Peut-on négliger l’inquiétude devant ZEMMOUR et LE PEN? par PAM

JLM n’a pas un pb de 1,21%, mais bien plus grave, car pour la première fois en France, le total gauche est en dessous du total extrême-droite… c’est ce fait fondamental qui doit interroger les communistes pour répondre à l’inquiétude populaire bien réelle sur le fascisme.

Car si le vote utile a si bien fonctionné dans les quartiers (à Vénissieux, c’était impressionnant aux minguettes ou j’habite, les familles venaient voter en masse et plutôt dans la joie), ce vote était d’abord un vote d’inquiétude devant Zemour Le Pen… Leur dire qu’on s’en fout qu’elle soit élue ou pas serait une catastrophe !

Cela dit, le système continue à piloter cette élection pour arriver au résultat préparé. Elle ne passera pas. Et dans l’état de division militante, il faut être attentif à ne pas générer plus de tensions avec les plus remontés contre Macron… Il est normal que le candidat s’exprime clairement pour voter contre Le Pen, les communistes n’ont pas besoin d’en faire des tonnes sur le sujet, et doivent par contre tenter de montrer à ces électeurs populaires de Mélenchon la limite d’un bulletin de vote présidentiel…

S’ils sont maintenant dans ce piège de voter Macron contre Le Pen ou de ne pas voter au risque de Le Pen, c’est la traduction d’un rapport de forces dans le réel. Et les gens le savent bien. Ce sont les riches qui décident, les propriétaires et cet instinct de classe peut être réveillé à cette occasion. Fais au mieux le 24 avril, mais ne t’arrête pas comme en 2017. C’est après que ça se joue, dans l’action pour le droit au logement, à l’emploi, à un salaire digne.

Et on retrouve alors la question du parti, et la difficulté.. il faut plus de radicalité, avoir un positionnement plus clairement de classe, orienter tout le parti vers le monde du travail, mais sans tomber dans un gauchisme déclaratif. LO malgré la ténacité et les efforts impressionnants de ces militants nous montre aussi cette impasse…

Et donc, il faudra du temps, et il faut un réveil militant dans la jeunesse sans lequel, il est difficile d’espérer… Malheureusement, les anciennes directions du parti ont pourri beaucoup de choses dans la JC, perdu beaucoup de militants de valeur. Mais il en reste, et il faut les aider en priorité.

rien n’est jamais acquis à l’homme, ni sa force, ni sa faiblesse..

Paye au mérite : Histoire d’une obsession 

« On va payer mieux ceux qui sont prêts à faire plus d’efforts ». L’annonce par Emmanuel Macron, le 17 mars, d’une paye au mérite pour les enseignants, dans le cadre du « nouveau pacte » qu’il envisage s’il est réélu, n’est pas vraiment une surprise. De N Sarkozy à E Macron, de nombreux gouvernements ancrés à droite ont tenté de lier les résultats des élèves à la rémunération des professeurs. Ils n’ont fait que reprendre une idée inventée aux Eats-Unis. Dans tous les pays développés où elle a été mise en oeuvre, à commencer par les Etats-Unis, elle n’a donné aucun résultat. Pour une raison très simple donnée au Café pédagogique dès 2008 par Bruno Suchaut (IREDU): « pour le métier d’enseignant, la définition même du concept de mérite ne va pas de soi ». Alors pourquoi s’obstinent -ils ?

Payer selon les résultats

Demandez le programme propositions de 19 à 22

Comme si les propos d’Emmanuel Macron, le 17 mars, ne suffisaient pas c’est A. Koehler, secrétaire général de l’Elysée, et donc son premier collaborateur, qui déclare dans L’Express qu’il faut « indexer la rémunération des professeurs sur l’obtention par leurs élèves de bons résultats ». E Macron avait déjà dit « assumer plusieurs systèmes de rémunération » pour les professeurs « car ils ne font pas tous la même chose… Dans une école on va avoir un professeur qui va changer les résultats des élèves et un autre non ». Avec cette annonce, E Macron ne fait que reprendre une idée déjà émise en 2007 par Nicolas Sarkozy. Continuer la lecture de Paye au mérite : Histoire d’une obsession 

Présidentielle. Contre la fraude fiscale, Fabien Roussel s’érige en « vote rentable »

En meeting près de Lyon, le candidat communiste entend s’attaquer aux « délinquants en col blanc », et propose la création de « brigades Elliot Ness », chargées de récupérer les 100 milliards d’euros qui s’évaporent, chaque année, dans les paradis fiscaux.

Durant près d’une heure, à Villeurbanne, samedi 2 avril, Fabien Roussel s’est attaché à dénoncer « la délinquance en col blanc ».

Durant près d’une heure, à Villeurbanne, samedi 2 avril, Fabien Roussel s’est attaché à dénoncer « la délinquance en col blanc ».AFP

Villeurbanne (Rhône), envoyé spécial.

À huit jours du premier tour, ce meeting lyonnais de Fabien Roussel fait doublement écho à l’actualité. Par les intempéries climatiques, d’abord, la neige ayant empêché plusieurs bus venus de la Loire et du Puy-de-Dôme de rejoindre les près de 4 000 personnes réunies au double mixte de Villeurbanne. Par le thème du discours, ensuite, axé sur la lutte contre l’évasion fiscale. « Passer des contrats avec des McKinsey tout en sachant qu’ils ne payent pas d’impôts ? Oui, dit le candidat Macron, c’est anormal, mais, c’est légal », déplore le communiste. Une allusion au scandale qui éclabousse l’actuel locataire de l’Élysée, autour des cabinets conseils qui ont bénéficié, en 5 ans, de 2,3 milliards d’euros de commandes publiques. Continuer la lecture de Présidentielle. Contre la fraude fiscale, Fabien Roussel s’érige en « vote rentable »

La gauche veut plus d’argent et d’agents

Loin de ses adversaires de droite et d’extrême droite, la gauche veut renforcer les services publics. Le candidat communiste, Fabien Roussel,  propose un plan de création de 500 000 postes.

Le programme des Jours heureux défend la création de 200 000 postes dans les hôpitaux et Ehpad. Nathalie Guironnet/Collectif DR

Le programme des Jours heureux défend la création de 200 000 postes dans les hôpitaux et Ehpad. Nathalie Guironnet/Collectif DR Nathalie GUIRONNET

L’adage du mouvement social « de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » est constitutif des services publics. De la petite enfance au grand âge, la fonction publique intervient quotidiennement dans la vie de chacun. Mise à l’épreuve durant la pandémie, elle est aujourd’hui des plus affaiblie après des années de politiques d’austérité. Le quinquennat Macron a fait fondre ses effectifs de 70 000 agents territoriaux, après les 85 000 fonctionnaires déjà supprimés sous Nicolas Sarkozy, dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP) et le non-­remplacement d’un agent sur deux. « Nous n’avons jamais eu autant besoin de services publics, utiles et accessibles à tous, qui s’opposent à ces logiques mortifères » de rentabilité des marchés financiers, assure pourtant Fabien Roussel dans son programme. Continuer la lecture de La gauche veut plus d’argent et d’agents

VRAI OU FAUX. Présidentielle 2022 : précarité énergétique, riches qui polluent plus… On a vérifié les chiffres de Fabien Roussel in DDM

Fabien Roussel, candidat PCF, était l'invité de FranceInfo mardi 29 mars. Photo d'illustration
Fabien Roussel, candidat PCF, était l’invité de FranceInfo mardi 29 mars. Photo d’illustration AFP – THOMAS COEX

 

Invité sur FranceInfo mardi 29 mars au matin, le candidat PCF Fabien Roussel a évoqué le « 12 millions de Français en précarité énergétique ».

Réagissant aux propos de la directrice générale de GRDF sur des efforts à fournir par les Français pour éviter une crise du gaz, Fabien Roussel, invité de FranceInfo mardi 29 mars, a évoqué un nombre conséquent : « Douze millions de nos concitoyens sont en précarité énergétique ». Le candidat PCF à la présidentielle a également évoqué « les 10 % les plus riches » qui émettraient « plus de pollution que la majorité » des Français. D’où viennent ces données ?

« Douze millions » de Français « concernés par la précarité énergétique » ? Continuer la lecture de VRAI OU FAUX. Présidentielle 2022 : précarité énergétique, riches qui polluent plus… On a vérifié les chiffres de Fabien Roussel in DDM

L’enquête qui jette le soupçon sur le patrimoine d’Emmanuel Macron

Le président de la République détiendrait-il de l’argent placé dans un paradis fiscal ? Les journalistes Jean-Baptiste Rivoire et Gauthier Mesnier soupçonnent qu’une part de la rémunération versée en 2012 par la banque Rothschild à l’actuel locataire de l’Élysée l’ait été dans un trust à l’étranger. Entretien

Emmanuel Macron en 2015 à Bercy, lorsqu'il était ministre de l'Économie. M. Medina / AFP

Emmanuel Macron en 2015 à Bercy, lorsqu’il était ministre de l’Économie. M. Medina / AFP

Sur ses déclarations à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), Emmanuel Macron ne déclarait que 156 000 euros de patrimoine en 2014, 500 000 en 2022. Des sommes qui ont étonné, alors que l’intéressé avouait lui-même avoir perçu près de 3 millions d’euros entre 2009 et 2013.

En enquêtant sur cette étrange disparition, Jean-Baptiste Rivoire, ancien responsable de l’investigation à Canal Plus, et Gauthier Mesnier n’ont pas trouvé la trace de cet argent, mais ont soulevé un autre lièvre : Emmanuel Macron pourrait avoir perçu bien plus que 3 millions d’euros chez Rothschild.

Un documentaire-enquête devant être diffusé ce mardi sur le site d’Off Investigation émet de sérieux doutes sur les honoraires reçus par le chef de l’État en 2012 à l’occasion du rachat par Nestlé d’une filiale de Pfizer. Une source anonyme affirme que la banque Rothschild avait coutume de verser une part importante de ce type de rémunération sur des structures opaques dans des paradis fiscaux. Continuer la lecture de L’enquête qui jette le soupçon sur le patrimoine d’Emmanuel Macron

Les milliards de l’évasion à portée de vote

Enjeu de campagne Quasi absente du débat présidentiel jusqu’ici, la lutte contre la fraude fiscale se réinvite dans le débat public, après les révélations sur le cabinet de conseil McKinsey. Au point mort depuis cinq ans, elle pourrait permettre à l’État d’encaisser plusieurs milliards d’euros.

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Près de 80 milliards d’euros par an. L’équivalent du PIB de l’Uruguay. Plus que les dépenses publiques cumulées pour le versement des allocations-chômage et de tous les minima sociaux. Ce « pognon de dingue », c’est le coût annuel estimé de la fraude fiscale en France. En cinq ans, Emmanuel Macron n’aura rien fait pour réduire l’ampleur de ce scandale perpétuel qui mine le consentement à l’impôt. Désormais, le président de la République est même soupçonné d’avoir été rémunéré par son ancien employeur, la banque Rothschild, sur un compte opaque dans un paradis fiscal, comme l’envisage le journaliste Jean-Baptiste Rivoire (voir son entretien, page 4). Son nom est aussi associé au scandale des cabinets de conseil privés dont ses gouvernements ont été friands. Parmi eux McKinsey, qui n’a payé aucun impôt sur les sociétés en France depuis au moins dix ans grâce au transfert d’une partie de ses bénéfices à son siège, situé dans le paradis fiscal du Delaware (États-Unis). Une révélation de la commission d’enquête dédiée du Sénat, qui a saisi la justice, vendredi, pour faux témoignage du responsable français du cabinet, Karim Tadjeddine. Continuer la lecture de Les milliards de l’évasion à portée de vote

Extrême droite. Le Pen et Zemmour : entre intérêts et admiration pour Poutine

Depuis l’accession au pouvoir du chef de l’État russe, la galaxie de l’extrême droite française, à commencer par Marine Le Pen et Éric Zemmour, a développé avec le régime des liens profonds, politiques, idéologiques et financiers.

Marine Le Pen, à son QG de campagne, à côté de son portrait et ceux de Vladimir Poutine et Donald Trump. © Gilles Bassignac

Marine Le Pen, à son QG de campagne, à côté de son portrait et ceux de Vladimir Poutine et Donald Trump. © Gilles Bassignac

Le 4 juin 2018, à la Douma, la chambre basse russe, invité à un fumeux Forum international du développement du parlementarisme, Stéphane Ravier, alors sénateur RN, pose fièrement avec Bruno Gollnisch. « À l’invitation de la Douma, je participe à Moscou au Forum international, aux côtés de Bruno Gollnisch, Nicolas Bay et Louis Aliot », écrit-il sur Twitter. « Démocratie parlementaire, sécurité, identité, développement économique : le soleil se lève à l’Est ! » poursuit-il dans un éloge du régime de Poutine. Car ce raout d’influence russe est organisé par le président de la Douma, Viatcheslav Volodine, qui reçoit ses amis, avec en guest star Sergueï Lavrov, le puissant ministre des Affaires étrangères. Continuer la lecture de Extrême droite. Le Pen et Zemmour : entre intérêts et admiration pour Poutine

Discussion avec Paul Guillibert : vers un « communisme du vivant » ? In Revue Ballast

 Entretien inédit pour le site de Ballast temps de lecture 12 minutes

Ballast

« Tenir tête, fédérer, amorcer »

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Il faut commencer par noter les continuités. On pourrait dire, de manière très générale, que les écosocialismes désignent les courants de pensée qui font du capitalisme la cause principale de la catastrophe environnementale et des projets socialistes sa solution hégémonique. Comme son nom l’indique, il s’agit de l’inscription dans la tradition des politiques d’émancipation sociale du XIXe siècle. À cet égard, le terme d’écosocialisme recoupe des traditions, des courants et des pratiques très diverses qui vont de l’écologie sociale de Murray Bookchin à l’écosocialisme marxiste de Michael Löwy ou Daniel Tanuro. Mon travail s’inscrit évidemment dans cette dernière tradition. Mais le « communisme du vivant » est une spécification de l’écosocialisme. Je crois que la tradition marxiste gagnerait à revendiquer plus explicitement l’horizon du communisme. Ceci dit, il existe trois inflexions importantes. La première tient à l’importance qu’on accorde aux mutations cosmologiques ou aux réflexions ontologiques sur la nature. En parlant de communisme du vivant, je prends comme point de départ l’idée que nos manières de percevoir le monde sont en train de se modifier peu à peu. Les catégories qui nous permettent d’identifier les êtres politiques et leur place dans l’espace des discours subissent de profondes transformations sous l’effet du changement climatique, des luttes écologistes et des hybridations postcoloniales. Le communisme du vivant élargit donc la perspective de l’écosocialisme en s’interrogeant sur nos modes d’identification de la nature et donc sur la composition écologique des subjectivités politiques. Continuer la lecture de Discussion avec Paul Guillibert : vers un « communisme du vivant » ? In Revue Ballast

Destruction de l’école : Macron prêt à tirer la deuxième rafale

Le volet éducatif du programme d’Emmanuel Macron n’est pas le moins important. Une proposition qui ne vise rien moins qu’à réaliser la « révolution » libérale de l’école, promise en 2017 et esquissée dernièrement à Marseille. Une régression générale qui concerne aussi bien les élèves que les personnels.

Emmanuel Macron compte bien continuer l’œuvre destructrice de Blanquer dans l'éducation nationale.

Emmanuel Macron compte bien continuer l’œuvre destructrice de Blanquer dans l’éducation nationale.Ludovic MARIN / POOL / AFP

Après la conférence de presse du 17 mars, c’est une forme de sidération qui s’exprimait dans les milieux enseignants. À l’image de Guislaine David, la combative porte-parole du Snuipp-FSU (premier syndicat du primaire), qui avouait sans ambages le lendemain une « sensation de gueule de bois »… Pourtant le programme révélé par le candidat-président ne comporte aucune idée nouvelle. Au contraire : il semble avoir raclé les fonds de tiroir pour en sortir les propositions les plus réactionnaires émises pour l’école ces 30 dernières années.

Mais c’est finalement assez logique : le reste, son homme de main Jean-Michel Blanquer l’a déjà réalisé ou enclenché. Il s’agit donc, dans l’éventualité d’un deuxième quinquennat, de parachever une « œuvre » dont l’aboutissement ne serait, ni plus ni moins, que l’effacement du service public d’éducation au profit d’un marché scolaire. Continuer la lecture de Destruction de l’école : Macron prêt à tirer la deuxième rafale