la tuberculose fait rage. « C’était l’époque où s’organisait la médecine libérale, avec ses principes structurants : la relation directe entre médecin et patient, la fixation libre des honoraires et la libre installation », poursuit-il. L’expression « déserts médicaux » n’existait pas encore, mais c’était déjà un défi.

Dès l’origine, les dispensaires prodiguent une médecine à destination des classes les plus populaires, mais très vite l’objectif devient de permettre un « accès aux soins à toute la population », relate le chercheur. Après la guerre, appuyés par la Sécurité sociale, les centres municipaux de santé (CMS) se multiplient, essentiellement dans les villes rouges, permettant l’accès à la médecine spécialisée (dentistes…) à toutes les populations. C’est un effort important. « Dans les années 1970 à Bagnolet, la santé représentait 17 % du budget municipal », souligne Benoît Carini-Belloni.

Aujourd’hui, le modèle renaît. Les CMS permettent de faire face aux manques de personnel soignant, tant en banlieue qu’en dehors des métropoles. Cela s’accompagne d’une transformation des métiers. « Une nouvelle génération de soignants ne veut plus faire de la médecine comme avant », souligne le sociologue. La nouvelle génération veut travailler en équipe et n’est pas gênée par le salariat, qui permet de concilier vie professionnelle et familiale.

L’attention au temps hors travail marque d’ailleurs profondément le territoire urbain. « L’un des facteurs du communisme municipal est de réconcilier travail et vie sociale. On travaillait et habitait dans la ville rouge. Cela crée du lien social, de l’acculturation politique et de la conscience de classe. En sortant de l’usine, on retrouvera des formes de socialisation qui permettent de se reconnaître dans sa ville. Cela crée une fierté d’être ici quand on vient d’ailleurs », souligne Emmanuel Bellanger. Dans les villes gérées ou anciennement gérées par le PCF, les installations sportives ou culturelles sont ainsi très nombreuses, pour permettre une démocratisation des pratiques.

L’écologie pour se renouveler

Ainsi, on ne compte plus les stades du nom d’Auguste Delaune, dirigeant syndical et fondateur de la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT). Ou les théâtres au nom de Jean Vilar ou Gérard Philipe. « Les politiques culturelles sont structurantes. Le théâtre vivant est un marqueur important du communisme municipal. Il participe de l’éducation populaire », expose Emmanuel Bellanger.

C’est dans ce cadre que Jack Ralite, maire d’Aubervilliers, a installé le célèbre Théâtre de la Commune dans sa ville. Cette pratique n’est pas qu’un souvenir historique : Fontenay-sous-Bois est l’une des seules villes à avoir inauguré un théâtre municipal lors du mandat sur le point de s’achever.

Pour beaucoup, l’imaginaire du communisme municipal convoque bien sûr le droit aux vacances. Un droit immortalisé dans la chanson entonnée par les enfants de Bagnolet envoyés en colonie sur l’île d’Oléron dans les années 1930 : « C’est nous, les gosses de la Vignerie/qui bien loin du mauvais air/ont un séjour à la mer. /Les gosses de riches en meurent d’envie. /Le séjour est tellement bon à Oléron. /Et c’est bien grâce aux communistes si les enfants sont si joyeux. » De nombreuses villes disposent donc de colonies de vacances, de résidences ou de campings dans des zones de villégiature, à destination de leurs habitants.

À la ville comme à la campagne (la plupart des 630 maires PCF sont élus dans des territoires ruraux), le communisme local est donc marqué par une façon différente de faire de la politique.

Le personnel politique y est « à l’image du corps social de la ville. Dans une commune ouvrière, le maire était ouvrier. Dans une commune rurale, il était paysan », souligne Emmanuel Bellanger. Si ce n’est plus vrai systématiquement, l’origine sociale des élus est encore plus modeste que pour d’autres familles politiques. « Nos élus sont souvent issus de quartiers populaires, de professions intermédiaires, sont des ouvriers ou employés », relève Pierre Lacaze, responsable aux élections du PCF.

La participation populaire et l’extension de la citoyenneté à ceux qui en sont privés sont ainsi une constante du communisme municipal. Dans plusieurs villes, les consultations référendaires sont nombreuses, notamment sur des projets municipaux concernant les personnes de nationalité étrangère. À Ivry-sur-Seine, il est envisagé pour le prochain mandat de faire participer certains étrangers aux décisions de la municipalité. Il y a deux décennies, à Bobigny, ont été inaugurés les premiers budgets participatifs. Une initiative qui a ensuite essaimé partout en France.

C’est que le communisme municipal cherche à se renouveler. Et la question écologique y contribue. Ces dernières années, avec d’autres, les communistes ont poussé pour un retour en régie municipale de l’eau. Même s’il n’est pas maire, Christophe Lime est président de France eau publique (FEP), qui fédère 160 collectivités qui ont fait le choix de la gestion de l’eau en régie.

« C’est un marqueur communiste, l’eau est un bien commun », relève-t-il, soulevant le « besoin de réinventer un communisme moderne, en lien avec les attentes d’aujourd’hui, avec le développement durable ». Car l’eau publique est un combat en France, où la gestion de l’eau est dominée par deux acteurs privés, la Générale et la Lyonnaise des eaux, devenus Veolia et Suez. La part du public progresse depuis vingt ans, à la faveur du combat d’élus communistes, de gauche et sous l’impulsion de collectifs citoyens. « Alors que le service public recule partout, le seul qui progresse est celui de l’eau et de l’assainissement », se félicite Christophe Lime.

Les municipalités comme « laboratoires politiques »

Si le terme « communisme municipal » fait florès, ce n’est pourtant pas celui qu’emploient les communistes. Dans l’après-guerre, la gestion municipale est même perçue avec un certain scepticisme ; certains y voient une forme de réformisme. Aujourd’hui, le PCF lui préfère le terme de « municipalisme communiste ». « Nous essayons de faire des municipalités des laboratoires politiques. Mais nous n’avons pas affaire à des îlots de communisme dans une société capitaliste », relativise Igor Zamichiei, coordinateur national du PCF. L’échelon municipal montre surtout, selon lui, qu’une « gestion collective, avec les habitants, pour répondre à leurs besoins et qui ne soit pas centrée sur le profit, est possible ». Et qu’elle ne demande qu’à s’étendre, avec en son cœur la question des services publics.

Avec le temps, les originalités du communisme municipal ont été reprises par des équipes municipales d’autres couleurs, et c’est tant mieux. Mais la baisse des dotations aux collectivités locales rend aujourd’hui les expérimentations plus difficiles. Hors de question, pour autant, de baisser les bras pour des élus de combat qui se réinventent.

« La politique, c’est gérer dans le cadre de contraintes et donner du sens politique », rappelle Patrice Leclerc, qui tente de faire évoluer l’action municipale de la ville de Gennevilliers, dont il est le maire. « Notre objectif doit être de promouvoir la démocratie et l’auto-organisation des gens », expose-t-il, avançant deux pistes : la réforme des services publics pour faire plus de place aux usagers, et la démarchandisation. Au cœur du municipalisme doit s’imposer « l’appropriation des conditions de vie par les citoyens ».

Le communisme réside non pas dans « l’utilisation différente qui est faite de l’argent, mais dans la construction politique avec les habitants », estime-t-il, appelant à « démocratiser la commune ». De l’autre côté de Paris, à Bonneuil, Denis Öztorun résume ainsi l’ambition municipaliste des communistes : « Chacune et chacun doit apporter sa pierre au collectif ; chacune et chacun reçoit en retour. Toutes et tous, nous enseignons aux autres et apprenons des autres. En somme, nous faisons de Bonneuil une université populaire à ciel ouvert. » Dans la commune, la mise en commun passe par les citoyens.

 

Marco Rubio, la honte du peuple américain

Il y a un réveil des Américains d’origine hispanique dont a témoigné la prestation de Bad Bunny au Super Bowl, pour en percevoir l’impact, il faut savoir que c’est la plus grande manifestation sportive des USA, les places sont hors de prix et le stade immense est plein. La prestation qui a indigné Trump témoigne de la colère de ceux qui refusent surtout d’être considérés comme des citoyens de seconde zone. Mais cette manifestation interne a résonné dans toute l’Amérique latine et même au Canada où il y a une forte immigration. C’est une tradition d’opposer les latins à l’avidité froide des yankees mais cette tradition est encore plus forte chez les peuples comme Cuba, Porto Rico et le Mexique qui se considèrent comme les « sentinelles » de « Nuestra América » selon l’expression de José Marti, et le mépris est grand pour ceux que l’on traite de « gusanos », la vermine prête à vendre Cuba, la mafia de Miami dont l’illustration est Rubio. En ce moment le Mexique bouillonne et se multiplient les réunions locales qui affirment leur soutien à Cuba et au Venezuela et se découvrent comme nous face au fascisme avec le peuple cubain aux avant-postes pour un Gaza dans les Caraïbes (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete).

Parmi les milliers de résidents cubains, une personne, parvenue aux plus hautes fonctions politiques au sein du Parti républicain, a été le fer de lance des attaques les plus virulentes contre le pays de ses compatriotes migrants. Photo
Parmi les milliers de résidents cubains, une personne, parvenue aux plus hautes fonctions politiques au sein du Parti républicain, a mené les attaques les plus virulentes contre le pays de ses compatriotes migrants. Photo AFP

 

Antonio Gershenson

8 février 2026

L’émigration cubaine vers les États-Unis se poursuit depuis des siècles. Après le triomphe de la révolution, elle s’est intensifiée. Actuellement, selon les données du Bureau du recensement des États-Unis, la population migrante cubaine compte environ 1 343 960 personnes qui ont quitté leur pays, principalement pour des raisons politiques et économiques. C’est à cette époque qu’une vive opposition s’est levée contre Fidel Castro et tout ce qui touchait à la transition vers le socialisme. Continuer la lecture de Marco Rubio, la honte du peuple américain

Le populisme municipal de l’extrême droite (Philippe Rio)

 

 

 

Les discours populistes affluent sur les élections municipales avec des candidats d’extrême droite qui avance masqués pour conquérir les hôtels de ville. Ce populisme municipal parle de « bon sens », de « gestion », de « retour à l’ordre ». Il se prétend pragmatique, quand il est profondément idéologique. Il promet l’efficacité, quand il prépare la brutalité sociale. Il se drape dans la proximité, quand il organise l’exclusion. Continuer la lecture de Le populisme municipal de l’extrême droite (Philippe Rio)

Cuba : en défense de l’honneur du genre humain. Par Maité Pinero

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En pleine euphorie d’agression du Venezuela, Trump et Marco Rubio ont sonné l’hallali. Après 67 ans de résistance devant l’empire, c’en serait fini de la révolution cubaine. Cuba devrait tomber cette année, l’Administration étasunienne le dit chaque jour et sur tous les tons. Les haineux de toujours, à Miami et ailleurs, quantité de voix et de plumes qui parlent et écrivent au garde-à-vous renchérissent. Continuer la lecture de Cuba : en défense de l’honneur du genre humain. Par Maité Pinero

Soutien du PCF à Cuba face à l’agression et aux menaces des États-Unis

Le trois janvier dernier, les États-Unis agressaient la République bolivarienne du Venezuela et kidnappaient le président Nicolas Maduro et la députée Cilia Flores. Lors de cet acte de guerre inacceptable, 100 personnes ont perdu la vie, parmi elles 32 soldats cubains.

Je voudrais, au nom du Parti communiste français, vous adresser ici toute ma solidarité et envoyer mes condoléances et mon affection aux familles des Cubains assassinés par l’impérialisme étatsunien. Ce sont toutes les personnes qui luttent contre la guerre, pour la souveraineté des peuples à disposer d’eux-mêmes, qui sont depuis le 3 janvier endeuillées. Continuer la lecture de Soutien du PCF à Cuba face à l’agression et aux menaces des États-Unis

La commune, un bouclier de protection sociale ?

Face à des préoccupations très diverses (pouvoir d’achat, insécurité, santé et logement), les municipalités constituent un levier pour répondre aux attentes populaires. Ce défi est pourtant menacé par les politiques austéritaires. Alors, la commune, un bouclier de protection sociale ? Johanna Rolland, maire PS de Nantes, Anne Vignot, maire EELV de Besançon et Patrice Bessac, maire PCF de Montreuil, nous livrent leurs réponses.

« Les communes ne promettent pas l’impossible : elles transforment concrètement le quotidien des gens », estime Patrice Bessac.
© JPL/REA 

Le maire est l’élu le plus apprécié. Pour autant, les municipalités sont tiraillées entre la réponse aux attentes actuelles très multiples et la pression financière exercée par le désengagement de l’État

Dans ce contexte, cette opinion favorable se construit au quotidien grâce à des politiques humaines inventives et à l’engagement de collectifs de proximité. Trois maires, acteurs en première ligne, en témoignent à quelques semaines des élections municipales.

Selon le baromètre Odoxa, 63 % des Français ont une bonne opinion de leur maire, loin devant les autres élus. À quoi expliquez-vous cette préférence ? Continuer la lecture de La commune, un bouclier de protection sociale ?