PCF. Présidentielle, une rentrée dans les starting-blocks pour les communistes

Fabien Roussel lors de son discours à l'université d'été du PCF à Aix-en-Provence, samedi 28 août.

L’université d’été du PCF à Aix-en-Provence a été l’occasion pour Fabien Roussel de marteler ses priorités pour une élection à laquelle il participe « pour gagner ». Emploi, pouvoir d’achat, jeunesse et écologie seront, dans les semaines à venir, au menu des communistes qui partagent l’enthousiasme de leur candidat. La création de « comités locaux pour les Jours heureux » a également été annoncée.

Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), envoyée spéciale.

Trente-deux semaines, soit 225 jours très précisément. Le candidat communiste à l’élection présidentielle n’a pas manqué de faire le compte du temps imparti d’ici le premier tour pour « relever le défi des jours heureux », samedi, lors de l’université d’été du PCF qui a réuni à Aix-en-Provence quelque 500 militants venus de toute la France. « Nous n’allons pas à cette élection pour faire de la figuration, nous y allons pour gagner, pour diriger le pays, pour redonner le pouvoir aux citoyens, au monde du travail », a lancé Fabien Roussel à ses troupes, assurant voir « grandir l’intérêt pour notre candidature » qui n’a rien d’une « aventure personnelle ». Continuer la lecture de PCF. Présidentielle, une rentrée dans les starting-blocks pour les communistes

Stéphanie Roza : « La focalisation sur la race et le genre fait aujourd’hui écran aux questions sociales »

Philosophe spécialiste des Lumières et des précurseurs du socialisme, Stéphanie Roza vient de publier « La gauche contre les Lumières ? » (Fayard, 2020) dans lequel elle revient sur l’émergence, au sein de la gauche intellectuelle, d’une critique radicale contre les principes fondateurs des Lumières, au risque de jeter le bébé avec l’eau du bain. À l’heure où le rapport à l’universalisme, à la science ou au progrès sont au cœur du débat public, nous avons souhaité nous entretenir avec elle.

Le Comptoir : Dans votre livre, vous analysez la manière dont s’est développée dans une partie de la gauche, à partir des années 1970, une critique radicale contre l’universalisme, le rationalisme et le progressisme des Lumières. En quoi s’agit-il d’une rupture avec les critiques qui avaient déjà pu être observées depuis le XIXe siècle ?

Stéphanie Roza © Celine Nieszawer

Stéphanie Roza : Dès le XIXe siècle, il y a déjà des critiques du machinisme mais qui ne sont pas forcément dirigées contre le progrès en tant que tel. En revanche, au début du XXe siècle, des syndicalistes révolutionnaires en rupture de ban par rapport au mouvement socialiste et la Deuxième Internationale, comme Georges Sorel et un certain nombre d’intellectuels regroupés autour de la Revue socialiste, développent une critique très radicale du progrès. Ce dernier est accusé d’être une valeur portée par la République bourgeoise qui compromet le mouvement ouvrier avec la bourgeoisie républicaine. S’il s’agit d’une critique radicale de l’héritage des Lumières, ce n’est pas une critique du rationalisme. Sorel prend soin de distinguer le rationalisme des Lumières, critiquable car lié au progressisme, du rationalisme de Pascal au XVIIe siècle qui constitue à ses yeux le bon rationalisme. Continuer la lecture de Stéphanie Roza : « La focalisation sur la race et le genre fait aujourd’hui écran aux questions sociales »

Rentrée : Le bilan bidon de JM Blanquer in Caf. Peda.

Ne cherchez pas d’annonces dans la conférence de rentrée de JM Blanquer. Alors que traditionnellement, cette conférence dévoile des projets et des décisions, JM Blanquer n’avait pas grand chose à dire en ce domaine le 26 août et semble avoir déjà tourné la page. Devant les médias, il s’est livré à une campagne d’autopromotion, prenant parfois des libertés énormes avec la vérité. Un bel effort tout de suite contrarié par les reproches faits à la presse de trop écouter les syndicats. On ne se refait pas…

Spectacle

D’année en année, la conférence de rentrée perd en substance et gagne en spectacle. En 2018 JM Blanquer avait des décisions à annoncer et il le faisait de façon sobre. Cette année, le ministre n’avait rien à annoncer. Alors il multiplie les accessoires : ouvrages que l’on brandit sous les flashs, affiches que l’on déplie (mais qui restent illisibles), partenaires féminines de plus en plus nombreuses qui forment l’arrière plan (une ministre et deux secrétaires d’Etat). Continuer la lecture de Rentrée : Le bilan bidon de JM Blanquer in Caf. Peda.

Moissac : quand le maire et sa police provoquent in Les Nouvelles du 82

Le contrôle du port du masque sanitaire au centre ville de Moissac sert-il de prétexte au maire lepéniste et à sa police pour sanctionner et réprimer des habitants dont les engagements citoyens ne leurs conviennent pas ? On peut l’affirmer quand on sait la provocation dont a été victime Françoise Fontanier.

Active animatrice de plusieurs associations solidaires et culturelles, dont « Le Nouvel Amphi », elle organisait vendredi 13 août une déambulation musicale et poétique dans les rues de Moissac avec les enfants du quartier. Alors que les gosses défilaient, masqués et jouant aux côtés des animatrices, arrivent sur la place principale à l’angle de la rue de la République et de rue Sainte Catherine, deux policiers municipaux dont une femme qui intiment l’ordre à Françoise de placer immédiatement son masque sur le visage. Alors qu’elle demande aux policiers de patienter quelques instants, la policière trébuche et tombe au sol. Françoise qui n’est en rien responsable de cette chute est immédiatement saisie par les agents et plaquée au sol. En charge et responsable à ce moment là d’une quinzaine d’enfants, elle indique vouloir venir au poste de police dès l’initiative festive achevée.

Ce n’est pas tout. Pourtant absent de la scène, le maire Romain Lopez n’hésite pas à raconter des mensonges dans la Dépêche du mardi suivant en déclarant que Françoise Fontanier aurait tenu des propos agressifs. Des contres-vérités de la part du maire que Françoise dénonce fermement. Toujours profondément choquée et ébranlée par cette provocation, la présidente du « Nouvel Amphi » prévoit de porter plainte.

Promeneurs, attention ! A Moissac le danger peut venir de là ou on ne l’attend pas.

Alain Raynal

En souvenir d’Anahita Ratebzad, dirigeante socialiste et mère de la libération des femmes afghanes

Anahita Ratebzad, debout à droite, s’entretient avec un groupe de militantes. | Famille Ratebzad via Twitter

Je suis à la recherche du livre collectif paru aux éditions sociales dont j’avais écrit le chapitre consacrée aux femmes de Biélorussie et du Tadjikistan. C’est dans le cadre de ce reportage qui avait duré sept semaines qu’il m’avait été donné la possibilité de rencontrer des femmes tadjiques et afghanes. Elles m’avaient étonnée par leur force et leur foi dans le communisme, ce qui n’était pas toujours évident ces années-là quand on se rendait dans l’URSS en proie à la perestroïka. Si quelqu’un a ce livre pourrait-il me le prêter, je l’ai perdu comme tout ce que j’ai écrit, y compris les reportages que je faisais pour Révolution et mêmes les photos qu’avait faites de moi Willy Ronis. Cela m’aiderait à réécrire cet indispensable témoignage sur ce que les femmes d’Asie centrale ont accompli. En attendant ce texte pose les jalons de la véritable histoire des femmes afghanes. Ces femmes ont été trahies par le capital et ses alliés mais elles l’ont été aussi par certains partis communistes dont le PCF de Robert Hue, Marie-Georges Buffet et Pierre Laurent, Patrick Le Hyaric qui ont inventé un féminisme petit bourgeois qui niait le combat historique des femmes communistes. Nous en sommes encore là.. (note et traduction de Danielle Bleitrach)

 PAR TIM WHEELER

Tous les journaux et les émissions de télévision en ce moment sont remplis d’histoires sur l’avenir sombre qui plane sur les femmes et les filles afghanes alors que les talibans reprennent le contrôle de leur pays. Le Guardian a publié à la fin de la semaine dernière un article d’une femme afghane anonyme qui a déclaré qu’elle cachait maintenant les deux diplômes universitaires qu’elle avait obtenus, à la recherche d’une burqa pour couvrir chaque centimètre d’elle-même alors que les fondamentalistes des talibans détestant les femmes se rapprochent. Continuer la lecture de En souvenir d’Anahita Ratebzad, dirigeante socialiste et mère de la libération des femmes afghanes

Moissac: Le contrôle de Police dérape in DDM + Communiqué de presse du PCF

Tarn-et-Garonne : obligation de port du masque: le contrôle de police dérape à Moissac

Françoise Fontanier en train de se relever, entourée des deux agents de la police municipale.
Françoise Fontanier en train de se relever, entourée des deux agents de la police municipale. Photo DDM

C’est en plein centre-ville, qu’un contrôle de police pour non-port du masque a mal tourné vendredi dernier. Une policière est tombée à terre et a déposé une plainte.

Que s’est-il passé vendredi dernier à l’angle de la rue Sainte-Catherine et de la rue de la République? Contrôlée par la police municipale, Françoise Fontanier, présidente de l’association Le Nouvel Amphi, a été maîtrisée au sol par l’un des agents. Une scène inhabituelle qui n’a pas manqué d’attiser la curiosité des passants. Une plainte a été déposée par la policière, tandis que Françoise Fontanier en aurait l’intention également.

Deux versions des faits s’affrontent en effet, et demandent une enquête approfondie.

Un contrôle pour non-port du masque Continuer la lecture de Moissac: Le contrôle de Police dérape in DDM + Communiqué de presse du PCF

RN/FN.: Un « verdissement » sur fond identitaire #moissac #lopez

Autour de la question du localisme, Andrea Kotarac (à gauche) et Hervé Juvin, ont articulé le virage idéologique de l’extrême droite. © Alain Robert/SIPA

Historien des idées au CNRS, spécialiste de l’extrême droite et de l’écologie politique, Stéphane François analyse les tentatives du parti de Marine Le  Pen de se doter d’un corpus idéologique en matière d’écologie. Entretien

Pourquoi et comment le RN – et le FN avant lui – tente-t-il de développer un discours écologique, alors qu’il a toujours été sceptique sur les questions environnementales et notamment le changement climatique ?

Stéphane François Les tentatives d’élaboration d’un discours écologique sont très récentes en fait… les premières datent des années 1990, lorsque Bruno Mégret était le numéro 2 du parti. Mais Jean-Marie Le Pen était sceptique et voyait dans l’écologie une « préoccupation de bobos ». Et, de fait, l’écologie était absente des programmes du parti. Il y a eu une deuxième tentative en 2011, lorsque Marine Le Pen devint présidente du FN. Elle chargea Laurent Ozon de piloter le comité d’action présidentielle « écologie ». Celui-ci était un vieux militant écologiste, il a dirigé une collection chez Sang de la Terre et était responsable du Recours aux forêts, la revue écologiste de la Nouvelle Droite. Sauf que ses propos sur le massacre d’Utoya l’ont poussé à démissionner de ce parti… La question écologique n’est redevenue importante que ces dernières années, avec l’arrivée à la fois d’identitaires, très portés sur le localisme, et d’Hervé Juvin, ancien barriste devenu proche de Corinne Lepage.

Laurent Brun : une position de bon sens et surtout de classe…

Je voudrais dire mon accord à 100 % avec cette intervention de Laurent Brun qui reprend un texte de Lorenzo Battisti. C’est la première qui me donne le sentiment d’être entendue, ce qui n’est pas seulement une satisfaction personnelle mais le choix de la plupart de ceux qui animent ce blog autour de la perspective du socialisme. Le socialisme ne saurait être le résultat d’un complot de dirigeants mais bien le résultat d’un combat de classe dans lequel doit toujours plus s’élever la conscience de ceux qui luttent pour l’émancipation humaine. Je suis tout à fait d’accord avec le constat que Macron comme la plupart des dirigeants capitalistes certes ont des objectifs mais ils improvisent et doivent de plus en plus faire face à des difficultés et en ce moment il manœuvre en recul. (note de Danielle Bleitrach)

Il n’y a pas de pouvoir omnipotent et manipulateur, il y a des classes sociales qui s’affrontent dans des interactions complexes, des intérêts convergents des membres de ces classes, mais également des contradictions. Continuer la lecture de Laurent Brun : une position de bon sens et surtout de classe…

Jeux olympiques : la richesse du sport réside dans sa diversité in Avant Garde

 

Dimanche dernier, le coup de sifflet final des jeux olympiques a retenti dans le stade olympique de Tokyo.

Un final en trombe pour l’équipe de France qui remporte trois médailles d’or dans les 24 dernières heures dans trois sports collectifs : le Handball féminin et masculin et le Volley Ball masculin. Des victoires qui permettent de redorer l’équipe de France suite à un certain nombre de fiasco dans de nombreux sports.

Ces jeux olympiques ont été une magnifique vitrine pour les sports collectifs, des millions de jeunes ont pu s’identifier à ces sportives et sportifs et sont probablement des centaines de milliers à vouloir pratiquer le volleyball, le handball, le rugby ou encore le basketball.

Pourtant, cette aspiration forte à la pratique sportive des jeunes entre directement en contradiction avec la politique gouvernementale. Trop occupé à détruire le baccalauréat, Jean-Michel Blanquer semble avoir oublié qu’il était également ministre des sports. Continuer la lecture de Jeux olympiques : la richesse du sport réside dans sa diversité in Avant Garde

Egalité. Ces villes qui planchent sur un espace urbain au féminin in Humanité

Les agressions sexuelles auraient majoritairement lieu dans l’espace public. Permettre aux femmes de de sortir et de se sentir en sécurité, y compris la nuit, un objectif ardu, mais fondamental. © Simon Lambert/Haytham-REA

Les agressions sexuelles auraient majoritairement lieu dans l’espace public. Permettre aux femmes de de sortir et de se sentir en sécurité, y compris la nuit, un objectif ardu, mais fondamental. © Simon Lambert/Haytham-REA

De Nantes à Paris, en passant par Ivry-sur-Seine et Lyon, des municipalités mettent en place des mesures innovantes pour rendre la rue plus sécure et plus égalitaire. Enfin.

À première vue, l’espace public est mixte. À y regarder de plus près, celui-ci est majoritairement conçu, construit, approprié par les hommes. Le constat, étayé par plusieurs études, est très clair : équipements sportifs extérieurs se limitant à des appareils de musculation, des city-stades ou des skateparks occupés majoritairement par des garçons ; toilettes publiques absentes ; rues mal éclairées, propices à favoriser un sentiment d’insécurité ; cours de récréation qui peuvent être monopolisées par des joueurs de foot, reléguant les filles aux marges ; ­stations de métro non accessibles avec une poussette…

Sans oublier les affiches publicitaires sexistes, mais également les sifflements, les insultes et les agressions sexuelles dans la rue. Dans les transports en commun, selon le Haut-Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE), 100% des usagères ont été victimes au moins une fois dans leur vie de harcèlement sexiste ou d’agression sexuelle. Continuer la lecture de Egalité. Ces villes qui planchent sur un espace urbain au féminin in Humanité