A propos du discours de Fabien Roussel, en bref ce qui est convaincant par Danielle Bleitrach

article header cover image

Histoire et société

Il me semble que nous avons tous intérêt, et les militants communistes au premier chef, à bien mesurer ce qu’une telle orientation exige de ceux qui s’engagent. D’abord à arrêter de se situer seulement par rapport aux autres candidats dans une guéguerre qui personnellement me donne envie de fuir. Ce discours était d’une autre tenue. Laissons les polémiques sordides à ceux qui ne vivent que de ce type de politique : une des forces du discours de Fabien Roussel a été de s’élever au-dessus de cette foire d’empoigne et de s’inscrire pleinement dans cette bataille électorale, tout en ne restant pas enfermé dans cette échéance, et surtout dans les jeux politiciens des plateaux de télévision. Il a été très pragmatique et a insisté sur les luttes de la rentrée, ce qui peut empêcher l’étranglement du capital contre le travail, les ménages, les vieux, les jeunes, un calendrier.

Voilà pour l’immédiat, l’incontournable, mais il y a la perspective.

Là il a lié étroitement son programme de candidat à une perspective dans laquelle les propositions du PCF ont une tout autre dimension:

  • le socialisme, le nôtre, celui qui dit d’où nous venons et où nous allons.
  • La faucille et le marteau, les tâches immédiates et la conjoncture historique.
  • Pas un prêt à imposer, mais une construction vivante à partir des problèmes et des atouts de la France, dans un contexte international en mutation historique marqué par la guerre, avec nos solidarités politiques.
  • Il a donc de ce fait esquissé un rassemblement non politicien et qui va au-delà des échéances électorales dans laquelle les autres s’enferment. Il en fait l’étape d’une reconquête de la Politique, de l’intervention populaire, celle des « masses », celle de ceux qui’ sont interdit de parole. 100% d’accord c’est convaincant mais tout reste à faire : en particulier quelles sont les « troupes »? comment les investir dans ce champ ?

Personnellement, j’ai deux questions dans lesquelles j’ai envie de travailler et qui sont liées : celle de la paix et celle du développement; en particulier l’indépendance énergétique, c’est sous ces deux questions concrètes qu’en ce moment il me semble possible et nécessaire de lier stratégie et actualité, et sur lesquelles je peux apporte. Ce qui n’empêche pas de me donner comme à chaque élection l’objectif de convaincre 10 électeurs potentiels sur leurs bases et sur les miennes, celles de ce blog…. .

Danielle Bleitrachle

 

Comme un certain nombre d’entre vous j’ai écouté avec attention ce discours et il m’a paru convaincant bien sur ce qui concerne la justice sociale et le caractère insupportable de la différence de traitement entre les nantis et ceux qui subissent toujours plus durement leur loi. Avec cette évidence : on ne meurt pas de canicule, on meurt du mauvais traitement que cette société inflige à une majeure partie d’entre nous dans cette canicule. Sans cette indignation légitime et sans cette revendication égalitaire et fraternelle, il n’y aurait pas de vision communiste. La force c’est de ne jamais se résigner à une telle situation, mais il y a surtout la crédibilité de cette argumentation parce que la démagogie, les promesses jamais tenues ont été notre lot et la majeure partie des Français n’a jamais connu d’autres situation post-électorale.

Combien sommes-nous à avoir connu les jours heureux, ceux de la libération après la deuxième guerre mondiale, les autres n’ont connu que la trahison y compris avec des gouvernement de gauche et des ministres communistes. Donc le doute a grandi et l’anticommunisme avec.

Donc malheureusement nous partons de là et il faut en tenir compte en mesurant bien ce qui est réellement proposé et en quoi nous pouvons nous engager et quelle force devons-nous y mettre? Autrement ce ne sera une fois de plus promesse en l’air et piège pour gogos, ce qui a été le lot de la totalité des président et de leur appareil politico-médiatique.

Disons chacun ce qui nous convainc et qui nous donne envie de faire cet effort : en ce qui me concerne il y a de ce fait quelques grandes questions auxquelles je suis attentive et il y en au moins deux qui me préoccupent au premier chef parce que sans leur solution c’est de la démagogie : la paix et une nouvelle politique de l’énergie. Simplement parce qu’il ne peut y avoir aucune promesse la plus juste soit-elle sans qu’il y ait dans ces deux domaines une refonte complète du système,. Si Trump apparait comme un révélateur de la nocivité des politiques impérialistes dans des deux domaines, il poursuit en fait une ligne et celle-ci lui survivra.

Un article très bien informé, que j’espère pouvoir publier analyse premièrement comment la crise énergétique liée au détroit d’Ormuz a à peine commencé ses effets et ce qui a permis non pas d’en maitriser totalement les effets parce que ceux -ci comme le décrit Fabien Roussel sont bien réels sur les budgets des plus pauvres et sur les pays qui ont le moins de ressources, mais cette crise est restée encore supportable pour les plus aisés et elle a même engendré des superbénéfices pour les grands monopoles financiarisés. Et ce que l’on voit à travers cette analyse est pas seulement de faire payer les riches mais la nécessité d’une maitrise nationale et internationale de l’énergie planétaire qui ne soit pas laissée à la seule gestion par les grandes compagnies pétrolières. On peut proclamer que l’on va faire payer les riches et finit par taxer les retraités mais le vrai problème, celui qui a permis à la Chine d’atténuer le choc c’est aussi la planification de ses stocks, la gestion de la consommation, la diversification de ses sources.

Les experts occidentaux à l’inverse de la propagande occidentaliste apprécient le rôle de la Chine qui s’avère dans ce domaine comme d’ailleurs dans d’autres y compris financier, avoir joué la responsabilité pour sa propre population et aussi pour le marché international. Il faudrait ajouter à cette description tout ce que la Chine en partenariat avec la Russie, a réussi à apporter aux pays du sud qui effectivement sont ceux qui subissent les effets les plus frontaux de la crise énergétique (il y a le sud mais aussi l’Asie et là on voit y compris le Japon pris en étau entre crise énergétique et financière entièrement due aux USA.

Dans Histoire et Societe nous laissons souvent la parole aux libéraux quand ils parlent aux « investisseurs » et bien c’est ce qu’ils disent ils parlent des gouvernements qu’ils définissent comme « autoritaires » avec une sorte de respect haineux : eux ils peuvent agir ainsi parce qu’ils seraient non démocratiques? Non il y a erreur parce qu’ils retiennent dans ce domaine comme celui de la paix les appétits débridés des capitalistes qui pratiquent à leur profit la loi de la jungle.

Nous reviendrons là aussi sur ce discours et ce qu’il apporte sur la paix y compris en Ukraine là aussi c’est convainquant parce que cela dit cette chose simple: on ne fait pas la paix par l’escalade de l’armement et il faut dès maintenant en arriver à une solution diplomatique.

Si j’avais une inquiétude par rapport à ce voeux c’est qu’il est bien tardif, il y a le manque de confiance légitime dans l’Occident, les USA. Et c’est cela qui est déjà l’obstacle mais il y a également le fait que ni les dirigeants US, ni ceux de l’UE ne veulent de la paix, parce que l’économie de guerre est pour eux un formidable transfert des ménages, des travailleurs au capital le plus concentré, le plus financiarisé. Tout cela apparaissait dans le discours de Fabien Roussel mais cela doit être encore plus clair. Parce que tout en dépend .

Tout ce qui a été dit n’était pas confus au contraire mais exigeait encore plus d’éclaircissement, cela va a contrario de tout ce qui se dit et cela doit être assimilé et un discours ne suffit pas.

Et c’est là qu’intervient un autre accord mais toujours avec la nécessité de l’ approfondissement dans les idées mais aussi dans l’action collective le plus difficile et qui ne tombe pas du ciel :

La grande question est pour moi celle de la paix, arrêter ces horreurs, mais aussi en jetant les bases d’une société gouvernée par ceux qui n’ont aucun intérêt à la guerre, leur assurer la sécurité… Et de là créer les conditions pour que ces êtres humains un peu moins inquiets, malheureux, mettent toutes leurs forces créatives dans l’émancipation humaine… On me dit quelquefois que les êtres humains ne valent rien et font la preuve tous les jours de leur nocivité, leur médiocrité, c’est possible mais à cela j’ai deux réponses: si à Marseille, nous étions ce que l’on imagine de nous, nous ne pourrions pas vivre et je trouve autour de moi plus d’aide, plus de solidarité y compris générationnelle que ce que l’on m’en raconte. Mais surtout je réponds que je ne sais pas ce que sont les êtres humains mais tout ce qui donne du prix à ma vie passe par eux…

Et c’est peut-être cela que j’ai en commun avec les communistes, avec ce discours cette expérience de l’humanité et qui me convainc parce que j’en ai assez de ne voir que les obstacles, les haines, les divisions, c’est invivable même si je crois qu’il faut savoir marquer les lignes de ce qui n’est pas tolérable…. J’ai senti quelque chose de cet ordre là mais tout reste à faire…

Par rapport aux propositions du PCF, que hier a rappelé Fabien Roussel on voit qu’elles vont dans le bon sens et qu’elles interviennent sur tous les points sensibles avec les atouts français.

Un effort, un investissement est exigé de nous, c’est une responsabilité parce que nous ne savons plus très bien ce que cela signifie et surtout qui va organiser tout cela? On peut comprendre que dans ce cas le choix soit l’unité et pas la clarté dans l’exercice des responsabilités. Ian Brossat est le directeur de campagne, c’est un choix judicieux en particulier pour les médias mais il faut aussi une organisation du parti et là je dois dire que c’est flou parce qu’il a là l’essentiel à savoir le rôle d’un parti révolutionnaire… A quel prix et comment crée -t-on l’unité?


Dans L’humanité

« Une France verte, libre et indépendante » : à Toulouse, Fabien Roussel appelle les communistes à « renverser la table »

Lors des universités d’été du PCF, à Toulouse, Fabien Roussel s’est adressé au millier de participants présents en réaffirmant le projet qu’il entend défendre lors de la campagne présidentielle : la révolution sociale et écologique. Il a également invité le reste de la gauche à « choisir (son) chemin ».

Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français (PCF), lors de son discours à l’université d’été du parti à Toulouse, le 22 août 2026.

Elle a la peur au ventre et dans la voix. Christine, 63 ans, est coordinatrice en recherche médicale, mais cela importe peu. Elle est d’abord, « et depuis toujours ! », militante communiste à Carcassonne, dans l’Aude. Une ville de plus de 46 000 habitants passée dans les mains du RN au mois de mars dernier. Si elle a fait un peu plus d’une heure de route jusqu’à Toulouse (Haute-Garonne) pour participer aux universités d’été du PCF, ce samedi 22 août, c’est pour lancer l’alerte, « secouer » tous les élus qu’elle croisera pour leur rappeler ce danger qui la fait trembler.

« Avant d’y être confrontée, je n’avais pas totalement conscience de ce que pouvait représenter une politique d’extrême droite, confesse-t-elle. Maintenant, je le sais. Elle frappe vite et fort : contre les pauvres, les opposants, les syndicats… ». Alors, aux abords de la buvette comme lors des ateliers en amphithéâtre, elle le répète : « Il faut absolument que la gauche prenne conscience des conséquences » d’une éventuelle victoire du RN en 2027 et qu’elle agisse en conséquence pour l’éviter. Comment ? C’est la question que tous se posent à huit mois de l’élection présidentielle, où le parti devrait présenter son propre candidat en la personne de Fabien Roussel, son secrétaire national.

L’enjeu de la jeunesse

Comme Christine, Souad Sedrati, secrétaire de section du PCF à Creil (Oise), et Salah Bouchekhal, militante dans la même ville, sont venus « chercher des réponses » avant de se mettre en marche. Mais avant de se projeter vers l’élection présidentielle, les deux quadragénaires s’interrogent sur les leçons à retenir des dernières municipales pour mieux appréhender une nouvelle campagne.

Chez eux, malgré une union nouée avec les socialistes et les écologistes et une avance de près de dix points au premier tour, cette échéance s’est soldée par une défaite face à la France insoumise (LFI) pour 167 voix. « C’est la jeunesse qui a fait basculer l’élection, se désole la première. En tant que communistes, si l’on veut relever le défi de la présidentielle et contrer le RN, il faut savoir s’adresser à ce public. Ça peut se jouer de côté là. Mais aujourd’hui, on ne sait plus le faire. »

Si l’un et l’autre disent « soutenir l’idée d’une candidature de Fabien Roussel pour le développement et la visibilité du parti », Salah avoue rencontrer certaines « difficultés à la justifier sur le terrain », en particulier du côté de ce public. « On organise souvent des cafés-débats pour les nouvelles générations, rapporte-t-elle. Mais quand on nous dit ”À quoi bon aller faire 2% alors qu’il existe un vote Mélenchon ?”, c’est très difficile d’être audible en argumentant. »


C’est le moment je rejoins le PCF

← Retour

Merci pour votre réponse. ✨


Faire avancer la pensée communiste

À deux pas, Félix Locher et Akram Amri, 18 et 15 ans, les feraient presque mentir. Même s’ils sont très critiques de l’approche récente du parti sur plusieurs sujets selon eux chers aux jeunes, en particulier la question de la Palestine, ces militants venus du Gennevilliers (Hauts-de-Seine) pour l’un, et du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) pour l’autre, sont plutôt favorables à une candidature communiste. « Une candidature, oui, mais ça dépend de ce qu’on en fait, avertit le plus jeune. Si on y va pour faire avancer la pensée communiste dans la société et faire gagner la gauche, ça peut être une bonne chose ».

Pour l’aîné, l’enthousiasme est plus tempéré. « Je crois qu’on ne se rend pas compte de la pression que l’on va se prendre, ça va être une position difficilement tenable sur le terrain, tout le monde va nous demander pourquoi on y va seul, redoute-t-il. Mais il faut bien avouer que l’union n’est pas non plus une solution magique pour aller vers la victoire. » Selon lui, toutefois, une candidature communiste reste largement utile à l’élargissement du socle de la gauche. Mais à une condition : « Que le projet porté soit véritablement communiste. »

La veille, lors d’une visite à la caserne des pompiers de Lougnon, à Toulouse, Fabien Roussel a dit « tendre la main » à François Ruffin, député Debout !. Ce qui fait craindre aux deux jeunes une « dilution du communisme dans une nouvelle version de la social-démocratie ». Pourtant, d’autres militants croisés dans les allées, plus âgés, y voient plutôt un très bon signal pour une potentielle montée en puissance de la gauche « non populiste », loin de toute « radicalité clivante ». « Quoi qu’il en soit, il faut de la clarté pour unir le parti et se lancer en campagne sereinement », tranche Akram.

« Nous avons nos outils : notre faucille et notre marteau »

En fin de journée, comme pour leur répondre, Fabien Roussel l’affirme : « Nous ne sommes pas ici pour nous résigner, ni pour nous excuser de ce que nous sommes. Nous sommes communistes et fiers de l’être, des optimistes debout. » D’où l’objectif affiché, et réaffirmé à la tribune, de « prendre le pouvoir ». « Nous ne sommes pas une organisation syndicale, nous sommes une organisation politique, affirme-t-il. Nous sommes pour participer aux mobilisations, mais nous voulons que ça change pour les travailleurs. Si nous voulons que ça change, nous voulons prendre le pouvoir. Pas le pouvoir pour le pouvoir, mais pour mettre en place une révolution sociale et écologique avec le peuple, pour le peuple, par le peuple ».

Visant les deux quinquennats d’Emmanuel Macron, coupables selon lui de laisser derrière lui un « champ de ruines sociales », le secrétaire national appelé à cesser cette « boucherie ». « Rangez vos outils, lance-t-il à l’adresse des libéraux, hués par la salle. Nous, nous avons nos outils : notre faucille et notre marteau, les symboles du peuple travailleur. »

Des symboles qu’il entend brandir pour « renverser la table » et réaliser les grandes lignes du projet communiste : « Nous voulons voir notre pays vert, respirable, avec des citoyens protégés, avec des hommes et des femmes qui vivent à égalité. Nous voulons une France libre et indépendante. Libre de produire ses propres richesses. Une France qui verse des salaires plutôt que des allocations. »

Pour mieux se démarquer, Fabien Roussel énumère les points sur lesquels les communistes seraient « les seuls à être aussi clairs », même « à gauche ». De la révolution industrielle au service de la transition écologique, avec l’objectif d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, à la volonté de cesser le financement des guerres ou le double jeu consistant à reconnaître la Palestine tout en la laissant disparaître. Sans oublier le rejet d’une Europe fédérale, « dans laquelle la voix des nations est perdue » ou la lutte contre le RN sur tous les terrains. Et de donner rendez-vous le 6 septembre, à l’occasion du vote final des communistes, pour entériner sa candidature autour d’un « projet de rupture utile aux luttes, au progrès social et à la paix ». Son directeur de campagne a même été nommé : le sénateur Ian Brossat.

Mais quid des autres forces de gauche ? « Chez nous aussi c’est carré, la démocratie en plus, sourit-il, en clin d’œil au slogan de Jean-Luc Mélenchon. Le 6 au soir, nous devrions donc être la deuxième force de gauche à présenter notre candidature. On ne peut pas vraiment parler de division si nous ne sommes que deux. Aux autres donc de choisir leur chemin. Ensuite, nous les invitons à parler de programme, de ce que nous pourrions défendre ensemble. »


En savoir plus sur DEMOCRITE "de la vie de la cité à l'actualité internationale"

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Donnez votre avis

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.