Marx et la violence

Un article qui nous aide à réfléchir sur la manière dont toute structure sociale fondée sur des rapports de classe tente de maintenir son pouvoir, ce qui est le fondement de la “violence” dite légitime. Il faudrait sans doute ajouter à cette analyse le rôle de la guerre impérialiste et donc tout l’apport de Lénine pour cerner l’actualité d’une telle pensée et on comprendrait mieux pourquoi l’alternative de la chute de l’impérialisme des Etats-Unis et de l’occident “global” semble se poser entre socialisme et fascisme, celui-ci paraissant une ultime forme du pourrissement de “l’outre achéménide” dont parle Lénine, à son stade impérialiste, la classe capitaliste est comme la torture infligée par les Perses, ils bâtissaient une outre autour de leurs victimes et nourrissaient ceux-ci de mets les plus riches en les laissant se décomposer dans leurs déjections, l’élection du président argentin n’inspire que répugnance et effroi. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Illustration : Arantza Clavellina

Zenia Yébenes Escardó

L’objet de ces lignes est de réfléchir à ce que certaines trajectoires de pensée marxistes nous aident à comprendre sur une question absolument incontournable : celle de la violence. Ma réflexion se divise en deux parties. Dans la première, je montre ce que l’héritage de Marx nous permet d’analyser en termes de violence structurelle du monde dans lequel nous vivons. Marx inaugure effectivement la possibilité de considérer la violence comme un phénomène structurel. Avant Marx, il y avait des théories de la domination, et des théories de l’intérêt matériel (économique ou autre) qui nous poussent à contempler dans l’histoire l’exercice constant de la violence par les dominateurs sur les dominés, mais il n’y a pas de théorie de la violence en tant qu’élément d’une structure susceptible d’être reproduite.

Marx serait alors le premier auteur à avoir postulé une forme de violence que l’on peut considérer comme structurelle, objective ou ultra-objective, comme le souligne Étienne Balibar dans Violence et civilité. Continuer la lecture de Marx et la violence

La seule alternative anti-système sera le socialisme ! (Parti Communiste Argentine)

Mardi 21 Novembre 2023

Javier Milei est le nouveau président de l’Argentine. Pour la première fois, un candidat d’extrême droite arrive au pouvoir.

Norberto Galiotti, membre du Comité central du Parti Communiste d’Argentine, dans le journal Nuestra Propuesta explique les raisons de la défaite du péronisme et montre que la seule perspective pour battre la droite, l’extrême droite et le capitalisme est le socialisme.

Traduction Nicolas Maury

La seule alternative anti-système sera le socialisme !
« Ce qui va arriver est très difficile, mais nous, communistes, savons très bien à quoi nous sommes confrontés », déclare Norberto Champa Galiotti, membre du Comité central du Parti Communiste d’Argentine, après les résultats du second tour des élections présidentielles qui a vu la victoire du candidat d’extrême droite. Javier Milei.

« Milei fait partie de la droite, mais c’est sa pire expression, celle du fascisme », déclare-t-il, ajoutant que « maintenant, avec l’alliance qu’il a établie avec Macri, il est aussi le représentant du pouvoir mafieux dans le pays ».
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Argentine : Javier Milei, la victoire du FMI

L’arrivée au pouvoir d’un ultralibéral à visage fasciste n’est pas le fruit du hasard, mais bien le résultat de choix de politiques économiques imposés par la droite, soutenue par le Fonds monétaire international.

Javier Milei (au centre), brandit une tronçonneuse entre sa sœur Karina Milei (à droite) et Carolina Piparo, candidate au poste de gouverneur de la province de Buenos Aires, lors d’un rassemblement politique à La Plata, dans la province de Buenos Aires, en Argentine, le 12 septembre 2023.
© Marcos GOMEZ / AG La Plata / AFP

 

Un saut dans le vide ? Le leader de l’ultradroite Javier Milei s’est imposé, ce dimanche, au second tour de l’élection présidentielle avec 55,7 % des voix, soit 11 points de plus que le ministre-candidat Sergio Massa. Ainsi, étouffés par une crise qui pousse 40 % de la population sous le seuil de la pauvreté, une majorité d’Argentins – souvent motivés par l’espoir suscité par des promesses de campagne plus démagogiques les unes que les autres – vient d’élire comme prochain président le candidat dont le programme suit pourtant la voie de politiques économiques largement discréditées.

Le même chemin qui a déjà mené la troisième puissance économique latino-américaine dans le précipice, après la terrible période déjà traversée en ce début de siècle. Si ce n’est en pire : jamais auparavant quelqu’un d’aussi extrémiste n’avait été élu à la tête d’un pays d’Amérique du Sud. Une situation qui n’est en rien le fruit du hasard. Continuer la lecture de Argentine : Javier Milei, la victoire du FMI

Élections européennes : à Rouen, Léon Deffontaines se pose en candidat de la paix

C’est à la Fête de l’Humanité de Normandie, qui a rassemblé 5 000 personnes, que la tête de liste communiste a tenu son premier meeting. Ce week-end festif était largement dédié à la paix.

NDLR de MAC: Leon Deffontaines sera présent le mardi 12 décembre à Montauban à 19h00. Il accompagne Fabien Roussel en visite dans le Tarn et Garonne et plus particulièrement le mardi soir au cours de la réunion publique qui aura lieu à la salle des fêtes du Fau à Montauban (Entrée libre et gratuite et co-voiturage organisé depuis Castelsarrasin entre autres!)

Léon Deffontaines a centré son discours sur la paix au Proche-Orient, lors de la Fête de l’Humanité en Normandie. © Jérôme LALLIER
© Jérôme LALLIER

Rouen (Seine-Maritime), envoyé spécial.

Une grande fête dédiée à la paix. C’est sous ce signe, et avec une certaine gravité, que les organisateurs de la Fête de l’Humanité de Normandie et les fédérations départementales du PCF ont choisi de placer cette 19e Fête, qui a réuni à Rouen (Seine-Maritime) quelque 5 000 personnes, ces 18 et 19 novembre. Un thème qui a également marqué le discours de Léon Deffontaines.

C’est sur les terres normandes que le communiste a fait sa « première sortie publique » et prononcé ses premiers mots en tant que tête de liste aux élections européennes. « Il n’y a pas que les extrémistes du Hamas et du gouvernement Netanyahou », lance-t-il notamment en direction des jeunes, en préambule d’un concert de l’artiste reggae Taïro : « Il y a aussi celles et ceux qui proposent une paix juste et durable. » Le candidat du PCF lance à nouveau un appel à libérer le leader palestinien Marwan Barghouti, « le Mandela palestinien ». Continuer la lecture de Élections européennes : à Rouen, Léon Deffontaines se pose en candidat de la paix

L’étrange triomphe du Petit Prince

Une relecture du petit prince entre l’étrange défaite de Marc Bloch et les yeux d’Elsa d’Aragon, l’amour fou, celui qui incite Eluard à écrire Liberté et Saint Exupery à invoquer la rose. Pourtant cette relecture ne dit pas le “concret”, l’essentiel de la conception de l’histoire de Bloch et surtout d’Aragon et reste dans “l’abstraction française”, celle qui ignore le peuple français au profit d’une ligne maginot qui génère des profits. Parce que là est le fond de “l’abstraction”.Le fétichisme de la marchandise. Mais cet article a néanmoins bien des mérites, celui de révéler que le conformisme en matière d’art, a quelque chose à voir dans cette ignorance du peuple qui va jusqu’à la guerre. (noteet traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Par Adam Gopnik avril 29, 2014

L’étrange triomphe du Petit Prince

De tous les livres écrits en français au cours du siècle dernier, « Le Petit Prince » d’Antoine de Saint-Exupéry est certainement le plus aimé dans la plupart des langues. C’est très étrange, parce que les significations du livre – son but, son intention et sa morale – semblent encore loin d’être transparentes, même plus de soixante-quinze ans après sa première parution. En effet, ce qui est surprenant, en relisant les premières critiques du livre, c’est que, loin d’être accueilli comme une parabole nécessaire et belle, il a déconcerté et intrigué ses lecteurs. Parmi les premiers critiques, seule P. L. Travers – qui avait, avec une symétrie qui fait frissonner le non-croyant, écrit un mythe équivalent pour l’Angleterre dans ses livres sur Mary Poppins – a vraiment saisi les dimensions du livre, ou son importance. Continuer la lecture de L’étrange triomphe du Petit Prince

« Nous devons vaincre non seulement Netanyahu, mais aussi sa politique et la droite tout entière »

Tribune du député communiste israélien Ayman Odeh (Hadash, Front démocratique pour la paix et l’égalité, dirigé par le Parti Communiste d’Israël).

"Nous devons vaincre non seulement Netanyahu, mais aussi sa politique et la droite tout entière"
Nous devons vaincre non seulement Netanyahu, mais aussi sa politique, l’ensemble de la droite israélienne », a déclaré hier le président de la faction Hadash-Ta’al, le député communiste Ayman Odeh. « L’occupation est la source du mal, nous devons mettre fin à cette occupation criminelle », a-t-il ajouté.

Le député communiste Odeh a déclaré qu’il faut convoquer des élections anticipées : « Si nous n’allons pas aux élections le plus tôt possible, cela sauvera Netanyahu. La seule solution est de respecter l’existence du peuple palestinien et d’établir un État palestinien aux frontières de 67 ». Continuer la lecture de « Nous devons vaincre non seulement Netanyahu, mais aussi sa politique et la droite tout entière »

HEC Débats reçoit Fabien Roussel (Vidéo)

Avant sa venue à Montauban, salle des fêtes du FAU le mardi 12 décembre 2023 à 19h00 et sa visite en Tarn et Garonne, le débat organisé par HEC

Benoît Biteau, un eurodéputé qui se mouille + Podcast ITW sur l’eau

Engagé auprès des Soulèvements de la Terre, l’eurodéputé s’est fait connaître pour sa lutte contre les méga-bassines. À Strasbourg et à Bruxelles, ce paysan agronome tente aussi de faire bouger les lignes du modèle agricole dominant.

Pour l’eurodéputé Benoît Biteau : « Les agriculteurs sont pris dans une forme de syndrome de Stockholm où, sans se rendre compte qu’ils en sont les premières victimes, ils volent au secours de ceux qui les pressent comme des citrons jusqu’à la dernière goutte ». © Martin Bertrand / Hans Lucas / AFP

L’odeur de poudre prend à la gorge. Toutes les deux secondes, une grenade lacrymogène explose pendant qu’une petite partie du cortège prend d’assaut la méga-bassine de Sainte-Soline, protégée comme un fort par la gendarmerie. Au milieu de ce chaos, Benoît Biteau, téléphone greffé à l’oreille, fait les cent pas sur un petit chemin boueux, à quelques centaines de mètres des affrontements.

À l’autre bout du fil, la préfecture des Deux-Sèvres, avec qui il faut négocier dur pour pouvoir évacuer les blessés par dizaines, dont certains, pacifiques, dans un état grave. Étendue à terre, une jeune femme, figure ensanglantée et profondément enfoncée côté gauche, marquera à vie l’eurodéputé écologiste. Elle perdra un œil. « Son visage me hante encore parfois la nuit », confie-t-il. Continuer la lecture de Benoît Biteau, un eurodéputé qui se mouille + Podcast ITW sur l’eau

Ventes d’armes : la France complice de la guerre à Gaza

Depuis 2013, Paris vend pour 20 millions d’euros par an de composants militaires à Israël. Ces exportations rendent notre pays complice de la guerre à Gaza.

Le président Emmanuel Macron lors de la conférence sur l’aide humanitaire à Gaza, le 9 novembre 2023, à Paris. © Firas Abdullah/ABACAPRESS.COM

Ce sont huit pauvres fusils d’assaut. D’après le rapport annuel sur les exportations d’armes de la France, présenté au Parlement par le ministère des Armées en juillet 2023, ils ont été livrés à Israël en 2022. Une goutte d’eau, indéniablement, dans l’arsenal militaire israélien. Selon ce document qui doit éclairer la représentation nationale sur les transferts de matériels militaires français vers les partenaires ou les clients du reste du monde, ce sont les seules armes complètes et prêtes à l’emploi répertoriées comme ayant été expédiées depuis la France vers Israël, l’année dernière.

Des armes dites légères ou de petit calibre, identifiées et peut-être reconnaissables… rien, ou si peu, au fond. Mais quand, comme y incite le gouvernement Netanyahou aujourd’hui, ces fusils d’assaut sont remis à des milices de colons ou utilisés dans l’offensive terrestre sur la bande de Gaza, ils peuvent tout à fait faire couler le sang de civils palestiniens. De quoi concourir directement, sur le terrain, à de potentielles violations du droit humanitaire, voire à des crimes de guerre. Et là, l’histoire pourrait n’être plus tout à fait la même pour Emmanuel Macron, même tout affairé, ce jeudi 9 novembre, lors de son sommet à Paris, à l’« aide humanitaire » aux Palestiniens de Gaza. Continuer la lecture de Ventes d’armes : la France complice de la guerre à Gaza

Avec Marx, prendre parti et faire parti (débat)

La question du parti, de l’engagement révolutionnaire et de l’actualité du communisme, au cœur de la question de l’émancipation, s’est invitée au Village du livre de la Fête de l’Humanité.

© Interfoto / LA COLLECTION

Les intervenants

  • Jean Quétier, philosophe et auteur
  • Isabelle Garo, philosophe et autrice 
  • Yvon Quiniou, philosophe et auteur

 

La publication cette année par le philosophe Jean Quétier d’une série d’ouvrages sur la question du parti révolutionnaire chez Marx a donné lieu à un débat au cours de la dernière Fête de l’Humanité. Ce débat, organisé au Village du livre en septembre, a été l’occasion d’interroger la crise vécue aujourd’hui par la forme parti – en France en particulier – mais aussi le devenir de cette dernière comme mode d’organisation des luttes émancipatrices des membres des classes exploitées, dominées et opprimées face au renforcement de l’autoritarisme libéral, réactionnaire et conservateur. Continuer la lecture de Avec Marx, prendre parti et faire parti (débat)