Dans le Sud-Ouest, des milliers de porcs, deux présidents, et un ancien camp de concentration … in REPORTERRE + Lettre de MER

Celia Izoard (Reporterre)

Dans le Tarn-et-Garonne, l’extension d’une porcherie industrielle là où furent internés des républicains espagnols à la fin des années 1930 rencontre une farouche résistance. D’une part, pour la préservation de ce lieu de mémoire ; de l’autre, contre l’élevage intensif, qui soulève ici un parallèle historique plus que morbide.

Lundi 15 mars, Emmanuel Macron se rendra à Montauban, dans le Tarn-et-Garonne, pour une rencontre au sommet avec Pedro Sánchez, président du gouvernement espagnol. Ce sera certainement pour les deux chefs d’État l’occasion de se recueillir sur la tombe de Manuel Azaña, président de la République espagnole de 1936, mort en exil à Montauban en 1940, un an après la défaite contre Franco.

Emmanuel Macron ne le sait peut-être pas, mais il s’apprête à mettre le pied dans une situation où il pourrait lui être difficile de célébrer tranquillement la mémoire de l’Espagne républicaine. Depuis quelque temps, sur les marchés du Tarn-et-Garonne, surgissent des personnes affublées de masques de cochon qui entonnent à pleine voix les célèbres chants de la Guerre d’Espagne : El ejército del Ebro! Rum balarum balarum bam bam! Cette vision loufoque reflète en miroir l’obscénité d’un projet qui voit le jour à trente kilomètres de Montauban : un élevage intensif de porcs sur un ancien camp d’internement de républicains espagnols.

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Appel des communistes: L’urgence d’un nouveau monde ! (PCF82)

Soyons Clairs !

Face à la pandémie qui nous menace au quotidien et nous angoisse tant, le capitalisme est incapable de répondre à l’intérêt général et aux besoins vitaux des populations. Il plonge de plus en plus l’humanité dans le chaos social et écologique.

Les politiques d’austérité successives fragilisent depuis trop d’années les services publics et leurs emplois. Ce sont eux pourtant avec leurs salariés qui sont au quotidien sur le pont.

La pauvreté, le chômage, la précarité, le désespoir des jeunes, étudiants et précaires, se répandent largement.

Or, dans le même temps et en pleine crise sanitaire, l’indice CAC des 40 principales valeurs privées s’envole de 26,37 %. En Europe, les milliardaires ont vu leur fortune bondir de 14 %, de 25 % aux Etats-Unis. Les actionnaires s’enrichissent alors que le chômage s’envole.

Ce capitalisme financier affaiblit et déstructure nos capacités industrielles et de recherche.

Preuve en est le scandale Sanofi. Cet ancien fleuron français de la santé et du médicament est incapable aujourd’hui de fournir un vaccin anti-covid. Il a bénéficié de beaucoup d’argent public via le Crédit impôts recherche. Pourtant le groupe a licencié la moitié de ses chercheurs en France et dans le monde. Il ne reste plus que trois laboratoires de recherche sur les onze que comptait l’entreprise. La direction Sanofi et le gouvernement refusent toujours que ses chaînes de production sous-traitent la fabrication de vaccins conçus ailleurs…

Soyons Convaincus !

Des alternatives existent mais il faut choisir : servir la rapacité des actionnaires où l’intérêt général ? De partout, montent les exigences de bien public, de mise en commun, de partage des richesses, de propriété collective, de coopération, de vivre ensemble, de solidarité…

Des valeurs sur lesquelles se fondent les véritables propositions transformatrices :

  • Versement d’argent public sous condition d’utilité sociale et environnementale, l’interdiction des licenciements dans les entreprises qui ont bénéficié de ces versements,
  • Revalorisation des minimas sociaux et des bas salaires, des agents de la fonction publique,
  • Mise en œuvre d’un véritable impôt sur les fortunes,
  • Création de nouveaux services publics dans les domaines de la santé, du médicament, de l’eau…

C’est avec combativité que les élus communistes au plan régional ou local agissent pour la gratuité des transports collectifs, pour la création de centres publics de santé dans les territoires…

Soyons Combatifs !

Malgré les contraintes sanitaires et sociales difficiles qui pèsent sur la vie quotidienne, nombreux sont les salariés qui ne baissent pas les bras et luttent courageusement contre l’austérité infligée aux services publics, contre la casse des entreprises et des emplois, contre la mal-vie. C’est le cas des personnels EDF unanimement opposés avec tous leurs syndicats au projet Hercule de démantèlement de l’entreprise publique de l’énergie. C’est le cas aussi des enseignants, des personnels de santé, des étudiants, des salariés des entreprises de logistique…

Il n’y aura pas de changements ni de progrès durables sans des mobilisations multiformes et des débats sur les mesures urgentes à imposer qui doivent accompagner ces mobilisations.

Les communistes s’engagent à participer à toutes les initiatives à venir contre l’austérité, pour plus de solidarité, pour une meilleure répartition des richesses et pour l’accès de tous à une vie décente. Ils appellent les citoyens attachés aux valeurs de gauche à les rejoindre au-delà des échéances électorales dans les combats quotidiens.

Ensemble et unitaire, bâtissons ce nouveau monde !

 

Vous pourrez rencontrer les communistes :

Samedi 13 à Beaumont de Lomagne dés 10h30 sur le marché

Dimanche 14 à Moissac dés 10h30 sur le marché

Mardi 16 à Valence d’Agen dés 10h30 sur le marché

 


Ensemble et unitaire, bâtissons ce nouveau monde !

Je suis d’accord sur les propositions faites, je souhaite être contacté (e) et participer

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J’ai des propositions, je les exprime :

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Contacts PCF Espace Métais 24, rue de la Révolution 82100 Castelsarrasin 06 .85.73.52.10 Pages dédiées sur FaceBook®

 

Féminisme. Ce 8 mars, « on était sûres qu’il y aurait du monde »

Lundi, une vague violette et déterminée a déferlé dans les rues de la capitale, à l’appel de 37 organisations féministes et syndicales. © Bertrand Guay/AFP

Lundi, une vague violette et déterminée a déferlé dans les rues de la capitale, à l’appel de 37 organisations féministes et syndicales. © Bertrand Guay/AFP

Des dizaines de milliers de manifestantes et manifestants ont défilé pour les droits des femmes à Paris. Un parcours marqué par différents arrêts pour rendre hommage aux premières de corvée et aux victimes de violences.

Derrière les barreaux, des visages se dégagent : le ministre Gérald Darmanin, les acteurs Gérard Depardieu et Richard Berry, le réalisateur Roman Polanski, le journaliste Patrick Poivre d’Arvor, l’élu Georges Tron, le juriste Olivier Duhamel… Tous accusés de viols par des témoignages récents, qui ont permis d’ouvrir des enquêtes, de faire changer la loi. Mais les portraits sont en papier, la prison est en carton, et autour de ce castelet improvisé devant le vrai Palais de justice, les Rosie entament une nouvelle version de l’hymne des femmes : « MeToo, la délivrance des femmes/Hashtag qui brise les tabous/On libère nos paroles, les femmes/“El violador eres tu”. » La foule reprend en boucle : « Violeur, à toi d’avoir peur. »

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Grève féministe. Pour le 8 mars, les « premières de corvée » vont donner de la voix + Appel Montauban

La première grève féministe en Espagne, le 8 mars 2018 a mobilisé des millions de personnes afin d’exiger plus de parité et d’égalité entre les femmes et les hommes(AFP PHOTO / Pau Barrena)

La première grève féministe en Espagne, le 8 mars 2018 a mobilisé des millions de personnes afin d’exiger plus de parité et d’égalité entre les femmes et les hommes(AFP PHOTO / Pau Barrena)

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, lundi 8 mars, une trentaine d’organisations appelle à une « Grève féministe ». L’occasion de mettre en avant des travailleuses sous-payées, peu considérées et pourtant indispensables, comme l’a montré la crise sanitaire.

Plus que jamais cette année, la mobilisation prend tout son sens. La pandémie de Covid-19 a exacerbé les inégalités entre femmes et hommes. « Les femmes sont indispensables au fonctionnement de la société et invisibilisées en permanence », explique le collectif de 37 organisations rassemblées sous le mot d’ordre « Grève féministe ». « La crise sanitaire a mis en lumière le rôle fondamental des femmes dans la société mais les premières de corvée ne sont toujours pas reconnues », appuie Anne Leclerc, du mouvement On arrête toutes. La mobilisation réunit un éventail large d’associations (dont Osez le féminisme, Les Effronté-es, Le Planning familial…) de syndicats (CGT, FSU, Solidaires, UNEF…) et de partis politiques (PCF, France insoumise, Générations, EELV, NPA…).

Le 8 mars, des manifestations sont d’ores et déjà prévues dans plusieurs villes de France, notamment à Paris, Toulouse, Le Mans, Nantes, Strasbourg, Lyon, Lille et Marseille. Dans la capitale, le cortège s’élancera à 13 heures de Port-Royal. Soutien au monde de la culture et aux étudiants actuellement en difficulté, dénonciation des violences sexistes au travail, mise en avant du travail des caissières… Plusieurs animations sont prévues jusqu’au point d’arrivée, place de la République. Les soignantes seront à l’honneur, placées en tête de la manifestation. Au cœur des revendications : la hausse des salaires et une meilleure reconnaissance de leurs métiers peu valorisés.

Plus largement, les inégalités salariales persistantes selon le sexe seront rappelées. Oscillant entre temps partiels, précarité et petits boulots, les femmes continuent d’être moins bien payées que les hommes. Un appel à la grève a d’ailleurs été lancé par la CGT, FSU et Solidaires. Dans la fonction publique, des préavis ont aussi été déposés dans différents secteurs, dont ceux de la santé, de l’éducation, de l’énergie, du rail et à La Poste, indique Sophie Binet, de la CGT.

Dans le contexte de libération de la parole et de dénonciation des abus sexuels, les organisations féministes demandent également une meilleure prise en charge des victimes. « 45 % des universités n’ont pas de cellule de veille et d’écoute », regrette Mélanie Luce, la présidente de l’UNEF. Dans les entreprises, même combat. « Nous dénonçons l’oppression sexiste à McDo, résume Maylis, porte-parole du collectif McDroits. Et nos actions peuvent mener à des victoires, puisque depuis novembre, le port de la jupe n’est plus obligatoire pour les employées de McDo France. » Un premier rassemblement, « festif et politique », aura lieu dès le dimanche 7 mars, place de la République, de 13 heures à 17 heures. « Il alternera prises de parole et moments d’expressions artistiques, danses, chorales, théâtre, tout en affirmant sa solidarité avec les femmes du monde entier », ont précisé les organisateurs. Un premier tour de chauffe avant la mobilisation du lendemain.

Marceau Taburet


8 mars #metoo je vais manifester !

Dans le cadre de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, l’UD CGT 82, la FSU et Solidaires organisent  ce 8 mars un débat autour des violences sexistes et sexuelles dans et hors de l’entreprise, de même que l’égalité entre les hommes et les femmes !

 

C’est pourquoi nous organisons un débat autour de ces questions et bien d’autres le :

 

Lundi 8 mars 2021 de 9h00 à 12h00 dans les locaux de la CGT 17 rue d’Albert à Montauban, suivi d’un rassemblement devant la préfecture à 12h30.

L’Ecole et la crise sanitaire in Caf. Péda.

« Si l’Ecole a tenu son rôle, c’est surtout grâce à la professionnalité des acteurs et au respect de leur liberté et de leur autonomie dans le cadre sanitaire qui leur était imposé. Ces deux conditions ont permis des adaptations créatives, des relations renouvelées avec les élèves et leurs parents, des interrogations fécondes sur le numérique et ses limites, des dynamiques collectives, dans l’échange comme dans la décision ». C’est à un bilan précis et documenté que nous invitent Marc Bablet, Philippe Claus et Annie Tobaty, co-directeurs du numéro 169 d’Administration & Education. Ce numéro de la revue de l’Afae ne cache rien. Il donne à voir la crise du pilotage qui s’est installée au début du confinement quand les managers ont perdu pied et que les professeurs, avec quelques rares cadres, ont été les seuls à tenter de faire vivre l’Ecole. Il montre aussi l’évolution du métier enseignant en raison des circonstances. Quel bilan tirer de cette période ? Quand on voit l’impréparation alors que la probabilité d’un second confinement est très forte, sans doute que le ministre préfère oublier cette page pas glorieuse. Avec ce numéro de la revue de l’AFAE ça va être plus difficile…

Le radeau de la Méduse

« À la lecture des entretiens réalisés à l’issue du confinement pour le présent numéro, deux images viennent à l’esprit : Le Radeau de La Méduse de Géricault et le porte-avions Charles de Gaulle appareillant de Toulon », expliquent Claude Bisson Vaivre et Annie Tobaty en s’appuyant sur un sondage auprès des adhérents de l’AFAE. Le radeau de la Méduse c’est quand les fonctionnaires de l’Education nationale ont vu leur administration s’éloigner au loin et l’Ecole menacée de couler. Rappelons nous ces premiers jours qui ont suivi le 12 mars et l’annonce de la fermeture des écoles alors que le ministre avait affirmé le contraire. « Je me suis senti abandonné, en proie à un niveau de stress qui n’a cessé d’augmenter », raconte un acteur de terrain. La revue ne cache pas que, si certains Dasen sont restés fidèles au poste, d’autres ont disparu jusqu’au mois de mai. Un mouvement qui a pu  concerner d’autres cadres. L’administration ne fonctionnant plus c’est par les chaines d’actualité que des informations passent. Les enseignants découvrent « le caractère inopérant des outils.. du fait de la volonté dogmatique d’imposer les outils nationaux ». Ils découvrent aussi la fracture numérique , qui était niée depuis des années. « Si, nombreux sont ceux qui s’accordent pour dire que la période de confinement a libéré la créativité des équipes et modifié les relations tant au sein des équipes qu’avec les élèves et leurs familles, ils sont aussi nombreux à se sentir désemparés par le silence du niveau académique », disent Claude Bisson Vaivre et Annie Tobaty. Continuer la lecture de L’Ecole et la crise sanitaire in Caf. Péda.

Table ronde. Quels sont les combats féministes pour aujourd’hui ?

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Rappel des faits La lutte pour l’égalité des droits entre les hommes et les femmes constitue une composante essentielle de celle pour l’émancipation, qui concerne l’humanité entière et se mène sur tous les terrains. Avec Fatima-Ezzahra Cofondatrice de l’association les Effronté-es Benomar Martine Storti Journaliste et écrivaine (1) Hélène Bidard Adjointe PCF à la maire de Paris chargée de toutes les questions relatives à l’égalité femmes-hommes

Quel état des lieux dressez-vous de l’égalité des droits entre les hommes et les femmes dans nos sociétés ?

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atima-Ezzahra Benomar Dans le monde du travail, dont on a l’impression qu’il est devenu un univers mixte, la moitié des femmes actives en France sont cantonnées dans seulement 12 des 85 catégories socioprofessionnelles répertoriées par l’Insee : femmes de ménage, femmes de chambre, caissières, vendeuses, infirmières, secrétaires, des métiers dont la pénibilité est souvent ignorée, les contrats précaires, les salaires bas, le temps partiel non choisi, et qui aboutissent à des pensions de retraite modiques. Sans compter que cette situation les expose aux violences, en témoigne le cas des femmes de chambre grévistes de l’hôtel Ibis Batignolles.

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Revalorisation : Blanquer promet des arbitrages fin mars in Caf. Péda.

« C’est au mois de mars qu’on va pouvoir préciser certaines choses ». Interrogé sur France Inter le 2 mars, JM Blanquer a promis de rendre ses arbitrage sur la revalorisation avant la fin mars. Il a signé le 2 mars le décret instituant la revalorisation des enseignants en début de carrière. Il promet de nouvelles avancées sous conditions. Qu’en penser ?

Une revalorisation 2021 limitée à 12€ pour  la grande majorité des enseignants

« C’est au mois de mars qu’on va pouvoir préciser certaines choses. Il y a des augmentations qui ont déjà eu lieu comme la prime informatique mais aussi la prime d’attractivité pour les enseignants jeunes qu’ils verront à partir de mai », a déclaré JM BLanquer sur France Inter le 2 mai. « On prépare le budget 2022 dans une perspective ambitieuse pour continuer la revalorisation. Il est important d’avoir une augmentation des salaires mais aussi une augmentation qualitative. J’invite à aller voir le document sur le professeur du 21ème siècle pour voir ce qui peut nous moderniser ».

Ainsi JM BLanquer ne se limite pas à faire le point de la revalorisation 2021. Alors que les résultats du Grenelle de l’éducation sont attendus depuis début février, il semble avoir fait ses arbitrages et affirme être en situation d’annoncer les conditions d’une revalorisation.

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École: Qui va faire passer les tests ? (lettre au ministre du SNUIPP-FSU)

Alors que les tests salivaires se déploient dans les écoles, des velléités d’utiliser les personnels enseignants apparaissent dans certains départements. Une nouvelle fois, les missions des PE se trouvent détournées en leur faisant porter une responsabilité qui ne peut être la leur. Le SNUipp-FSU s’adresse au ministre et lui pose un certain nombre de questions qui ne manqueront pas d’être soulevées dans le quotidien des écoles.

La lettre au ministre 

Monsieur le Ministre,

Les tests salivaires se déploient dans les écoles depuis quelques jours, sans aucun texte de cadrage ministériel mais avec de nombreuses opérations de communication médiatique.
Une nouvelle fois, l’impréparation de votre gestion de la crise sanitaire dans les écoles est flagrante. Les modalités de mise en œuvre de ces tests divergent donc d’un département à l’autre, tant au niveau du choix des écoles que dans leur réalisation. Les enseignantes et les enseignants des écoles pourraient en effet se substituer aux personnels des laboratoires médicaux et faire passer eux-mêmes ces tests aux élèves.
Nous dénonçons vigoureusement cette éventualité où les personnels des écoles seraient donc encore livrés à eux-mêmes pour prévenir la pandémie dans les écoles. Les enseignant-es ne sont ni des infirmier-es, ni des personnels de laboratoire.
Ils ne font pas plus partie des extensions successives de l’arrêté du 10 juillet 2020 listant les personnels pouvant réaliser des tests RT-PCR, naso-pharyngés comme salivaires.
Par ailleurs, cette politique de tests manque d’ambition et reste très loin d’un dépistage massif des élèves comme de l’ensemble des personnels permettant une surveillance épidémiologique régulière des écoles et des établissements scolaires.
Comment avez-vous élaboré la démarche scientifique qui guide ces tests ?

Concrètement, cette campagne pose de nombreuses interrogations sur le plan sanitaire et organisationnel que nous vous soumettons et pour lesquelles les personnels des écoles ont besoin de réponses urgentes.
En amont, les enseignant·es devront recueillir l’accord écrit des parents et des informations sur leur numéro de sécurité sociale, ce qui va reposer pour beaucoup sur les directrices et directeurs dont la tâche de travail est déjà énorme, et peut poser également question sur la sensibilité des informations transmises, par exemple pour une famille bénéficiaire de la CMU. Comment et combien de temps ces données sont-elles conservées ? Votre ministère a-t-il procédé aux démarches juridiques nécessaires et a-t-il déclaré ce recueil auprès de la CNIL ?

Pour la réalisation des tests, les enseignants et les enseignantes devraient superviser son déroulement. Cela pose également une multitude de questions comme celle de la gestion des autres élèves durant ce temps, qui s’avère être très long, sans accroître le brassage dans l’école ? Avez-vous prévu de mettre à disposition de chaque école des brigades de remplacement ? Quel nettoyage des locaux servant aux tests où les enfants auront émis une multitude de postillons est-il prévu ? De même, quelles consignes et techniques d’aération sont prévues pour empêcher l’aérosolisation ?

Enfin, la réalisation de ces tests par les enseignant·es pose questions, celle de leur responsabilité, sur le plan juridique notamment. De même, quelles garanties apporterait votre ministère en termes de formation et de fourniture d’équipements de protection adéquats ?
Nous dénonçons le mépris avec lequel vous considérez les enseignant-es des écoles en laissant ouverte la possibilité qu’ils puissent se substituer au personnel de laboratoire médical et le peu de considération que vous portez à l’école primaire.

Nous exigeons que votre ministère mette fin aux possibles recours aux enseignant-es pour réaliser les tests et que vous diffusiez au plus vite dans les écoles un texte de cadrage clair sur le déroulé de cette campagne de dépistage.
Dans l’attente de réponses de votre part, nous vous prions de croire, Monsieur le ministre, en notre sincère et profond attachement au service public d’éducation.

Paris, le 27 février 2021

La CCAS-énergie ouvre ses centres de vacances aux étudiants

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Quatre lieux gérés par les actions sociales des agents de l’énergie sont mobilisés, depuis quelques semaines, pour offrir un temps de répit aux jeunes frappés par les mesures anti-covid du gouvernement.

C’est dans leur ADN depuis toujours : répondre par la solidarité aux situations de crise qui touchent la société. Les électriciens-gaziers de la CCAS (les actions sociales des entreprises de l’énergie – N.D.L.R.) ont décidé, depuis le début du mois de février, d’ouvrir plusieurs de leurs centres de vacances aux étudiants frappés par les mesures gouvernementales anti-covid. Elles sont, pour un très grand nombre d’entre eux, synonymes d’isolement, de précarité, de détresse psychologique et de rupture dans le cursus universitaire.

« On a appris fin janvier que les colonies de vacances ne pourraient pas se tenir, explique Nicolas Cano, président CGT de la CCAS. L’ombre d’un nouveau confinement planait et on entendait de plus en plus parler de la crise qui traverse le monde étudiant. Certains de nos centres étaient prêts à recevoir du monde. On a donc décidé d’ouvrir celui du Cap d’Agde (Hérault), dans un premier temps, puis trois autres à partir de la mi-février. »

Prévenus par un courrier d’information adressé aux ayants droit de la CCAS, plusieurs centaines d’étudiants, enfants d’agents de l’énergie ont, en moins d’une semaine, répondu à l’appel. Une occasion inespérée, pour beaucoup, de rompre avec la situation imposée par les couvre-feux et la fermeture des universités, d’autant que chaque étudiant, fils ou fille d’agent électricien-gazier, peut inviter un ou une ami non bénéficiaire des actions sociales de la CCAS.

« On a également passé un accord avec le Secours populaire français pour accueillir d’autres jeunes, ajoute Patrick Coulet, président de la CMCAS Languedoc. Dans le centre du Cap d’Agde déjà plus de 250 étudiants se sont inscrits. Ils bénéficient d’un hébergement gratuit et d’une restauration saine et équilibrée. Grâce aux infrastructures existantes, dans le respect de gestes barrières, ils peuvent suivre leurs cours, à distance, de façon collective. Ils ont également la possibilité de profiter des activités sportives et culturelles proposées par le centre mais aussi devenir acteur de ce temps passé dans le centre en proposant des initiatives. » Une belle manière de lutter contre la morosité de cette période peu propice aux échanges et interactions normalement inhérents à la vie étudiante.

Pour l’heure, aucun contact n’a été établi avec le ministère de l’enseignement supérieur. « On n’a pas l’habitude d’attendre l’État pour être volontaire en situation de crise, précise Vanessa Flechet, attachée de presse au sein de la CCAS. Depuis toujours, nos centres sont ouverts l’hiver aux mal-logés. Nous l’avons fait aussi pour accueillir des réfugiés lors du démantèlement de la jungle de Calais ou encore au début de la crise sanitaire pour les soignants et les personnes atteintes du Covid sans lieu pour s’isoler. »

Depuis le 12 février, en plus de celui du Cap d’Agde, le centre d’Anglet, dans le département des Pyrénées-Atlantiques, celui des Sables d’Olonne, en Vendée et de Kaysersberg, dans le Haut-Rhin, sont désormais ouverts pour héberger des étudiants. « Pour l’instant, nous devons mener cette action jusqu’à la mi-mars mais nous espérons l’étendre aussi longtemps que possible », précise Patrick Coulet. Et Nicolas Cano d’ajouter : « Nous n’excluons pas d’ouvrir les portes d’autres centres, dans les prochaines semaines. »

Emilien Urbach

A l’école de la Commune de Paris de Jean-François Dupeyron (Par Daniel Amedro)

Jean-François Dupeyron
A l’école de la Commune de Paris
L’histoire d’une autre école
Editions Raisons et passions, 2020, 310 pages, 18,96 €

La Commune de Paris fête son 150e anniversaire en 2021. Sa pensée éducative et son action effective en matière scolaire sont encore très peu connues car le modèle dominant de l’histoire scolaire française les oublie systématiquement.

Pourtant, la première laïcisationdes écoles publiques fut l’œuvre de la République de Paris dès le 2 avril 1871. De même, celle-ci, dans les conditions extrêmement difficiles que lui imposa le second siège de Paris, entama la construction d’une école inspirée par la pensée pédagogique des divers socialismes du XIXe siècle. La notion d’éducation intégrale fut au cœur de cette approche d’une éducation nouvelle, qui voulait «  qu’un manieur d’outil puisse écrire un livre, l’écrire avec passion, avec talent, sans pour cela se croire obligé d’abandonner l’étau ou l’établi  ».

Cet ouvrage se consacre à l’étude de l’œuvre scolaire de la Commune de 1871 et propose de réhabiliter une histoire pédagogique presque totalement méconnue  : celle qui va des projets pédagogiques ouvriers dès les années 1830 au projet syndical d’école rouge de la jeune CGT avant le premier conflit mondial, en passant par l’école nouvelle élaborée par la Commune.

C’est donc la conception et l’histoire d’une autre école qui nous sont présentées ici : ni l’école étatique des «  républicains d’ordre  », ni l’école confessionnelle des congrégations religieuses, mais une école émancipée construite par et pour le peuple.

Jean-François Dupeyron est enseignant-chercheur en philosophie de l’éducation à l’Université de Bordeaux. Membre de l’équipe de recherche SPH (Sciences, Philosophie, Humanités), il travaille sur les questions d’école et d’éducation.

Librairie Publico
45 rue Amelot – 75011


Extrait:

La requête de la société L’Education Nouvelle à la Commune de Paris le samedi 1er avril 1871 à l’Hôtel-de-Ville

Le JORF en date du dimanche 2 avril 1871 en parle en ces termes :

« Les délégués de la société l’Education Nouvelle ont été reçus hier par les membres de la Commune, auxquels ils ont remis une requête conçue en ces termes :

A la Commune de Paris,

Considérant la nécessité qu’il y a, sous une République, à préparer la jeunesse au gouvernement d’elle-même par une éducation républicaine qui est toute à créer ;

Considérant que la question de l’éducation, laquelle n’est exclusive d’aucune autre, est la question mère, qui embrasse et domine toutes les questions politiques et sociales, et sans la solution de laquelle il ne sera jamais fait de réformes sérieuses et durables ;

Considérant que les maisons d’instruction et d’éducation entretenues par la commune, ou par le département ou par l’Etat, doivent être ouvertes aux enfants de tous les membres de la collectivité, quelles que soient les croyances intimes de chacun d’eux ;

Les soussignés, délégués de la société l’Education Nouvelle, demandent d’urgence, au nom de la liberté de conscience, au nom de la justice :

Que l’instruction religieuse ou dogmatique soit laissée tout entière à la direction libre et à l’initiative des familles, et qu’elle soit immédiatement et radicalement supprimée, pour les deux sexes, dans toutes les écoles, dans tous les établissements dont les frais sont payés par l’impôt ;

Que ces maisons d’instruction et d’éducation ne contiennent aux places exposées au regard des élèves ou du public aucun objet de culte, aucune image religieuse ;

Qu’il n’y soit enseigné ou pratiqué, en commun, ni prières, ni dogmes, ni rien de ce qui est réservé à la conscience individuelle ;

Qu’on n’y emploie exclusivement que la méthode expérimentale ou scientifique, celle qui part toujours de l’observation des faits, quelle qu’en soit la nature, physiques, moraux, intellectuels ;

Que toutes les questions du domaine religieux soient complètement supprimées dans tous les examens publics, et principalement dans les examens pour brevets de capacité ;

Qu’enfin les corporations enseignantes ne puissent plus exister que comme établissements privés ou libres.

La qualité de l’enseignement étant déterminée tout d’abord par l’instruction rationnelle, intégrale, qui deviendra le meilleur apprentissage possible de la vie privée, de la vie professionnelle et de la vie politique ou sociale, la société l’Education Nouvelle émet en outre le vœu que l’éducation soit considérée comme un service public de premier ordre ; qu’en conséquence elle soit gratuite et complète pour tous les enfants des deux sexes, à la seule condition de concours pour les spécialités professionnelles.

Enfin, elle demande que l’instruction soit obligatoire, en ce sens qu’elle devienne un droit à la portée de tout enfant, quelle que soit sa position sociale, et un devoir pour les parents ou pour les tuteurs, ou pour la société.

Au nom de la société l’Education Nouvelle, les délégués nommés dans la séance du 26 mars à l’Ecole Turgot :

Henriette Garoste, rue Saint-Paul, 43 ; Louise Lafitte, rue Saint-Paul, 43 ; J. Manier, rue du Faubourg Saint-Martin, 148 bis ; J. Rama, rue Caroline, 11 ; Rheims, rue d’Hauteville, 33 ; Maria Verdure, rue Sainte-Marie-du-Temple, 8.

« Il a été répondu aux délégués que la Commune était complètement favorable à une réforme radicale de l’éducation dans le sens qu’ils indiquaient ; qu’elle comprenait l’importance capitale de cette réforme, et qu’elle considérait la présente démarche comme un encouragement à entrer dans la voie où elle était résolue à marcher ».

L’analyse de Daniel Amédro pour mieux comprendre l’importance de l’école en ce 150ème anniversaire de la commune (Temps de lecture, en dehors de l’ouvrage de Jean-François Dupeyron, 25 minutes) en fichier PDF à ouvrir en cliquant ci-dessous