Discours factieux, appel au « peuple » contre l’État de droit, outrances… La riposte antidémocratique du parti xénophobe à la condamnation en première instance de Marine Le Pen et 23 codétenus trouvera son point d’orgue, ce dimanche, avec un meeting parisien.
Mettre les institutions sous pression et contester une décision de justice, le tout afin de défendre un intérêt personnel : celui de permettre à Marine Le Pen d’être candidate à la présidentielle 2027. Voilà le sens des rassemblements organisés ce week-end par le Rassemblement national, et pourquoi ils ne sont pas comparables aux « manifestations qui ont lieu tous les jours dans ce pays », comme le prétend le député RN Laurent Jacobelli sur CNews.
Sans nier leur droit de manifester, l’appel à prendre la rue et le meeting organisé à Paris dimanche, place Vauban, interrogent quant à leur nature antidémocratique, dans la mesure où le RN entend faire plier la justice. « Montrons à ceux qui voudraient contourner la démocratie que la volonté du peuple est plus forte », écrit le mouvement dans son appel.
La politique du tandem Macron-Bayrou prend prétexte des conflits et des risques actuels de sécurité. Elle s’inscrit dans une guerre sociale visant à satisfaire les profits capitalistes.
Les 3 028 milliardaires que compte le monde cumulent désormais un montant record de 16 100 milliards de dollars, soit 2 000 milliards de dollars de plus qu’il y a un an. Les oligarques américains de la tech triomphent avec Trump.
En s’attaquant à l’indépendance de la justice, l’extrême droite rappelle sa nature profonde. C’est pourtant elle qui multiplie les atteintes à la démocratie en détournant de l’argent public et en remettant en cause l’impartialité des juges.
Menaces contre les magistrats et discours dénonçant une décision politique et arbitraire. Les virulentes réactions à l’énoncé de la condamnation de Marine Le Pen lundi 31 mars ont été dénoncées par le Conseil supérieur de la magistrature. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, est également intervenu pour dénoncer des menaces « inacceptables dans une démocratie et préoccupantes pour l’indépendance de l’autorité judiciaire ».
Dans l’affaire des emplois fictifs au parlement européen du FN/RN, Marine Le Pen et huit eurodéputés ont été reconnus coupables de détournement de fonds publics, a annoncé le tribunal ce lundi 31 mars, tandis que les douze assistants jugés à leurs côtés ont été déclarés coupables de recel. La cheffe de file du parti d’extrême droite a été condamnée à quatre ans de prison, dont deux ans ferme, et à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate. De quoi compromettre sa candidature en 2027. Les cadres du RN crient déjà au déni de démocratie.
C’était un verdict très attendu et qui, in fine, bouleverse le paysage politique français. Dans l’affaire des emplois fictifs au parlement européen du FN/RN, Marine Le Pen et huit eurodéputés ont été reconnus coupables de détournement de fonds publics, a annoncé le tribunal ce lundi 31 mars, tandis que les douze assistants jugés à leurs côtés ont été déclarés coupables de recel. La cheffe de file du parti d’extrême droite a été condamnée à quatre ans de prison, dont deux ans ferme, et à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate. Autrement dit à effet immédiat, même en cas d’appel. De quoi compromettre sa candidature à la prochaine présidentielle.
N’étant pas abonné à Ouest France, le début de l’article est complété de la photos des deux pages que l’on peut lire aisément. Le positionnement politique est celui que l’on peut attendre d’un dirigeant communiste : l’adversaire principal est l’extrême-droite, la droite et Macron mais il dit aussi l’irritation de voir la gauche dans des affrontements sans issue et qui reste de fait dans la rhétorique de l’extrême-droite qu’elle prétend combattre. Sur l’Ukraine incontestablement il y a beaucoup de points commun, d’avancées et sur la question d’une défense nationale qui ne se limite pas à l’armement mais crée les conditions d’une indépendance économique en gros nous sommes d’accord. L’autonomie du parti ne se fait pas contre mais à travers l’originalité d’une position et ce qu’elle peut avoir de collectif. Il est évident que nous n’avons pas tout à fait la même analyse de Poutine et son gouvernement actuel et que se pose la manière dont la France peut se situer dans le grand bouleversement multipolaire et là le renvoi dos à dos de Poutine et de Trump est nettement insuffisant. Il suffit de lire le texte que nous publions aujourd’hui de la manière dont Poutine prévoit le développement de l’Arctique pour comprendre que nous sommes aux antipodes de Trump, je vous y renvoie comme d’ailleurs à l’analyse publiée hier de Ziouganov sur le même sujet. D’un autre côté nous sommes tout à fait conscient comme le KPRF de la présence d’oligarques dans le parti et l’entourage de Poutine, mais nous faisons plus confiance dans le peuple russe et la manière dont il demeure très marqué par l’exigence du socialisme. Il est évident que Fabien Roussel, cet interview le confirme, est le seul qui conteste la politique du pouvoir et l’extrême-droite d’un point de vue de classe et de souveraineté nationale qui a toujours été celle des communistes. Si le peuple français s’y reconnait tant mieux. (note d’histoireetsociete)
« Racisme anti-Blancs », rivalités avec LFI, désaccords avec Bruno Retailleau et Manuel Valls, guerre en Ukraine et guerre commerciale avec les États-Unis, défense nationale, retraites, censure, candidature communiste à la présidentielle de 2027… Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français (PCF), répond aux questions de « Ouest-France ». Et règle ses comptes au passage.
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, est également maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord). Ici, devant la tour abbatiale située sur la Grand’place. | STÉPHANE GEUFROI / OUEST-FRANCE Ouest-FranceStéphane VERNAY.
Il n’est plus député depuis la dissolution, battu par dans sa circonscription du Nord par un candidat Rassemblement national, mais il est toujours secrétaire national du Parti communiste français, maire de Saint-Amand-les-Eaux depuis le début de l’année, et il a des choses à dire sur le débat national et la situation internationale. Grand entretien avec Fabien Roussel, qui prépare un livre, Le parti pris du travail, à paraître le 24 avril, aux Éditions du Cherche Midi. Entretien.
Fabien Roussel, lundi, sur CNews, vous avez affirmé qu’il y a un « racisme anti-Blancs », une notion contestée par des sociologues mais mise en avant par l’extrême droite. Le premier secrétaire du Parti communiste que vous êtes regrette-t-il ses propos ?
Je sais que la notion de racisme anti-Blancs est utilisée par l’extrême droite pour tenter de nier le racisme dans sa construction historique liée à la colonisation. J’ai simplement voulu dire que toute insulte raciste doit être combattue, même si elle ne relève pas d’un système de domination. S’il est évident que je ne mets pas les choses sur le même plan, le racisme est une arme pour diviser le peuple. Je pense au rabbin d’Orléans qui a été agressé, à tous les jeunes stigmatisés pour la couleur de leur peau…
L’interdiction des expulsions locatives est levée ce lundi 31 mars. La perspective de leur reprise inquiète d’autant plus que le nombre de familles jetées de force à la rue a déjà augmenté de 26 % entre 2023 et 2024 et que la situation économique de nombreux ménages se dégrade.
Ian Brossat, le communiste qui entend succéder à Anne Hidalgo : mais comment est-ce tolérable, dit l’extrême-droite?
Après Roussel, c’est Ian Brossat que l’on accuse de ne pas se conformer aux « conventions » : vous remarquerez à quel point ici comme pour la LFI, les arguments de fond se résument à l’indignation de l’existence des communistes. Après tout ce qu’on a dit sur eux, il existe encore des communistes, et ils poussent la folie jusqu’à défendre y compris en plein Paris le droit des travailleurs à ne pas être exclus d’un espace français… Des prolétaires dans le XVIe en dehors des concierges et encre, c’est un peu les chars de l’armée rouge avec de surcroit le péril jaune déjà là… Et ces gens n’ont pas le moindre doute, c’est ça l’extrême droite celle qui prétend défendre le petit peuple « blanc » en lui faisant haïr le petit peuple basané, et vice versa pour la LFI… Ce que prétend le PCF c’est en finir avec cet affrontement communautariste et poser pour tous les questions de classe… en tous les cas c’est le communisme tel qu’il nous a manqué ces derniers temps et nous sommes contents de le voir revenir. Sur cette ligne tomberont d’autres barricades que le pouvoir des marchés financiers et des marchands d’armes ont érigé autour d’eux et peut-être la masse des supporters de LFI et du RN rejoindra-t-elle le combat de classe antiraciste et pour l’émancipation des individus dans leur droit à aimer, à la dignité, et à pratiquer la religion de leur choix ou ne pas en avoir. (note de Danielle Bleitrach histoireetsociete)