Grève du 29 septembre. À Paris, contre la vie au ras du Smic

Plus de 200 rassemblements se sont déroulés en France pour exiger des hausses de salaire et protester contre la réforme des retraites. 40 000 personnes ont défilé dans la capitale, selon la CGT. Nous y étions !

C’est au son de la chanson des Doors, Riders on the Storm, évoquant des hommes coincés dans une tempête, que la manifestation interprofessionnelle à l’appel de la CGT, FSU, Solidaires et des organisations de jeunesse, s’est élancée, jeudi, depuis la place Denfert-Rochereau, à Paris. Alors que le gouvernement a annoncé le jour même une parodie de consultation sur la réforme des retraites pour tenter d’apaiser les esprits, ils étaient 40 000 à défiler dans la capitale (selon les organisateurs) pour cette rentrée sociale, mais aussi 4 500 à Nantes, quelques milliers à Marseille ou encore 1 000 à Saint-Denis de La Réunion, bien décidés à ne pas se laisser piéger par cette nouvelle régression. Continuer la lecture de Grève du 29 septembre. À Paris, contre la vie au ras du Smic

Français : L’enquête CEDRE montre une aggravation des inégalités à l’école et au collège 

Comment évaluer le ministère Blanquer ? En attendant les résultats de Pisa, en oubliant ceux des évaluations nationales, il reste comme évaluation sérieuse l’enquête CEDRE réalisée tous les 6 ans par la Depp (division des études du ministère). Les résultats des évaluations en français viennent d’être publiées. Ils montrent une légère hausse de niveau à l’école et une stabilité au collège. Mais ces légers frémissements cachent les vrais changements. Après une décennie de réduction des inégalités sociales de résultats, les 5 années du premier quinquennat Macron se traduisent par une explosion des inégalités. L’école et le collège sont devenus encore plus inégalitaires. Reste à comprendre pourquoi.

A l’école

 La DEPP publie deux Notes d’information sur la maitrise du français en fin d’école et de collège réalisées dans le cadre de l’enquête CEDRE. Elles portent sur l’évaluation d’un échantillon d’élèves réalisée en 2021. La précédente évaluation, en 2015, montrait une réduction des écarts de niveau à l’école et un relèvement global du niveau au collège. Six ans plus tard la situation s’est sensiblement dégradée. Continuer la lecture de Français : L’enquête CEDRE montre une aggravation des inégalités à l’école et au collège 

Grève du 29 septembre : près de 200 manifestants dans les rues de Montauban in DDM

Les salaires et le pouvoir d'achat étaient au cœur des revendications, ce jeudi 29 septembre.

Salaires, pouvoir d’achat et retraites ont rassemblé les travailleurs du Tarn-et-Garonne pour cette journée de rentrée sociale.

Malgré les averses ponctuant la journée, les travailleurs étaient dans la rue, ce jeudi 29 septembre. Répondant à l’appel national des organisations syndicales CGT, FSU et Solidaires, quelque 200 manifestants se sont rassemblés en milieu de journée au square Picard de Montauban.

Parmi eux : des salariés de GXO logistics de Labastide-Saint-Pierre (80 % de grévistes), d’EDF énergie de Golfech, des professionnels de santé du centre hospitalier de Montauban, des cliniques Boyé et Pont-de-Chaume, du centre hospitalier intercommunal de Castelsarrasin-Moissac, des enseignants et personnels de l’Education nationale, des agents de la fonction publique territoriale ou encore des postiers. « Toutes les professions ont répondu présent », s’est réjoui Christophe Couderc, secrétaire départemental de la CGT. Des jeunes rassemblés sous la bannière MNL (Mouvement national lycéen) et quelques retraités étaient également de la partie.

« La colère s’installe »

Au cœur des revendications pour cette première journée de rentrée sociale : les revenus et le pouvoir d’achat, dans un contexte national marqué par la hausse des prix. « On sent que la colère s’installe. Les salaires n’augmentent pas au contraire de l’inflation. Il y a un vrai décrochage par rapport au coût de la vie. On ne peut pas continuer comme ça, plaide le responsable syndical de la CGT. On doit se faire entendre. Cette journée de grève doit en amener d’autres. »

Le dossier chaud de la réforme des retraites était lui aussi sur toutes les lèvres. « Travailler jusqu’à 65 ans dans ces conditions ? Avec 1 500 € net de salaire par mois pour vivre ? Ça n’est pas viable », regrette ce salarié de GXO logistics. La question de la transition écologique a elle aussi été abordée.

Après quelques prises de paroles des principaux représentants syndicaux, le cortège s’est ensuite élancé en musique dans le centre-ville de Montauban, faisant une halte remarquée devant l’hôtel de ville au son de « L’Internationale ». Un pied de nez directement adressé à la municipalité, concernant la mise à disposition des locaux de la CGT : « Après nous avoir chassés de la Maison du Peuple [il y a trois ans, NDLR], la mairie a relancé une démarche pour nous expulser cette fois-ci de nos bureaux rue d’Albert », soutient Christophe Couderc, dénonçant au passage un acharnement : « C’est scandaleux. Si la CGT, première organisation syndicale du département, se retrouvait à la rue, ce serait du jamais vu. C’est une façon de porter atteinte à tous les travailleurs. »

La manifestation a ensuite pris la direction de Villenouvelle, où se situe le siège actuel de l’UD CGT, pour discuter de la suite à donner à cette journée de rentrée sociale.

Le fléau des violences sexistes (PCF)

L’affaire Adrien Quatennens secoue l’opinion publique et la classe politique. Reconnaissant être auteur de violences conjugales sur sa future ex-compagne, il choisit de ne pas se mettre en retrait de son mandat électif. Comment représenter la République et œuvrer à protéger les femmes du fléau des violences sexistes et sexuelles si on violente soi-même sa compagne ?

Quelques soutiens entreprennent de minimiser. « Une gifle, oui mais… » pas tous les jours, oui mais il s’est excusé… On se centre uniquement sur la gifle et on ne parle pas du téléphone subtilisé, du harcèlement, du poignet saisi. Pas un mot pour la victime. Une séquence révélatrice d’une ignorance ou d’un mépris de la réalité des violences conjugales et de leur gravité et qui suscite une nouvelle vague d’indignation. Ernestine Ronai, communiste et responsable de l’Observatoire des violences faites aux femmes en Seine-Saint-Denis, en déduit que « ce qui marque notre époque c’est le recul de la tolérance sociale vis-à-vis de ces violences, et c’est ce qu’il faut cultiver et faire grandir ».

D’autres affaires d’accusations de violences sexistes et sexuelles concernant des élus et personnalités politiques font également beaucoup parler. La méthodologie des partis politiques dans la gestion et la prise en charge de ces accusations et faits de violences sexistes et sexuelles est questionnée.

Fabien Roussel le rappelle ainsi dans sa tribune parue au JDD le 25 septembre dernier : « Au PCF, nous avons fait le choix de mener une politique de tolérance zéro. » Nous prenons nos responsabilités et avons été parmi les premiers à le faire. Nous avons fait le choix de refuser l’impunité des agresseurs dans notre organisation. Notre programme à la dernière élection présidentielle a montré notre volonté d’être à la pointe en matière de lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Depuis 2018, le PCF est doté d’un dispositif Stop violences que l’on peut saisir à l’adresse mail stopviolences@pcf.fr ou via le collectif féministe contre le viol avec lequel nous sommes conventionnés. Au sein du dispositif comme au CFCV, les victimes sont assurées d’être écoutées, accompagnées et orientées par des personnes formées.

Notre périmètre d’action n’est pas judiciaire. Nous ne rendons pas la justice et nous ne nous substituons pas à celle-ci. Il s’agit de faire respecter nos statuts qui garantissent à chacun·e la protection de son intégrité physique et morale.

Être communiste ne protège pas des violences du monde patriarcal dans lequel nous vivons, mais être adhérent au PCF nous oblige à y faire face et être à l’initiative. En prônant une société libérée de toutes formes de domination, exploitation, oppression, nous avons un devoir d’exemplarité. Voilà pourquoi nous avons créé ce dispositif et pourquoi, avec l’appui du secteur formation, nous formons toutes et tous les camarades à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Nous travaillons concrètement à créer des conditions toujours plus propices à un cadre de militantisme sain et sécurisé, au bénéfice de toutes et tous.

Wirden Shirley, membre du CN PCF

La FCPE 82 en congrès National

Intervention de Julien Sueres – CDPE 82 – lors du Congrès FCPE

Durant son intervention, le député Rodrigo Arenas a rappelé à juste titre que « l’école c’est la république ». Eh bien, il est sûrement utile de rappeler que pour un enfant en situation de handicap, souvent cette république est tenue à bout de bras par un ou une AESH. Je vous invite à rendre hommage ici à ces hommes et ces femmes qui chaque jour permettent que l’école soit la République pour ces enfants.

Ce 76ème congrès porte donc sur le sujet important de l’égalité dans l’éducation.

Parler d’égalité aujourd’hui, c’est parler d’inclusion et de handicap. Parce que nous savons tous ici que pour chaque enfant en situation de handicap qui ne peut pas jouir de son droit universel à l’éducation, en cours comme à la cantine, c’est finalement, l’école, la République, qui sont en échec.

Parler d’inclusion aujourd’hui, c’est parler du rôle majeur que jouent les accompagnants d’élèves en situation de handicap, ces personnels que l’Etat refuse de sortir des griffes de la précarité.

Parler des AESH aujourd’hui, c’est parler de leur statut et de leur rémunération. Et nous savons tous que cette situation rocambolesque où ces personnels sont payés d’un côté par l’éducation nationale, pour les temps scolaires, et par les collectivités, pour le périscolaire, est une aberration.

Parler du salaire des AESH aujourd’hui, c’est donc aussi parler des dotations aux collectivités. Et malheureusement, même si nous voudrions tous que les AESH puissent bénéficier d’un contrat à plein temps sous statut de l’éducation nationale. Mais l’Etat préfère faire peser le coût des salaires des AESH lors des temps périscolaires sur les collectivités locales. Des collectivités locales mises à mal budgétairement par le désengagement de l’Etat depuis des années.

Je terminerai donc sur deux points.

Tout d’abord, il est urgent aujourd’hui que la FCPE se mobilise pour un véritable statut public et des salaires dignes pour les AESH. Cette mobilisation doit commencer dès le 29 septembre prochain en étant massivement dans la rue aux côtés des syndicats qui appellent à l’action.

En attendant ce grand soir, nous devons également nous mobiliser aux côtés des collectivités pour que l’Etat leur donne les moyens de payer ces AESH sur les temps périscolaires. En avril dernier, les associations représentatives des collectivités ont lancé un appel à l’Etat via leur collectif « Territoires Unis ». La FCPE doit désormais faire bloc derrière cet appel pour le faire aboutir et obtenir ces moyens de la part de l’Etat. Ce serait un grand pas pour l’inclusion, un grand pas pour l’école, un grand pas pour la République.

Julien Sueres


Présidentielle 2022 : Quel avenir pour l'école ? | FCPE

Communiqué de la FCPE82 à l’issue de ce congrès

26 septembre 2022

Congrès National de la FCPE : les parents ont débattu sur l’égalité d’accès à l’éducation

Une délégation de quatre parents d’élèves a participé ce week-end au congrès national de la fédération des conseils de parents d’élèves de l’école publique qui s’est tenu à Paris. Beatriz Malleville, Présidente de la FCPE 82, Julien Sueres, Vice-Président, Christine Loupiac, Trésorière et Patricia Perdreau, membre du Conseil d’Administration, ont ainsi pu apporter leurs témoignages Tarn et Garonnais aux débats du congrès. Le thème de celui-ci portait cette année sur « l’égalité pour tous ».

« Un sujet au cœur des préoccupations de nombreux parents d’élèves », rappelle la Présidente Beatriz Malleville insistant sur des problématiques de manque d’enseignants, de fermetures de classes dans les milieux ruraux ou encore d’inclusion des enfants en situation de handicap, qui touchent notre département. La question des élèves en situation de handicap a d’ailleurs été le sujet de l’intervention de Julien Sueres lors des débats lorsqu’il s’est exprimé au nom de la délégation du Tarn-et-Garonne.

« Oui, l’école, c’est la République », a-t-il lancé à la salle avant de pointer que pour de nombreux enfants en situation de handicap cette République est souvent « portée à bout de bras par les personnels Accompagnants des élèves en situation de handicap ». Pointant la mobilisation inter-syndicale à venir du 29 septembre, le vice-président a insisté sur le fait qu’aujourd’hui parler d’inclusion, « c’est parler des AESH, de leur statut précaire et de leurs revendications en termes de salaires », avant d’appeler « le plus grand nombre de parents à venir soutenir les AESH dans la rue le 29 septembre pour envoyer un message fort au gouvernement ».

Sensible à la question de la rémunération de ces personnels accompagnants sur les temps périscolaires, il a insisté que « lorsqu’un enfant ne peut pas profiter pleinement de son droit à l’éducation, en classe comme à la cantine, c’est l’école, c’est la République qui est en échec ». Aujourd’hui, la rémunération des AESH sur ces temps périscolaires incombe aux collectivités locales. Régions, départements et communes ont lancé un appel au gouvernement en avril dernier pour que celui-ci leur donne des moyens à la hauteur pour leur permettre de répondre aux besoins de tous les enfants en situation de handicap. « Tous les parents doivent faire bloc pour soutenir cet appel afin que l’Etat donne les moyens aux collectivités de rémunérer les AESH correctement », a lancé Julien Sueres avant de terminer son intervention devant un parterre de quelques 300 congressistes.

Budget 2023 et éducation nationale : La revalorisation promise n’est pas au rendez-vous in, Caf. Péda.

Les 10% promis par Emmanuel Macron, soit 6 milliards, ne sont pas au rendez-vous du budget 2023. A la place, un peu moins de 2 milliards de revalorisation inconditionnelle qui cibleront la première moitié de la carrière. S’ajoute environ un milliard pour le « nouveau pacte » et pour des mesures catégorielles, comme les 74 millions consacrés à la prime Rep qui sera versée aux AED. Le ministère parle de « choc d’attractivité » pour le métier enseignant. Mais qui fait confiance à un employeur qui promet sans tenir ?

Une augmentation du budget qui suit l’inflation

 « Revalorisation historique », « accélération inédite » : l’entourage de Pap Ndiaye ne manque pas de belle formule pour présenter la hausse du budget de l’éducation nationale. Il est vrai qu’elle est substantielle. Hors pensions, le budget de l’enseignement scolaire passe à 60 milliards, soit 3.6 milliards de plus qu’en 2022. Cela représente +6.5% d’augmentation, ce qui à première vue, est un record. Continuer la lecture de Budget 2023 et éducation nationale : La revalorisation promise n’est pas au rendez-vous in, Caf. Péda.

Ukraine : vingt-quatre voix pour la paix

La Journée internationale de la paix, organisée ce mercredi, intervient en pleine guerre en Ukraine sur fond de menace nucléaire. Le désarmement demeure l’unique solution. Vingt-quatre voix lancent un appel dans l’Humanité pour défendre la paix.

© Roland Nivet

© Roland Nivet

Deux cent dix jours que la Russie a envahi l’Ukraine. Les mobilisations à l’occasion de la Journée internationale de la paix, ce 21 septembre,   voient leur importance accrue dans ce contexte. « La guerre est une chambre obscure, sans lumière. Une fois la porte ouverte, on ne sait pas ce qu’il y a derrière », avertissait, à la Fête de l’Humanité, le général Dominique Trinquand.

La responsabilité de Vladimir Poutine dans ce basculement majeur du XXIe siècle, et ses crimes de guerre, ne souffre aucune contestation. Au bout de sept mois, après des dizaines de milliers de morts, Kiev a obtenu d’importantes victoires militaires, notamment dans la région de Lougansk. Depuis, le spectre d’une nouvelle guerre mondiale et de frappes nucléaires précipite le monde vers un gouffre jamais connu depuis la crise des missiles de Cuba en octobre 1962. Continuer la lecture de Ukraine : vingt-quatre voix pour la paix

Dans une lettre ouverte, Madeleine Riffaud dénonce la grande misère de l’hôpital

Au début du mois de septembre, la résistante et ancienne journaliste de l’Humanité, Madeleine Riffaud, 98 ans, a vécu un calvaire à l’Hôpital Lariboisière. Elle a été laissé seule sur un brancard sans manger pendant 24 heures. Dans cette tribune à l’intention de Nicolas Revel, directeur de l’APHP, elle dénonce l’état révoltant de l’hôpital public.

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Mardi 20 Septembre 2022

Partout en France, les services d’urgences sont débordés, comme ici, au centre hospitalier d’Alençon, dans l’Orne. © P. Forget/Saga Photo

Partout en France, les services d’urgences sont débordés, comme ici, au centre hospitalier d’Alençon, dans l’Orne. © P. Forget/Saga Photo

Il y a deux semaines, j’ai dû me rendre aux urgences pour un examen important dû à un covid long, variant omicron.

Le SAMU m’a emmenée à l’hôpital Lariboisière, à midi et demi, le dimanche 4 septembre pour examens. Je me suis retrouvée couchée au milieu de malades qui hurlaient de douleur, de rage, d’abandon, que sais-je. Et les infirmières couraient là-dedans, débordées… Elles distribuaient des « J’arrive ! » et des « ça marche ! » « J’arrive, j’arrive ! ». Mais personne n’arrivait. Jamais.

Nul doute que leur vocation est réduite en charpie

Moi-même, j’ai mis douze heures pour obtenir la moitié d’un verre d’une eau douteuse. Tiède. Je suis restée 24 heures sur le même brancard, sans rien manger, dans un no man’s land. C’était Kafka. Continuer la lecture de Dans une lettre ouverte, Madeleine Riffaud dénonce la grande misère de l’hôpital

Pourquoi les Etats-Unis et leur classe dirigeante ont besoin de la guerre ?

 

Voici un constat accablant sur les raisons pour lesquelles les dirigeants des Etats-Unis veulent la guerre – et il faudrait le compléter par l’atmosphère de guerre civile interne qui règne aux Etats-Unis, faute d’organisations et partis capables de recréer l’unité de classe. Ce qui se passe aux Etats-Unis où au lieu de régler les problèmes, les gouvernants continuent à actionner la planche à billet et à déverser des armes, et à faire monter les taux d’intérêt, a des effets dramatiques en Europe. Le continent est déchiré par le bellicisme de l’OTAN, l’inflation galope et l’économie est en train de connaitre la récession. Ce qui est frappant c’est comment dans un tel contexte se multiplient les problèmes familiaux et individuels face auxquels chacun est tenté de répondre dans un sauve-qui-peut individuel, alors que la seule solution est de s’organiser pour un changement de pouvoir, pour le développement de solidarités collectives de lutte. Nous en sommes loin mais il faut mesurer que tout ce qui va dans le sens de la résistance est nécessaire, qu’il s’agisse du pouvoir d’achat ou du refus de la guerre qui ne cède pas à l’opportunisme du soutien à la propagande de guerre en se donnant comme mot d’ordre soutien à l’Ukraine tout en prétendant défendre la paix ce qui est malheureusement l’ambiguïté actuelle du mouvement de la paix. C’est un bras de fer qui devrait être entamé au plus tôt pour être à la hauteur des coups portés et cela passe aujourd’hui par une présence militante aux initiatives qui se développent dont les deux principales de septembre. Je vais personnellement prendre quelques jours de vacances du 20 septembre au 24 compris, je vous demande donc de noter le calendrier suivant.

UNE CRISE D’UNE PROFONDEUR INÉGALÉE

L’augmentation des prix de pratiquement tous les articles de consommation a conduit à un taux d’inflation sur 12 mois de 8,3 pour cent, a indiqué mardi le Bureau américain des statistiques du travail. Les loyers, les produits d’épicerie et les coûts des soins médicaux ont entraîné la hausse de l’indice des prix à la consommation (IPC) en août. L’ameublement, les véhicules neufs, l’assurance automobile et l’éducation ont également connu des augmentations.

Pour la classe ouvrière, la vie devient intolérablement plus chère de jour en jour.

Le coût des logements locatifs a encore augmenté de 0,7 % en août, portant l’augmentation sur 12 mois à 6,2 %, la plus élevée depuis 1986. Les services publics ont augmenté de 2,1 % en août et ont connu une hausse vertigineuse de 19,8 % au cours de la dernière année. Le coût des denrées alimentaires a augmenté de 0,8 % le mois dernier et de 11,4 % au cours de l’année dernière, la plus forte hausse depuis 1979.

Le président Biden n’a pas fait référence aux nouveaux chiffres lors d’un événement organisé à la Maison-Blanche visant à célébrer l’adoption de la frauduleuse «Loi sur la réduction de l’inflation» mardi après-midi, se contentant de dire avec désinvolture: « Nous avons encore beaucoup à faire ». Le président a vanté la baisse de trois mois des prix de l’essence, sans mentionner que l’essence est toujours en hausse de 26 % par rapport à l’année dernière.

Biden, les démocrates et les républicains ont fourni au moins 50 milliards de dollars pour armer l’Ukraine cette année, mais ils n’ont rien fait pour atténuer l’impact de la hausse des coûts sur les familles de la classe ouvrière et de la classe moyenne.

Dans un autre rapport publié mardi, le Bureau of Labor Statistics a indiqué que le salaire horaire moyen réel avait encore baissé de 0,2 % entre juillet et août. Au cours de l’année dernière, le salaire horaire moyen réel d’un travailleur américain a diminué de 2,8 %.

CE QUI EST MENACÉ EST LA VIE ELLE-MÊME

Les chiffres sont là: les Etats-Unis ont une espérance de vie qui diminue : sans avoir à subir les horreurs des blocus, sanctions et pillages qu’ils imposent à des pays comme Cuba, simplement en ayant le pire des systèmes économiques et sociaux qui se puisse imaginer et qu’ils prétendent imposer à l’ensemble des autres nations, ils aboutissent à ce résultat:

Peut être une image de texte qui dit ’Une chute brutale de l'espérance de vie à la naissance aux Etats-Unis En années 82 Femmes 80 81,4 78 Total 79,9 79,1 78,7 76 Hommes 77,0 74 76,3 76,1 72 2000 74,2 2005 73,2 2010 2015 SOURCE: NATIONAL CENTER FOR HEALTH STATISTICS 2021 esEchos’

LA CRISE DU SYSTÈME EXIGE UNE SOLUTION POLITIQUE

Enfin pour que l’on mesure bien la nécessité d’un combat POLITIQUE face à cette volonté de guerre, je voudrais reprendre ce qu’à répondu hier Jean-Claude Delaunay à un de nos lecteurs qui expliquait que les USA et plus généralement l’Occident étaient confrontés à ce que Marx décrit comme une tendance endémique du capitalisme, les crises de surproduction. Jean-Claude a expliqué ceci qui par voie de conséquence démontre la nécessité d’une intervention politique et que Marx désigne comme le basculement historique d’un mode de production à un autre puisque ce sont les forces productives scientifiques et techniques qui ne peuvent plus se développer dans les anciens rapports de production et qui engendrent un ébranlement de tout l’ordre existant :

Le deuxième est à mon avis beaucoup plus important. Toute crise dis-tu est une crise de surproduction. Les capitalistes produisent plus qu’ils ou elles ne peuvent écouler. C’est pourquoi ils (elles, Von Leyden machin chose montre que tous les sexes sont concernés) font la guerre. La guerre permet d’écouler les surplus sans que soit porté atteinte à la rentabilité privée du capital.

Il existe à mon avis, une raison encore plus fondamentale, basique, importante de mise en crise du capitalisme. C’est le fait que les forces productives matérielles et humaines d’aujourd’hui, celles portées par la cyber-révolution en cours, ne peuvent plus être gérées, développées, aménagées, etc… dans le cadre des rapports privés capitalistes de production et de consommation.

Cela nous renvoie au Manifeste communiste. Les forces productives sont de plus en plus sociales et les rapports prives capitalistes sont en contradiction croissante avec la socialisation engendrée par les forces productives. A un moment, il faut foutre en l’air les rapports sociaux et en créer de nouveaux.

Aujourd’hui, les forces productives permettraient le développement de tous les pays au bénéfice de tous les peuples. Mais le développement de tous les pays et de tous les peuples met un frein, et devient de plus incompatible avec la nature privée (capitaliste, monopoliste) des rapports sociaux de production et de consommation et de tous les rapports dérivés.

La crise n’est plus seulement une crise régulière de surproduction. Cela devient une crise du système. Pourquoi alors apporter un soutien aux manifestations qui demeurent encore à un niveau politique loin de celui d’un changement de société et d’État lui-même avec le pouvoir à une autre classe sociale, une révolution? Parce que la conscience du changement vient dans l’action et le but, le programme a besoin de cette dialectique.

 

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Désaccord entre les syndicats et la FI sur la marche d’octobre

Alors que les centrales se concentrent sur les mobilisations des 22 et 29 septembre, la FI va accélérer l’organisation de l’initiative contre la vie chère. La date du 16 octobre est évoquée.

Manifestation sur les salaires et l’emploi le 27 janvier 2022. Thomas Samson/AFP

Manifestation sur les salaires et l’emploi le 27 janvier 2022. Thomas Samson/AFP

« Nous sommes sortis de cette réunion avec une nouvelle date… de réunion. Tout va bien de ce côté. » Le trait d’humour de l’écologiste Léa Balage El Mariky résume l’état d’esprit des participants déclarés à la marche contre la vie chère, annoncée début juillet pour l’automne par Jean-Luc Mélenchon. Lundi soir, les forces de la Nupes, avec des syndicats (CGT, Solidaires, Unef…) et des associations comme Oxfam et Attac, se sont à nouveau réunies. Mais, selon des participants, les propos tenus par le leader insoumis, ce week-end, déclarant du devoir de «l’Union populaire (…) d’organiser le peuple» dans la rue, ne sont pas pour aider. «Pas la peine de le cacher, la discussion est rendue plus difficile par les déclarations inappropriées de Jean-Luc Mélenchon, assure Christian Picquet (PCF). Il a bousculé ce qui avait été construit dans le communiqué de presse commun fin août. » Ce dernier, signé par un large spectre de la gauche sociale et politique, mettait la priorité sur les dates des mobilisations syndicales des 22 et 29 septembre. Une position encore partagée par les communistes et les écologistes, qui ne ferment toutefois pas la porte aux insoumis pour octobre. « Sans un esprit de coconstruction, ni de respect, il sera très compliqué de continuer à échanger », souligne Céline Verzeletti pour la CGT. Continuer la lecture de Désaccord entre les syndicats et la FI sur la marche d’octobre