DEMOCRITE "de la vie de la cité à l'actualité internationale"
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Lors de la présentation du rapport de la cour des comptes sur l’enseignement privé sous contrat, Pierre Moscovici s’est dit ravi de cet « état des lieux complètement inédit ». Et en effet, c’est la première fois que les sages de la rue Cambon se penchent sur la situation de l’enseignement privé sous contrat. L’ancien ministre de l’Économie et président de la cour précise que ce rapport est « une enquête objective et n’a pas pour but de nourrir la polémique ou de s’inscrire dans le débat actuel ». Il prend aussi la précaution d’indiquer que ce « rapport n’est pas une comparaison entre le privé et le public ». « Il ne s’agit pas non plus d’une remise en cause loi Debré » ajoute-t-il. « Cette enquête vise la bonne information du citoyen. C’est un tableau général pour nourrir le débat public en l’objectivant ». Continuer la lecture de Enseignement privé : 8 milliards de fonds publics et pas de contrôles in Caf. Péda.
Aujourd’hui, comme chaque année depuis trois ans, des dizaines de milliers de futur·es bachelier·ères apprennent qu’ils n’ont aucune affectation dans l’enseignement supérieur à la rentrée prochaine, et ce avant même que les épreuves finales du Bac ne soient passées. Comme chaque année depuis 3 ans, des centaines de milliers de jeunes vont se retrouver dans une filière par défaut à la rentrée prochaine.
Parcoursup continue de trier les élèves en fonction de leur dossier scolaire et leur établissement d’origine par des fonctions d’algorithmes opaques avec, en fin de compte, un constat : ce sont les jeunes de milieux populaires qui sont le plus pénalisé·es, trié·es et qui se voient interdire de poursuivre des études. La mise en place, au lycée, du contrôle continu, qui pervertit la relation pédagogique entre élèves et enseignant·es, les épreuves de spécialités intervenant en mars, le non-remplacement de 15 millions d’heures de cours pénalisent déjà en premier lieu les jeunes de milieux populaires, celles et ceux qui n’ont que l’école pour apprendre. Continuer la lecture de Parcoursup : en finir avec la ségrégation sociale, faire le choix de l’émancipation !
Les enseignants et enseignantes sont appelés à se mobiliser aujourd’hui, lors du CSA-MEN (Comité social d’administration du ministère de l’éducation nationale). Pas vraiment une grève, mais plutôt des rassemblements militants devant les rectorats et le ministère, pour rappeler l’opposition de tous les syndicats au pacte.
Au sein du CSA ministériel, les textes sont présentés uniquement à titre informatif et ne sont pas soumis au vote. Cette situation est dénoncée par l’ensemble des syndicats. « Cela reflète la nouvelle définition du dialogue social imposée par la loi de transformation de la fonction publique« , explique Elisabeth Allain-Moreno, nouvelle secrétaire générale du SE-UNSA. « Cependant, cette même loi indique que toutes les mesures qui affectent les conditions de travail doivent être votées. Continuer la lecture de Mobilisations contre le pacte

Depuis des mois, la situation socio-politique est explosive. Grèves et manifestations de l’intersyndicale se sont succédé à un rythme soutenu, et cela n’a pas empêché le pouvoir de faire passer en force la réforme des retraites. Le ressentiment à l’égard du pouvoir et de Macron en particulier est au plus haut. Dans ce contexte, je vois se multiplier dans les médias les analyses toutes plus ‘’fines’’ les unes que les autres sur la psychologie de l’hôte de l’Élysée : il est ceci, il est cela ; brutal, provocateur, autiste, et je ne sais quoi encore. Moi, je dis : attention, fausse route ! Si c’est tout ce qu’on a à nous proposer comme analyse, eh bien ça ne fait pas le compte ! Ne nous laissons pas embarquer dans cette voie.
Une chose doit nous mettre la puce à l’oreille : tous les prédécesseurs de Macron, depuis une quarantaine d’années (au moins), se sont emparés des sujets dont il s’empare, lui, à son tour. Je ne disconviens pas qu’il leur imprime sa patte, et j’admets bien volontiers le rôle de l’acteur dans la pièce qu’il interprète, mais je dis une chose simple : intéressons-nous surtout à la pièce qui se joue.
Cette pièce a un titre, c’est La guerre sociale du néolibéralisme. Elle a été écrite il y a bien longtemps maintenant, au cours des premières décennies du XXè siècle, par des idéologues comme Friedrich Hayek, par exemple (dont Édouard Philippe se recommande). Quel était leur problème et leur projet à l’époque ?
# Le problème, dans les années 1960-1970, c’était l’importante baisse du taux de profit des entreprises aux USA puis en Europe. C’était aussi, dans ces mêmes pays, une agitation sociale persistante en dépit de tous les efforts des patrons pour l’endiguer. Qui ne se souvient de 1968 ? Cela a conduit les dirigeants capitalistes à envisager d’en finir avec ce qu’on a appelé, après la Libération, le ‘’compromis fordiste’’, lequel voulait que les gains de productivité, au lieu d’être affectés à la hausse des profits, le soient à la baisse des prix et à la hausse des salaires, l’idée étant, à travers ce détour macroéconomique, de booster la consommation et donc, au final, la profitabilité des entreprises bien sûr. Ce que l’on a appelé les ‘’Trente Glorieuses’’, c’est la période pendant laquelle cette régulation a bien fonctionné.
# Le projet, c’était le néolibéralisme, qui dormait dans les cartons depuis les années 1930. Il va être incarné par Thatcher, à partir de 1979, et par Reagan, à partir de 1981. Un petit peu avant, en 1973, avait été créée la Commission trilatérale, aréopage de personnalités influentes du monde entier, dont l’un des premiers rapports, en 1975, dénonce le « déferlement démocratique qui risque de surcharger le système politique avec des revendications qui étendent ses fonctions et sapent son autorité ». Les actes vont suivre. Le demi-siècle écoulé a été marqué par une suite ininterrompue d’initiatives tendant toutes à revenir sur les acquis démocratiques, en tête de laquelle il faut citer la construction européenne dont le sens le plus général est de mettre la démocratie hors de portée des peuples (pour les détails, cf. sur le site des Amis de la liberté ma conférence du 16 février 2022 en conclusion du séminaire Le néolibéralisme contre la démocratie). Le monde du travail est désormais placé sous la coupe des flux tendus, de la précarité et de l’évaluation individualisée. Le nombre de suicides est en forte augmentation, en particulier sur le lieu de travail. Enfin, le débat public est saturé par l’exigence de l’équilibre budgétaire et par la lutte contre les déficits.
Depuis soixante ans, le rôle-titre de la pièce a été tenu par beaucoup beaucoup de personnages différents.
Aujourd’hui, c’est Macron. Alors, disséquer sa personnalité, son caractère et son tempérament, pourquoi pas ; le fait est que ceux-ci influent sur sa manière d’interpréter le rôle. Ce que je veux juste dire c’est que cela ne doit pas nous conduire à négliger le fond de l’affaire, c’est-à-dire la pièce et son scénario. La question politique posée c’est l’assaut généralisé contre les conquis sociaux ET les libertés démocratiques.
Daniel Amédro
En tenant compte de l’inflation, le salaire réel des professeurs a stagné ou baissé, alors que les salaires du privé ont eux continué à monter. Les profs, qui étaient des classes moyennes « supérieures ou un peu supérieures » il y a 25 ans ont aujourd’hui dégringolé dans l’échelle sociale. Les profs ont subi un déclassement indéniable. La preuve avec les explications de Ludo, d’Osons Causer.
Quand on regarde l’évolution des rémunérations des enseignants depuis 25 ans, on pourrait croire que les profs sont de mieux en mieux payés. Continuer la lecture de Comment Macron appauvrit (encore) les profs (Vidéo + schémas)
Les récents drames, allant jusqu’aux suicides d’enfants liés au harcèlement à l’école, ont montré l’importance de l’éducation à la sexualité dès le plus jeune âge. De ce point de vue, le ministre Pap Ndiaye a raison d’en avoir fait l’une de ses priorités. Cette dernière doit commencer dès le début de la scolarisation parce qu’il s’agit d’un enjeu de santé publique. Elle recoupe de très nombreux aspects : la connaissance de son corps, la réflexion sur l’intimité, le consentement, les émotions ; l’interrogation sur le féminin, le masculin, leur articulation et leur place dans la société. Elle permet de travailler le langage, l’apprentissage du questionnement, et participe ainsi à l’esprit critique. Surtout, elle contribue à dénaturaliser des rapports de domination, notamment entre filles et garçons, et à accueillir toutes les différences entre enfants qui sont encore trop génératrices de violences et de souffrances. L’éducation à la sexualité interroge enfin les normes comme des construits sociaux, ce qui est très apaisant pour des enfants qui ne s’y reconnaissent pas et nourrissent des sentiments d’autodisqualification dangereux pour leur construction identitaire.
Les vertus de la création artistique et littéraire
Depuis longtemps la littérature jeunesse et le spectacle vivant travaillent sur ces sujets. Récemment, l’autrice, compositrice, interprète Marion Rouxin a publié un ouvrage en collaboration avec Hélène Réveillard, praticienne philosophe. Il s’agit d’un livre-disque intitulé « Fille ou garçon ? Des chansons pour se poser des questions ».
Ce sont onze chansons accompagnées d’une petite boîte de questions, « le p’tit coin philo ». Continuer la lecture de Civitas contre la princesse prout-prout in Caf. Péda.
Emmanuel Macron se réfère régulièrement aux Jours heureux du Conseil national de la Résistance, mais depuis 2017, il les démolit. Droit à la retraite, modèle démocratique et social, répartition des richesses, intérêts de la nation… Le chef de l’État mène une entreprise de casse programmée des conquis du CNR, dont la première réunion s’est tenue il y a 80 ans, le 27 mai 1943.
Le président de la République a commémoré, en catimini, les 80 ans de la première réunion du Conseil national de la Résistance (CNR). Emmanuel Macron n’a même pas pris la parole pour célébrer l’événement. Il n’a pas non plus respecté la véritable date de la réunion, le 27 mai 1943, mais préféré se rendre le 24 mai au 48, rue du Four, à Paris.
Sans doute avait-il mieux à faire trois jours plus tard. La réunion constitutive du CNR à cet endroit représente pourtant une date essentielle dans l’histoire de notre pays : les forces de la Résistance se donnaient alors pour objectif de vaincre l’Allemagne nazie, mais aussi de rétablir la République sur des bases démocratiques et sociales d’une ambition rare qui ont façonné notre modèle de société. Devant pareil souvenir, le président s’est contenté de déposer une gerbe. Un geste à la fois insuffisant, vu l’importance de la date, et insincère, vu la politique menée par Emmanuel Macron.
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au cœur du commun combat

On connaît les vers célèbres d’Aragon écrits à l’été 1942 et successivement publiés à Marseille puis à Genève, en 1943, avant d’être repris dans La Diane française. Ils figurent dans cette ode à l’unité nationale face à l’occupant nazi qu’est « La Rose et le Réséda », dédiée « à Gabriel Péri et d’Estienne d’Orves », auxquels s’ajoutèrent, les massacres succédant aux massacres, « Guy Môquet et Gilbert Dru ». « Celui qui croyait au ciel » côtoie ainsi « Celui qui n’y croyait pas » dans la lutte pour la libération nationale et le chant qu’Aragon en propose. Continuer la lecture de 80e anniversaire du CNR
NDLR de MAC: Carnets rouges à lire
Nos statuts garantissent un droit à la carrière. C’est-à-dire une grille indiciaire qui évolue selon l’ancienneté avec des changements d’échelons. Au SNES-FSU, on fait l’analyse que le pacte va conduire à un virage vers une fonction publique d’emploi où la rémunération évoluera en fonction des missions supplémentaires. La seule perspective pour des collègues désireux de gagner plus, ce n’est pas une évolution de la grille mais des primes et des indemnités liées à ces missions supplémentaires. C’est un basculement complet de la conception de la fonction publique de carrière à la fonction publique d’emploi. Cela change l’esprit du statut de l’agent de la fonction publique. Continuer la lecture de « Le pacte signe l’arrêt de mort du statut des professeurs » in Caf. Péda.