Fermeture des écoles : enseignants et élèves se préparent à une parenthèse désenchantée

Depuis un an, rien n’a été fait pour éviter une nouvelle fermeture des écoles, ni pour préparer celle-ci. Qui, de fait, pourrait produire les mêmes effets que la première.

« Une forme de petite parenthèse au mois d’avril. » À entendre Jean-Michel Blanquer, le 1er avril sur RTL, on aurait presque cru qu’il parlait de ses prochaines vacances en amoureux. Mais non : il était bien question de l’annonce, la veille, de la fermeture pour quatre semaines des établissements scolaires, de la maternelle au lycée. Cette « petite parenthèse » dans ce qu’il a osé appeler « une année scolaire pleinement réussie », il est sans doute le seul à la voir sous cet angle.

Continuer la lecture de Fermeture des écoles : enseignants et élèves se préparent à une parenthèse désenchantée

Seconde fermeture des écoles in Caf. Péda.

Pour la seconde fois, Emmanuel Macron décrète la fermeture générale des écoles, collèges et lycées à partir de lundi prochain. Un an après la première fermeture, presque jour pour jour, cette décision signe l’échec des demi mesures prises depuis des mois par JM Blanquer. Sans changement de cap quel sera son impact durable ?

Fermeture pour un  mois

« Oui, le virus circule dans les établissements scolaires. Mais pas plus qu’ailleurs », a dit Emmanuel Macron le 31 mars en présentant les nouvelles mesures de confinement. Une affirmation immédiatement démentie par le fait que le seul confinement total décidé par le président de la République concerne les écoles. « L’éducation de nos enfants, elle, n’est pas négociable. L’école n’est pas négociable. C’est pourquoi nous devons prendre nos responsabilités. Oui, il faut freiner le virus. Aussi, nous aller fermer durant trois semaines les crèches, les écoles, les collèges et les lycées », poursuit E Macron dans un racoirci où la logique se perd. Continuer la lecture de Seconde fermeture des écoles in Caf. Péda.

Précarité. De plus en plus de jeunes sont sans emploi ni formation

© Nicolas Tucat/AFP

© Nicolas Tucat/AFP

Une étude de l’Insee parue le 26 mars détaille la situation des 15 à 29 ans sans diplôme, de plus en plus marginalisés sur le marché du travail.

Les jeunes sont les premières victimes de l’impact économique de la crise sanitaire. Entre 2019 et 2020, la part des 15-29 ans à n’être ni en emploi, ni en études, ni en formation, également appelés Neet (pour « neither in employment nor in education or training »), qui comptait déjà 1,5 million de personnes en 2019, a augmenté de 1,1 point. Ils sont désormais 13,5 % de l’ensemble de cette classe d’âge, selon une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publiée le 26 mars.

Continuer la lecture de Précarité. De plus en plus de jeunes sont sans emploi ni formation

Covid-19. Dans les écoles, « on ne peut plus continuer dans ces conditions »

Infographie cas de covid à l'école. Infographie Humanité

Infographie cas de covid à l’école. Infographie Humanité

La colère gronde dans les établissements des régions les plus touchées par le coronavirus. Droit de retrait, grève envisagée : les enseignants refusent de mettre en danger la vie de tous. Et posent la question de la fermeture.

« C’est devenu invivable. » La lassitude, la fatigue se font entendre dans la voix de Marie-Hélène Plard. Directrice d’école maternelle en Seine-Saint-Denis, mais aussi cosecrétaire départementale du SNUipp-FSU, elle n’est pourtant pas du genre à baisser les bras. Mais, dans les 19 départements confinés, et plus encore dans le sien, la montée brutale de l’épidémie semble dépasser les limites de ce que le système scolaire et ses acteurs, déjà beaucoup sollicités depuis un an, peuvent endurer. Au point que beaucoup craignent, si des mesures à la hauteur de la menace ne sont pas prises en urgence, que la situation n’échappe à tout contrôle. Jusqu’à envisager, à leur corps défendant, la fermeture des écoles.

Continuer la lecture de Covid-19. Dans les écoles, « on ne peut plus continuer dans ces conditions »

Covid : Bruits de fermeture et provocation in caf. péda.

A l’envolée des taux d’incidence des jeunes d’âge scolaire, très au dessus du niveau de novembre 2020, répond l’agressivité de la campagne publicitaire lancée par le ministère de l’éducation nationale sur les réseaux sociaux. Le slogan « Aller à l’école c’est rester en bonne santé » ne prend pas que le contre pied de l’évidence. Il répond de façon particulièrement agressive aux pressions pour alléger les classes dans les lycées et collèges. N’empêche : au gouvernement l’idée de la fermeture des écoles fait son chemin.

La montée de la vague

Il fallait oser. Le ministère de l’éducation nationale lance le 24 mars une campagne publicitaire sur Twitter avec comme slogan « Aller à l’école c’est rester en bonne santé ». En petits caractères en dessous on apprend qu’il s’agit de bénéficier de l’EPS et de la cantine. Mais l’expérience que font enseignants et parents c’est l’explosion de la contamination des jeunes d’âge scolaire.

C’est ce que disent les nombres donnés par l’Education nationale la semaine dernière. Mais c’ets surtout ce que montrent les données du ministère de la Santé. Le taux d’incidence des 0-9 ans a nettement dépassé le niveau de novembre 2020 en moyenne dans le pays. En Ile de France il est plus de deux fois supérieur ! Celui des 10-19 ans est encore un peu en dessous en France mais très au dessus dans les 16 départements comme l’IDF. Chaque journée apporte ses annonces de fermetures d’établissements et de classes. Elles se multiplient.

La Fsu demande des demi groupes dans les collèges

Les syndicats reflètent l’inquiétude sur le terrain. Le Snes Hauts de France, une des régions les plus touchées, après la fermeture de plusieurs collèges et le retrait des enseignants au collège e Marly, demande le passage en urgence des effectifs en demi classe dans les collèges. Les syndicats FSu de Créteil, autre zone faisant partie des 16 départements, demande des demi classes dans les lycées et les collèges et des équipements pour controler la qualité de l’air dans les classes.

Epidémiologistes et gouvernement envisagent la fermeture

Des épidémiologistes demandent la fermeture des établissements scolaires. Arnaud Fontanet, membre du conseil scientifique, sur BFM, rappelle que « les autres pays ne s’en sont pas sortis autrement ». Dominique Costagliola demande de vrais demi groupes. « Si toute la classe est là une semaine sur deux l’impact n’est pas le même que si les élèves viennent chaque jour mais seulement réunis par demi groupes ».

Selon Europe 1, « en haut lieu on évoque discrètement  l’obligation de fermer les écoles » pour freiner l’épidémie.  C’est à cette réflexion que s’adresse la publicité agressive de la rue de Grenelle.

Chez Chronodrive, une bien étrange mise à pied pour un tweet

Toulouse, le 12 février. Rozenn Kevel prend la parole lors d'un rassemblement de soutien, place du Capitole. © Hector Passat

Toulouse, le 12 février. Rozenn Kevel prend la parole lors d’un rassemblement de soutien, place du Capitole. © Hector Passat

Rozenn, une étudiante toulousaine, risque d’être licenciée après avoir dévoilé sur Twitter les mauvaises pratiques en matière de gaspillage alimentaire dans cette enseigne appartenant au groupe Auchan. Mais pour cette syndiquée CGT, cette affaire en cache une autre, liée à sa dénonciation du sexisme au sein de l’entreprise.

Quand Rozenn Kevel, employée au magasin Chronodrive de Basso-Cambo, à Toulouse (Haute-Garonne), est convoquée le 6 mars, elle tombe de haut. Son directeur de magasin lui annonce sa mise à pied à titre conservatoire en vue d’un potentiel licenciement. « Il m’a dit que ce n’était pas dû à la qualité de mon travail mais à des faits dans ma vie personnelle », raconte à l’Humanité l’étudiante de 19 ans.

Continuer la lecture de Chez Chronodrive, une bien étrange mise à pied pour un tweet

Covid 19: Blanquer contesté sur sa gestion de la crise sanitaire in Caf. Péda.

Alors que l’épidémie de Covid 19 explose généralement en France et particulièrement dans les établissements scolaires, la gestion de la crise sanitaire par l’Education nationale est vivement critiquée. JM Blanquer maintient ses propos : « il y a moins de contamination dans les établissements scolaires que dans la population en général ».

Doublement des élèves malades

Mauvais chiffres pour l’Education nationale qui affiche un doublement du nombre des élèves contaminés lors de la semaine du 19 mars avec 15484 élèves contre 9221 la semaine précédente et 1809 personnels contre 1106. Encore ces nombres sont-ils nettement sous-évalués. Le ministère de la santé donne 8307 jeunes de 0 à 19 ans contaminés pour la seule journée du 15 mars.

Continuer la lecture de Covid 19: Blanquer contesté sur sa gestion de la crise sanitaire in Caf. Péda.

À propos d’un concept. Des perspectives « écomunistes » qui s’insinuent peu à peu… Par André Prone

-

André Prone Poète et essayiste

Voilà près de quinze ans que je m’attache, avec d’autres, à comprendre l’histoire des rapports sociaux et des relations humaines et à penser de manière critique le capitalisme dans toutes ses dimensions, mais aussi à chercher à ouvrir une perspective à la fois radicale et lucide pour en sortir. Cela s’effectue non seulement dans l’idée d’un retour à Marx, mais avec la volonté d’en prolonger la pensée en tenant compte de ce qui a changé depuis l’émergence du marché-monde, issu de l’hyperconcentration des capitaux et de la révolution numérique, auquel s’ajoutent la profonde crise environnementale, sans oublier la sordide montée du néofascisme mondial piloté par l’impérialisme américain et l’échec du « socialisme réel » vers la fin des années 1980.

Chemin faisant, et bien que tout ce travail débouche sur le concept d « écomunisme », j’ai pu m’appuyer sur la notion d’idéologie du désir de Michel Clouscard et son fameux Capitalisme de la séduction, et encore sur la pensée de Spinoza, et plus tardivement sur celle de Gramsci dans les Cahiers de prison. Continuer la lecture de À propos d’un concept. Des perspectives « écomunistes » qui s’insinuent peu à peu… Par André Prone

Césars. Dupontel triomphe, le monde du cinéma crie à l’aide

L'actrice Corinne Masiero nue sur la scène des 46e César le 12 mars 2021 pour dénoncer la fermeture des lieux culturels en pleine épidémie de Covid-19. @ BERTRAND GUAY / AFP

L’actrice Corinne Masiero nue sur la scène des 46e César le 12 mars 2021 pour dénoncer la fermeture des lieux culturels en pleine épidémie de Covid-19. @ BERTRAND GUAY / AFP

Sept trophées au total: Albert Dupontel, qui décroche pour la première fois à 57 ans le «meilleur film» pour Adieu les cons, est le grand gagnant de la 46e cérémonie des César, qui a eu lieu ce vendredi soir, sur fond de pandémie. Un écérémonie marquée par de nombreuses interpellations de la ministre de la Culture.

Cette édition 2021 a sans surprise pris une tournure très politique, alors qu’en pleine épidémie de Covid-19 les cinémas restent fermés depuis des mois, sans perspective de réouverture. Roselyne Bachelot, a été apostrophée de très nombreuses fois depuis la scène des César par des acteurs, réalisateurs ou producteurs lui demandant qu’elle agisse pour leur assurer un avenir en pleine pandémie.

Marina Foïs, maîtresse de Cérémonie de la soirée, a donné le ton. “Comme on est en France et que le virus touche surtout les vieux, on a enfermé les jeunes et fermé les cinémas, les théâtres, les musées et interdit les concerts” dit-elle d’emblée. Un ton vif, incisif, avec des piques bien senties à l’égard de la ministre de la Culture, qui font mouche. Si la soirée a fait la fête au cinéma, Roselyne Bachelot ne fût pas à la fête…

Moment fort de la soirée,  l’actrice Corinne Masiero, entrée sur scène avec un costume sanguinolent de Peau d’âne et se mettant à nu, dans une figuration de la nudité de la culture abandonné par le gouvernement. Sur sa poitrine, le slogan : « No culture, no future ». Sur son dos, l’inscription « Rend nous l’art Jean ! » s’adressait cette fois au Premier ministre Jean Castex. « Maintenant, on est comme ça, tout nus », a conclu la comédienne, défendant les intermittents, fragilisés par des mois d’inactivité en raison de la fermeture des lieux culturels.

Jean-Pascal Zadi césarisé comme Meilleur espoir masculin dans Tout simplement noir a déclaré citant Frantz Fanon que « Chaque génération doit trouver sa mission, l’accomplir ou la trahir », « Ma mission, c’est la mission de l’égalité », a-t-il ajouté, soulignant que son film parlait « avant tout d’humanité », et remerciant des acteurs et cinéastes noirs ou issus de la diversité qui ont « ouvert la brèche » avant lui, d’Omar Sy à Ladj Ly.

Mais Jean-Pascal Zadi est allé plus loin en  interrogeant cette « humanité », en citant des affaires emblématiques : Adama Traoré, mort en 2016 après son arrestation par des gendarmes, Michel Zecler, le producteur de rap victime de violences policières en novembre 2020, ou encore l’esclavage et ses figures ayant encore des statues et des rues à leur nom, et le scandale sanitaire du chlordécone aux Antilles.

Remettant le prix du Meilleur second rôle féminin, Jeanne Balibar a dénoncé, avec classe, la disparition des actrices à l’écran dès lors qu’elles franchissent le seuil fatidique de la quarantaine. A l’exception des deux ministres du travail à la manœuvre de la réforme de l’assurance-chômage (dans l’ordre d’apparition, Muriel Pénicaud et Elisabeth Borne). Peut-être ces deux-là mériteraient-elles un césar de la Casse sociale ?

Chiara Mastroianni, venue remettre un César, actuellement en répétition au théâtre de l’Odéon occupé, a laissé la  parole à Denis Gravouil, secrétaire de la CGT-Spectacle qui a ainsi exposé les raisons de ce mouvement d’occupation qui s’étend à de nombreux théâtres en France. Roselyne Bachelot, présente à l’Olympia mais invisible, a dû ronger son frein…


Voici le palmarès complet de la cérémonie :

Meilleur film: Adieu les cons d’Albert Dupontel

Meilleure réalisation: Albert Dupontel pour Adieu les cons

Meilleure actrice: Laure Calamy dans Antoinette dans les Cévennes

Meilleur acteur: Sami Bouajila dans Un fils

Meilleure actrice dans un second rôle: Emilie Dequenne dans Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait

Meilleur acteur dans un second rôle: Nicolas Marié dans Adieu les cons

Meilleur espoir féminin: Fathia Youssouf dans Mignonnes

Meilleur espoir masculin: Jean-Pascal Zadi dans Tout simplement noir

Meilleur premier film: Deux de Filippo Meneghetti

Meilleur scénario original: Albert Dupontel pour Adieu les cons

Meilleure adaptation: Stéphane Demoustier pour La fille au bracelet

Meilleure musique originale: Rone pour La nuit venue

Meilleur film étranger: Drunk de Thomas Vinterberg

Meilleur film d’animation: Josep d’Aurel


Meilleur documentaire: Adolescentes de Sébastien Lifshitz

Meilleur décor: Carlos Conti pour Adieu les cons

Meilleur costume: Madeline Fontaine pour La bonne épouse

César des lycéens: Adieu les cons d’Albert Dupontel

Accès à la santé des immigrés: le rôle des centres de santé… Par Dr Eric May

 

La question de l’accès à la santé des immigrés, et plus précisément, celle de leur accès au système de soins et de protection sociale réapparaissent régulièrement dans le débat public en France. Elles sont portées idéologiquement de façon accusatrice par le camp des droites les plus extrêmes  mais aussi par les femmes et hommes politiques qui ont besoin d’occuper le terrain médiatique et qui pensent flatter – et séduire – une partie de l’électorat: la droite dénonce ainsi depuis longtemps son coût et l’appel d’air que constituerait le modèle social et sanitaire français trop généreux. Les débats fumeux s’appuient souvent sur des données fausses, mal expliquées et en fait ignorent tout simplement la réalité, le vécu des personnes immigrées et de leurs soignants.

Tout d’abord, rappelons que tout être humain a le droit d’être soigné quand il est malade. Du serment d’Hippocrate à la constitution de l’OMS[1], en passant par la déclaration de Genève de l’Association Médicale Mondiale en 1948, le droit de toutes et tous à accéder aux meilleurs soins est une obligation déontologique qui s’impose à tous les médecins et de ce fait à toutes les structures qui les emploient[2]. Ce point de vue éthique n’est pas négociable aujourd’hui. Ceci règle en grande partie la question de savoir si un immigré – particulièrement sans papier – a le droit à l’accès aux soins. Évidemment, les professionnels de santé le constatent chaque jour, le pouvoir politique utilise depuis toujours d’autres subterfuges pour contourner ces obligations qui lui sont faites et réduire, contrôler, limiter cet accès.  Ainsi l’Aide Médicale d’Etat (AME), dont l’obtention est un parcours du combattant pour beaucoup, n’ouvre pas droit à tous les soins.

Continuer la lecture de Accès à la santé des immigrés: le rôle des centres de santé… Par Dr Eric May