Les recommandations explosives du Grenelle de l’éducation in Caf. Péda.

Selon un schéma bien classique à l’Education nationale, le Grenelle de l’Education accouche de propositions qui reproduisent exactement les conceptions libérales du ministre. Rémunération au mérite et à la carte, contractualisation d’établissements autonomes, statut de directeurs d’école, les propositions du Grenelle vont loin et sont explosives. JM Blanquer devrait prochainement dire ce qu’il en retient et cibler ce qu’il veut mettre en place d’ici 2022. Tout ?

Un édifice construit par le ministère

Officiellement le Grenelle de l’éducation regroupe des experts qui discutent librement de l’avenir de l’Ecole. Sauf que c’est le ministère qui a choisi les personnalités présentes et que chaque groupe est piloté par un cadre du ministère (généralement un inspecteur général). Au final on retrouve dans les différents groupes des renvois aux propositions des autres groupes. On a bien un édifice idéologique cohérent élaboré par le ministère. Continuer la lecture de Les recommandations explosives du Grenelle de l’éducation in Caf. Péda.

Contrer l’effet apéro. Chronique 3 de Marcel Duvel

 

Nous devons cette formule à Stanislas Guerini qui voulait ainsi justifier le couvre-feu à 18h. Stanislas Guerini qui n’est que délégué général de la REM mais qui mériterait bien d’être ministre tant il incarne l’aveuglement et le mépris qui caractérisent ce gouvernement.

Aveuglement, pour ne pas voir les effets dévastateurs causés par la disparition de notre vie sociale ; mépris, pour réduire les préoccupations des gens ordinaires à un moment passé devant un pastis. Comment les dirigeants d’un pays peuvent avoir, ou feindre d’avoir, une vision de leurs concitoyens aussi erronée ? Comment peuvent-ils ignorer, ou faire semblant d’ignorer, les multiples occupations qu’une famille doit assurer après l’école, après le travail ?

Mais cette formule cache une réalité plus grave encore : les soirées sont le moment de la vie civique. Les réunions d’associations, les commissions para-publiques, les débats politiques, les rencontres dans les quartiers… avaient toute leur place le soir après 18 heures. Il ne reste que le samedi ou le dimanche pour toutes les caser en sauvegardant quand même le temps des courses pour la semaine, un reste de vie familiale et le bol d’air indispensable aux corps et aux esprits.

« Contrer l’effet apéro », c’est, pour cette élite aussi puissante que médiocre, la possibilité de réaliser enfin ce rêve d’une démocratie sans peuple.

Il est d’ailleurs consternant, et quand même hilarant, de constater que les donneurs de leçons républicaines d’hier, ont su si vite s’adapter. L’annulation des réunions de quartiers qu’ils avaient promises durant la campagne électorale s’est faite sans états d’âmes. L’absence de public lors des réunions de conseils municipaux ne les gênent en aucune manière, ont-ils seulement pensé à les déplacer au samedi après-midi ?

Notre belle ville de Moissac ne fait pas exception. Nous croyions que son maire serait un exemple pour les autres dictateurs en herbe, il n’est que la pâle incarnation d’une vaguelette qui pourrait cependant noyer notre vie politique.

Marcel Duvel

« Moissac mérite mieux » veut contrer le RN de Romain Lopez in DDM

NDLR de MAC: a l’initiative de Julien Gettlife (Ensemble/GDS) et de Maximilien Reynès-Dupleix (PCF), la totalité des formations de gauche et TEMS ont participé à une réunion le 14 décembre et ont pris la décision de lancer cet appel « Moissac Mérite Mieux » afin de rassembler toutes les forces qui veulent combattre les décisions idéologiques de la municipalité RN de Moissac dans un débat idée contre idée, arguments contre arguments. Le samedi 30 janvier est le lancement officiel de cette initiative grand public avec la présence d’ores et déjà de Myriam Martin (conseillère régionales Ensemble) et de Marie Piqué (Vice présidente PCF du conseil régional). Des invitations aux élus locaux et nationaux ont été lancées… Plusieurs citoyens-nes s’associent a ce rassemblement!

La municipalité moissagaise a été remportée par le Rassemblement national aux dernières élections.La municipalité moissagaise a été remportée par le Rassemblement national aux dernières élections. Photo DDM

Plusieurs partis politiques de gauche ont annoncé la création d’un mouvement baptisé « Moissac mérite mieux ». Ils appellent à un rassemblement le 30 janvier sur l’esplanade des Justes pour « faire barrage au Rassemblement national ».

En juin dernier, Moissac est devenue la première ville du département, et de l’ex région Midi-Pyrénées, à élire un maire d’extrême droite. Un véritable électrochoc pour la gauche touchée dans un territoire qui lui est historiquement conquis. Après la stupéfaction, les opposants au Rassemblement National semblent vouloir passer à l’action en se fédérant sous la bannière « Moissac mérite mieux ». Parmi les premiers signataires on trouve des citoyens, le Mouvement Ensemble !, le Parti radical de Gauche, EELV 82, la France Insoumise Moissac, Gauche démocratique et sociale (GDS) d’Occitanie, le groupe des élus municipaux d’opposition Territoires et Moissac Solidaires,le Parti Communiste… Tous appellent à un rassemblement citoyen le 30 janvier à 10h,à Moissac. Continuer la lecture de « Moissac mérite mieux » veut contrer le RN de Romain Lopez in DDM

Partout soyons aux cotés des hospitaliers (le 21 janvier et le 4 février)

Grève du 26 janvier – De la maternelle à l’université, pas de génération sacrifiée ! (PCF)

Depuis des mois, la colère monte dans les établissements scolaires. Ce mardi 26 janvier, les syndicats de l’éducation et de l’enseignement supérieur appellent à la grève, de la maternelle à l’université. Les communistes seront à leurs côtés pour défendre les services publics d’éducation et d’enseignement supérieur, porter des réponses à la crise qu’ils traversent et construire une politique éducative de progrès.

Ce gouvernement est irresponsable : impeachment pour Blanquer et Vidal ! Cela fait maintenant presque un an que nous vivons au rythme de la crise sanitaire. Un an qui aurait pu être mis à profit pour prendre des décisions politiques, lutter contre le virus et renforcer nos sociétés. Dès le mois de mars, le PCF a proposé un plan d’urgence (https://www.pcf.fr/plan_d_urgence_pour_l_cole) qui devait permettre de garantir l’éducation de toutes et tous dans des conditions sereines. Le gouvernement a préféré faire comme si de rien n’était. C’est irresponsable !

Face à la progression du virus, face à la souffrance d’une génération sacrifiée, le gouvernement fait l’autruche. Refus de compter les élèves et les personnels malades, publication de chiffres faux, manque de vaccins…, croient-ils pouvoir éradiquer le virus simplement en répétant qu’on « ne tombe pas malade à l’école » ? Quelle réponse comptent-ils apporter à la souffrance des étudiantes et des étudiants isolés, privés de formation et de perspectives d’avenir ? Continuer la lecture de Grève du 26 janvier – De la maternelle à l’université, pas de génération sacrifiée ! (PCF)

À la Stef, cinq semaines de grève pour vivre enfin de son travail… in l’Humanité

Le 14 janvier à Montbartier. Les employés demandent une requalification de certains métiers et une revalorisation des majorations de nuit.
Les salariés du spécialiste du transport et de la logistique du froid de Montbartier, dans le Tarn-et-Garonne, ont cessé le travail depuis le 16 décembre. Ils exigent des hausses salariales et dénoncent les méthodes de la direction.

C’est une très longue grève. À Montbartier, dans le Tarn-et-Garonne, le mouvement des salariés de la Stef atteint aujourd’hui son 35e jour. Le 16 décembre 2020, les femmes et les hommes de la plateforme logistique – qui centralise les produits frais et les surgelés avant de les expédier vers les magasins Intermarché – ont cessé le travail, excédés par des salaires de misère et des lourdes tâches de manutention qu’il faut exécuter toujours plus vite.

« Après cinq années d’ancienneté, je gagne 1 250 euros net par mois, raconte Cindy. J’embauche à 13 heures, mais je ne peux pas quitter mon travail avant 22 heures ou 22 h 30. Je n’ai pas de soirée ! » Kevin n’est pas mieux loti. Recruté d’abord en intérim puis en CDI depuis juillet 2020, ce manutentionnaire dénonce les conditions de travail. « J’arrive sur place à 11 h 30, mais je ne peux pas partir, en moyenne, avant 20 heures. Il m’est arrivé de rester jusqu’à 23 heures. Les chefs font aussi pression pour qu’on travaille six jours sur sept. On nous en demande toujours plus », confie-t-il. Le mouvement revendique aussi de véritables augmentations sur la feuille de paye : selon les salariés de la Stef, ils perçoivent 100 à 300 euros de moins que leurs homologues d’entreprises identiques, basées elles aussi dans le secteur de Montbartier. Autre réclamation : que cessent les pressions de la part des chefs pour travailler toujours plus et toujours plus vite.

Depuis cinq semaines, les chasubles jaune et bleu de la plateforme ne passent pas inaperçues dans le Tarn-et-Garonne : tractage auprès des clients d’un magasin Intermarché, rassemblement devant la préfecture à Montauban… La lutte s’est aussi prolongée dans les locaux de l’inspection du travail, le 28 décembre, avant que d’imposantes forces de police viennent vite en déloger les occupants.

Conséquence de la grève, les clients des magasins Intermarché ont trouvé des rayons vides, surtout pendant les fêtes de fin d’année. Rien n’indique, pourtant, que cette enseigne de la grande distribution demande à la Stef, son sous-traitant, de mettre fin à la mobilisation. De son côté, la direction de la plateforme logistique semble jouer le pourrissement du conflit, et les négociations avec les salariés grévistes s’avèrent très sporadiques. Et les dirigeants n’hésitent pas à recourir à des méthodes musclées. Des vigiles, avec un chien, ont été embauchés pour surveiller le site jour et nuit, ce qui a provoqué un face-à-face tendu avec les grévistes. De source syndicale, le puissant groupe Stef, présent dans toute la France, cherche également à entraver la grève en recrutant des intérimaires, en mutant à Montbartier des manutentionnaires venus d’autres sites. Le 7 janvier, la direction pensait même remporter une bataille en lézardant l’intersyndicale. La section FO s’est en effet retirée du mouvement après avoir obtenu, d’après ses calculs, une augmentation de 42 euros net par mois (51 euros pour certains opérateurs).

« J’irai jusqu’au bout ! »

Mais, dans les faits, très peu de salariés ont arrêté la grève. Et la CGT, syndicat majoritaire, poursuit le mouvement, ne se contentant pas des modiques sommes lâchées par la direction. Objectif : une augmentation de 150 euros brut mensuels. « J’irai jusqu’au bout ! » s’écrie Kevin. Comme lui, comme Cindy, beaucoup de salariés ont rejoint la CGT, que cette lutte semble renforcer.

Lundi matin, les grévistes tenaient une assemblée générale dans les locaux de l’union départementale de la CGT à Montauban. Principale décision, le mouvement est reconduit. Mais ce très long conflit, qui ne semble pas se débloquer, pousse plusieurs salariés à envisager des moyens extrêmes : certains envisagent même une possible grève de la faim. L’assemblée générale a tout de même appris une bonne nouvelle : les négociations doivent reprendre ce mardi, avec la présence d’un dirigeant national du groupe Stef et, de l’autre côté, d’un responsable de la fédération CGT transports et logistique. « Mais les négociations auront-elles vraiment lieu ? » s’interroge un syndicaliste, échaudé par cinq semaines de mobilisation acharnée. La situation, semble-t-il, se débloquera au niveau national.

Lettre ouverte à M. le journaliste de la DDM

Mon cher Max,

J’admire la constance avec laquelle tu t’obstines à particulariser l’information et j’admire tout autant le style ampoulé qui est le tien pour administrer des vérités parfois bien loi des réalités.

Avec l’arrivée à la tête de la municipalité de Moissac d’un maire RN/FN, disciple de Marion Maréchal Le Pen, nous sommes nombreux a avoir cru que tes qualités d’historien se mettrait au service du démantèlement des contre-vérités émises par ce 1er édile. Las, nous assistons au fil des articles à une banalisation bienveillante des « pseudos » actions de M. le maire de Moissac qui en communication n’a vraiment pas besoin que le » journal de la Démocratie » lui serve la soupe.

Tu conviendras qu’il y a des choix éditoriaux qui étonnent et nous avions jusqu’alors le Petit Journal qui remplissait fort bien la fonction et portait ces idées nauséabondes avec brio. Serais-ce que les ventes de la DDM sont drastiquement en baisse qu’il faille aller chercher un lectorat sur la frange de la droite extrême? Je n’ose le croire ou alors cela sert-il une stratégie plus large visant à permettre la reconquête d’un département?

Autant tu vois, mon cher Max, j’aime tes chroniques judiciaires pour la pertinence de ton propos et la justesse de tes analyses, autant je perçois une plume au service d’intérêts forts éloignés du débat républicain et de la nécessaire compréhension citoyenne des enjeux locaux de notre temps.

Autant, je sais que tu lis minutieusement les articles de MAC, autant je m’inquiète que tu ne tiennes pas compte des contenus ainsi publiés. C’est vrai que tu as choisi ton champion sur ordre j’imagine et que cela semble brouiller ta perception de la diversité des expressions. Ainsi, cela ne t’a pas échappé que MAC et celles et ceux qui y participent se sont retrouvés en première ligne face « aux amis » de M. Lopez depuis plusieurs mois et que d’insultes en coup de téléphone de nuit, c’est bien nous qui sommes la cible des identitaires, claniques et autres groupuscules de la fachosphère.

Alors tu comprendras que je m’insurge à la lecture de ton dernier opus sur les affiches qui ont été apposées sur les panneaux de Moissac et de Castelsarrasin car au delà du travail de recherche sur le personnage mis en exposition, tu t’es bien gardé de te prononcer sur le fait que localement sévit un groupe de séditieux révisionnistes comme nous l’avons nous même dénoncé à plusieurs reprises.

Je m’insurge car déjà à plusieurs reprises nous avons dénoncé ce type d’affichages aux caractères délictueux faisant l’apologie du révisionnisme (https://moissacaucoeur.fr/2020/10/11/les-communistes-contre-les-fachos/) avec à la clé un dépôt de plainte auprès des services du procureur (fait que tu n’ignores certainement pas). Le maire de Castelsarrasin avait alors fait enlever les affiches pas celui de Moissac.

Je m’insurge car pour protéger l’expression de MAC, j’ai travaillé a en protéger les auteurs comme j’ai rendu compte aux services de l’état des attaques subies, tout cela parce que j’ai mis à jour le soutien immodéré de ces personnes mal intentionnées à M. Lopez même si ce dernier le nie.

Je m’insurge enfin, que tu puisses donner une fois de plus la parole à M. Lopez avec complaisance, et que tu puisses nier le travail de fond et le combat que nous menons pour mettre au jour les réalités de cette équipe municipale dirigée par un quarteron de « frontistes pur jus » tous empreints d’une idéologie bien éloignée de l’affichage des promesses de la campagne électorale.

Voilà mon cher Max, il me fallait ici, puisque notre parole n’est pas entendue dans les pages que tu diriges, rappeler quelques vérités. Bien sur c’est la notre et je ne te demande pas de la partager mais peut-être est-il temps de choisir son camp avant que la liberté d’expression que tu chéris tant quand tu stigmatises les communistes, ne soit plus qu’un souvenir dans nos cantons.

Je ne doute pas une seconde que mon propos te fera écho et qu’à l’occasion tu daigneras descendre de ta tour d’ivoire pour rendre enfin compte de cette autre réalité qui rassemble aujourd’hui des dizaines de personnes sous des expressions diverses.

Une réalité qui redonne de l’espoir parce que #moissacmeritemieux.

Au plaisir d’échanger avec toi et gageons que tu seras présent le 30 janvier prochain.

amicalement

Maximilien Reynès-Dupleix pour le site MAC (Moissac Au Coeur)

 

Lire aussi:

https://moissacaucoeur.fr/2021/01/07/m-lopez-lindecence-et-labject-des-membres-de-votre-equipe/

 

 


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Comment la Méditerranée est devenue la frontière migratoire la plus meurtrière au monde. Carte interactive

Nicolas Lambert

Nicolas Lambert

Regard de cartographe #2. Au moins 50 000 femmes, hommes et enfants sont morts en migration au voisinage de l’Union européenne depuis le début des années 1990. Nicolas Lambert, ingénieur de recherche au CNRS en sciences de l’information géographique, nous propose avec ce nouveau « regard de cartographe » de saisir cette terrible « géographie des morts ». Une carte interactive qui prouve combien les politiques migratoires européennes sont non seulement inefficaces, mais avant tout dangereuses.

Du premier janvier 2014 jusqu’à la fin de l’année 2020, l’OIM (Organisation internationale pour les migrations) a comptabilisé 40 000 personnes mortes ou portées disparues au cours de leur migration à travers le Monde (dont au moins 2300 enfants). Parmi eux, plus de la moitié ont péri noyés en Méditerranée, ce qui en fait, et de loin, la frontière migratoire la plus mortifère au monde. En Méditerranée, les drames se succèdent mais ne se ressemblent pas. On peut penser en premier lieu au jeune Alan Kurdi, originaire de Kobané, dont le corps d’à peine 3 ans a été retrouvé inerte le 2 septembre 2015 sur une plage de Turquie et dont la photo a fait le tour du monde. Ou encore à ce naufrage du 19 avril 2015 au large des côtes libyennes qui a provoqué la mort simultanée de plusieurs centaines de personnes. Triste record… Ou enfin, à l’histoire du Left-to-die Boat relaté avec force par Charles Heller et Lorenzo Pezzani en 2014 dans le film cartographique, Liquid traces, et qui montre à quel point les pays européens placent la “protection” de leurs frontières bien avant les gestes de solidarité les plus élémentaires.

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Évasion fiscale : le Conseil d’État donne raison aux communistes ! (Fabien Roussel – PCF)

Depuis des mois, par voie d’amendement et dans une Proposition de loi que j’avais déposée au nom du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, les députés communistes demandent la reconnaissance du statut juridique « d’établissement stable » pour les filiales françaises d’une société ayant son siège social dans un paradis fiscal.

Grâce à ce mécanisme d’évitement fiscal bien connu, les multinationales, en particulier celles du numérique, s’affranchissent de leurs obligations et privent les États de recettes très importantes. Au total, l’évasion fiscale coûte chaque année à la France entre 80 et 100 milliards par an, selon de nombreux experts.

Dans une décision récente, le Conseil d’État vient enfin d’établir cette qualification d’établissement stable, ce qui signifie tout simplement que ces filiales françaises doivent désormais se soumettre à l’impôt sur les bénéficies dans notre pays ! C’est une grande victoire pour tous ceux qui ont défendu cette position, en dépit de l’opposition systématique et résignée de la majorité parlementaire et du gouvernement, avec pour seul argument que cette notion était inapplicable. Forts de cette décision novatrice et audacieuse, qui ouvre la voie à une taxation plus juste des bénéfices des géants du numérique, nous redéposerons rapidement cette proposition à l’Assemblée comme nous le faisons depuis des années.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord,

#Sauvons le 3919 (Pétition)


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« Mettre en concurrence le 3919, c’est prendre le risque de faire vaciller un réseau national d’associations de terrain et de leurs partenaires »

Alors que les violences à l’encontre des femmes sont officiellement au cœur des préoccupations du gouvernement, ce dernier voudrait mettre en concurrence la gestion du 3919, ce qui représente un risque majeur de voir la qualité du service proposé aux femmes victimes de violences réduite, estime dans une tribune au « Monde » un collectif de personnalités parmi lesquelles Najat Vallaud-Belkacem, Alice Zeniter, Sylvie Le Bon de Beauvoir ou Laurence Rossignol

Tribune. Strasbourg, 1973. Une jeune femme se défenestre pour échapper aux coups de son conjoint et meurt des suites de ses blessures. Une poignée de proches de la Ligue du droit des femmes se regroupent alors. Armées de colle et de rouleaux, à la nuit tombée, elles inondent la ville de posters affichant « SOS Femmes battues » ainsi qu’un numéro de téléphone. Ainsi naît l’une des premières lignes d’écoute destinées aux femmes victimes de violences domestiques.

Partout sur le territoire français, d’autres permanences téléphoniques de fortune voient le jour, associées à des actions concrètes. A Marseille, au moment où un époux violent descend au café, un camion vient exfiltrer une femme et ses trois enfants. Au Plessis-Robinson, on squatte un château jusqu’à obtenir des places d’hébergement pour les victimes. A Paris, on milite pour la reconnaissance du viol conjugal (sans savoir qu’il faudra attendre encore quinze ans…). En 1986, le Collectif féministe contre le viol (CFCV) ouvre la ligne Viols Femmes Info. En 1989, première campagne nationale sur les violences conjugales en lien avec le réseau Solidarité Femmes qui gère un premier numéro d’écoute puis crée en 1992 la ligne d’écoute Violences Conjugales Femmes Info qui deviendra le 3919

Cette histoire militante coule dans les veines du 3919, aujourd’hui porté par un réseau de 73 associations de terrain présentes sur l’ensemble du territoire français : la Fédération nationale solidarité femmes, qui est de plus appuyée par douze associations nationales et leurs réseaux respectifs. Une trentaine d’écoutantes professionnelles viennent recueillir la parole d’environ 2 000 victimes chaque semaine (et même 7 000 appels hebdomadaires pendant le premier confinement), lors d’entretiens d’écoute qui durent en moyenne vingt minutes.

Reconnaissance puis confiscation du 3919

Les violences faites aux femmes ont été inscrites comme grande cause du quinquennat. Le président de la République a rendu visite à l’équipe de la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF) et du 3919 lors du lancement de la consultation du Grenelle des violences conjugales le 3 septembre 2019 (3-9-19), médiatisant largement ce numéro, ouvert de 9 heures à 22 heures en semaine et de 9 heures à 18 heures les week-ends et jours fériés.

A l’issue du Grenelle, le gouvernement a répondu positivement à la demande de la FNSF d’ouvrir ce service 24h/24. Seulement, les modalités, elles, pèchent : le gouvernement a décidé d’imposer la mise en concurrence du 3919 par un marché public, une décision qui pourrait aboutir tôt ou tard à confier le 3919 à un opérateur plus soucieux de la rentabilité économique que de la qualité du service rendu aux femmes.

La lutte contre les violences et pour la protection des femmes ne peut pas obéir à une logique de marché : il s’agit de l’intérêt général, et la mesure de son impact ne peut pas se contenter, comme c’est désormais l’usage dans les marchés publics, d’être quantitative. Dans cette logique, cela pourrait conduire à réduire le temps d’écoute.

Le 3919 n’appartient pas au gouvernement

Or, l’écoute est le premier jalon de la relation de confiance entre le réseau de la FNSF et chaque femme qui a le courage de les appeler. Quiconque s’est intéressé à la question de l’emprise comprendra qu’il faut parcourir un long chemin pour sortir de la violence et que la qualité de l’accompagnement est ainsi cruciale. « Normer » ce temps et le soumettre à une logique de rendement n’aurait aucun sens.

Après des années de travail patient, le 3919 fonctionne grâce à un maillage associatif très dense sur l’ensemble du territoire. Mettre en concurrence le 3919, c’est prendre le risque de faire vaciller un réseau national d’associations de terrain et de leurs partenaires, capables de prendre en charge les femmes qui appellent, que ce soit pour un accompagnement à l’hébergement ou un soutien psychologique, juridique et social…

De plus, le 3919 n’appartient pas au gouvernement : c’est la FNSF qui l’a créé et porté depuis trente ans. C’est un projet associatif, en partie financé par des fonds privés, porté par des personnes très engagées. Il nous semble parfaitement abusif que le gouvernement veuille en disposer de la sorte.

Pour quelle valeur ajoutée ?

Ouvrir ce marché aujourd’hui crée un précédent dangereux : quand bien même la Fédération nationale solidarité femmes pourrait décrocher ce premier marché, quid de la fois suivante ? Sera-t-il confié à un opérateur bon marché, au fort rendement, mais sans la moindre valeur ajoutée, liée à un engagement essentiel pour les droits des femmes ?

Nous enjoignons donc au gouvernement français de renoncer à ce projet de marché public, et demandons à ce que la FNSF reçoive une subvention complémentaire pour le passage du 3919, 24h/24 en 2021.

En signant cette tribune, nous voulons exprimer notre soutien aux centaines de milliers de femmes victimes de violences et à leurs enfants. Nous comptons sur le gouvernement pour entendre cet appel.

La liste des signataires : Maïté Albagly, ancienne déléguée générale de la FNSF ; Rebecca Amsellem, économiste et militante féministe ; Michèle André, ancienne secrétaire d’Etat chargée des droits des femmes et de l’égalité des chances entre les hommes et les femmes (1998-1991) ; Marie-Pierre Badré, présidente du Centre Hubertine Auclert ; Lauren Bastide, journaliste ; Catherine Beaunez, dessinatrice et autrice ; Odile Belinga, avocate ; Pascale Boistard, ancienne secrétaire d’Etat chargée des droits des femmes (2014-2016) ; Anne Bouillon, avocate ; Carmen Castillo, cinéaste ; Hélène Cixous, écrivaine et dramaturge ; Caroline De Haas, collectif #noustoutes ; Marie-Dominique de Suremain, ancienne déléguée générale de la FNSF ; Edouard Durand, coprésident de la commission violences du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes ; Eric Fassin, sociologue, université Paris-VIII ; Julie Gayet, comédienne et productrice ; Christelle Hamel, chercheuse ; Natacha Henry, écrivaine féministe ; Danièle Kapel-Marcovici, PDG du groupe RAJA et présidente de la fondation RAJA ; Jean-Louis Laville, chercheur et professeur au CNAM ; Sylvie Le Bon de Beauvoir, professeure de philosophie et éditrice ; Valérie Létard, ancienne secrétaire d’Etat chargée de la solidarité (2007-2009) et vice-présidente du Sénat ; Noël Mamère, ancien journaliste et homme politique ; Patricia Mercader, professeure émérite ; Ariane Mnouchkine, metteuse en scène ; Viviane Monnier, ancienne déléguée générale de la FNSF ; Janine Mossuz-Lavau, politologue et sociologue ; Michelle Perrot, historienne, professeure émérite ; Pascal Picq, paléoanthropologue, Collège de France ; Nicole Questiaux, ministre de la solidarité nationale entre 1981 et 1982 ; Laurence Rossignol, ancienne ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmes (2016-2017) et vice-présidente du Sénat ; Ernestine Ronai, coprésidente de la commission violences du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes ; Suzy Rojtman, militante féministe ; Moira Sauvage, journaliste et essayiste ; Isabelle Steyer, avocate ; Nadine Trintignant, réalisatrice et écrivaine ; Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre des droits des femmes (2012-2014) ; Fatima Zénati, chargée de mission à l’égalité femmes-hommes à l’université Paris-VIII ; Alice Zeniter, écrivaine.


Cette tribune a été publiée par Le Monde.


Télécharger le communiqué de presse



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