Et pas un mot du ministre………….
Étiquette : Mémoire
M. Lopez/DDM: l’insoutenable légèreté des collusions (+vidéo)
Nous venons de traverser une séquence électorale d’une intense richesse ou le mélange des genres et la transgression de bien des barrières a fini par jeter dans l’abstentionnisme bon nombre de nos concitoyens. Entre les professions de foi des municipales, ou celles des départementales qui refusaient d’indiquer les appartenances politiques et les appels de ci de là à soutenir des candidatures par un Rassemblement National avançant masqué, tout a été fait pour détourner les électeurs des urnes.
Mieux, le puissant journal local, en l’occurrence la Dépêche du Midi a occulté tous débats possibles avec une ligne éditoriale axée sur le sensationnalisme au lieu de promouvoir la bataille des idées. La rubrique « anonyme » des « indiscrétions » de l’édition du dimanche permettait même à quelques plumitifs en manque d’inspiration de décocher des flèches venimeuses à souhait (j’en fait souvent les frais!) pratiquant ainsi un journalisme de caniveau digne d’un populisme nous renvoyant des décennies en arrière avec des titres de presse d’alors peu reluisants. Continuer la lecture de M. Lopez/DDM: l’insoutenable légèreté des collusions (+vidéo)
Pourquoi Baylet n’est pas président ?
in la Brochure
NDLR & JPD Cet article va avoir sans nul doute des conséquences dans la ligne éditoriale de La Dépêche.
L’article de Mediapart paru ce jour 1er juillet.
VIOLENCES SEXUELLES
Violences sexuelles : Baylet renonce à la présidence du Tarn-et-Garonne
01 juillet 2021 | Par Lénaïg Bredoux
Officiellement, l’ancien ministre et figure des Radicaux de gauche souhaite se consacrer à s
a mairie et à son canton. En réalité, son allié socialiste l’avait lâché en raison de l’enquête préliminaire qui le vise pour « viol sur mineur de 15 ans ».
La fable ne convaincra personne. Officiellement, Jean-Michel Baylet a renoncé à se présenter à la présidence du département du Tarn-et-Garonne, jeudi 1er juillet, pour se consacrer à son mandat de maire et à son canton. En réalité, il a été lâché par son allié socialiste, en raison de l’enquête préliminaire pour « viol sur mineur de 15 ans » ouverte l’an dernier par le parquet de Paris.
Tout s’est joué dans la journée de mardi 29 juin. Laurence Rossignol, ancienne ministre des droits des femmes et sénatrice, indique en réunion du groupe socialiste au Sénat qu’il est inenvisageable que son parti soutienne Jean-Michel Baylet, dirigeant historique du Parti radical de gauche (PRG) et ancien ministre de François Hollande. « Au nom des mises en cause connues de Jean-Michel Baylet dans des affaires de violences sexuelles », explique Rossignol.
Elle pense aux révélations de 2016 à propos d’une plainte pour « violences », déposée en 2002 par l’ancienne collaboratrice parlementaire de Jean-Michel Baylet – elle s’est conclue par une transaction –, et à la plainte déposée l’an dernier par Nathalie Collin pour « viols et agressions sexuelles sur mineur de 15 ans » – des faits qui auraient eu lieu au début des années 1980. Une enquête préliminaire est toujours en cours, à l’initiative du parquet de Paris (lire notre enquête). L’ancien ministre « conteste solennellement et avec la plus grande fermeté les faits odieux que l’on [lui] prête ».
Mardi 29 juin, Laurence Rossignol alerte également le premier secrétaire du PS Olivier Faure. Il est aussi appelé par une autre sénatrice socialiste, Marie-Pierre de La Gontrie. Le sujet est mis à l’ordre du jour du bureau national (BN) dans la soirée. « J’ai expliqué que même si nous respectons évidemment la présomption d’innocence, le doute devait profiter à la victime, affirme Olivier Faure. Le BN a été unanime et il n’y a pas eu une voix pour défendre une présidence tenue par Jean-Michel Baylet. »
Jusque-là, pourtant, le PS était resté particulièrement silencieux sur les révélations visant Jean-Michel Baylet. Localement, aucune voix ne s’est élevée pour prendre ses distances avec celui qui a présidé le conseil départemental pendant 30 ans – il avait alors succédé à sa propre mère – et qui dispose encore de solides appuis. Même Valérie Rabault, présidente des députés socialistes, élue dimanche 27 juin dans le même département, n’avait répondu à aucune question sur le sujet…
Pourtant, si les socialistes n’étaient pas en mesure de s’emparer du conseil départemental, tenu par la droite depuis six ans, leurs voix étaient cruciales pour permettre à leur allié le PRG de reprendre la présidence. Avant les alertes de mardi, Olivier Faure assure qu’il « ignorai[t] que l’hypothèse [d’une présidence Baylet – ndlr] était sur la table ». Une fois saisi, il raconte avoir appelé la présidente réélue de la région Occitanie, Carole Delga, qui s’est occupée du relais avec les socialistes locaux. Et des discussions avec le PRG et Baylet pour trouver une alternative.
« Cela s’est finalement débloqué mercredi », rapporte Laurence Rossignol.
Jean-Michel Baylet a alors annoncé son retrait, dans le journal dont il est le propriétaire, La Dépêche. « J’ai fait le choix de terminer ma vie publique là où je l’ai commencée, à la mairie de Valence-d’Agen et à la présidence de la communauté de communes des Deux Rives. En effet, le vote massif dans ma ville et mon canton m’engage vis-à-vis de mes concitoyens. J’ai donc décidé de ne pas les quitter », a-t-il affirmé.
Jeudi 1er juillet, c’est finalement le PRG Michel Weill qui a été élu président du département et qui s’occupera, entre autres, de la protection de l’enfance. Il est toutefois si proche de Baylet qu’il a dû se défendre d’être son « pantin » au micro de France Bleu :
Après des décennies de passivité, voire de soutien à des responsables mis en cause dans des affaires de violences sexuelles et sexistes, le Parti socialiste tente de se doter d’une nouvelle doctrine, tournée en priorité vers les victimes déclarées. Ainsi, il a retiré plusieurs investitures lors des dernières élections municipales de 2020, y compris dans des villes qu’il détenait depuis longtemps, à Saint-Nazaire, Lorient et à Strasbourg. Des décisions qui ont suscité de vives tensions internes.
À Lyon, les fachos attaquent les supporters des Bleus
Pendant le match France-Suisse, des groupes d’extrême droite s’en sont pris à des personnes qu’ils ont traitées de « singes ».
Tous derrière les bleus ? Pas si sûr… Mardi 28 juin, en pleine prolongation du 8e de finale du championnat d’Europe de foot entre la France et la Suisse, une rixe a éclaté rue Mercière, dans le 2e arrondissement de Lyon. Une attaque revendiquée par des groupes d’extrême droite. Le nom de l’opération « Lyon hooligans vs monkeys » (les hooligans lyonnais contre les singes) ne laisse que peu de doutes sur l’objectif de ces groupuscules.
Cette fois, l’extrême droite a frappé sur la presqu’île de Lyon, à deux pas de la place Bellecour. D’ordinaire, concentrés dans le Vieux Lyon au pied de la colline de Fourvière, ces groupuscules violents ne s’aventurent en dehors que pour vandaliser des lieux emblématiques de la gauche, tels que le local du PCF à la Croix-Rousse ou la librairie anarchiste la Plume noire.
À lire sur le sujet : Extrême droite. Notre enquête à Lyon, au cœur du laboratoire de la violence fasciste
Un nouveau cap a donc été franchi à l’occasion de ce match de l’équipe de France. Rien d’étonnant après la série de polémiques plus réacs les unes que les autres alimentées par l’extrême droite, avant même le début de la compétition. Du retour de Karim Benzema chez les Bleus à la chanson de Youssoupha annonçant la sélection française, le RN, Cnews et autres ont cherché à diviser les Français et à les éloigner des Bleus. Une pression qui a poussé les joueurs de l’équipe de France à ne pas poser un genou au sol en hommage à toutes les victimes du racisme. Comble de l’ironie, quand, interrogée sur la loi contre les LGBT en Hongrie et la polémique qu’elle a suscitée durant cet Euro, Marine Le Pen répond : « Laisser le sport en dehors de la politique. »
En tout cas, les victimes de ce raid, qui doivent en plus digérer l’élimination des Bleus, pourront se consoler avec la performance de Karim Benzema. Avec un intervalle de 106 secondes entre ses deux buts, le natif de Lyon a inscrit le doublé le plus rapide de l’histoire de l’Euro, pour le plus grand malheur de l’extrême droite.
Sur le même sujet
Castelsarrasin: les masques tombent, la respectabilité aussi… ( + Bulletin de soutien)
Pendant que certains continuent de tergiverser sur l’éventuel soutien à apporter aux seuls candidats de Gauche dans les élections départementales des 20 et 27 juin prochain, le stratège Lopez poursuit son offensive en annonçant son soutien, et celui du RN aux candidats Angles & Beorchia.
Dans un tweet reprenant le tract distribué sur Castelsarrasin (Sur les comptes de campagne de M. Angles , nous l’espérons!), le RN appellent à voter pour cette liste de « rassemblement des droites » faisant « exploser » le vernis du soi-disant « républicain ». Dans une période ou l’extrême droite poursuit une offensive démagogique et dangereuse pour la démocratie, dans une période ou les atteintes à la République se font jour, le soutien du RN à M. Angles est insupportable.
Il sera donc dit que cette droite a perdu son patronyme républicain au profit d’un aventurisme nauséabond. Disons le tout net: « M. Angles, vous venez de vous vendre et l’emballage du cadeau que vous voulez faire au canton est définitivement à vomir! »
Il reste une semaine aux forces de gauche pour se rassembler et empêcher l’effroyable main-mise du RN sur la ville de Pierre Perret, grand humaniste s’il en est!. Les candidats Alexandra Tricottet et Maximilien Reynès-Dupleix combattrons jusqu’au bout cette alliance néfaste. D’ici au soir du 20 juin, ils espèrent pouvoir compter sur l’appui explicite des acteurs politiques locaux et départementaux, des associatifs, des syndicalistes, des sportifs, des personnalités et des artistes pour se hisser au second tour, battre le RN et sa marionnette locale. Une 1ère liste de 120 personnalités qui soutiennent déjà cette gauche qui ne lâche rien sera présentée dans les prochains jours.
Avant ce 1er tour des départementales, nous serons comme toujours présents dans les quartiers, les villages et les campagnes à la rencontre de nos concitoyens.
Nous ne lâcherons rien, soyons encore plus nombreux!
Pour un Tarn et Garonne Social, Solidaire et Ecologiste, Per far un Tarn-e-Garòna social, solidari e ecologista,
Pour Alexandra Tricottet, Marie Line Cavaillé et Pierre Mayanobe
Maximilien Reynès-Dupleix
Les candidats restent à votre disposition : 82socialsolidaireecologiste@gmail.com
Je refuse de laisser mon canton aux mains du RN et de ses acolytes Angles et Beorchia,; j’apporte mon soutien à la seule liste de gauche, « Pour un Tarn et Garonne Social, Solidaire et Ecologiste, Per far un Tarn-e-Garòna social, solidari e ecologista,«
Banalisation de l’extrême droite : la cote d’alerte est franchie + Appel pour la Marche des Libertés
NDLR de MAC: La meilleure réponse à apporter est un vote massif les 20 et 27 juin pour les candidats présentés par la gauche et/ou des partis progressistes partout en France! En Tarn et Garonne, à Castelsarrasin et Moissac, partout, endiguer dés le premier tour la vague Lepéniste et ses alliés comme Angle et consorts.Maximilien Reynès-Dupleix candidat aux départementales, « Pour un Tarn et Garonne Social, Solidaire et Ecologiste, Per far un Tarn-e-Garòna social, solidari e ecologista »

La dédiabolisation du Rassemblement national et de la fachosphère a atteint des sommets tels que la gauche est aujourd’hui présentée comme étant plus dangereuse que Marine Le Pen par des intellectuels et des élus. Même les mises en scène macabres sur le Web ne suscitent pas un tollé général.
Marine Le Pen est donnée qualifiée une seconde fois au second tour de l’élection présidentielle. Et beaucoup détournent les yeux. Le Rassemblement national est en passe de remporter la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Et beaucoup détournent les yeux. De plus en plus de chaînes télévisées déroulent le tapis rouge à l’extrême droite. Et beaucoup détournent les yeux. Des militaires factieux appellent au coup de main. Et beaucoup détournent les yeux. La Macronie reprend les éléments de langage du RN. Et beaucoup détournent les yeux. Des intellectuels ayant pignon sur rue apportent, l’air de rien, un soutien à Marine Le Pen. Et beaucoup détournent les yeux… mais pas tous. Certaines voix s’élèvent. Mais il faut bien mesurer le niveau d’apathie du pays face à la montée permanente des idées et candidats d’extrême droite dans notre République. Continuer la lecture de Banalisation de l’extrême droite : la cote d’alerte est franchie + Appel pour la Marche des Libertés
« Atteinte à la République » Communiqué des communistes de Castelsarrasin/Moissac/pays de Serres
Atteinte à la République
Communiqué des communistes de Castelsarrasin/Moissac/pays de Serres

Au cri de « Montjoi St Denis », un individu s’en est pris aujourd’hui au président de la République.
Cela survient dans un climat de tensions entretenues par la droite extrême et ses corollaires du Rassemblement National comme nous le voyons chaque jour sur le terrain et sur les réseaux sociaux où leur haine s’étale jusqu’à mimer l’exécution d’un militant de gauche dans une vidéo. Par ailleurs, certains animateurs TV ne sont jamais en reste pour alimenter les propos les plus vils.
Nous condamnons de toutes nos forces cet acte et demandons que les groupuscules royalistes, identitaires et néonazis soient dissout partout où ils sévissent, comme c’est le cas dans nos cantons avec leurs affichages révisionnistes sur Pétain.
Nous condamnons cette atteinte à la République et appelons les citoyens-nes à se rendre au rassemblement du samedi 12 juin à 11h00 à Moissac pour combattre les idées d’extrême droite et dans les isoloirs les 20 et 27 juin prochain pour marquer leur attachement aux valeurs que nous portons Liberté, égalité, solidarité et fraternité.
Pour un Tarn et Garonne Social, Solidaire et Ecologiste, Per far un Tarn-e-Garòna social, solidari e ecologista,
Pour Alexandra Tricottet, Marie Line Cavaillé et Pierre Mayanobe
Maximilien Reynès-Dupleix
Les candidats restent à votre disposition : 82socialsolidaireecologiste@gmail.com
Comment le complotisme s’est fait l’ennemi caché de l’anticapitalisme

Les théories du complot qui ont fleuri pendant la crise sanitaire reposent en partie sur une critique du libéralisme, des multinationales et des pouvoirs politiques néolibéraux. Un dévoiement qui brouille les messages de la gauche et empêche les réflexions construites et constructives.
Bill Gates, vaccins, 5G, nouvel ordre mondial… La crise sanitaire liée au Covid-19 a fait gonfler l’audience de certaines théories du complot et de contrevérités, de plus en plus difficiles à déconstruire, en raison notamment de la confusion scientifique et même politique qui continue d’accompagner l’épidémie.
Des thèses qui se nourrissent d’indignations légitimes, de questionnements nécessaires autour des privations de liberté et d’une gestion autoritaire de la crise, parfois qualifiée de « dictature sanitaire », ou encore du poids de Big Pharma et des autres profiteurs de la crise. Le tout dans un contexte d’accroissement des inégalités sociales. Continuer la lecture de Comment le complotisme s’est fait l’ennemi caché de l’anticapitalisme
Dérives factieuses dans l’armée et la police : quel danger pour la République ?
L’appel de généraux en retraite et la tribune de militaires parus dans Valeurs actuelles, ainsi que les déclarations de syndicalistes policiers lors du rassemblement devant l’Assemblée nationale, le 19 mai, suscitent de fortes inquiétudes.
Pour en débattre, les contributions de :
- Sophie Wahnich, historienne
- Dominique Rousseau, professeur de droit public
- Ariane Vidal-Naquet, professeure agrégée de droit public.
Un marchepied pour l’extrême droite

Par Sophie Wahnich Historienne, directrice de recherche au CNRS
La dissémination des idées défendues par les généraux et les cadres militaires depuis le 21 avril 2021 s’est faite avec un ordre efficace pour l’extrême droite. Les réseaux sociaux ont constamment relayé, souvent avec des images de la Légion étrangère déjà vues au moment des tentatives de l’extrême droite de récupérer toute la colère des gilets jaunes. « Force et honneur » était le slogan qui permettait de faire lien entre toutes sortes de composantes de ce mouvement quand les généraux prétendent défendre l’honneur et la patrie.
En intervenant de la sorte dans l’espace public, ces généraux créent une guerre des interprétations sur la nature du pays qui déstabilise la mémoire, l’histoire et les institutions républicaines.
Rappelons que sur le plan des principes, le pouvoir militaire, même dans les institutions de la V e République, doit toujours être subordonné au pouvoir civil. C’est pourquoi les militaires, s’ils peuvent lancer des alertes de dysfonctionnement au sein de leur institution et par voie hiérarchique, n’ont pas le droit de s’adresser comme militaires à l’opinion publique.
Les révolutionnaires français, qui avaient de fait fondé en 1792 l’armée républicaine, savaient le danger qu’elle constituait et mettaient en garde contre la « stratocratie », ou le pouvoir des généraux. Face à ce pouvoir, les citoyens. C’est pourquoi faire appel à la Marseillaise comme dans la deuxième tribune pour s’en réclamer, c’est falsifier l’histoire. La carrière évoquée est celle des citoyens-soldats, non des professionnels des armes. Se réclamer de ce professionnalisme fait lien avec le vocabulaire néolibéral où la profession est l’alpha et l’oméga de la légitimité experte, loin de toute éthique citoyenne.
La République démocratique s’oppose chez ces généraux à la France éternelle, associée à une France indivisible, une signalétique républicaine flirte ainsi avec une mystique installée hors le temps historique, mystique dont on sait désormais qu’elle fut la référence et de Vichy et d’un certain nombre de résistants nationalistes, y compris du côté gaulliste.
La Résistance de la Seconde Guerre mondiale est donc elle aussi enrôlée. Or, l’extrême droite défendait cette France éternelle, non pas aux côtés des militants républicains mais à côté d’eux et ce, pendant fort longtemps. Cette confusion des idéologies n’a guère été éclaircie après coup, car le résistancialisme a aussi servi à cela, faire oublier que la Résistance était si composite qu’elle était d’abord pour la plupart une défense du pays, de la nation sans être une défense des principes républicains. Une fragile restauration républicaine et non une refondation après 1945, avait conclu Anne Simonin dans son travail sur l’indignité nationale.
La référence à la « génération du feu » fait lien pour ces généraux avec les poilus, ces résistants nationalistes et les Croix-de-Feu. La banalisation supposément républicaine de ces derniers orchestrée par l’establishment historien français ne laisse pas beaucoup de lucidité dans ce qui se trame là.
La date du 21 avril, soixante ans après le putsch des généraux félons d’Alger, est passée moins inaperçue. Elle est inquiétante car le « on » d’un supposé recours à l’armée ne dit pas que ce « on » est le pouvoir du seul chef des armées en France, à savoir le président. Mais si Marine Le Pen prend effectivement le pouvoir par les urnes, elle aura beau jeu de se poser en sauveur qui fait légitimement appel à l’armée.
Ces tribunes, pétitions, émissions sont donc des tests, le pays sera-t-il consentant ?
Si les signataires sont 250 000, une infime part du pays donc, un sondage Harris affirme que 49 % des Français considèrent que l’armée devrait intervenir pour garantir l’ordre, même sans la sollicitation du gouvernement.
Les principes républicains les plus ordinaires ne font donc plus sens commun et c’est sans doute là que réside l’information la plus alarmante. Il n’y a plus désormais de boussole historique républicaine.
Dernier livre paru : Stridences en conjoncture trouble. Notre situation historique, Excès, 2021
Dossier Tribunes des généraux : tous nos articles sur le sujet
Les démocrates peuvent légitimement s’inquiéter
Par Dominique Rousseau Professeur de droit public à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne
« On peut tout faire avec les baïonnettes, sauf s’asseoir dessus », disait Talleyrand. C’est pourquoi quand les militaires menacent de les sortir, ils deviennent un danger pour la démocratie, qui « fonctionne » au droit. Et, sur cette tension entre la force et le droit, la France est un bon laboratoire. C’est le général Bonaparte qui, le 18 brumaire, sort les baïonnettes pour mettre fin à la République ; c’est son neveu, également général, qui, le 2 décembre 1851, abolit la II e République. C’est le général Boulanger qui, le 27 janvier 1889, hésite et renonce à marcher sur l’Élysée après avoir attaqué pendant trois ans les institutions de la III e République. Et il faut se souvenir que la V e République est née d’une forte pression de l’armée sur le président de la République René Coty pour qu’il ne nomme pas un premier ministre favorable à l’indépendance de l’Algérie et fasse appel au général de Gaulle, qui, en réponse, « se déclare prêt à assumer les pouvoirs de la République ». Et quelques années plus tard, le 21 avril 1961, des militaires encore font sécession à Alger contre ce même général de Gaulle parce qu’il veut donner l’indépendance à l’Algérie.
Les temps ont sans doute changé et l’armée ne cherche pas à prendre le pouvoir. Mais elle continue de peser sur la définition de la politique budgétaire de la défense en faisant savoir publiquement ses critiques et en manifestant publiquement son désaccord par des démissions. Ainsi de l’amiral André Patou, chef d’état-major de la marine, en 1960, de Jean Delaunay, chef d’état-major de l’armée de terre, en 1983 et, le 19 juillet 2017, de Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées, qui avait critiqué la politique du président de la République. « Je suis votre chef, avait répliqué Emmanuel Macron, si quelque chose oppose le chef d’état-major des armées au président de la République, le chef d’état-major des armées change. » Et le président de la République avait raison. L’article 15 dit clairement que « le président de la République est le chef des armées ». Traduction : la Constitution soumet les forces armées au pouvoir civil.
Dès lors, quand des militaires, même à la retraite, accusent les élus du peuple de laisser la France « se déliter » et même de participer à ce « délitement », quand ils les invitent à changer radicalement de politique et les menacent, s’ils ne le font pas, « d’une intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national », ils affirment, contre la Constitution, la volonté de soumettre le pouvoir civil aux forces armées. Quand, quelques jours plus tard, lors d’une manifestation de policiers devant l’Assemblée nationale, un syndicaliste déclare qu’il faut faire « céder les digues, c’est-à-dire les contraintes de la Constitution », il avoue que la police voudrait bien pouvoir agir à l’abri du regard constitutionnel des citoyens.
Et quand les sondages montrent que militaires et policiers manifestent une forte préférence pour le Rassemblement national, les démocrates peuvent légitimement s’inquiéter.
À lire sur le sujet : Sécurité. Police et extrême droite, terrain glissant
S’inquiéter et donc agir. Avec des principes simples : une politique sociale qui met en scène la richesse de la diversité française (article 1 er de la Déclaration de 1789) ; l’affirmation que si une force publique est nécessaire elle doit servir à garantir les droits de l’homme et du citoyen (article 12) ; et le droit de la société de demander compte à tout agent public de son administration (article 15). Il faut donner force au droit pour que les baïonnettes deviennent intelligentes.
Une dérive anticonstitutionnelle

Par Ariane Vidal-Naquet Professeur agrégée de droit public, faculté de droit et de science politique, Aix-en-Provence (1)
La grande muette peut-elle parler politique ? Parues récemment dans « le magazine de la droite qui s’assume », les deux tribunes émanant de militaires et dénonçant le délitement de la France et la lâcheté des autorités politiques méconnaissent non seulement les obligations résultant du statut des militaires mais encore le principe constitutionnel de la subordination du pouvoir militaire au pouvoir civil.
L’article L 4111-1 du Code de la défense pose que « l ’armée de la République est au service de la nation » et que « l’état militaire exige en toute circonstance esprit de sacrifice, pouvant aller jusqu’au sacrifice suprême, discipline, disponibilité, loyalisme et neutralité ». Cette neutralité se traduit de différentes manières. Elle implique, en premier lieu, une obligation de réserve dans l’expression des opinions. Si cette dernière s’impose à tous les fonctionnaires, elle est renforcée pour les militaires. L’article L 4121-2 du Code de la défense indique que « les opinions ou croyances, notamment philosophiques, religieuses ou politiques, sont libres », mais ne peuvent être exprimées « qu’en dehors du service et avec la réserve exigée par l’état militaire », et que « cette règle s’applique à tous les moyens d’expression ». Pèse, en outre, sur eux une obligation particulière de discrétion pour les faits ou informations dont ils auraient connaissance dans ou lors de l’exercice de leurs fonctions. À cette limitation de la liberté d’expression s’ajoute la restriction des droits politiques. À plusieurs reprises dans l’histoire, les militaires ont été privés du droit de vote – d’où l’appellation de grande muette –, jusqu’à ce qu’il soit rétabli en 1945. Mais ils ne peuvent pas, encore à l’heure actuelle, adhérer à des groupements ou associations à caractère politique. S’ils peuvent être candidats à une fonction élective, ils ne peuvent pas exercer de mandat politique national, notamment parlementaire, sauf en position de détachement. Les militaires ne sont donc pas des fonctionnaires ni même des citoyens comme les autres, ce que reconnaît d’ailleurs l’article L 4121-2 du Code de la défense : « L es militaires jouissent de tous les droits et libertés reconnus aux citoyens. Toutefois, l’exercice de certains d’entre eux est soit interdit, soit restreint. »
Ces obligations trouvent leur fondement dans le principe constitutionnel « de libre disposition de la force armée » par le pouvoir civil. Sous des formes variables, de nombreuses Constitutions françaises ont affirmé le principe de séparation et, plus encore, le principe de subordination du militaire au civil. La première Constitution de 1791 pose le principe selon lequel « la force publique est essentiellement obéissante » et la place entre les mains du pouvoir législatif. Sous la V e République, en revanche, l’armée est à la disposition de l’exécutif. L’article 15 de la Constitution précise que le président de la République est le chef des armées ; l’article 21 indique que le gouvernement dispose de la force armée. S’appuyant notamment sur ces deux articles, le Conseil constitutionnel a consacré un principe de « nécessaire libre disposition de la force armée » dans deux décisions rendues en 2014. Ce principe constitutionnel républicain justifie les obligations pesant sur les militaires, et notamment leur neutralité politique, qui exclut toute prise de position, surtout pour critiquer l’action de l’exécutif. Si la grande muette parle politique, c’est anticonstitutionnellement.
(1) Chargée de mission lutte contre le racisme et l’antisémitisme
La Commune : 150 ans après, des combats brûlants d’actualité IN Humanité

La révolution de 1871 n’a duré que 72 jours. Si beaucoup de ses aspirations ont fini par obtenir gain de cause, d’autres restent inaccomplies mais gardent une puissante modernité. Travail, salaires, logement, égalité… L’écho de ses batailles, en phase avec notre époque, retentit encore et nous inspire. En témoigne la foule rassemblée samedi pour la traditionnelle montée au Mur des fédérés, à Paris.
DOSSIER 1871-2021 : La Commune au présent
- Égalité. Plafonnement et écarts des salaires, le grand tabou demeure
- Logement. « Comme en 1871, la situation exige de protéger les locataires »
- Coopératives. Le génie communard, rempart à l’ubérisation
- Citoyenneté des étrangers. La véritable République est universelle
- Entretien avec Jean-Louis Laville. « La Commune envisageait la fin du salariat par l’association »
Le 28 mai 1871, il y a cent cinquante ans, les troupes versaillaises achèvent d’écraser dans le sang la Commune de Paris. Cette formidable expérience populaire, démocratique et sociale est terminée. Adolphe Thiers et le « parti de l’ordre » s’acharnent même sur les survivants, afin de leur faire passer le goût de la révolution et d’intimider les générations futures. Continuer la lecture de La Commune : 150 ans après, des combats brûlants d’actualité IN Humanité



