À Commentry des élèves empêchés de chanter Lavilliers (video) en soutien aux salariés de l’aciérie promise à la fermeture… au nom de la laïcité

Les élèves d’une école primaire de Commentry (03) qui avaient prévu de chanter les Mains d’or lors d’un concert de l’Harmonie municipale sur le thème « La Forge en musique », le 28 mars, en soutien aux salariés de l’aciérie, promise à la fermeture. Ils s’en voient empêchés par décision de l’inspection d’académie qui assimile ce projet à « du prosélytisme ».

Si les salariés qui luttent pour imposer un projet de continuation de l’activité à Commentry, ont pris la décision de ne pas entamer de mouvement de grève afin « de donner une bonne image à un éventuel repreneur », ils ont organisé de multiples évènements avec l’appui de la mairie. 

« Travailler encore ». Ce refrain de la chanson Les mains d’or de Bernard Lavilliers, entonné à l’unisson par un chœur d’enfants de Commentry promettait un moment chargé d’émotion à l’heure où est annoncée la fermeture de l’aciérie autour de laquelle s’est construite la petite ville. C’était sans compter l’opposition des instances de tutelle de l’Éducation Nationale qui voient dans cette chanson, une « atteinte au principe de neutralité », si elle est chantée en dehors du cadre scolaire. « C’est vraiment dommage que cette initiative ne puisse pas voir le jour pour des raisons qui dépassent les élèves », déplore Sylvain Bourdier le maire (DVG) de Commentry, qui s’apprête à affronter une liste d’extrême droite aux prochaines élections municipales. Continuer la lecture de À Commentry des élèves empêchés de chanter Lavilliers (video) en soutien aux salariés de l’aciérie promise à la fermeture… au nom de la laïcité

Le populisme municipal de l’extrême droite (Philippe Rio)

 

 

 

Les discours populistes affluent sur les élections municipales avec des candidats d’extrême droite qui avance masqués pour conquérir les hôtels de ville. Ce populisme municipal parle de « bon sens », de « gestion », de « retour à l’ordre ». Il se prétend pragmatique, quand il est profondément idéologique. Il promet l’efficacité, quand il prépare la brutalité sociale. Il se drape dans la proximité, quand il organise l’exclusion. Continuer la lecture de Le populisme municipal de l’extrême droite (Philippe Rio)

Quand l’extrême droite vise l’école, ces syndicats organisent la résistance

« Appel à la mobilisation des acteur.trices de l’éducation. Face aux appétits de l’extrême droite, résister et renforcer l’école publique! »

 

 

Une conférence de presse commune de la FSU et de la CGT marque un tournant dans le rapprochement des deux organisations face à la montée des offensives de l’extrême droite contre l’École et ses personnels. Pour les syndicats, il y a urgence : l’institution scolaire est aujourd’hui au cœur d’une bataille idéologique assumée par l’extrême droite. Continuer la lecture de Quand l’extrême droite vise l’école, ces syndicats organisent la résistance

La commune, un bouclier de protection sociale ?

Face à des préoccupations très diverses (pouvoir d’achat, insécurité, santé et logement), les municipalités constituent un levier pour répondre aux attentes populaires. Ce défi est pourtant menacé par les politiques austéritaires. Alors, la commune, un bouclier de protection sociale ? Johanna Rolland, maire PS de Nantes, Anne Vignot, maire EELV de Besançon et Patrice Bessac, maire PCF de Montreuil, nous livrent leurs réponses.

« Les communes ne promettent pas l’impossible : elles transforment concrètement le quotidien des gens », estime Patrice Bessac.
© JPL/REA 

Le maire est l’élu le plus apprécié. Pour autant, les municipalités sont tiraillées entre la réponse aux attentes actuelles très multiples et la pression financière exercée par le désengagement de l’État

Dans ce contexte, cette opinion favorable se construit au quotidien grâce à des politiques humaines inventives et à l’engagement de collectifs de proximité. Trois maires, acteurs en première ligne, en témoignent à quelques semaines des élections municipales.

Selon le baromètre Odoxa, 63 % des Français ont une bonne opinion de leur maire, loin devant les autres élus. À quoi expliquez-vous cette préférence ? Continuer la lecture de La commune, un bouclier de protection sociale ?

Politique culturelle sacrifiée, syndicats maltraités, services publics censurés… À quoi ressemble une mairie RN ? In l’Humanité

Treize communes de France ont à leur tête un représentant du Rassemblement national. Toutes appliquent le même projet politique et se veulent les « vitrines » du parti lepéniste. Le bilan parle de lui-même : des services publics mis au régime sec, des associations et syndicats maltraités, une politique culturelle sacrifiée au profit du divertissement et du folklore identitaire. Et des affaires judiciaires…

À Hénin-Beaumont, la publicité passe aussi par la « bonne santé financière » vantée par la mairie, même si elle mensongère puisque sa dette a augmenté de 2 millions d’euros entre 2014 et 2024 © Blanquart C/Andia.fr

Avec 650 listes annoncées, le Rassemblement national (RN) compte sur les prochaines municipales pour s’offrir un ancrage local. Pour y parvenir, candidats et futurs élus d’extrême droite ont des modèles à suivre : la douzaine de communes dirigées par des élus RN depuis 2014 ou 2020, présentées comme des « laboratoires » du projet lepéniste, suivent toutes des schémas similaires. Continuer la lecture de Politique culturelle sacrifiée, syndicats maltraités, services publics censurés… À quoi ressemble une mairie RN ? In l’Humanité

Rapport HCE 2026 : entre sexisme ordinaire et menace masculiniste

Le rapport 2024 du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes sur l’état des lieux du sexisme en France invitait à « s’attaquer aux racines du sexisme » ; celui de 2025 s’inquiétait d’une forte « polarisation sociale » autour des enjeux d’égalité de genre. Dans le rapport 2026 publié ce 21 janvier, c’est un véritable électrochoc qu’appelle de ses vœux le HCE, car il y a urgence à s’emparer « du problème du sexisme et de la menace sécuritaire que les masculinistes font peser sur notre pays » par leurs idées « violentes et radicales ». Menace d’autant plus inquiétante qu’elle s’inscrit dans un large mouvement réactionnaire international. Dans cette mobilisation, l’école peut jouer un rôle essentiel, encore faut-il lui en donner les moyens.

Le sexisme : un phénomène bi-dimensionnel

Pour « lever les barrières sociales qui perpétuent les inégalités et promouvoir une égalité réelle entre les femmes et les hommes », il faut d’abord comprendre quels sont les principaux mécanismes qui structurent le sexisme. Continuer la lecture de Rapport HCE 2026 : entre sexisme ordinaire et menace masculiniste

Pauvreté et déterminisme scolaire : qui en parle ? in Caf. Péda.

Quels sont les effets de la pauvreté dans les apprentissages des enfants et leur relation à l’école et comment mieux lutter contre les discriminations ? 

Les chiffres des inégalités sont frappants : 72,1 % des élèves en SEGPA et 80 % des élèves en ULIS sont issus de milieux défavorisés.  ATD Quart monde a rendu compte d’un travail de 6 ans sur la pauvreté lors d’une riche journée à l’Académie des sciences samedi 24 janvier.

Des militant.es, des enseignant.es, des chercheur.es et deux ancien.nes ministres socialistes de l’Education nationale, Vincent Peillon et Najat Vallaud Belkacem, et leur ancien Dgesco Jean-Paul Delahaye, étaient réunis. Une image forte et un message politique : la pauvreté non seulement affichée mais invitée là où elle est habituellement absente. Et c’est une histoire de système et non d’individus. Continuer la lecture de Pauvreté et déterminisme scolaire : qui en parle ? in Caf. Péda.

Ce collectif porte « un plan de sortie du financement public de l’enseignement privé sous contrat »

Appréciations de bulletin genrées : On attend des progrès !

Alors que dans beaucoup d’établissements les enseignant·es sont en train d’informer les bulletins de premier semestre, une nouvelle note consacrée aux inégalités de genre à l’école, publiée par le pôle éducation de l’IPP (Institut des politiques publiques), alerte sur le caractère très souvent genré des appréciations scolaires. Prenant appui sur « l’étude statistique des bulletins scolaires remis à plus de 600 000 lycéens de terminale scientifique au cours de la période 2013-2017 », les deux autrices de la note, Pauline Charousset (IPP) et Marion Monnet (Université Bourgogne-Europe, IPP) montrent combien ces appréciations reproduisent certains stéréotypes toujours bien ancrés. « A niveau égal, appréciation égale ? » : pas vraiment ! Une invitation à prendre conscience de cet impensé sexiste pour combattre les biais genrés. Continuer la lecture de Appréciations de bulletin genrées : On attend des progrès !

Pour le souvenir de Michel Veyres par Jean Paul Damaggio

Aujourd’hui il s’agit de Michel. Mais je ne dissocie pas Michel et Marie-Jo. A cause de leur immense générosité.

A chacun son souvenir. Les miens commencent à l’école de Bio à la rentrée 1971. Ils sont syndicaux, et syndicaux en tout genre. Avec le SNI, avec Le Gyrophare, avec le SNuipp. Plier le journal chez eux, un moment si agréable. Les souvenirs, ils furent communistes ensuite.

Quand la vie me conduisit un temps à Montauban j’étais à deux pas de chez eux et ils m’ont aidé à m’installer.

En tant qu’instituteur on s’est croisé au Petit Versailles, aux Chaumes, rue Bêche. Une discussion toujours enrichissante car les désaccords c’est aussi la générosité.

Puis il y a eu la Compagnie des écrivains. Notre dernière action en commun c’était pour la défense de Léon Cladel (d’où la photo). Il traita des rapports entre Cladel et Hugo (je vais publier le texte)

Par sa chronique des Nouvelles il a témoigné de mon action d’éditeur. Toujours avec générosité. Qui n’était pas qu’à mon encontre car toutes ses chroniques furent écrites sous le même angle. Peut-être que la dernière concerna cet autre moi-même qui s’appelait André Caylus et que j’ai essayé d’honorer.

On avait eu l’idée de publier ses chroniques en un livre mais, plus porté à aider les autres qu’à s’aider lui-même, il ne prit pas le temps des corrections certes nombreuses.

Avec Marie-Jo on contribua à une petite édition de ses poèmes et du livre sur Raymond Bayssade. Car poète il était aussi. Avec générosité.

D’ailleurs je retiens ici sa première chronique des Nouvelles (du moins il me semble en 1998) et chacun va vérifier qui il était. Qu’elle concerne un Saint-Antoninois n’a rien pour me surprendre.

J-P Damaggio


Michel Veyres, Chroniques littéraires dans Les Nouvelles du Tarn-et-Garonne

Républicains espagnols en France. Des Pyrénées au Tarn-et-Garonne : itinéraire. Deux ans et demi de combats trois ans et demi de camp…

A 88 ans, CASADO Vincent, à St Antonin, a toujours l’esprit vif. Né à Sines, dans la Castille, au cœur de l’Espagne, il s’engage en août 1936, combat dans la section des mitrailleurs (37ème brigade d’infanterie). Blessé, il y a juste 60 ans, il franchit la frontière en ambulance le 7 Février 1939 au Perthus.

Après une semaine au Boulou, c’est le camp de concentration d’Argelès qui « l’accueille » (1). Sur cette plage de la mer Méditerranée, seul le sable, derrière les barbelés, s’offre pour dormir, se reposer, procéder aux nécessités de la vie. N’oublions pas que nous sommes en février ; pluie, vent, humidité, froid affaiblissent l’organisme. «Pas d’eau potable, des pompes plantées dans le sable fournissaient une eau de mauvaise qualité». Et, «les médecins au camp international, prisonniers comme nous, nous soignaient avec pas grand-chose». Autour des barbelés, des Sénégalais, l’arme au poing, gardaient les Républicains espagnols que la République française avaient abandonnés, face au fascisme… Comme nourriture : des conserves, froides. «On s’est organisé nous-mêmes, il fallait être inscrit pour avoir sa part de ravitaillement.

Fin avril 1939, c’est le départ pour Le Vernet, dans l’Ariège, en camion. Là, il y a des baraquements et de très nombreux Espagnols ; « la nourriture, mauvaise mais suffisante, se constitue surtout de haricots, lentilles». «On dort par terre».

Le général GAMELIN (2) vient faire  une inspection, tient un discours patriotique…

En novembre, c’est… Septfonds jusqu’à mai 1942. Là aussi, des baraquements, dans ce camp de concentration, et d’abord couchés par terre, puis sur des litières, enfin sur des châlits de 4 places. Chaque baraque avait  sa cuisine : «c’était meilleur qu’au Vernet». «On avait 1 kg de pain pour trois».

Vincent CASADO se souvient que des gendarmes les gardaient derrière 3 lignes de fil de fer barbelés que dominaient les miradors.

Il y a eu des protestations de la part des prisonniers, des menaces y ont répondu. «Des gestes de solidarité (3) nous ont fait parvenir du matériel de toilette, des habits quelquefois…». « Le P.C. de Septfonds nous aidait, le Secours Rouge aussi. On nous changeait souvent de baraquement pour gêner, empêcher notre organisation ».

Enfin des G.T.E. ont été créés et Vincent se retrouve affecté à une compagnie de travailleurs étrangers départementale, contrôlée par le camp de Septfonds.

On l’envoie travailler à Montauban, «aux écuries de l’armée, derrière l’hôpital», ensuite à «La Clare», près d’Albias, où se trouvait un camp de «récupération de matériel militaire», c’était aussi un lieu de commerce…

En mai 1942, il devient agriculteur, à Mas-Grenier, chez M. FOURCADE. «J’étais bien nourri et payé 10 F par jour»… ça a duré jusqu’en novembre/décembre 1942. «j’étais bien !».

Retour au camp, puis c’est l’envoi chez un exploitant forestier, M. REYNAT par lequel il va être employé jusqu’à la fin de la guerre.

C’est d’abord Cazals, ensuite les environs de St Antonin où il va se fixer qui l’accueille. Un travail pénible l’attend avec ses camarades espagnols : la coupe, le charbon de bois…

Il passe maintenant des jours tranquilles dans son logement au centre de la petite ville… et connaît différents sens du mot «République».

Lire aussi: Victor Hugo et Léon Cladel par Michel Veyres

(1) Voir n° 85

(2) Chef d’Etat-Major puis Commandant des groupes franco-britanniques…  limogé en mai 1940 !

(3) «J’y allais, de St Antonin, le dimanche, en vélo, leur porter du tabac, du dentifrice, des allumettes, à travers les barbelés, en cachette». (Mimi RAUZET).


Un dernier hommage aura lieu lundi 19 Janvier à 18h30 au crématorium de Montauban