Fabienne Fédérini : « L’Etat privilégie l’enseignement privé au détriment de l’enseignement public de trois manières »

Pas de sectorisation, sélection des élèves et exclusion des élèves à profil éducatif spécifique, non mixité sociale, et répartition des moyens qui ne prend pas compte des points précédents : c’est ce que pointe Fabienen Fédérini dans Enseignement privé catholique. Comment l’Etat brise l’école de la République. La docteure en sociologie, professionnelle des questions éducatives et des politiques publiques des territoires prioritaires décrypte des décennies de choix politiques menant à une concurrence déloyale des écoles privées sous contrat au détriment du service public d’éducation. Ces écoles privées sont financées à 75% d’argent public et relèvent pour 96% d’entre elles, de l’enseignement catholique. Fabienne Fédérini répond aux questions du Café pédagogique à l’occasion de la sortie de son ouvrage publié aux éditions au Bord de l’eau. Continuer la lecture de Fabienne Fédérini : « L’Etat privilégie l’enseignement privé au détriment de l’enseignement public de trois manières »

Une carte interactive pour lutter contre les anti-Evars in Caf. Péda.

8 septembre 2025

Alors que l’EVARS devrait se mettre en place dès cette rentrée 2025, on appréciera de pouvoir se reporter à la carte interactive  « Cartographie – Les croisé·es anti-Évars : qui a peur du genre à l’école ? ». Téléchargeable sur le site coopératif « Questions de classe(s) », elle fait le point sur les discours anti-Evars, religieux, politiques, complotistes… et les personnalités ou médias les portant. Parce que pour combattre la désinformation, il faut savoir d’où elle vient et comment elle cherche à se diffuser.

Carte interactive : les croisé.es anti-Evars et anti-genre

Suicide de Caroline, professeure des écoles, victime de harcèlement homophobe

Caroline, enseignante dans le Cantal, s’est suicidée lundi 1er septembre 2025. Caroline n’a pas pu faire sa rentrée en 2024 dans son école, elle n’a fait pas de rentrée en 2025 et elle n’en fera plus. C’est une immense tragédie pour l’Éducation nationale. Caroline a été victime d’insultes homophobes et de menaces de mort au sein de son école. Elle a souffert de ces actes mais aussi du manque de soutien de l’institution.

Des menaces dans l’école

En 2023, Caroline Grandjean découvre l’inscription homophobe « sale gouine » sur le mur de l’école du village et dépose plainte. Elle enseigne depuis trois ans dans cette école. Trois mois plus tard, un autre tag apparaît sur le mur de l’école. Malgré la demande de son inspectrice et des réserves côté mairie, elle adresse aux familles un communiqué cosigné avec les parents d’élèves et le maire pour dénoncer l’insulte. Quand elle reçoit une menace de mort, elle porte plainte, soutenue par la directrice académique. Un troisième tag apparait « dégage la gouine ». Remedium relate que l’inspectrice demande alors à Caroline « ce qu’elle a pu faire pour qu’on s’en prenne à elle ». L’auteur de bandes dessinée et de livres pour enfants, a relaté dans Cas d’école l’histoire de Caroline en janvier 2025.

Quand la directrice académique lui propose de changer d’école pour la protéger, Caroline « refuse de plier face au corbeau ». L’administration lui propose un autre poste à la rentrée 2024, contre son gré mais pour son bien et sa protection. Mais pour elle, c’est une double sanction : victime de harcèlement et mutée loin de chez elle.

L’isolement d’une victime

Pour Caroline, garder son poste est ne pas faiblir dans la lutte contre les discriminations. Elle se sent seule et isolée dans sa circonscription. Quand elle n’a pas pu faire la rentrée en 2024 dans son école, dans un règne du #pas de vague, Caroline a des messages de la mairie du village, non de soutien mais de soulagement qu’elle ne soit pas dans son école à la rentrée, ce qui la mènera à une tentative de suicide. Le corbeau ne sera pas identifié malgré les 5 plaintes et l’enquête judiciaire.

Pour Remedium, « dernièrement il y a eu une accumulation de plusieurs événements qui ont renforcé son sentiment d’injustice. D’abord le classement sans suite de sa plainte, et puis la promotion de l’inspectrice de l’éducation nationale qui, selon elle, ne l’avait pas vraiment soutenue tout au long de cette affaire. Il y a un message dans le fait qu’elle ait choisi cette date de la rentrée pour se donner la mort. »

Son suicide révèle une nouvelle fois les manquements de l’Éducation nationale dans la gestion des violences et la protection de ses agents. Le FSU-SNuipp et le S2DE demandent l’ouverture d’une enquête administrative pour faire la lumière sur cette affaire. Pour le syndicat des directions, Caroline était « broyée par l’institution, par son village […], elle avait écrit sur un groupe de directeurs : « lundi… sera bien plus difficile pour moi que pour vous ».

Djéhanne Gani

*Au printemps, le Café pédagogique voulait échanger avec Caroline, mais sa santé ne le permettait pas. Le Café pédagogique adresse son soutien à ses proches, à la communauté éducative endeuillée.

Lire aussiSuicide d’une professeure des écoles : le ministère saisit l’Inspection générale

Crimes homophobes et sexistes : l’urgence d’un plan national de lutte contre le masculinisme

 

Publié le 26 août 2025

Le Parti communiste français exprime sa profonde émotion suite à la découverte dans la Seine à Choisy-Le-Roi dans le Val-de-Marne des corps sans vie de quatre hommes et la mise en examen d’un homme suspecté de cette série de crimes. La motivation semble être homophobe du fait du profil ciblé des victimes : des hommes homosexuels. Continuer la lecture de Crimes homophobes et sexistes : l’urgence d’un plan national de lutte contre le masculinisme

« Frapper les pauvres » de Jean-Paul Delahaye : « Une société et un système éducatif qui demeurent profondément injustes »

« Frapper les pauvres » de Jean-Paul Delahaye est un livre marquant de cette rentrée.

Il se distingue par son intensité, son engagement et sa forme. L’ancien haut responsable de l’Éducation nationale, auteur de rapports et d’essais sur la question de la pauvreté et de l’Ecole, choisit cette fois la forme du roman pour dénoncer, à hauteur de lycéens, les injustices et les inégalités sociales, scolaires et politiques. Malgré sa propre réussite, Jean-Paul Delahaye n’a jamais oublié et manqué de parler et penser à partir des plus fragiles.

Avec ce roman, il continue de plaider avec force pour une réforme de l’École, plus juste et solidaire.

Dans son entretien  au Café pédagogique, il livre sa vision sensible et politique : « Ceux qui vivent dans leur bulle de privilégiés et qui sont insensibles aux difficultés et aux humiliations rencontrées par tous les autres ne voient jamais venir la goutte d’eau qui fait déborder le vase… ».

Pourquoi la fiction ? Que peut, dit ou fait la littérature que n’avez dit ou écrit ou fait ?

Ce roman me donne la liberté de faire partager d’une autre manière une connaissance des milieux populaires acquise tout au long de ma vie professionnelle mais aussi vécue personnellement dans mon enfance. En prenant pour cadres un grand lycée parisien qui accueille des internes d’excellence venus de banlieue et un lycée professionnel de Seine-Saint-Denis, j’utilise le roman pour faire parler et agir des jeunes, ce que je n’avais pas fait dans mes écrits précédents. Comme il s’agit d’une fiction, j’ai mis un peu de moi dans certaines situations ou certains personnages. Je conserve en effet toujours au fond de moi l’âge de ma jeunesse d’enfant de pauvre, de mes colères comme de mes espoirs. Continuer la lecture de « Frapper les pauvres » de Jean-Paul Delahaye : « Une société et un système éducatif qui demeurent profondément injustes »

Le Secours populaire met des étoiles dans les yeux de 40 000 enfants pour sa journée des oubliés des vacances

À l’occasion de son quatre-vingtième anniversaire, le Secours populaire français a mis les petits plats dans les grands pour sa Journée des oubliés des vacances. Une soixantaine de lieux culturels franciliens et le Champ-de-Mars ont été réquisitionnés pour accueillir près de 40 000 enfants… qui n’en croyaient pas leurs yeux.

 

« Vacances de ouf ». La phrase, imprimée en lettres capitales blanches sur des casquettes et tee-shirts, s’affiche partout dans le petit local du comité du Secours populaire français (SPF) de Bagnolet, en Seine-Saint-Denis. Les yeux encore mi-clos, une dizaine d’enfants attendent sagement l’annonce du départ. Autour, c’est le branle-bas de combat. Les bénévoles s’agitent, réglant les derniers détails de ce qui doit être une journée inoubliable. Continuer la lecture de Le Secours populaire met des étoiles dans les yeux de 40 000 enfants pour sa journée des oubliés des vacances

Némésis, le collectif d’extrême droite qui provoque le cyberharcèlement de militantes féministes et d’élues de gauche

Sans appeler directement au harcèlement en ligne, le collectif qui se dit « féministe » cible régulièrement des figures de gauche sur les réseaux sociaux, souvent des femmes, sur lesquelles se déversent ensuite des torrents de haine.

 

Elles se proclament « féministes » mais conduisent des femmes à se faire harceler. Le collectif Némésis, proche de Reconquête et du Rassemblement National, a bien compris comment provoquer le harcèlement en ligne de militants et personnalités de gauche – parmi lesquelles des féministes – sans pouvoir être directement tenu pour responsable. L’Humanité donne la parole à plusieurs victimes de ces méthodes. Contacté, Némésis n’a pas voulu répondre à nos questions.

Marie Coquille-Chambel, militante féministe du #MeToo théâtre, est une cible régulière du collectif d’extrême droite, notamment sur X. Or, à chaque fois que Némésis retweete un de ses posts pour lui répondre, s’ensuit une vague de harcèlement. Continuer la lecture de Némésis, le collectif d’extrême droite qui provoque le cyberharcèlement de militantes féministes et d’élues de gauche

Quelle peut être encore la contribution des « intellectuels » français ? par Danielle Bleitrach

NDLR de MAC: Merci à Danièle pour cet accès à une culture plus large, plus riche que celle normée et formatée par les illusions capitalistes que l’on veut nous vendre.

Histoireetsociete a aussi sa propre route politique à suivre, il y a ceux parmi nous comme Franck Marsal totalement impliqués dans la vie politique française, mais il est un fait que sans totalement nous en détacher, Marianne et moi, nous sommes de plus en plus intégrées à des échanges internationaux sur les civilisations et leurs œuvres en ce qu’elles sont une « avant-garde ». C’est une attente, une observation du monde en train de naître et qui dépasse le « divertissement », parce que nous croyons beaucoup à la manière dont les peuples et les « artistes » échangent dans l’innovation, alors que les politiciens s’avèrent être en retard. Nous avons pendant tout un temps déploré la manière dont l’impérialisme après sa victoire sur l’URSS nous invitait à la Tapie, à la Yves Montand à célébrer la crise, et à en finir avec « les idéologies », en l’occurrence le marxisme. Il s’avère qu’aujourd’hui cette table rase peut nous aider, parce que l’art, la littérature, la vulgarisation scientifique, toute une interrogation sur les « valeurs », retrouve ce goût iconoclaste face à la tartufferie ambiante. C’est ce monde là, le chinois qui s’est mis en mouvement et nous entraîne vers la conscience historique dans une sorte d’engrenage dont la lutte des classes fut-ce sous la forme de la mauvaise conscience des « bobos » n’est jamais absente, cela aide à attendre dans l’asphyxie, la courte vue et la vulgarité ambiante… Continuer la lecture de Quelle peut être encore la contribution des « intellectuels » français ? par Danielle Bleitrach

Annulation de la projection du film « Barbie » : « Je suis autant outré par l’intervention des auteurs que par la récupération de l’extrême droite », réagit le maire PCF de Noisy-le-sec

Alors que la ville de Noisy-le-sec préparait la diffusion en plein air du film « Barbie », prévue le 8 août, un groupe de jeunes a menacé de saboter la projection. Olivier Sarrabeyrouse, le maire PCF, a porté plainte ce matin, ainsi que la ministre de la Culture, Rachida Dati.

La soirée du 8 août aurait dû être un moment chaleureux pour celles et ceux qui n’ont pas les moyens de partir en vacances. Au lieu de ça, un petit groupe de jeunes a intimidé des agents du service public et menacé de saboter le matériel de projection du film Barbie.

La raison ? L’œuvre de Greta Gerwig « prône l’homosexualité » et porterait « atteinte à l’intégrité de la femme », ont-ils déclaré. Dans un communiqué, le maire communiste de la ville, Olivier Sarrabeyrouse a dénoncé des « arguments fallacieux, traduisant l’obscurantisme et le fondamentalisme instrumentalisés à des fins politiques », précisant que les habitants du quartier de Londeau, où devait avoir lieu la projection, avaient eux-mêmes choisi le film. Continuer la lecture de Annulation de la projection du film « Barbie » : « Je suis autant outré par l’intervention des auteurs que par la récupération de l’extrême droite », réagit le maire PCF de Noisy-le-sec

Comment lutter contre l’invisibilisation du sport féminin ?

Se basant sur un modèle sportif masculin, les médias laissent une place insuffisante aux sportives et entretiennent une discrimination genrée, obligeant les athlètes à prouver leur valeur pour obtenir reconnaissance et respect.

 

Il faut une organisation sportive égalitaire, excluant les stéréotypes, et qui donne les moyens aux femmes de rayonner dans leur discipline.

Sandy Montañola, Maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Rennes

Le sport est un milieu historiquement construit comme masculin : les institutions sportives, les médecins et les politiques en ont écarté les femmes. Leur intégration s’est donc faite discipline par discipline, au prix de nombreuses luttes. Les inégalités sont néanmoins encore nombreuses, notamment dans les médias, où les sportives sont largement invisibilisées. Continuer la lecture de Comment lutter contre l’invisibilisation du sport féminin ?