Comment enseigner la laïcité aujourd’hui ? #2

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Rappel des faits   La laïcité permet à toutes et tous de vivre libres et égaux. Mais, dans un contexte de repli identitaire, quel enseignement proposer ?

La formation du jugement par la raison et la culture commune

Paul Devin, président de l’Institut de recherche de la FSU

Jean-Michel Blanquer voudrait nous faire croire à une incurie de l’éducation à la laïcité et à sa détermination personnelle à transformer cette situation. Pour imposer l’urgence de cette volonté, voilà revenu le temps des descriptions dramatisantes d’une école en proie au fanatisme islamiste, dont Jean-Pierre Obin, chargé du dossier de la formation à la laïcité par le ministre, expliquait les raisons devant le Sénat, le 10 mars dernier : naïveté, lâcheté et complaisance idéologique. Les acteurs du service public d’éducation n’ont guère apprécié que leur engagement soit l’objet d’accusations si violentes car la réalité est tout autre.

Les enseignantes et les enseignants, et avec eux l’ensemble des personnels, ne cessent d’œuvrer, au quotidien de leurs pratiques, pour lutter contre l’obscurantisme, les préjugés, les stéréotypes et pour convaincre des valeurs républicaines. Mais ils ne choisissent pas de le faire en assenant à leurs élèves une vérité dogmatique, en prescrivant leurs comportements ou en les sanctionnant par des mesures disciplinaires : ils optent pour une éducation patiente qui postule que les savoirs et la culture commune permettront à leurs élèves de fonder leurs jugements et leurs choix citoyens sur la raison et dans le respect des valeurs de la démocratie. Convaincus des vertus émancipatrices de l’école, ils en acceptent les lenteurs, les difficultés, parfois les échecs. Ils savent que la responsabilité du citoyen ne peut faire l’économie de la complexité d’une construction intellectuelle et culturelle.

Icon QuoteLes injonctions ministérielles poussent à ce que la lutte contre les manquements à la laïcité prenne une place majeure aux dépens du débat et de l’argumentation.

Sans doute ont-ils besoin d’être davantage formés à l’ensemble des dimensions de la question laïque, qu’elles soient historiques, philosophiques, sociologiques ou juridiques. Mais le paradoxe est que, disant vouloir mieux former les enseignantes et les enseignants, le ministère met fin aux activités de l’institution la plus active dans ce domaine : l’Observatoire de la laïcité. C’est qu’il ne s’agit sans doute pas tant de mieux former que de s’assurer de contenus conformes à l’idéologie ministérielle et gouvernementale. Car, obsédées par les prétendus risques du séparatisme, les injonctions ministérielles poussent à ce que la lutte contre les manquements à la laïcité prenne une place majeure aux dépens du débat et de l’argumentation.

En agissant ainsi, elles incitent à ce que l’affirmation de l’unité de la République submerge la réalité de la diversité des cultures en prenant le risque de la stigmatisation et du rejet. Faisant un tel choix, le ministère n’hésite plus à concevoir une campagne de publicité qui assigne une religion à des origines signifiées par un prénom ! L’enseignement de la laïcité doit tout d’abord affirmer le principe premier de la loi de 1905 : la République assure la liberté de conscience. Depuis la Déclaration de 1789, nous affirmons que les citoyennes et les citoyens ne peuvent être inquiétés pour leurs opinions, y compris religieuses. Mais affirmer ce droit, c’est admettre qu’il puisse nécessiter des contraintes, celle par exemple de la neutralité du service public, neutralité nécessaire pour garantir l’égalité de toutes et de tous.

Pour que les élèves puissent comprendre cela, nous devons faire le choix de l’argumentation et du débat, plutôt que celui de la lutte contre les manquements. Former à la laïcité, c’est considérer que l’exigence de soumission aux règles ne peut pas prendre le pas sur la compréhension des finalités de concorde et de tolérance du principe laïc. Former à la laïcité, c’est former aux exigences d’une dialectique qui admet la diversité des cultures tout en favorisant l’adhésion partagée aux valeurs de la République.

C’est pourquoi, plutôt que de hurler avec les loups, nous devons faire le choix du primat de l’éducation, celui de la formation du jugement par la raison et la culture commune, condition d’un exercice libre et responsable de la citoyenneté.

Les programmes doivent être élaborés démocratiquement

Texte collectif

Depuis les attentats islamistes de 2015, et plus encore après l’assassinat de Samuel Paty par un terroriste islamiste, il y a un an, l’enseignement de la laïcité apparaît à la fois comme une urgence et comme un défi. L’injonction à « enseigner la laïcité » est contredite par les politiques éducatives menées par Blanquer et Macron, qui font la part belle à l’enseignement privé, qui cherchent brutalement à transformer les enseignants en exécutants et font ainsi obstacle à la construction de l’esprit critique, et qui renoncent à l’ambition d’une école commune à toutes les classes sociales. La laïcité n’est pas un objet d’enseignement parmi d’autres. Pour enseigner la laïcité, il faut la mettre en pratique, et cela engage un projet pour l’éducation : celui d’une école commune qui permette à tous les élèves de s’approprier des savoirs pour comprendre le monde dans lequel ils vivent et le transformer.

Icon QuoteUn projet pour l’éducation : celui d’une école commune qui permette à tous les élèves de s’approprier des savoirs pour comprendre le monde dans lequel ils vivent et le transformer.

L’enseignement de la laïcité n’a donc rien à voir avec l’imposition de valeurs ou de principes, fussent-ils républicains. Il s’agit au contraire d’enseigner le processus historique dans lequel la laïcité s’est construite, de donner à comprendre les débats qu’elle a suscités, sa portée et ses enjeux, pour construire ensemble des valeurs et des principes partagés. Les perspectives disciplinaires, en histoire mais aussi en sciences économiques et sociales, en français, en philosophie ou en éducation physique et sportive, par exemple, sont à ce titre bien plus éclairantes qu’un enseignement dédié qui risquerait de tourner au catéchisme républicain. Encore faudrait-il avoir le temps de les développer : les politiques de réduction du temps scolaire menées depuis plus de dix ans, avec le passage à la semaine de 26 heures au collège ou la réduction des horaires de français et d’histoire à 1 h 30 hebdomadaire en lycée professionnel, rendent un tel enseignement de plus en plus difficile.

Tous les élèves sont capables de réflexion et d’échanges argumentés, mais ils ne le sont pas à n’importe quelles conditions. Pour que tous les élèves puissent s’approprier la culture scolaire, la faire dialoguer avec leur culture familiale et avec celle des autres, accéder à la réflexion critique et se construire comme personnes libres dans le collectif, la question du temps est essentielle : c’est pourquoi le PCF propose de revenir à une semaine de 27 heures de classe en primaire et d’arriver progressivement à 32 heures hebdomadaires dans le secondaire. Donner du temps est nécessaire, mais ne suffit pas.

Icon QuoteL’enseignement ne peut pas être émancipateur si les enseignantes et les enseignants ne sont pas en position de maîtriser leur métier.

L’enseignement ne peut pas être émancipateur si les enseignantes et les enseignants ne sont pas en position de maîtriser leur métier : les contenus qu’ils enseignent, les origines des difficultés des élèves, leurs propres pratiques d’enseignement. Cela implique de reconstruire une formation initiale et continue de haut niveau, mais aussi de rompre avec les politiques qui transforment les chefs d’établissement et les cadres de l’éducation nationale en managers. Pour enseigner les sujets qui font débat dans la société, les enseignantes et les enseignants ont besoin de pouvoir s’appuyer sur un collectif à la fois cohérent et démocratique.

Surtout, l’émancipation de nos élèves suppose un enseignement laïque, protégé de tous les dogmes, qu’ils soient religieux, politiques ou économiques. Il est dangereux qu’une conception de la laïcité très contestée par les spécialistes de la question soit imposée dans l’institution scolaire parce qu’un ministre en a décidé ainsi. Il est tout aussi dangereux que des lobbies patronaux, relayés par certains économistes, influencent les programmes de sciences économiques et sociales en faisant des postulats et des résultats de l’économie néoclassique une vérité révélée.

Pour éviter l’instrumentalisation des programmes au gré des alternances politiques, ils doivent être élaborés démocratiquement par les enseignantes et enseignants, les chercheuses et les chercheurs, en y associant l’ensemble des acteurs de l’éducation, de la vie culturelle, économique et sociale.

Signataires : Sébastien Laborde, Christiane Le Pennec, Erwan Lehoux, Marine Roussillon, Patrick Singéry, membres du réseau école PCF.

La distinction du privé et du public est capitale

Henri Pena-Ruiz, philosophe

D’abord une explication du mot. La laïcité, c’est l’indépendance des lois communes par rapport à toute religion, garantie par la séparation. «L’État chez lui, l’Église chez elle » : la formule célèbre de Victor Hugo, poète croyant, dit l’essentiel, comme l’a rappelé l’historien Jean-Paul Scot. Un peu d’étymologie. Le mot laïcité vient du grec laos, qui désigne l’ensemble du peuple, sans distinction ni domination.

La Révolution française, en abolissant les privilèges et en faisant de la souveraineté populaire le fondement de la souveraineté nationale, a promu l’émancipation individuelle et collective sur le plan juridique. Les lois communes sont désormais fondées sur les droits de l’être humain, et c’est tout le peuple qui se les donne à lui-même.

Icon QuoteLa laïcité impulse l’émancipation de la vie spirituelle, la façon de s’accomplir, et finalement la construction de soi, désormais délivrées de toute mise en tutelle.

Dans la foulée d’une telle refondation de la nation, la laïcité se définit par le triptyque qui réunit la liberté de conscience, l’égalité de droits, et l’intérêt général comme raison d’être de l’action publique. La séparation laïque n’est donc hostile ni aux religions ni à l’humanisme athée ou agnostique, qui sont des options spirituelles libres mais particulières en ce sens qu’elles n’engagent qu’une partie des citoyens et citoyennes. La laïcité impulse l’émancipation de la vie spirituelle, la façon de s’accomplir, et finalement la construction de soi, désormais délivrées de toute mise en tutelle. Elle est donc bonne pour toutes les personnes. Cet universalisme du souci de liberté en fait un authentique levier d’émancipation et de promotion du bien commun à tous.

La mise en œuvre de l’idéal laïque est exigeante, car elle se heurte à des résistances. Aux clergés crispés sur leurs privilèges, et aux traditionalistes attachés à leurs dominations, elle oppose sa logique émancipatrice. Quant aux responsables de l’action publique, elle leur impose une véritable déontologie, c’est-à-dire des règles qui assurent le respect de tous les citoyens et montrent l’exemple. La neutralité laïque interdit à un élu de privilégier une conviction spirituelle dans l’exercice de ses fonctions, par exemple en consacrant des deniers publics à la religion, ou à l’athéisme.

L’argent public, venu de tous, doit profiter à tous. Pas de clientélisme électoral, qui lèse le bien public. La chose est limpide et simple. Cette déontologie en actes fait de tout élu un instituteur de la laïcité. C’est dire qu’il doit réserver à sa sphère privée la manifestation de sa propre conviction spirituelle. Il en va de même pour les enseignants de l’école publique, qui assurent la promotion de l’autonomie de jugement de leurs élèves en évitant tout prosélytisme.

Icon QuoteUne boussole essentielle pour les citoyens comme pour les élus et les enseignants.

Le sens de l’intérêt général interdit tout privilège public de la religion comme de l’humanisme athée. En France, selon un sondage Ipsos récent, les athées, qui ne croient pas en Dieu, et les agnostiques, qui ne s’en soucient pas, sont aujourd’hui majoritaires. Mais pas plus qu’aux fidèles des religions, cela ne doit leur donner de privilèges. « L’égale liberté et l’égal traitement des options spirituelles » déploient le principe républicain d’égalité. Voilà une boussole essentielle pour les citoyens comme pour les élus et les enseignants. La distinction de ce qui est privé et de ce qui est public est ici capitale.

Pour expliquer pleinement la laïcité, il faut en montrer l’enjeu pour la paix et l’émancipation. Il ne s’agit pas de nier les différences, mais de faire en sorte que leur expression ne compromette pas le cadre commun qui assure leur coexistence. Une exigence qui vaut au regard de toutes les religions. Rien de compliqué à cela, et nul besoin d’adjectif pour le mot laïcité. La vouloir « ouverte », c’est insinuer qu’en elle-même elle serait fermée. Une calomnie commune aux adversaires de la laïcité, nostalgiques des privilèges perdus de la religion et bien souvent des traditions rétrogrades sacralisées par elle.

Le machisme patriarcal, la domination des femmes, la persécution des homosexuels et des athées, la réduction du sexe à la procréation, l’intolérance et le fanatisme mortifères, entre autres, sont dans toutes les mémoires. Des choses à rappeler, afin de montrer à quoi la laïcité et l’idéal humain qui la fondent nous permettent d’échapper.

Icon Education Henri Pena-Ruiz est notamment l’auteur du Dictionnaire amoureux de la laïcité (Plon, 2014)

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Présidentielle 2022. Les communistes lancent les « Rencontres des jours heureux »

Santé, écologie, énergie, jeunesse, emplois… D’ici la fin de l’année, le candidat du PCF à la présidentielle multipliera les déplacements pour six « agora » thématiques. Premier rendez-vous dès mercredi en Auvergne sur l’agriculture et l’alimentation.

Le candidat communiste à la présidentielle, Fabien Roussel, reprend la route. Après une caravane en une cinquantaine d’étapes le long des côtes cet été, le PCF lance à partir de mercredi les « Rencontres des jours heureux ». « On change de campagne : avant on faisait des meetings partout avec le même discours, là on fait le choix des thématiques et des territoires », explique le député du Nord. Le concept ? « Ce seront des Agora, des ateliers, des échanges à l’issue desquelles je présenterais nos propositions », poursuit-il. En la matière, pas « de demi-mesures », promet Fabien Roussel estimant que « toute la gauche paie encore les trahisons, les reniements » du quinquennat Hollande. Continuer la lecture de Présidentielle 2022. Les communistes lancent les « Rencontres des jours heureux »

Le débat de Fabien Roussel sur France Inter-Le Monde, notre interpellation! Par D. Bleitrach + vidéo

Une lettre à Fabien Roussel sur son émission de radio France-inter le monde,

Jusqu’ici et nous n’avons cessé de le regretter ici tes interventions abordaient peu ces questions internationales et l’on sentait un manque d’aide dans ce domaine, pourtant essentiel à qui postule à la présidence de la république. Ici même, dans un texte sans langue de bois jean claude Delaunay t’interpellait en montrant à quel point cette lacune correspondait à une absence de stratégie vers l’essentiel le socialisme, une position “morale” qui n’offrait aucune garantie en matière de promesse d’amélioration de la situation du peuple français.

Ce contexte, celui d’un secteur international inféodé de fait à l’OTAN,je l’avais également dénoncé à propos de la prestation dudit secteur international sur la grande scène de la fête de l’humanité. jean Claude dans un texte très argumenté partait à la fois de ton livre et de ses propositions mais aussi de la chine qu’il connait et dans laquelle il réside, des nombreux livres et articles écrits qui témoignent d’un travail sérieux.

c’est aussi pour cela que l’on peut se féliciter de ton interview ce dimanche 19 septembre 2021, dans le débat politique organisé en partenariat avec le journal le monde par france inter. Fabien Roussel, député et candidat du Parti communiste à l’élection présidentielle, était l’invité de « Questions politiques », dimanche 19 septembre. Une émission présentée par Thomas Snegaroff avec Nathalie Saint-Cricq (France TV), Françoise Fressoz (Le Monde), Carine Bécard et Alexandra Bensaid (France Inter). Disons le tout de suite, ils ne t’ont pas ménagé mais ils ont aussi contribué à la qualité du débat si l’on excepte la dernière question avec la feuille de route exigée des médias : parler de Zemmour, ce que tu ne leur as pas caché, et c’était la première fois que je te voyais être aussi sévère avec les médias, à quel point il y avait un art de leur part de dévoyer le débat qui n’était pas digne du niveau où celui-ci était resté pendant une heure.

Oui quel que soit le score que l’on t’attribue le véritable fait de cette campagne c’est la manière dont tu la tires sur des terrains que le capital et ses candidats souhaitent soigneusement éviter; ainsi en est-il comme tu l’as souligné pour les propositions d’augmentation des salaires , celle concernant la situation de la jeunesse… et bien là vois-tu hier tu as obligé tout le landernau politique a déserter un peu les thèmes de l’extrême-droite pour aborder “l’identité” nationale non pas sous le prisme de “l’immigration” ou des alliances guerrières, mais sous l’angle de la paix, de la maitrise de la production comme de la sécurité, le rôle de l’oTAN, la montée des tensions contre la chine… bref l’angle des coopérations devant les défis auxquels l’humanité est confrontée…

J’aimerais d’ailleurs que les militants communistes qui interviennent en priorité dans les réseaux sociaux en tirent leçon : ne faites pas comme les médias officiels sont invités à le faire, ne croyez pas qu’en attaquant Zemmour ou d’autres vous lui nuisez;Votre rôle c’est de porter le débat au niveau où l’a maintenu ce dimanche fabien Roussel, sur le fond, sur des propositions qui partent de la réalité du pays et de ce que vivent les travailleurs, la jeunesse… et le monde…

Ce que je dis en effet à Fabien Roussel : globalement tu as été excellent, certes un discours à la fête de l’humanité et aux militants devrait plus clairement poser la stratégie pour le socialisme et l’internationalisme, une réflexion du prochain congrès devra se donner les moyens d’avancer en particulier sur le mouvement du monde, que les questions ne t’ont amené à aborder que par le biais de l’actualité et pour faire court j’ajouterai que nous avons une sacrée chance d’avoir quelqu’un prêt à faire le job dans de telles conditions et nous devons tous l’aider.

Parce que même tu en es resté à une question d’actualité, néanmoins tu as su, par exemple distinguer la sortie immédiate du commandement de l’OTAN, le choix gaullien, d’une vue esquissée mais présente sur le désarmement, sur le rôle de l’ONU et donc une tout autre conception des rapports de force dans le monde avec la dissolution des blocs et là ton refus de l’OTAN… Pareil y compris pour la chine… et un grand nombre de choix stratégiques étaient là en réserve et l’on percevait effectivement le retour des communistes.

C’est sur le plan concret de ce qu’il faut immédiatement au pays, aux travailleurs ,à la jeunesse et à qui il faut le prendre que tu as été très clair, tu n’avais même plus à t’opposer à d’autres à gauche, l’apport était évident, concret, immédiat et sans bavure, tu étais un communiste. Qui peut sinon un communiste éclater de rire quand “l’économiste de service” parle des charges salariales et oser parler du “coût du capital non dans l’abstrait mais à partir du cas carrefour et tant d’autres? … Ça fait également du bien d’entendre parler de nationalisation des banques et des assurances pour réduire ce coût du capital ! et de l’énergie pour aider les petites entreprises à sortir la tête de l’eau autant que leurs salariés… Il n’y a qu’un communiste…

Pourtant même là, il y a besoin d’avancer dans ce qui fait qu’encore aujourd’hui pour le grand capital avoir un parti communiste au pouvoir ce n’est pas la même chose que d’avoir un socialiste président, même- et surtout – quand il proclame que son ennemi c’est la finance. Peut-on évacuer la question du remboursement des actionnaires lors des nationalisations, qui dirige quoi, tu as esquissé mais il reste à assurer. C’est bien de parler de l’intervention des travailleurs, et la mémoire historique sait que s’il y a eu les accords Matignon et les congés payés c’était parce que les discussions se faisaient sous la pression des grévistes occupant les usine… Suivant le mode d’intervention envisagé et toujours nécessaire nous avons un résultat ou un autre, la participation mais même Rocard n’était pas contre, la question reste celle de l’Etat.. c’est pourquoi tu as raison de ne jamais renoncer au fait que tu peux et dois être président, encore faut-il nourrir plus cette exigence. Bref tu as avancé et assuré plus que n’importe qui dans cette campagne présidentielle, mais il y a devant nous des gens qui eux sont prêts à soutenir le fascisme, les médias reflètent cela. Il suffit de mettre le nez dehors par exemple en Amérique latine, avec la réunion de la CELAC à Mexico pour mesurer ce que signifie un combat pour la souveraineté et la simple redistribution plus égalitaire des ressources du pays, ressources pillées par les monopoles financiarisées sous le parrainage des USA et de leurs alliés de l’oligarchie locale. c’est pourquoi en affirmant un positionnement international comme tu l’as fait tu as rendu plus crédible ta lutte pour la double sécurité populaire, celle de sa tranquillité face à des voyous premiers alliés de l’exploitation et celle de la production comme de l’éducation ou la santé.

C’est donc satisfaisant parce que tu n’as jamais bloqué la marche vers le socialisme au contraire,mais dans le cadre d’un débat télévisé, dans le contexte d’une campagne électorale à plusieurs détentes (présidentielle et législatives) c’est ce qu’il fallait sans doute dire. Non seulement parce que c’était adapté à ce que pouvaient entendre les citoyens français mais parce que le contrat sur lequel devrait aujourd’hui se faire à une telle élection serait celui-là comme d’ailleurs le pacte des législatives et parce que de surcroit ce n’était en rien contradictoire avec la stratégie pour le socialisme et l’histoire, l’apport d’un parti communiste.

Il n’empêche qu’il y a un sacré travail… mais dans lequel l’apport est possible sur une forme constructive comme nous l’avons choisi ici même si les conditions de censure dans l’humanité et dans le reste de la presse communiste demeurent totales… indignes et misérables mais il faudra bien au fur et à mesure que les exigences augmenteront en matière de contenus que la barrière érigée depuis près de trente ans par des gens qui comme leur modèle états-unien ont utilisé les prétextes moraux et “les droits de l’homme”, voire de la femme pour couvrir leurs propres turpitudes en matière de publication et pire de formation.

C’est pourquoi je me permettrais de souligner un manque à combler immédiatement c’est que si tu as raison de refuser le “politicien” et les affrontements entre candidats, limiter le parti à ses élus c’est un manque à gagner et si tu n’arrives pas à mobiliser la capacité militante des communistes dans le parti et même hors parti ce sera un problème; mais effectivement ce n’est pas dans un débat télévisé que tu devras régler ce problème incontournable; et pour cela tu devras prendre conscience de l’adhésion de la masse des militants à ton action, si quand tu es devenu secrétaire le rapport des forces au sein du parti était celui que décrivait jean Claude Delaunay sans véritable majorité, aujourd’hui c’est fini : tu es réellement le secrétaire de ce parti qui certes rêve d’unité mais qui a besoin aussi de clarté, de mise en mouvement pour que ta campagne ait toute sa portée mais plus encore pour que le parti communiste redevienne ce qu’il n’aurait jamais cessé d’être et qui comme tu l’as dit constitue une colonne vertébrale pour la gauche et pour la France.

Danielle Bleitrach

 


Crise des sous-marins : “Il faut marquer le coup et quitter le commandement intégré” de l’Otan, estime Fabien Roussel

Le secrétaire national du Parti communiste français et député du Nord estime que “c’est une crise, peut-être la première aussi forte entre la France et les États-Unis depuis la guerre mondiale.”

Après la crise des sous-marins“il faut marquer le coup et quitter le commandement intégré” de l’Otan, a déclaré Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français et député du Nord, candidat à l’élection présidentielle dimanche 19 septembre sur France Inter et franceinfo. C’est un “signal fort que la France devrait renvoyer aujourd’hui” aux États-Unis, d’après lui.

>> Crise des sous-marins : un “échange téléphonique” aura lieu entre Joe Biden et Emmanuel Macron dans les prochains jours, annonce Gabriel Attal

La rupture par l’Australie du contrat de vente de sous-marins français au profit d’un contrat avec les États-Unis, “c’est une crise, peut-être la première aussi forte entre la France et les États-Unis depuis la guerre mondiale, c’est extrêmement grave”, estime Fabien Roussel. “Il faut en prendre la mesure” car cela n’est “pas qu’une affaire d’argent.”

“Cette crise fait la démonstration que les États-Unis n’ont pas d’alliés et que leur objectif n’est que de servir leurs propres intérêts stratégiques à eux.”Fabien Roussel

à FranceInfo

Dans ce contexte, la France doit envoyer un “signal fort” et “quitter le commandement armé de l’Otan”, pour “montrer que la France a besoin de retrouver sa voix et son indépendance en matière de défense et de politique étrangère”, affirme le candidat communiste. Il souligne qu’avant d’être en conflit “avec les États-Unis, notre soi-disant allié”, la France était déjà “en conflit avec la Turquie qui attaque les Kurdes”. À long terme, l’élu communiste estime que la France devrait quitter l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord et que toute intervention militaire devrait n’être “décidée que sous l’égide de l’ONU.”

Fabien Roussel se montre particulièrement inquiet de l’accord conclu entre l’Australie et les États-Unis. “Vous vous rendez compte de ce que viennent de faire les États-Unis et le Royaume-Uni ? Permettre de transférer la technologie de sous-marins à propulsion nucléaire avec de l’uranium enrichi ? Aucune puissance nucléaire ne s’était permis de transférer cette technologie à un pays”, s’agace-t-il. D’après lui, “c’est la porte ouverte à la prolifération de l’armement nucléaire.”

À Montauban, NousToutes82 met les femmes à l’honneur pour les journées du « matrimoine » in DDM

Les féministes du collectif NousToutes82 ont rebaptisé les noms des rues de Montauban, ce dimanche matin.
Les féministes du collectif NousToutes82 ont rebaptisé les noms des rues de Montauban, ce dimanche matin. DDM, Hélène Deplanque

Opération spéciale « Journées du matrimoine » pour les féministes du collectif NousToutes82, ce dimanche matin à Montauban.

En ce week-end des Journées du patrimoine, les membres du collectif NousToutes82 ont choisi de mettre les femmes à l’honneur. Très tôt ce dimanche matin, les féministes ont procédé à un collage spécial dans les rues autour du centre-ville. Objectif : rebaptiser plusieurs noms de rues de Montauban.  « Seulement 2% des rues en France portent le nom d’une femme. Avec cette initiative, l’idée est de se réapproprier l’espace public, en redonnant de la visibilité aux femmes », plaide le collectif.

 

NousToutes82 a procédé à une sélection de 40 femmes faisant autorité dans les milieux sportif, culturel, artistique, scientifique... Ici la footballeuse Amandine Henry.
NousToutes82 a procédé à une sélection de 40 femmes faisant autorité dans les milieux sportif, culturel, artistique, scientifique… Ici la footballeuse Amandine Henry. DDM, Hélène Deplanque

De Simone Veil à Céline Sciamma

Le choix des Journées du patrimoine semblait alors tout indiqué pour une telle action : « Nous faisons cela dans une logique pédagogique de prise de conscience. Mais nous voulons aussi de cette façon faire découvrir des talents, des engagements méconnus. »

NousToutes82 a donc procédé à une sélection de 40 femmes faisant autorité dans les milieux sportif, culturel, artistique, scientifique… « Nous avons essayé de faire le plus représentatif possible, en prenant des figures historiques comme Simone Veil ou l’auteure Virginia Woolf, mais aussi des personnalités plus contemporaines comme la chanteuse Yseult ou encore la réalisatrice Céline Sciamma », détaille le collectif féministe.

 

"Seuls 2% des rues en France portent le nom d’une femme. Avec cette initiative, l’idée est de se réapproprier l’espace public, en redonnant de la visibilité aux femmes", plaide le collectif. 
« Seuls 2% des rues en France portent le nom d’une femme. Avec cette initiative, l’idée est de se réapproprier l’espace public, en redonnant de la visibilité aux femmes », plaide le collectif.  DDM, Hélène Deplanque
Seuls 2% des rues en France portent le nom d’une femme.
Seuls 2% des rues en France portent le nom d’une femme. DDM, Hélène Deplanque

Hélène Deplanque

 

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E Macron lance à Marseille la transformation libérale de l’école 

Bonne nouvelle, l’Ecole va bien se retrouver au centre du débat de la présidentielle. Mauvaise nouvelle : E Macron va faire campagne sur un programme ultra libéral pour l’école publique. Présentant le 2 septembre son plan pour le Grand Marseille, le président de la République a annoncé un statut dérogatoire spécial pour 50 écoles marseillaises dès la rentrée 2022. Dans ces écoles, les directeurs choisiront les enseignants et disposeront d’une large autonomie pour adapter les horaires, les rythmes scolaires avec la participation  « d’acteurs extrascolaires ». Cette « école du futur » reprend le vieux projet libéral d’une école privatisée. On pouvait penser que le gouvernement stopperait ses réformes d’ici les élections. Il fait le choix inverse, d’aller plus loin dans la libéralisation de l’Ecole. Et probablement d’inscrire cette contre révolution libérale dans le programme d’E Macron aux présidentielles.

Les directeurs embaucheront les enseignants

On s’attendait à un plan d’investissement dans les écoles marseillaises. C’est ce que l’Elysée avait annoncé. Et le chiffre du milliard circulait pour rénover les 174 écoles marseillaises laissées à l’état de ruine par la municipalité précédente. On verra qu’il y a bien un plan à ce sujet. Mais il reste flou sur le concret et précis sur le politique car il vise surtout à lier la nouvelle municipalité de gauche à un projet libéral.

Ce qui est précis c’est la volonté de casser les règles de fonctionnement des écoles publiques pour les aligner sur celles des écoles privées. Et là dessus le président de la République veut aller très vite et très loin. Continuer la lecture de E Macron lance à Marseille la transformation libérale de l’école 

Affiches de l’éducation nationale. Jean-Louis Bianco : « La laïcité, c’est l’unité des citoyens dans la diversité »

Paris, le 26 août. Le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, présente sa campagne. Christophe Archambault/AFP

Les huit images de la campagne de promotion de la laïcité lancée par le ministère de l’Éducation nationale véhiculent en creux une idéologie qui désigne certaines communautés comme une menace au vivre-ensemble. Entretien.

Jean-Louis Bianco Président de la Vigie de la laïcité

Jean-Louis BiancoPrésident de la Vigie de la laïcité

Le ministre a dévoilé une campagne d’images représentant des enfants dans des situations diverses avec des textes comme « permettre à Sacha et Missa d’être dans le même bain, c’est ça la laïcité ». Pensez-vous que ces images vont permettre de bien défendre et expliquer ce qu’est la laïcité ?

Jean-Louis Bianco Ces images sont hors sujet. Nulle part il n’est question de ce qu’est la laïcité, à savoir la neutralité des services et des institutions publics, la séparation des Églises et de l’État et la liberté de conscience. Nager ensemble dans la piscine ou lire ensemble le même livre, comme le font les enfants dans cette campagne, ça n’a rien à voir avec la laïcité, dont la définition n’est donnée nulle part. Par ailleurs, c’est le ministère de l’Éducation qui lance cette opération, et on ne comprend pas pourquoi on ne nous montre que des enfants, alors que c’est aussi aux enseignants que s’imposent des obligations en matière de laïcité, en particulier le devoir de neutralité. On ne les voit pas alors que ce sont eux, avec l’ensemble des personnels de l’éducation nationale, qui transmettent les principes et les valeurs.

Si elles n’expliquent pas la laïcité, que disent ces images ?

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Stéphanie Roza : « La focalisation sur la race et le genre fait aujourd’hui écran aux questions sociales »

Philosophe spécialiste des Lumières et des précurseurs du socialisme, Stéphanie Roza vient de publier « La gauche contre les Lumières ? » (Fayard, 2020) dans lequel elle revient sur l’émergence, au sein de la gauche intellectuelle, d’une critique radicale contre les principes fondateurs des Lumières, au risque de jeter le bébé avec l’eau du bain. À l’heure où le rapport à l’universalisme, à la science ou au progrès sont au cœur du débat public, nous avons souhaité nous entretenir avec elle.

Le Comptoir : Dans votre livre, vous analysez la manière dont s’est développée dans une partie de la gauche, à partir des années 1970, une critique radicale contre l’universalisme, le rationalisme et le progressisme des Lumières. En quoi s’agit-il d’une rupture avec les critiques qui avaient déjà pu être observées depuis le XIXe siècle ?

Stéphanie Roza © Celine Nieszawer

Stéphanie Roza : Dès le XIXe siècle, il y a déjà des critiques du machinisme mais qui ne sont pas forcément dirigées contre le progrès en tant que tel. En revanche, au début du XXe siècle, des syndicalistes révolutionnaires en rupture de ban par rapport au mouvement socialiste et la Deuxième Internationale, comme Georges Sorel et un certain nombre d’intellectuels regroupés autour de la Revue socialiste, développent une critique très radicale du progrès. Ce dernier est accusé d’être une valeur portée par la République bourgeoise qui compromet le mouvement ouvrier avec la bourgeoisie républicaine. S’il s’agit d’une critique radicale de l’héritage des Lumières, ce n’est pas une critique du rationalisme. Sorel prend soin de distinguer le rationalisme des Lumières, critiquable car lié au progressisme, du rationalisme de Pascal au XVIIe siècle qui constitue à ses yeux le bon rationalisme. Continuer la lecture de Stéphanie Roza : « La focalisation sur la race et le genre fait aujourd’hui écran aux questions sociales »

Jeux olympiques : la richesse du sport réside dans sa diversité in Avant Garde

 

Dimanche dernier, le coup de sifflet final des jeux olympiques a retenti dans le stade olympique de Tokyo.

Un final en trombe pour l’équipe de France qui remporte trois médailles d’or dans les 24 dernières heures dans trois sports collectifs : le Handball féminin et masculin et le Volley Ball masculin. Des victoires qui permettent de redorer l’équipe de France suite à un certain nombre de fiasco dans de nombreux sports.

Ces jeux olympiques ont été une magnifique vitrine pour les sports collectifs, des millions de jeunes ont pu s’identifier à ces sportives et sportifs et sont probablement des centaines de milliers à vouloir pratiquer le volleyball, le handball, le rugby ou encore le basketball.

Pourtant, cette aspiration forte à la pratique sportive des jeunes entre directement en contradiction avec la politique gouvernementale. Trop occupé à détruire le baccalauréat, Jean-Michel Blanquer semble avoir oublié qu’il était également ministre des sports. Continuer la lecture de Jeux olympiques : la richesse du sport réside dans sa diversité in Avant Garde

Rapport du GIEC : la France doit agir à la hauteur de l’alerte scientifique ! (PCF)

Nous voulons d’abord saluer le travail des milliers de scientifiques qui ont contribué à ce rapport, en particulier des experts français du GIEC. Femmes et hommes de science, souvent financés par des services publics, jouent un rôle essentiel de lanceurs d’alerte. 

Un réchauffement climatique gravissime !

Ce lundi 9 août, le rapport du groupe 1 du GIEC, confirme la gravité du déréglement climatique déjà mesurable avec +1,1 degré de réchauffement. Les conséquences, comme en témoignent les feux de forêts (Canada, Russie, Grèce) et les inondations (Allemagne et Belgique) de grande ampleur sont gravissimes.

Il y a 30 ans, les experts avaient déjà correctement anticipé par leurs calculs cette évolution dramatique que nous connaissons aujourd’hui. Dans la continuité des 5 autres rapports du GIEC, les chercheurs sont de plus en précis : montée des températures, jusqu’à rendre de vastes zones de la planète invivables ; montée du niveau des océans, avec une fonte des glaciers plus rapide que prévu ; perturbation des écosystèmes océaniques en proie à une acidification… c’est un changement du niveau de la dernière déglaciation il y a 20 000 ans qui a pourtant pris plusieurs milliers d’années pour s’établir à l’époque, qui se produit ici sous nos yeux à l’échelle d’une vie humaine et avec une vitesse 30 fois plus rapide !

Aucun écosyteme n’est capable de s’adapter à une telle évolution et les conséquences irréversibles vont se sentir encore durant des milliers d’années. La sécurité alimentaire mondiale est en jeu directement ainsi que le déplacement de centaines de millions de personnes des zones côtières. Ce rapport le montre à nouveau : chaque dixième de degrés compte. Il faut tout mettre en œuvre pour maintenir le réchauffement global en dessous de +1,5 degré.

Pour atteindre cet objectif préconisé par l’Accord de Paris, le monde doit parvenir à la neutralité carbone d’ici 2050.

Ainsi, l’ONU préconise de baisser de 7,4 % chaque année les émissions de 2020 à 2030, soit l’équivalent des conséquences de la crise du Covid, c’est dire l’ampleur des transformations à mener, à la fois pour atténuer le changement climatique, mais aussi pour s’y adapter. Or, selon l’Agence internationale de l’énergie, nous sommes plutôt sur la trajectoire de 3,5 degrés de réchauffment, ce qui serait catastrophique.

Changer de politique est urgent et possible !

Le système capitaliste actuel, finançant les activités polluantes et avec pour seule boussole le profit et la rentabilité à court terme est incapable de répondre à ce défi, comme en témoigne le refus du G20 de juillet dernier de s’engager dans des mesures compatibles avec l’objectif 1,5 degré.

Il faut dès maintenant revoir les critères de financement et le rôle des banques pour réorienter l’argent vers tous les investissement bas carbone : transports, énergie, logement, agriculture, procédés industriels. Cela heurte le cœur même du fonctionnement du capitalisme qui doit être dépassé. L’heure est grave, il faut prendre le pouvoir sur l’économie !

Il s’agit aussi dès maintenant de rendre effectif le fonds vert de 100 milliards d’euros par an pour aider les plus pauvres promis lors de l’Accord de Paris de 2015, qui ne se traduit pas dans les montants actuellement alloués.

Ce sera tout l’enjeu de la COP 26 qui se déroulera à Glasgow, en novembre prochain : seuls des changements politiques majeurs à travers le monde nous permettront d’être à la hauteur de l’enjeu.

Quant à la France, les mesures sont clairement insuffisantes comme l’a pointé récemment le Haut conseil pour le Climat : son devoir d’exemplarité doit la conduire à avoir un objectif de neutralité carbone et réduire également, au-delà de ses seules émissions territoriales, son empreinte carbone, conséquence de nombreux produits importés et consommés en France.

Nous n’en prenons pas le chemin avec la politique menée sous le quinquennat d’Emmanuel Macron !

Plus ambitieux que la neutralité carbone, le PCF et son candidat à l’élection présidentielle, Fabien Roussel préconisent de viser une empreinte carbone nulle d’ici 2050 : ce qui suppose une relocalisation des industries et des efforts accrus dans l’efficacité énergétique, ainsi que de conserver notre atout d’une électricité qui est déjà décarbonnée à plus de 90 %.

Tous les leviers doivent être mobilisés à cette fin, qu’il s’agisse de progrès techniques ou de gains en sobriété énergétique, qui permettent, ensemble, que la politique climatique ne soit pas synonyme de régression sociale.

Nous appelons aussi à une hausse significative des budgets de recherche, des volumes d’enseignements scientifiques et à un encouragement massif à la vulgarisation scientifique dans les médias pour que chaque citoyen.ne soit conscient.e de ce bouleversement sans précédent, et acteur des combats écologiques à mener.

Paris, le 9 août 2021