Incidents graves à l’école : des écarts qui en disent long (Rapport de la DEPP)

En légère baisse en 2024-2025, les incidents graves signalés dans les établissements scolaires restent un révélateur des inégalités du système éducatif. Marqueurs de tensions et de difficultés, à la fois sociales et scolaires, ils sont beaucoup plus présents dans les établissements publics que privés, et davantage en lycée professionnel qu’en lycée général.

Des signalements plus fréquents dans le second degré

On compte 14 incidents graves pour 1 000 élèves dans le second degré, contre 4 pour 1 000 élèves dans le premier degré. La majorité des incidents graves sont des atteintes aux personnes, essentiellement verbales. 79 % des écoles et 28 % des collèges déclarent une absence d’incident grave.

Un incident sur dix dans le second degré est d’ordre raciste, antisémite, xénophobe ou homophobe, contre un sur vingt dans le premier degré, principalement à l’école élémentaire.

Les auteurs des faits sont majoritairement des élèves, et les victimes sont pour moitié des élèves et pour moitié des personnels. Dans le premier degré, les personnels sont davantage représentés parmi les victimes. Ce sont les principaux résultats de l’enquête annuelle Sivis menée auprès des chefs d’établissement, notamment à la suite de conseils de discipline ou de commissions éducatives.

Des écarts marqués selon les établissements

Derrière les moyennes se cachent de fortes disparités. Les différences entre types d’établissements restent importantes. Dans le second degré, on recense 14 incidents graves pour 1 000 élèves. Ce taux atteint 20 pour 1 000 en lycée professionnel, contre 6 pour 1 000 en lycée général, illustrant les inégalités structurelles du système éducatif.

Le recul du nombre d’incidents correspond à une baisse des signalements déclarés dans les établissements publics. Toutefois, le caractère déclaratif de ces données invite à la prudence dans leur interprétation : certains établissements privés peuvent ne pas souhaiter communiquer sur ces incidents, tandis qu’une hausse des signalements peut aussi refléter une meilleure formation ou une sensibilisation accrue. La note d’information de la DEPP souligne ainsi qu’« une augmentation des signalements peut s’expliquer par une amélioration de la culture de la prévention ou par la reconnaissance progressive de certaines atteintes (par exemple les violences sexistes et sexuelles, le harcèlement, etc.). À l’inverse, un manque de temps des équipes pédagogiques ou d’encadrement, ou la méconnaissance de certains incidents (par exemple lorsque davantage de faits ont lieu sur les réseaux sociaux), peut conduire à une baisse des signalements ».

Les élèves sont très majoritairement les auteurs des faits : 92 % dans le second degré, contre 59 % dans le premier degré, où les atteintes peuvent aussi être commises par des familles d’élèves (30 % dans le premier degré contre 3 % dans le second degré). Dans le premier degré, plus de la moitié des victimes sont des personnels (61 %). Dans le second degré, les victimes sont élèves et personnels à parts égales (41 % chacun).

Des atteintes majoritairement verbales

Huit incidents graves sur dix signalés au collège sont des atteintes verbales aux personnes. Dans le premier degré, 87 % des incidents graves sont des atteintes verbales, contre 80 % dans le second degré. La moitié de ces incidents correspond à des violences verbales.

Les violences physiques représentent 34 % des incidents dans le premier degré, contre 21 % dans le second degré.

Enfin, 12 % des incidents graves relèvent du racisme, de l’antisémitisme, de la xénophobie ou de l’homophobie dans le second degré, contre 4 % dans le premier degré. Par ailleurs, 15 % des incidents signalés dans le premier degré sont liés au harcèlement, contre 10 % dans le second degré.

Djéhanne Gani

La note de la Depp : Rakotobe M., 2026, « Les signalements d’incidents graves dans les écoles et établissements publics et privés sous contrat en 2024-2025« , Note d’Information, n° 26-03, DEPP

Le Service public, incompatible avec l’extrême droite et ses idées (FSU)

La FSU alerte après le premier tour des municipales. Dans un communiqué du 19 mars, elle pointe une abstention record et inquiétante. Le syndicat dénonce des politiques jugées éloignées des attentes sociales. « Les politiques d’austérité ont privé les municipalités et les collectivités territoriales des moyens de répondre aux besoins de la population, accréditant le sentiment d’impuissance. Des pratiques du pouvoir brutalisant la démocratie et les institutions ont aussi contribué à discréditer la politique, provoquant ressentiment et désintérêt », écrit la fédération qui souligne une progression de l’extrême droite dans plusieurs villes. La FSU appelle à une mobilisation massive au second tour pour défendre la démocratie.


Communiqué

A l’issue du premier tour des élections municipales, la FSU alerte sur les menaces qui pèsent sur la démocratie et la cohésion sociale.

L’abstention massive, inédite pour des municipales, alors que les enjeux touchent directement les préoccupations de la population en matière de services publics de proximité, doit être analysée. Pour la FSU, elle résulte notamment des politiques conduites depuis des années à rebours des aspirations de la population en matière de justice sociale, fiscale et environnementale. Continuer la lecture de Le Service public, incompatible avec l’extrême droite et ses idées (FSU)

Pour construire des villes apaisées, il faut des majorités apaisantes » : entretien avec Fabien Roussel

Le secrétaire national du PCF invite à l’amplification des dynamiques de gauche au premier tour pour l’emporter face à l’extrême droite et la droite. Il déplore la polarisation des débats au niveau national, au détriment des enjeux locaux qu’il place au cœur des élections municipales.

Fabien Roussel vote à Saint-Amand-les-Eaux (Nord), le 15 mars 2026. Il a été élu au premier tour avec 51% des votes.
© Francois LO PRESTI / AFP

Le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), Fabien Roussel, a remporté les élections municipales de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) dès le premier tour, dimanche 15 mars, avec 51 % des voix, face à Éric Castelain, candidat Rassemblement national (RN). En aparté, il se dit content d’une « victoire importante » qui « donne du poids à Saint-Amand pour être entendue et respectée ». Il se réjouit des 250 maires communistes élus « dès le premier tour » et « invite au rassemblement » pour qu’il y en ait davantage au second.

Quel regard portez-vous sur le premier tour ?

Fabien Roussel, Secrétaire national du PCF

Nous assistons à un renforcement du vote en faveur des listes d’extrême droite et de droite extrême, ces têtes de liste de droite qui flirtent avec les candidats du RN au second tour et qui leur tendent la main. C’est dangereux pour la République et pour nos communes. Nous avons besoin de maires qui apaisent, rassemblent, protègent. Continuer la lecture de Pour construire des villes apaisées, il faut des majorités apaisantes » : entretien avec Fabien Roussel

À l’École aussi, l’antifascisme est une responsabilité

« Un renversement incroyable des valeurs fait que c’est l’antifascisme qui reçoit l’anathème et se trouve disqualifié » écrit Edmond Porra. « Dira-t-on que ces préoccupations sont déconnectées des enjeux de l’Ecole et des questions qui intéressent nos métiers ? Au contraire, nos pratiques professionnelles et nos conceptions éducatives sont prioritairement concernées » poursuit le secrétaire adjoint du syndicat des personnels du direction Snupden-FSU.

« L’antifascisme n’est pas une posture radicalisée. C’est une responsabilité politique qui nous incombe comme citoyens tout autant qu’un devoir moral, dans la mesure où le fascisme est un effondrement de l’éthique et une atteinte à l’humanité ».

Sa tribune.

La mort du jeune militant néo-fasciste Quentin Deranque le 14 février dernier a servi l’opportunisme des nouvelles alliances dans un jeu de recomposition de la cartographie politique. Continuer la lecture de À l’École aussi, l’antifascisme est une responsabilité

Castelsarrasin. « Beaucoup souhaitent voir la ville repartir de l’avant »

  • "Nous avons construit une liste d’union de la gauche mais aussi une liste citoyenne qui reflète bien la diversité de Castelsarrasin.Photo fournie par le candidat
    « Nous avons construit une liste d’union de la gauche mais aussi une liste citoyenne qui reflète bien la diversité de Castelsarrasin.Photo fournie par le candidat

Article rédigé par Pierre-Jean Pyrda in DDM

Julien Sueres, tête de liste de « Castelsarrasin en commun », clôt sa campagne de 1er tour avec une réunion publique ce vendredi à 19 heures, salle Descazeaux. 

La campagne du 1er tour se termine ce vendredi soir. Comment avez-vous vécu personnellement cette campagne, très longue pour vous puisque vous avez été le premier à vous déclarer ?

J’ai vécu cette campagne avec beaucoup d’intensité mais surtout beaucoup d’enthousiasme. Nous avons été les premiers à nous déclarer, et cela nous a permis de mener une vraie campagne de terrain.

Depuis l’été, nous avons frappé à des centaines de portes, échangé sur les marchés, tenu un local de campagne ouvert pendant plusieurs mois et distribué plus de 6 000 questionnaires citoyens. Cette campagne a été avant tout une campagne d’écoute. Continuer la lecture de Castelsarrasin. « Beaucoup souhaitent voir la ville repartir de l’avant »

Municipales 2026 : 54 associations appellent à créer une délégation aux droits de l’enfant dans chaque commune

École : la confiance des parents s’effondre, une alerte avant les élections municipales

Chute historique de la confiance, sentiment massif de dégradation, d’inégalités sociales comme territoriales, confiance locale forte vs défiance envers le système éducatif : le baromètre des Sherpas réalisé par l’IFOP révèle une rupture préoccupante entre les familles et le système scolaire. À quelques semaines des municipales, ces chiffres donnent une résonance particulière aux débats locaux : l’école concentre à la fois les attentes de proximité et les inquiétudes nationales. L’alerte est démocratique.

Moins d’1 parent sur 2 estime que le système scolaire assure aujourd’hui l’égalité des chances Continuer la lecture de École : la confiance des parents s’effondre, une alerte avant les élections municipales

73 % de femmes, 13,6 % de salaire en moins : l’égalité à l’école en question

Dans un contexte de montée de l’extrême droite, la mobilisation du 8 mars a pris une résonance particulière. La réapparition du slogan « Travail, Famille, Patrie », hérité du régime de Vichy et récemment repris par une candidate de droite, illustre un projet politique qui vise à renvoyer les femmes à l’espace domestique.

Dans ce climat, la question de l’égalité reste centrale. Au sein même de l’Éducation nationale, les inégalités héritées tout au long des carrières persistent : écarts salariaux, accès moindre aux heures supplémentaires et aux fonctions les mieux rémunérées. Malgré la forte féminisation des métiers de l’éducation, l’égalité réelle entre les femmes et les hommes demeure un défi. Continuer la lecture de 73 % de femmes, 13,6 % de salaire en moins : l’égalité à l’école en question

Municipales 2026 : l’arsenal de Pierre-Édouard Stérin pour faire basculer des centaines de villes à l’extrême droite

Le 24 juin 2025, à Paris. Marion Marechal et Éric Ciotti, au Casino de Paris, pendant le « Sommet des Libertés », co-organisé par Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin.
© Denis Allard/Leextra via opale

 

L’ampleur exacte du phénomène ne se dessinera qu’a posteriori. Peut-être à l’occasion du contrôle de conformité sur les comptes de campagne, voire en cas de poursuites pour financement illégal de la vie politique… Ou quand les faux nez de certains candidats « sans étiquette » tomberont, au fil de l’eau, dans ces milliers de communes petites et moyennes. Continuer la lecture de Municipales 2026 : l’arsenal de Pierre-Édouard Stérin pour faire basculer des centaines de villes à l’extrême droite

Pourquoi l’inspectrice d’académie de l’Allier s’acharne sur les élèves de Commentry

Interdiction de chanter « Les Mains d’or » 

Après avoir intimidé des enseignants de primaire pour tenter d’empêcher les élèves de chanter « Les Mains d’or » de Bernard Lavilliers lors d’un concert de l’harmonie municipale organisé en soutien aux salariés de l’usine d’Erasteel, l’inspectrice d’académie de l’Allier a enjoint la principale du collège de Commentry d’interdire à la chorale de son établissement de se produire lors de l’événement.

Au lendemain de la rentrée des vacances d’hiver, les élèves de la chorale du collège Émile‑Mâle de Commentry se sont vu distribuer, par leur professeure de musique, un petit mot à la saveur amère. Celui‑ci, signé par la principale de leur établissement, leur interdisait purement et simplement de participer au concert de l’Harmonie commentryenne, le 28 mars prochain, invoquant « l’obligation de neutralité de l’éducation nationale, le concert étant désormais affiché comme un soutien aux forges de la ville ». Continuer la lecture de Pourquoi l’inspectrice d’académie de l’Allier s’acharne sur les élèves de Commentry