Les aspirations des classes populaires restent à gauche

Annie et Brigitte regardent à gauche : en avril, elles ne voteront ni Le Pen, ni Zemmour, ni Macron ». © Mathieu Dréan

Si le vote populaire pour l’extrême droite progresse depuis les années 1980, les attentes qui s’expriment, notamment envers les sujets économiques et sociaux, sont toujours très marquées à gauche.

Les classes populaires se seraient droitisées ? Si la progression du Rassemblement national dans l’électorat de ces catégories est réelle, elle est à relativiser du fait d’une très forte abstention et n’est pas représentative de leurs véritables préoccupations. Selon une enquête réalisée au printemps 2021 par l’Ifop pour « l’Humanité Dimanche », plus que la lutte contre l’immigration, ce sont des mesures sociales qui sont attendues.

Énergie. Pour les automobilistes, le coût du racket à la pompe

Les tarifs de l’essence et du diesel atteignent des records. Une nouvelle hausse qui creuse encore les inégalités sociales et impose l’option d’un blocage des prix.

Poussés par des tensions sur les marchés mondiaux, les prix à la pompe enregistrent des records historiques. Pour la première fois, le litre de diesel a dépassé 1,60 euro. Dans la foulée des hausses considérables des prix de l’électricité et du gaz, cette flambée menace une nouvelle fois le porte-monnaie des ménages les plus modestes. Alors que le gouvernement rechigne à agir sur les taxes, les candidats de gauche se prononcent en faveur d’un blocage des prix.

1. Les plus modestes paient le prix fort Continuer la lecture de Énergie. Pour les automobilistes, le coût du racket à la pompe

La sociologie de Pierre Bourdieu est-elle toujours un sport de combat ?

La sociologie une science qui dérange. © Xavier Vila / Alamy Stock Photo

Rappel des faits L’œuvre et la pensée de l’auteur de la Distinction conservent aujourd’hui une grande fécondité, tant sur le plan de la recherche scientifique que sur celui de l’analyse critique de la société néolibérale et des rapports de domination au sein de la globalisation capitaliste. De nombreuses études et d’éminents travaux en témoignent au niveau international. Petit aperçu avec -nos trois chercheurs invités, qui soulignent l’apport toujours actuel de sa pensée.

Chercheurs invités
Arnaud Saint-Martin Sociologue, chargé de recherche au CNRS, spécialiste de l’histoire des sciences
Gisèle Sapiro Directrice d’études à l’EHESS et directrice de recherche au CNRS, Centre européen de sociologie et de science politique(1)
Monique Pinçon-Charlot Sociologue, directrice honoraire de recherche CNRS et autrice (2)

Arnaud Saint-Martin, en quoi l’œuvre de Pierre Bourdieu reste-t-elle vivante aujourd’hui ? Continuer la lecture de La sociologie de Pierre Bourdieu est-elle toujours un sport de combat ?

Présidentielle. Fabien Roussel rebondit sur la polémique

Le candidat communiste en visite, mardi matin, à l’École professionnelle de la boucherie, dans le 12e arrondissement de Paris. © Pierrick Villette

Le candidat PCF s’est rendu dans une école de boucherie pour défendre la possibilité de « manger sain et à sa faim pour tous ».

Comment tirer partie d’une polémique en pleine campagne présidentielle ? C’est l’équation que s’appliquent à résoudre Fabien Roussel et son équipe depuis plus d’une semaine. Et c’est ce qui a conduit le candidat communiste, mardi matin, à l’École professionnelle de la boucherie, dans le 12e arrondissement de Paris (1).

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Agriculture. Agir dès maintenant, pour se nourrir dans trente ans par Gérard Le Puill

© Pierre Mérimée/REA

Selon le ministère de l’Agriculture, la France comptait 389 000 fermes en 2020, contre 490 000 en 2010. Il devient donc urgent d’installer des jeunes pour assurer notre souveraineté alimentaire dans les prochaines décennies. Encore faut-il des prix qui leur permettent de vivre de leur métier.

La France risque-t-elle de perdre sa souveraineté alimentaire ? Sans doute, faute de prix agricoles permettant aux paysans de vivre de leur travail. Sans compter qu’elle installe trop peu de jeunes, alors que 29 % des chefs d’exploitation sont âgés de 55 à 64 ans. En production de lait de vache, par exemple, le Centre national interprofessionnel des entreprises laitières estime que le prix de revient de la production des 1 000 litres s’élève à 405 euros en 2021. Mais, selon France­AgriMer, le prix moyen payé aux producteurs en mars 2021 allait de 322,7 euros à 339,2 euros dans les cinq régions qui assurent 73,9 % de la production. Ce prix moyen était de 450,4 euros en Bourgogne-Franche-Comté. On doit cette différence au lait à comté, payé 590 euros les 1 000 litres à la même date. Depuis longtemps, cette filière dispose d’un cahier des charges portant sur les races bovines, leur alimentation, la maîtrise annuelle de la production. Elle échappe ainsi à la pression des distributeurs en quête de prix bas. Continuer la lecture de Agriculture. Agir dès maintenant, pour se nourrir dans trente ans par Gérard Le Puill

Vaccins anti-Covid : l’Europe à la botte de Big Pharma

Le 13 octobre 2021, à Genève, manifestation pour la levée des brevets. © Fabrice COFFRINI / AFP

Malgré l’inégalité d’accès – seuls 3 % des doses mondiales ont été administrées en Afrique –, malgré l’échec du programme Covax, malgré l’émergence du variant Omicron… l’UE, désormais quasi seule, s’oppose obstinément à une levée temporaire des brevets. Pendant ce temps-là, Pfizer-BioNTech et consorts se gavent. Et la pandémie court toujours.

D’après les indiscrétions parues dans la presse spécialisée, l’acteur américain Danny DeVito vient d’achever un script dans lequel le Pingouin, son personnage de vilain qui, face à Batman, cherche d’ordinaire à mettre la main sur les bijoux les plus précieux de la ville, tomberait amoureux de Catwoman et, avec elle, partirait plutôt dérober les stocks de vaccins retenus par les multinationales pharmaceutiques en vue d’une spéculation effrénée et cynique. Coup de théâtre : le couple, déjà improbable, ferait en réalité tout ça pour distribuer les doses aux plus pauvres et sauver le monde entier du Covid-19… Loin de Gotham City, l’Union européenne, c’est un peu le contraire : un bon petit gars, visage avenant, ton affable, à qui on donnerait le bon dieu sans confession dans le prégénérique, mais qui deviendrait un terrible méchant avant la fin du film.

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Économie. Pourquoi l’inflation fait trembler patrons et financiers

La hausse des prix fait son retour en France et en Europe, accompagnée d’un discours catastrophiste. Pour les syndicats, les salaires doivent revenir au centre du jeu. 

Un spectre hante l’Europe, celui de l’inflation… À en croire de nombreux médias, la spectaculaire hausse des prix (+ 4,9 % sur un an en zone euro) constitue une bombe à fragmentation qui pourrait menacer la reprise économique, mettre les entreprises à genoux et miner le revenu des citoyens. Ces craintes sont-elles fondées ? L’inflation peut-elle servir de prétexte à des politiques économiques austéritaires ? Décryptage.

1. Aux origines d’un phénomène mondial

Jusqu’ici, avec la modération salariale et la concurrence entre travailleurs imposée par la mondialisation, les prix évoluaient peu. La crise du Covid a bouleversé ce contexte. Le circuit économique, mis à l’arrêt en 2020, est reparti aujourd’hui de plus belle. La demande, portée notamment par la Chine, les États-Unis et le continent européen, s’est accélérée. Une sorte de rattrapage à la suite de la fermeture des commerces pendant de longs mois. Ce boom de la consommation, alors que la pandémie est toujours active, a pris de court les usines. Les pénuries se sont accumulées et même amplifiées avec la désorganisation mondiale des chaînes de production et de livraison. Résultat : le prix des biens intermédiaires nécessaires à la production comme les semi-conducteurs a grimpé. À cela s’est ajoutée une explosion des tarifs des matières premières, dont ceux de l’énergie. Rien qu’en France, ils ont progressé de 21,6 % en un an, selon l’Insee. Continuer la lecture de Économie. Pourquoi l’inflation fait trembler patrons et financiers

Fonction publique. Les syndicats se préparent à une réunion explosive sur les salaires

Le 7 décembre, à Créteil. Les agents territoriaux sont rassemblés devant la préfecture du Val-de-Marne pour protester contre la loi de transformation de la fonction publique. Guillaume Clément

Alors que l’inflation a fait repasser les plus basses rémunérations au niveau du Smic, les organisations sont reçues ce jeudi par le gouvernement. Si le ministère ne propose pas de hausse du point d’indice, elles quitteront les négociations.

Les agents de la fonction publique ont-ils enfin ­retenu l’attention du gouvernement ? Après des mois de tensions autour de la question salariale, la ministre de la Fonction publique a convoqué, ce jeudi, les représentants des syndicats représentatifs des agents à une rencontre, non prévue à l’agenda, au sujet de leur pouvoir d’achat. Alors même qu’aucun ordre du jour n’a été communiqué, la rencontre s’annonce sous haute tension. « Nous avons décidé en intersyndicale (CGT, FSU, Solidaires – NDLR) que nous nous autoriserons à quitter la salle si aucune annonce n’est faite dans le sens d’une augmentation générale des salaires  !  », lance d’emblée Natacha Pommet, secrétaire générale de la CGT services publics. Sur la question, l’ensemble des organisations offre un front commun. « Il n’y a pour nous qu’une seule solution, c’est d’augmenter le point d’indice et d’engager une refonte des grilles », ajoute Christian Grolier, secrétaire général FO fonction publique. Si le gouvernement n’est pas prêt à proposer 2 % d’augmentation du point d’indice au minimum, il se retrouvera seul autour de la table. Continuer la lecture de Fonction publique. Les syndicats se préparent à une réunion explosive sur les salaires

Moissac: le Samedi 4/12, Guerre au chômage, pas aux chômeurs !!!

Samedi 4 décembre à 10h30, devant la Mairie de Moissac

Toutes et tous unis contre la précarité. Faisons la guerre au chômage et pas aux chômeurs !

« Ensemble, réaffirmons les valeurs humanistes et internationalistes de la CGT !»

Le gouvernement manipule les chiffres du chômage en communiquant sur les offres non pourvues et le million d’offres sur le site de Pôle Emploi. En réalité, sur les 1 041 325 offres publiées ce jour sur le site de Pôle Emploi, seules 82 752 sont en CDI temps plein rémunérés au minimum au SMIC, soit à peine 7,95 %.

Sur notre département, 3 793 offres étaient en ligne sur le site de Pôle Emploi le 28 octobre 2021, mais seules 331 offres correspondaient à des CDI temps plein rémunérés au minimum au SMIC. Et seulement 4 de ces CDI étaient publiés par des partenaires privés de Pôle Emploi, soit 0,11 % . Continuer la lecture de Moissac: le Samedi 4/12, Guerre au chômage, pas aux chômeurs !!!

Ouvriers de la métallurgie : « Tous nos acquis sociaux sont en jeu »

« Tous nos acquis sociaux sont en jeu à l’heure actuelle. C’est pour ça qu’on se mobilise aujourd’hui ! ». Dimitri Pora travaille depuis 20 ans chez Arcelormittal. Il est venu sur Paris dans sa tenue de travail, ce jeudi 25 novembre, aux côtés d’ouvriers de la métallurgie en provenance de toute la France et aux couleurs de la CGT, pour défiler jusqu’aux fenêtres de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM). 

En cause, « le dispositif conventionnel » national négocié avec le patronat de la métallurgie et auquel s’oppose ardemment la CGT. « On est face à un patronat qui veut casser le statut du métallurgiste », attaque Frédéric Sanchez, secrétaire général de la Fédération de la métallurgie CGT. Classification du travail, temps de travail, heures supplémentaires… Le projet, tel qu’il est conçu par le patronat qui espère signer avant la fin de l’année, serait lourd d’impact pour les salariés du secteur qui compte près d’1,4 million de personnes en France. Continuer la lecture de Ouvriers de la métallurgie : « Tous nos acquis sociaux sont en jeu »