Comment le complotisme s’est fait l’ennemi caché de l’anticapitalisme

L’extrême droite surfe sur les indignations. Comme ici, à Paris, lors d’un défilé des « Patriotes », le parti de Florian Philippot, contre les « covidistes ».

Les théories du complot qui ont fleuri pendant la crise sanitaire reposent en partie sur une critique du libéralisme, des multinationales et des pouvoirs politiques néolibéraux. Un dévoiement qui brouille les messages de la gauche et empêche les réflexions construites et constructives.

Bill Gates, vaccins, 5G, nouvel ordre mondial… La crise sanitaire liée au Covid-19 a fait gonfler l’audience de certaines théories du complot et de contrevérités, de plus en plus difficiles à déconstruire, en raison notamment de la confusion scientifique et même politique qui continue d’accompagner l’épidémie.

Des thèses qui se nourrissent d’indignations légitimes, de questionnements nécessaires autour des privations de liberté et d’une gestion autoritaire de la crise, parfois qualifiée de « dictature sanitaire », ou encore du poids de Big Pharma et des autres profiteurs de la crise. Le tout dans un contexte d’accroissement des inégalités sociales. Continuer la lecture de Comment le complotisme s’est fait l’ennemi caché de l’anticapitalisme

Dérives factieuses dans l’armée et la police : quel danger pour la République ?

Manifestation de la police nationale à Paris, le 19 mai 2021. © Matthieu de La Rochefoucauld

Manifestation de la police nationale à Paris, le 19 mai 2021. © Matthieu de La Rochefoucauld

L’appel de généraux en retraite et la tribune de militaires parus dans Valeurs actuelles, ainsi que les déclarations de syndicalistes policiers lors du rassemblement devant l’Assemblée nationale, le 19 mai, suscitent de fortes inquiétudes.

Pour en débattre, les contributions de :

  • Sophie Wahnich, historienne
  • Dominique Rousseau, professeur de droit public
  • Ariane Vidal-Naquet, professeure agrégée de droit public.

Un marchepied pour l’extrême droite

Sophie Wahnich, historienne. © Patrick Nussbaum

Par Sophie Wahnich Historienne, directrice de recherche au CNRS

La dissémination des idées défendues par les généraux et les cadres militaires depuis le 21 avril 2021 s’est faite avec un ordre efficace pour l’extrême droite. Les réseaux sociaux ont constamment relayé, souvent avec des images de la Légion étrangère déjà vues au moment des tentatives de l’extrême droite de récupérer toute la colère des gilets jaunes. « Force et honneur » était le slogan qui permettait de faire lien entre toutes sortes de composantes de ce mouvement quand les généraux prétendent défendre l’honneur et la patrie.

En intervenant de la sorte dans l’espace public, ces généraux créent une guerre des interprétations sur la nature du pays qui déstabilise la mémoire, l’histoire et les institutions républicaines.

Rappelons que sur le plan des principes, le pouvoir militaire, même dans les institutions de la V e République, doit toujours être subordonné au pouvoir civil. C’est pourquoi les militaires, s’ils peuvent lancer des alertes de dysfonctionnement au sein de leur institution et par voie hiérarchique, n’ont pas le droit de s’adresser comme militaires à l’opinion publique.

Les révolutionnaires français, qui avaient de fait fondé en 1792 l’armée républicaine, savaient le danger qu’elle constituait et mettaient en garde contre la « stratocratie », ou le pouvoir des généraux. Face à ce pouvoir, les citoyens. C’est pourquoi faire appel à la Marseillaise comme dans la deuxième tribune pour s’en réclamer, c’est falsifier l’histoire. La carrière évoquée est celle des citoyens-soldats, non des professionnels des armes. Se réclamer de ce professionnalisme fait lien avec le vocabulaire néolibéral où la profession est l’alpha et l’oméga de la légitimité experte, loin de toute éthique citoyenne.

La République démocratique s’oppose chez ces généraux à la France éternelle, associée à une France indivisible, une signalétique républicaine flirte ainsi avec une mystique installée hors le temps historique, mystique dont on sait désormais qu’elle fut la référence et de Vichy et d’un certain nombre de résistants nationalistes, y compris du côté gaulliste.

La Résistance de la Seconde Guerre mondiale est donc elle aussi enrôlée. Or, l’extrême droite défendait cette France éternelle, non pas aux côtés des militants républicains mais à côté d’eux et ce, pendant fort longtemps. Cette confusion des idéologies n’a guère été éclaircie après coup, car le résistancialisme a aussi servi à cela, faire oublier que la Résistance était si composite qu’elle était d’abord pour la plupart une défense du pays, de la nation sans être une défense des principes républicains. Une fragile restauration républicaine et non une refondation après 1945, avait conclu Anne Simonin dans son travail sur l’indignité nationale.

La référence à la « génération du feu » fait lien pour ces généraux avec les poilus, ces résistants nationalistes et les Croix-de-Feu. La banalisation supposément républicaine de ces derniers orchestrée par l’establishment historien français ne laisse pas beaucoup de lucidité dans ce qui se trame là.

La date du 21 avril, soixante ans après le putsch des généraux félons d’Alger, est passée moins inaperçue. Elle est inquiétante car le « on » d’un supposé recours à l’armée ne dit pas que ce « on » est le pouvoir du seul chef des armées en France, à savoir le président. Mais si Marine Le Pen prend effectivement le pouvoir par les urnes, elle aura beau jeu de se poser en sauveur qui fait légitimement appel à l’armée.

Ces tribunes, pétitions, émissions sont donc des tests, le pays sera-t-il consentant ?

Si les signataires sont 250 000, une infime part du pays donc, un sondage Harris affirme que 49 % des Français considèrent que l’armée devrait intervenir pour garantir l’ordre, même sans la sollicitation du gouvernement.

Les principes républicains les plus ordinaires ne font donc plus sens commun et c’est sans doute là que réside l’information la plus alarmante. Il n’y a plus désormais de boussole historique républicaine.

Dernier livre paru : Stridences en conjoncture trouble. Notre situation historique, Excès, 2021

Dossier Tribunes des généraux : tous nos articles sur le sujet


Les démocrates peuvent légitimement s’inquiéter

Par Dominique Rousseau Professeur de droit public à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne

« On peut tout faire avec les baïonnettes, sauf s’asseoir dessus », disait Talleyrand. C’est pourquoi quand les militaires menacent de les sortir, ils deviennent un danger pour la démocratie, qui « fonctionne » au droit. Et, sur cette tension entre la force et le droit, la France est un bon laboratoire. C’est le général Bonaparte qui, le 18 brumaire, sort les baïonnettes pour mettre fin à la République ; c’est son neveu, également général, qui, le 2 décembre 1851, abolit la II e République. C’est le général Boulanger qui, le 27 janvier 1889, hésite et renonce à marcher sur l’Élysée après avoir attaqué pendant trois ans les institutions de la III e République. Et il faut se souvenir que la V e République est née d’une forte pression de l’armée sur le président de la République René Coty pour qu’il ne nomme pas un premier ministre favorable à l’indépendance de l’Algérie et fasse appel au général de Gaulle, qui, en réponse, « se déclare prêt à assumer les pouvoirs de la République ». Et quelques années plus tard, le 21 avril 1961, des militaires encore font sécession à Alger contre ce même général de Gaulle parce qu’il veut donner l’indépendance à l’Algérie.

Les temps ont sans doute changé et l’armée ne cherche pas à prendre le pouvoir. Mais elle continue de peser sur la définition de la politique budgétaire de la défense en faisant savoir publiquement ses critiques et en manifestant publiquement son désaccord par des démissions. Ainsi de l’amiral André Patou, chef d’état-major de la marine, en 1960, de Jean Delaunay, chef d’état-major de l’armée de terre, en 1983 et, le 19 juillet 2017, de Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées, qui avait critiqué la politique du président de la République. «  Je suis votre chef, avait répliqué Emmanuel Macron, si quelque chose oppose le chef d’état-major des armées au président de la République, le chef d’état-major des armées change. » Et le président de la République avait raison. L’article 15 dit clairement que « le président de la République est le chef des armées ». Traduction : la Constitution soumet les forces armées au pouvoir civil.

Dès lors, quand des militaires, même à la retraite, accusent les élus du peuple de laisser la France « se déliter » et même de participer à ce « délitement », quand ils les invitent à changer radicalement de politique et les menacent, s’ils ne le font pas, « d’une intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national », ils affirment, contre la Constitution, la volonté de soumettre le pouvoir civil aux forces armées. Quand, quelques jours plus tard, lors d’une manifestation de policiers devant l’Assemblée nationale, un syndicaliste déclare qu’il faut faire « céder les digues, c’est-à-dire les contraintes de la Constitution », il avoue que la police voudrait bien pouvoir agir à l’abri du regard constitutionnel des citoyens.

Et quand les sondages montrent que militaires et policiers manifestent une forte préférence pour le Rassemblement national, les démocrates peuvent légitimement s’inquiéter.

S’inquiéter et donc agir. Avec des principes simples : une politique sociale qui met en scène la richesse de la diversité française (article 1 er de la Déclaration de 1789) ; l’affirmation que si une force publique est nécessaire elle doit servir à garantir les droits de l’homme et du citoyen (article 12) ; et le droit de la société de demander compte à tout agent public de son administration (article 15). Il faut donner force au droit pour que les baïonnettes deviennent intelligentes.


Une dérive anticonstitutionnelle

Ariane Vidal-Naquet, professeure agrégée de droit public.

Par Ariane Vidal-Naquet Professeur agrégée de droit public, faculté de droit et de science politique, Aix-en-Provence (1)

La grande muette peut-elle parler politique ? Parues récemment dans « le magazine de la droite qui s’assume », les deux tribunes émanant de militaires et dénonçant le délitement de la France et la lâcheté des autorités politiques méconnaissent non seulement les obligations résultant du statut des militaires mais encore le principe constitutionnel de la subordination du pouvoir militaire au pouvoir civil.

L’article L 4111-1 du Code de la défense pose que « l ’armée de la République est au service de la nation  » et que « l’état militaire exige en toute circonstance esprit de sacrifice, pouvant aller jusqu’au sacrifice suprême, discipline, disponibilité, loyalisme et neutralité ». Cette neutralité se traduit de différentes manières. Elle implique, en premier lieu, une obligation de réserve dans l’expression des opinions. Si cette dernière s’impose à tous les fonctionnaires, elle est renforcée pour les militaires. L’article L 4121-2 du Code de la défense indique que « les opinions ou croyances, notamment philosophiques, religieuses ou politiques, sont libres », mais ne peuvent être exprimées « qu’en dehors du service et avec la réserve exigée par l’état militaire », et que «  cette règle s’applique à tous les moyens d’expression ». Pèse, en outre, sur eux une obligation particulière de discrétion pour les faits ou informations dont ils auraient connaissance dans ou lors de l’exercice de leurs fonctions. À cette limitation de la liberté d’expression s’ajoute la restriction des droits politiques. À plusieurs reprises dans l’histoire, les militaires ont été privés du droit de vote – d’où l’appellation de grande muette –, jusqu’à ce qu’il soit rétabli en 1945. Mais ils ne peuvent pas, encore à l’heure actuelle, adhérer à des groupements ou associations à caractère politique. S’ils peuvent être candidats à une fonction élective, ils ne peuvent pas exercer de mandat politique national, notamment parlementaire, sauf en position de détachement. Les militaires ne sont donc pas des fonctionnaires ni même des citoyens comme les autres, ce que reconnaît d’ailleurs l’article L 4121-2 du Code de la défense : « L es militaires jouissent de tous les droits et libertés reconnus aux citoyens. Toutefois, l’exercice de certains d’entre eux est soit interdit, soit restreint. »

Ces obligations trouvent leur fondement dans le principe constitutionnel « de libre disposition de la force armée » par le pouvoir civil. Sous des formes variables, de nombreuses Constitutions françaises ont affirmé le principe de séparation et, plus encore, le principe de subordination du militaire au civil. La première Constitution de 1791 pose le principe selon lequel «la force publique est essentiellement obéissante» et la place entre les mains du pouvoir législatif. Sous la V e République, en revanche, l’armée est à la disposition de l’exécutif. L’article 15 de la Constitution précise que le président de la République est le chef des armées ; l’article 21 indique que le gouvernement dispose de la force armée. S’appuyant notamment sur ces deux articles, le Conseil constitutionnel a consacré un principe de « nécessaire libre disposition de la force armée » dans deux décisions rendues en 2014. Ce principe constitutionnel républicain justifie les obligations pesant sur les militaires, et notamment leur neutralité politique, qui exclut toute prise de position, surtout pour critiquer l’action de l’exécutif. Si la grande muette parle politique, c’est anticonstitutionnellement.

(1) Chargée de mission lutte contre le racisme et l’antisémitisme

Régionales 2021. Tour d’horizon des slogans… ou l’art (abstrait) de nommer sa liste

Les slogans et intitulés retenus pour identifier les listes des élections des 20 et 27 juin en disent long sur un scrutin peu lisible où les signatures politiques restent floues.

Certains veulent « la Région, partout et pour tous ». « Construisons la région de demain », enjoignent les autres. D’autres encore rêvent de « l’Alternative » ou d’« Un nouveau souffle ». Qui dit campagne électorale dit foire aux slogans. Car si la politique est affaire de convictions, de programme, de passion militante, elle est aussi une machinerie publicitaire. Une science en soi.

Le synthétisme, tout un programme

« Un bon slogan doit être à la fois assez marquant pour qu’on le retienne, assez pertinent pour porter un programme de manière synthétique, mais ne doit pas succomber à l’appauvrissement de la pensée. Tout ça en peu de caractères », résume la sémiologue Élodie Mielczareck. Continuer la lecture de Régionales 2021. Tour d’horizon des slogans… ou l’art (abstrait) de nommer sa liste

Éducation. Pourquoi le Grenelle déçoit les profs

Jean-Michel Blanquer au Conseil économique, social et environnemental, à Paris, le mercredi 26 mai. Geoffroy Van Der Hasselt/AFP

Jean-Michel Blanquer au Conseil économique, social et environnemental, à Paris, le mercredi 26 mai. Geoffroy Van Der Hasselt/AFP

 

La « revalorisation historique » des enseignants n’aura pas lieu : c’est la principale leçon des annonces en trompe-l’œil faites par Jean-Michel Blanquer mercredi soir.

Décorum solennel, éclairages soignés, mise en scène « comme à la télé » : mercredi 26 mai en fin de journée, la présentation des résultats du Grenelle de l’éducation par Jean-Michel Blanquer semblait hésiter entre show de variétés pour ménagère de moins de 50 ans et podium du Salon de l’auto – pom-pom girls en moins. Après trois mois d’ateliers et de tables rondes, de claquements de porte (dont ceux de la CGT et de la FSU) et aussi quelques crises de nerfs, le moment devait être « historique », ainsi que le ministre lui-même n’avait cessé de le répéter. Patatras : la montagne de com a accouché d’une souris politique… et semé quelques petits cailloux, comme autant de pièges possibles pour l’avenir du système éducatif français. Continuer la lecture de Éducation. Pourquoi le Grenelle déçoit les profs

Grenelle : Une revalorisation comparable à celle de 2021 et c’est tout 

« Ces changements sont des changements systémiques , c’est la désinfantilisation et la fin de l’individualisme. Notre système ne peut plus être décrit comme immobile et irréformable ». Clôturant le Grenelle de l’éducation le 26 mai, JM Blanquer annonce un moment « historique ». Mais la revalorisation 2022 se situe tout juste au niveau, fort modeste, de celle de 2021. Qui sera concerné, son application concrète, les contreparties à venir, seront définis en juin. Les décisions sont repoussées à juillet. Soulagement et déception.

400 millions pour un million de salariés

On attendait des décisions à l’issue d’un Grenelle de l’éducation qui avait été présenté comme le début d’un renouveau de l’Ecole. JM Blanquer n’a en fait qu’une seule annonce le 26 mai : celle d’une rallonge budgétaire de 400 millions au titre de la revalorisation du million de personnels de l’éducation nationale.

Comment cette somme sera partagée sera décidé en juillet après discussions avec les organisations syndicales. Sur les autres points, le ministre évoque 3 axes et 12 « engagements » mais qui restent tous à définir. Le ministre définit trois axes : la personnalisation, l’esprit d’équipe et l’amélioration du service public. Continuer la lecture de Grenelle : Une revalorisation comparable à celle de 2021 et c’est tout 

Le 12 juin, marchons pour les droits et les libertés, pour une République sociale et démocratique

Déclaration du PCF

Notre pays vit un moment particulièrement dangereux.

Exploitant les peurs qu’a aggravées l’épidémie de Covid-19, les replis que provoquent les licenciements et la précarité, les divisions d’une société que ravagent les reculs de la République et la casse des services publics, l’insécurité qui mine le vivre-ensemble et le terrorisme islamiste qui endeuille régulièrement la nation, le pouvoir macronien et la droite se livrent une surenchère calamiteuse avec l’extrême droite. Ils nourrissent les divisions de la société française en remettant en cause les libertés publiques, en concentrant toujours plus les pouvoirs institutionnels et économiques, en criminalisant les militant·e·s syndicaux et associatifs et en alimentant les assignations identitaires qui favorisent le racisme et l’antisémitisme, la stigmatisation de secteurs entiers de la population en raison de leurs origines, religions, de leur genre ou de leur orientation sexuelle. Continuer la lecture de Le 12 juin, marchons pour les droits et les libertés, pour une République sociale et démocratique

Les Roms bulgares, une population peu homogène et marginalisée in Regard-est.com

La minorité rom de Bulgarie a été partiellement intégrée sous le régime socialiste, marginalisée à partir du début des années 1990 puis davantage soutenue depuis l’adhésion du pays à l’UE. Aujourd’hui, elle peine encore à trouver sa place au sein de la société civile.


Dans un village près des Rhodopes occidentales.Les Roms sont l’une des deux principales minorités nationales de Bulgarie, avec les Turcs. Il ne s’agit pas d’une communauté homogène, mais de plusieurs groupes qui se distinguent par leur langue, leur religion, leur histoire et l’image qu’ils ont d’eux-mêmes. Selon les données du recensement de 2011, 325 343 personnes ont déclaré appartenir à cette minorité, chiffre qui sous-estime largement leur importance numérique, une partie d’entre eux préférant indiquer turque ou bulgare en tant qu’origine ethnique. Selon le ministère bulgare de l’Intérieur, la population rom avoisinait les 830 000 individus à la fin de 2008(1). Les tsiganologues bulgares estiment désormais qu’ils ne seraient plus aujourd’hui que 450 000 dans le pays. Les fortes migrations internationales pourraient expliquer ces différences d’évaluation(2).

Histoire des Roms en Bulgarie

La première vague de migration rom dans les Balkans a débuté au XIIIème siècle. À partir du XIXe siècle, alors que ces populations dites « yerliies » s’étaient stabilisées et sédentarisées sur le territoire de la future République de Bulgarie, cette contrée a connu une nouvelle vague migratoire tsigane, qui s’est prolongée jusqu’au début du XXème siècle. Les derniers arrivés ont conservé leur tradition nomade jusqu’au régime socialiste. Comme les Yerliis, ils ont évolué en marge de la société civile bulgare jusqu’en 1948, date à partir de laquelle leur situation a brutalement changé, avec l’obligation de scolarisation des enfants ainsi que le déplacement, la réinstallation et la sédentarisation des familles nomades. Mais l’étendue et la densité des quartiers roms s’accroissant progressivement, le régime a eu quelques difficultés à maintenir ses objectifs d’intégration. Au début des années 1990, le délitement de l’État et les difficultés économiques furent à l’origine d’une « remarginalisation » de la minorité tsigane (taux de chômage élevé, ghettoïsation, absentéisme scolaire…) Continuer la lecture de Les Roms bulgares, une population peu homogène et marginalisée in Regard-est.com

HK : « Je suis palestinien »

Arrestation, dimanche, d'un Palestinien sur l'esplanade de la mosquée Al-Aqsa, à Jérusalem-Est. © Stringer/Anadolu Agency/AFP

Arrestation, dimanche, d’un Palestinien sur l’esplanade de la mosquée Al-Aqsa, à Jérusalem-Est. © Stringer/Anadolu Agency/AFP

Des voix pour la paix Des personnalités s’élèvent contre la colonisation et affirment leur solidarité avec le peuple palestinien. L’Humanité les accueille dans ses colonnes. Aujourd’hui : HK, auteur et interprète.

« De mon point de vue, les choses sont claires : je suis palestinien, parce que je suis français. Je défends la cause palestinienne, parce qu’enfant à l’école de notre République, on m’a enseigné que “les êtres humains naissaient libres et égaux en dignité et en droits”. Et mes professeurs insistaient souvent pour que l’on comprenne, mes camarades et moi, combien cette déclaration universelle des droits humains était importante aux yeux de la France, de son histoire et des valeurs qu’elle voulait incarner.

On y a cru, et moi je voudrais y croire encore… Je défends la vie des enfants et des civils quels qu’ils soient, partout sur cette Terre, parce que ma conscience me dit qu’il n’y a pas une vie qui peut valoir moins qu’une autre. Mon cœur est meurtri quand un enfant perd la vie suite à un bombardement ou une attaque militaire ou terroriste, quel que soit l’endroit sur cette Terre où cela arrive. Continuer la lecture de HK : « Je suis palestinien »

Infographie. La « deuxième ligne », 17 métiers essentiels… et mal lotis

Caissière, un travail "essentiel", mais toujours aussi mal payé. Photo d'illustration Pascal Guyot / AFP

Caissière, un travail « essentiel », mais toujours aussi mal payé. Photo d’illustration Pascal Guyot / AFP

Enseignants, agriculteurs, chauffeurs, manutentionnaires, caissières, éboueurs, aides ménagères, personnels de nettoyage… Tous ces travailleurs au front depuis le début de la crise sanitaire sont aussi les moins bien traités. Ils souffrent, selon la dernière étude de la Darès (Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques) de conditions d’exercice plus dégradées, mais aussi d’un écart de rémunération significatif par rapport aux autres salariés du privé. La preuve.

A. Tricottet, candidate: Il n’est pas question d’oubli pour nous (Allocution)

Célébration de la victoire sur le Nazisme (Devant le monument de Castelsarrasin)

 

C’est avec du retard que nous célébrons aujourd’hui la défaite de l’Allemagne nazie en Europe.

Ce retard est du aux difficiles conditions sanitaires que nous vivons et à ce qu’elles recouvrent et masquent : l’inquiétude grandissante quant à l’avenir, incertitude et difficultés économiques, troubles politiques internationaux, menaces de guerre…

Ce n’est donc pas parce que nous sommes oublieux : ni du sacrifice fait par nos 75 000 fusillés, ni des victimes de la Shoah, ni des 21 millions de soviétiques morts pour libérer l’Europe, ni bien sûr de la jeunesse des plages de Normandie et des pilotes de la RAF.

Il n’est pas question d’oubli pour nous, comme il n’est pas question de falsification de l’histoire. Les manuels scolaires actuels présentent une Résistance « qui n’aurait servi à rien », la fable des « vichysso-résistants », des Étasuniens auxquels nous devrions notre libération… Face à ces mensonges, reprenons le flambeau de la mémoire que nous ont transmis les résistants « rouges » et « métèques » et ceux qui se sont associés à eux pour libérer l’Europe.

Prenons définitivement à notre compte l’appel de Berthold Brecht : “Hommes, veillez, car il est encore fécond le ventre dont a surgi la Bête immonde”.

Appel auquel je me permettrai d’ajouter : méfiez-vous car une extrême droite peut en cacher une autre ! Le fascisme est historiquement la roue de secours du Capital, mais comme disait le barbu, « l’histoire ne repasse pas les plats » et il n’est pas certain que cette roue de secours utilisée dans un proche avenir porte les stigmates habituels : une moustache ridicule ou un œil de verre.

Comme l’écrivent dans une tribune au soir de leur vie les derniers Résistants FTP-F ou FTP MOI, dont l’inoxydable camarade rouge Léon Landini, : « LES VRAIES “VALEURS ACTUELLES” CONSISTENT À SERVIR LE PEUPLE ET LA PATRIE, EN REFUSANT À LA FOIS L’EURO-ATLANTISME ET LES TENTATIONS FASCISANTES, car ce sont elles qui pourront reconstituer la souveraineté nationale et populaire pour reprendre la route du progrès social sans peur d’affronter ce capitalisme destructeur qui est l’ennemi principal. »

Enfin, souvenons-nous que la résistance intérieure a été avant tout celle des sans grades et des sans dents et, les têtes d’affiches, certes valeureuses, ne cachent ni le nombre, ni le courage des fusillés du Mont Valérien et de Chateaubriant, ni les torturés de Lyon, de Toulouse ou d’ailleurs. Pour ce qui est de notre département, il n’est qu’à lire l’ouvrage sur la résistance en Tarn et Garonne pour s’en rendre compte. Louis Sabatié, pour citer un visage connu de tous, n’est pas seulement un jeune courageux aimant le rugby, c’était avant tout un militant communiste, cheville ouvrière de son organisation et de son implantation.

Et l’ennemi de classe ne s’y trompe pas qui voue aux gémonies le « judéo-bolchévique » d’hier et le communisme aujourd’hui.

Pour conclure, je citerai les dernières phrases du très beau et très éclairant texte de Vladimir Jankélevitch « dans l’honneur et la dignité » écrit en 1948 (que je vous conseille vivement de lire):

« Bien des printemps se trament encore dans les sillons et dans les arbres ; à nous de savoir les préparer à travers de nouvelles luttes et de nouvelles épreuves. »

 

Merci et maintenant je propose une minute de silence pour nous souvenir

Alexandra Tricottet

 


J’apporte mon soutien individuel ou au nom d’une organisation/association politique ( à préciser) aux seuls candidats de la gauche présents dans le canton de Castelsarrasin: Alexandra Tricottet, Maximilien Reynès-Dupleix, Marie-Line Cavaillé, Pierre Mayanobe). Je rejoins les premiers signataires (plus de 70 à ce jour) dont la liste sera publiée bientôt!

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