Lettre aux enseignant·es

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À l’attention de toutes les enseignantes et enseignants

Paris, le 8 janvier 2024

Mesdames, Messieurs,

En ce début d’année, je tenais à vous présenter tous mes vœux les plus chaleureux.

Je veux, en cette rentrée, vous témoigner également de tout mon soutien dans les épreuves particulièrement douloureuses que l’institution scolaire traverse face à la duplicité coupable de l’État qui, depuis des années, déshabille l’école publique tout en l’investissant de la lourde mission de sauver la République de tous les maux dont elle souffre.

Vous êtes en première ligne pour constater chaque jour les dégâts des politiques menées depuis 40 ans et qui ont abouti à la fermeture de 17 000 écoles dans notre pays et à réduire le temps d’enseignement consacré à nos enfants. Continuer la lecture de Lettre aux enseignant·es

Franck Marsal : à propos de la dette

La dette d’état en croissance perpétuelle est la solution (nécessairement temporaire) aux contradictions internes du capitalisme. Par la dette et l’endettement généralisé, le capitalisme impérialiste financiarisé exporte sa contradiction sans la résoudre.

Il fût un temps où dans la France en voie d’industrialisation, les bretons et les auvergnats (entre autres) migraient de leur pays sous développé vers la capitale industrialisée. Chassés par l’exode rural, il venaient constituer une main d’oeuvre à bas prix pour les usines en plein développement de la capitale et pour tous les petits boulots qui entouraient le développement industriel. L’industriel de la capitale accumulait les surplus, en marchandises, et en capitaux et s’efforçaient de leur trouver le meilleur débouché. Continuer la lecture de Franck Marsal : à propos de la dette

Syndicats : pourquoi un rapprochement entre la CGT et la FSU ?

Avec une méthode et un calendrier de travail en commun établis, les deux centrales ont engagé un processus qui ne fait que commencer et qui pourrait s’élargir.

Le 25 août 2023, à Bobigny, lors de l’Université d’été des mouvements sociaux et des solidarités, Murielle Guilbert et Benoit Teste (FSU) et Sophie Binet (CGT)
Arnaud Cesar VILETTE

 

Va-t-on vers un rassemblement d’une partie du syndicalisme français ? Alors que, depuis la Libération, le champ syndical a tendance à se fractionner, la CGT et la FSU ont engagé un processus de rapprochement. « Comme l’écrivait Karl Marx, l’unique puissance sociale du côté des ouvriers est leur masse. Cependant, la puissance de la masse est brisée par la désunion », résume Thomas Vacheron, secrétaire confédéral CGT qui pilote pour la centrale le groupe de travail.

Depuis le 10 juillet, la CGT et la FSU ont multiplié les rencontres. « La FSU entame un travail pour construire un nouvel outil syndical sans exclusive », dont les contours précis restent à définir, insiste Benoît Teste, son secrétaire général. « Une fusion ? Un outil syndical pérenne, mais qui maintient l’existence de nos organisations ? À ce stade, nous ne voulons rien acter, pour ne pas paralyser notre démarche », poursuit le dirigeant.

Dans cette optique, le sociologue Laurent Frajerman note « le besoin objectif de rapprochement dans le syndicalisme », dont les nuances au sein des différents blocs « ne sont pas identifiables » par les salariés. Une démarche qui viserait selon lui « à compenser les reculs de la CGT, passée seconde centrale syndicale », tout en donnant du poids à la FSU « qui n’est pas reconnue au plan interprofessionnel, la privant de leviers d’action ». Continuer la lecture de Syndicats : pourquoi un rapprochement entre la CGT et la FSU ?

Bonne Année Laïque !!! Par Charles Conte

La longue marche du Jour de l’An, de la fête romaine à la fête sécularisée d’aujourd’hui.

Chargé de mission à la Ligue de l’enseignement

Illustration 1

Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790 au Champ-de-Mars.

 

C’est peu connu, mais les militants laïques ont beaucoup réfléchi aux usages sociaux et culturels des fêtes… Au travers d’organisations de cérémonies, de conférences, de revues, ils établirent un véritable programme de promotion des « Fêtes civiles », largement inspiré des grandes fêtes de la Révolution et qui avait, en partie, pour objet de laïciser les fêtes saisonnières autrefois christianisées. Une excellente revue en avait fait un objet d’études et de militantisme : les « Annales des Fêtes et Cérémonies Civiles ». Marcel Sembat, Gabriel Séailles, Paul Grunebaum-Ballin (collaborateur d’Aristide Briand), Jules Renard…y collaborèrent ; la Libre Pensée comme la Ligue de l’enseignement y étaient représentées… ; Zola, Hugo, Rousseau y furent publiés… ; l’anthropologie, les arts, les lois, l’histoire y firent l’objet d’articles… Continuer la lecture de Bonne Année Laïque !!! Par Charles Conte

Le PCF et Lénine, du panthéon à la morgue?

Il y a plusieurs explications au silence réservé à Lénine chez les communistes français. Il ne serait plus source d’inspiration, voire serait devenu source d’inspiration à rebours. Pourtant, une relecture s’amorce timidement.

« Dix jours qui ébranlèrent le monde », de Sergei Chekhonin, 1923.
GRANGER – HISTORICAL PICTURE ARCHIVE/ALAMY STOCK PHOTO

 

Par Guillaume Roubaud-Quashie, historien et directeur de la revue Cause commune

De retour de la Russie révolutionnaire aux côtés de Ludovic Oscar Frossard (secrétaire général de la SFIO), Marcel Cachin harangue la foule réunie à Paris pour écouter les deux dirigeants socialistes le 13 août 1920 : « Quelle joie pour un vieux socialiste qui rêva trente ans de voir une société où le travail ne serait pas exploité, d’aborder cette Russie où le travail seul a le pouvoir et tout le pouvoir. » Et l’assistance de s’exclamer : « Vive Lénine ! Vivent les soviets ! »

Lénine, des décennies durant, c’est d’abord cela pour un révolutionnaire : celui qui a réussi là où tous (de la Commune aux révolutionnaires allemands) avaient jusqu’alors échoué. Aussi fier de son passé soit-il, le mouvement ouvrier français ne peut y rester longtemps insensible. De fait, à Tours, en décembre 1920, les partisans victorieux de l’adhésion à l’Internationale communiste le crient bien volontiers : « Vive Jaurès et Lénine ! » Paradoxalement, la place occupée par le dirigeant russe croît plus encore après sa mort. Continuer la lecture de Le PCF et Lénine, du panthéon à la morgue?

Quelques représentations de la ségrégation scolaire entre les collèges Par Joël Mariteau

Quelques cartes réalisées à partir des données du ministère de l’Éducation nationale sur les facteurs de la ségrégation sociale entre les collèges. Continuer la lecture de Quelques représentations de la ségrégation scolaire entre les collèges Par Joël Mariteau

Pour un nouveau Noël… In Histoire & Société

 

25 DÉCEMBRE 2023

Ce texte dit ce que fut notre naiveté à nous tous qui avons cru que le bien, le beau,la vie, pourrait mettre à bas le capitalisme et qui avons découvert dans le sang et les larmes, au Chili et partout à quel point ces ordures étaient capables à la fois de torturer les enfants devant leur mère pour forcer ces dernières à parler, à vendre leurs compagnons, et de proclamer le liberal libertaire en faisant du socialisme l’image de l’oppression… Aujourd’hui ce Noël est la célébration de l’hypocrisie universelle partout comme à Betléheme l’injustice parait avoir triomphé et la fraternité a déserté notre maison, tout reste à reconstruire mais il faut savoir tirer bilan de cette terrible expérience. (noteettraduction de danielle Bleitrach histoireetsociete=

PAR URARIANO MOTAF

D’après ce que j’ai déjà observé à propos de Noël – que c’était la date de l’hypocrisie universelle – quand les gens prétendent s’aimer. Le temps où les nantis font de la publicité et font croire que les différences entre les hommes sont révolues. Et ceux qui sont riches en biens matériels deviennent soudain spirituels et, l’estomac plein, éructent que le meilleur salut est celui de l’âme. À cela, je dois noter que les militants contre la dictature ont ajouté une raison théorique de critiquer la fraternité dans leurs propres maisons. Continuer la lecture de Pour un nouveau Noël… In Histoire & Société

La « labellisation » des manuels scolaires : une entorse à la tradition républicaine

Risques sanitaires, manque de moyens, agressions… les droits de retrait ont bondi chez les enseignants

Le nombre d’enseignants ayant exercé leur droit de retrait a fortement augmenté en 2022, selon les chiffres du ministère de l’Éducation nationale, relayés par franceinfo mardi 19 décembre. La hausse est de 15 % dans le premier degré (écoles) et de 66 % dans le secondaire. En cause : l’absence de protection face au Covid, le manque de moyens et les violences exercées à leur encontre.

En 2022, moins de 48 000 candidats se sont présentés aux concours – ils étaient plus de 67 000 en 2018.
Ben Birchall/PA Wire

Les remous autour de « l’affaire du tableau de nus » dans un collège des Yvelines avaient révélé, début décembre, l’ampleur de la détresse des enseignants face aux tentatives d’intimidation et aux menaces proférées par des parents d’élèves. Un mois plus tôt, des syndicats de l’Éducation nationale avaient alerté Gabriel Attal sur les campagnes de harcèlement en ligne exercées par l’association d’extrême droite les Parents vigilants, sur fond de conditions de travail qui ne cessent de se détériorer en raison du manque de personnels et de moyens. Continuer la lecture de Risques sanitaires, manque de moyens, agressions… les droits de retrait ont bondi chez les enseignants

La lutte contre les dérives sectaires a-t-elle les moyens de ses ambitions ?

Un projet de loi visant à renforcer l’action contre les nouvelles formes de « gourous » et autres « maîtres à penser autoproclamés », en forte augmentation, est à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.

Des témoins de Jéhovah distribuent des brochures dans la rue.
AFP / Loïc Venance

 

Une fois le diagnostic posé, il faut améliorer l’arsenal juridique, l’information et la formation. Sans oublier d’accompagner les victimes

Catherine Katz, Magistrate, présidente de l’Unadfi et ancienne secrétaire générale de la Miviludes

L’argent seul ne sert à rien. C’est le volontarisme pour améliorer la situation des victimes et l’information du grand public qui est essentiel. Nous avons besoin d’un engagement fort. Les dérives sectaires sont un phénomène particulier : si on ne le connaît pas, on ne le voit pas. Personne n’est à l’abri. Si on veut éviter le piège, il faut être informé de son existence. Il faut donc informer et former plus encore les enquêteurs, les policiers, les magistrats, les assistantes sociales, les enseignants, les éducateurs, bref, les primo-intervenants… pour accompagner ce parcours de combattants pour les victimes.

Le projet de loi présenté en commission des Lois au Sénat allait dans le bon sens, en introduisant de nouveaux délits, dont le délit autonome de maintien dans un état de sujétion et un délit de provocation à l’abandon de soins. La philosophie générale du texte a été fondamentalement modifiée par des amendements en commission des Lois. Le harcèlement des lobbyistes pro-sectes en est, peut-être, l’explication. Continuer la lecture de La lutte contre les dérives sectaires a-t-elle les moyens de ses ambitions ?