Groenland, Iran : Donald Trump fait fuiter des messages privés avec Emmanuel Macron

Une des conditions d’une situation révolutionnaire est la crise à l’intérieur de la classe dominante. Il est évident que nous sommes en plein dans celle-ci. Il y a Davos dont nous parlons par ailleurs, il y a le Japon et il y a cette manière dont Trump traite ses vassaux, dans mon livre je le compare à la pratique par laquelle on enduisait les tricheurs de goudron et de plume, une sorte d’exutoire, un lynchage qui fait partie du spectacle. Donald Trump n’a pas hésité mardi à publier une capture d’écran d’un message d’Emmanuel Macron. Le président français y propose un sommet du G7 à Paris et un dîner, tout en marquant son désaccord sur le Groenland. Une fuite qui intervient en plein forum de Davos et alors que la France est sous la menace de surtaxes douanières américaines. Et on ne veut toujours pas rompre l’alliance atlantique et aller vers le monde multipolaire ? Au fait est-ce qu’on ne pourrait pas profiter de la situation pour laisser entendre que les soviétiques ont contribué à la victoire de la deuxième guerre mondiale ? (note de Danielle Bleitrach histoireetsociete)

Le président des États-Unis, Donald Trump, rencontre le président français Emmanuel Macron lors de la 80e Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 23 septembre 2025.

Le président des États-Unis, Donald Trump, rencontre le président français Emmanuel Macron lors de la 80e Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 23 septembre 2025.

REUTERS – Alexander Drago

Un message de Macron révélé par Trump. C’est par une capture d’écran publiée sur Truth Social que Donald Trump a dévoilé mardi matin un message que lui a envoyé Emmanuel Macron. Une pratique diplomatique assez inhabituelle. Le message aurait été envoyé à 17 h 01 lundi, heure locale (soit 23 h 01, heure de Paris). Continuer la lecture de Groenland, Iran : Donald Trump fait fuiter des messages privés avec Emmanuel Macron

Dix milliardaires possèdent la majeure partie des médias : quand les super-riches menacent la démocratie

Constatant une accélération de la concentration des richesses en France et dans le monde, le dernier rapport d’Oxfam met en lumière l’influence croissante de cette oligarchie sur les opinions publiques et les décisions politiques.

La pauvreté, elle, a explosé, touchant désormais 11 millions de Français, soit 15,4 % de la population, du jamais-vu depuis trente ans
© Nasser Berzane/ABACAPRESS.COM

La démocratie peut-elle survivre à l’accroissement des inégalités ? C’est la question posée par l’ONG Oxfam dans son rapport « Résister au règne des plus riches : défendre la liberté contre le pouvoir des milliardaires », rendu public ce 19 janvier, à la veille du Forum économique de Davos. Continuer la lecture de Dix milliardaires possèdent la majeure partie des médias : quand les super-riches menacent la démocratie

« Nous travaillons au rassemblement dans chaque commune autour de projets d’intérêt général » P. Lacaze, responsable aux élections du PCF

Malgré les divisions à gauche, le responsable aux élections du PCF, Pierre Lacaze, se réjouit du rassemblement de plusieurs forces de gauche dans 80 % des communes de plus de 10 000 habitants. Un point d’appui pour combattre l’extrême droite et mener des politiques au service des populations, estime-t-il.

Pierre Lacaze souligne l’importance du rassemblement de la gauche dans les communes pour remporter les élections municipales.
© Anthony MICALLEF/HAYTHAM-REA

« Les élections municipales, ce sont près d’un million de candidats, soit six à sept millions d’hommes et de femmes qui mènent campagne, discutent, présentent des projets », fait remarquer Pierre Lacaze, responsable aux élections du PCF. D’où l’importance pour la gauche de se montrer à la hauteur. Continuer la lecture de « Nous travaillons au rassemblement dans chaque commune autour de projets d’intérêt général » P. Lacaze, responsable aux élections du PCF

Quand l’extrême droite s’attaque aux engagements citoyens des élèves In Caf. Peda.

Une nouvelle fois, l’école se retrouve prise pour cible de l’extrême droite. À Lagny-sur-Marne, une action de défense des droits humains, menée par une antenne jeunes d’Amnesty International dans un lycée, a déclenché une polémique portée par un sénateur du Rassemblement national et le collectif créé par le parti d’extrême-droite Reconquête, Parents Vigilants. Accusée de « propagande militante » et d’atteinte à la laïcité sur la base de contenus qui ne leur ont pas tous été présentés, l’action des élèves ainsi que l’ONG font l’objet d’une attaque. Cet épisode, loin d’être isolé, illustre la stratégie désormais récurrente de pression et d’intimidation, par l’extrême droite, de la jeunesse et des acteurs éducatifs et associatifs. Continuer la lecture de Quand l’extrême droite s’attaque aux engagements citoyens des élèves In Caf. Peda.

Comment la Fondation Kairos, le lobby des écoles privées hors contrat cherche à séduire Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin

Cet article fait partie de la série: Pierre-Édouard Stérin, saint patron de l’extrême droite française (52 épisodes) Découvrir toute la série

Derrière les échanges nourris auxquels l’Humanité a eu accès, c’est bien une forme de proximité qui transpire entre Anne Coffinier, égérie des écoles privées hors contrat, et les proches de Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin, les deux principaux milliardaires qui mènent la bataille culturelle et politique en faveur des droites extrêmes.

 

Cela ne fait pas un pli : l’univers de la Fondation Kairos et de son appendice Créer son école, c’est un monde qui n’aime pas la gauche, l’éducation nationale ou l’enseignement public. Mais c’est aussi une mouvance qui doit tirer son épingle du jeu face à des concurrents installés sur le même secteur et, là, il n’est pas rare, comme le démontrent les échanges que dévoile aujourd’hui l’Humanité, de voir les boutiques se livrer une âpre concurrence pour obtenir des faveurs, ou nouer toutes les alliances, même les moins avouables. Continuer la lecture de Comment la Fondation Kairos, le lobby des écoles privées hors contrat cherche à séduire Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin

Utilisation vs Interdiction des réseaux sociaux numériques : attention aux amalgames

Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans ? « Les interdictions (en vigueur en Australie) en projet en cette nouvelle année 2026 pour les moins de 15 ans nous semblent s’inscrire dans cette habitude des pouvoirs fragiles qui préfèrent interdire qu’éduquer et discerner » écrit Bruno Devauchelle dans ce texte qui interroge la notion de « réseau ».

Les « réseaux sociaux » : un amalgame qui empêche de penser

Quand on parle des « réseaux sociaux », on oublie toujours de spécifier la dimension numérique. Car les réseaux sociaux sont une composante de la vie humaine en société et cela depuis fort longtemps. Continuer la lecture de Utilisation vs Interdiction des réseaux sociaux numériques : attention aux amalgames

Tracteurs interdits : en voulant calmer la colère des agriculteurs, le gouvernement met le feu aux poudres

Le premier ministre peine à convaincre les syndicats d’agriculteurs, mobilisés sur plusieurs fronts, en particulier contre la gestion par l’exécutif de la Dermatose nodulaire contagieuse et la signature annoncée par l’Union européenne du traité de libre-échange avec les pays du Mercosur. Les interdictions faites aux engins agricoles de circuler sont loin de ramener le calme. Après les rendez-vous à Matignon, Sébastien Lecornu promet des annonces d’ici vendredi, selon la FNSEA.

En clair, avec les arrêtés pris par plusieurs préfectures, il s’agit d’entraver la mobilisation des agriculteurs dont le mouvement est parti de la gestion par l’exécutif de la crise de la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC), en particulier sur la politique d’abattage des troupeaux, et auquel d’autres revendications se sont greffées.
© ROMAIN PERROCHEAU / AFP

 

Malgré l’opération déminage de la colère paysanne engagée par Sébastien Lecornu, le gouvernement a réussi à mettre le feu aux poudres. L’étincelle ? Non seulement une salve de rencontres à Matignon qui n’a pas convaincu, mais aussi la décision prise par plusieurs préfectures d’interdire la circulation des convois de tracteurs et engins agricoles sur les axes routiers jusqu’à jeudi 8 janvier, alors qu’un appel à reprendre cette semaine la mobilisation a été lancée par différents syndicats, de la Confédération paysanne à la Coordination rurale (CR) en passant par la FNSEA. Continuer la lecture de Tracteurs interdits : en voulant calmer la colère des agriculteurs, le gouvernement met le feu aux poudres

Trump affirme que des dirigeants pétroliers ont été avertis de l’attaque contre le Venezuela.

Le Congrès n’a pas été consulté mais les intérêts pétroliers l’ont été ce qui provoque un scandale aux USA y compris dans le camp de Trump. Mais les compagnies pétrolières ne paraissent pas très chaudes pour être embarqués dans cette affaire. Aujourd’hui et probablement pour quelques temps nous allons tenter de faire mesurer ce que représente ce choix mafieux de la puissance qui détient la principale armée du monde et a décidé de l’utiliser comme l’instrument d’un chantage qui ne cherche même plus à masquer son mépris du droit international et l’absence de motif autre que le pillage, le rackett. Quelles forces sont capables de l’affronter et comment ? (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

par Jon Queally5 janvier 2026

Trump s’adresse aux journalistes sur US 1, le 4 janvier 2026. Photo : capture d’écran, vidéo Faytuks / X

Le président  Donald Trump  a déclaré dimanche aux journalistes que les dirigeants des  compagnies pétrolières américaines  avaient été informés de l’attaque militaire américaine contre le Venezuela avant même qu’elle n’ait lieu.

Les aveux de Trump ont suscité l’indignation car l’administration a refusé de consulter les législateurs américains au sujet de l’opération, invoquant la crainte d’une fuite qui compromettrait la sécurité opérationnelle. Continuer la lecture de Trump affirme que des dirigeants pétroliers ont été avertis de l’attaque contre le Venezuela.

Trump kidnappe Maduro, déclare l’occupation et ouvre le pétrole vénézuélien aux entreprises américaines.

Les mensonges et les déclarations tonitruantes font partie de l’opération engagée contre le Venezuela. En particulier, la déclaration selon laquelle Marco Rubio est en contact avec la vice-présidente venezuelienne Delcy Rodriguez et qu’elle « est prête à faire ce qui doit être fait ». Cela contribue évidemment à semer le doute dans les rangs adverses et au niveau international : à quoi bon s’engager et soutenir le Venezuela si leurs dirigeants sont prêts à céder ? Il en est de même de toutes les menaces contre Cuba, le Mexique … C’est déjà une forme d’agression. Pourtant, les faits sont têtus. La doctrine Monroe appartient au passé. Elle date du 19ème siècle, à l’époque où les USA étaient en pleine ascension économique. Ils n’ont cessé depuis de piller les richesses du continent mais ne l’ont pas réellement développé. Eux-mêmes sont aux prises avec une grande pauvreté et le développement de leur économie s’appuie davantage sur l’exploitation des acquis, notamment le statut du dollar, leur domination financière (prélèvement de la rente), le commerce mondial d’armes et les monopoles établis sur internet qui constitue une sorte de taxe à l’égard de tous les pays du bloc dans lesquels ils sont présents, que sur la modernisation et l’élargissement de la production. Avec quels moyens pourront-ils remplacer la Chine dans le développement et la modernisation de l’Amérique Latine ? (note de Franck Marsal pour Histoire&Société)

Lire aussi: Venezuela, Trump confirme la finalité de son agression impérialiste, Macron approuve en vassal des USA


Jim Cason et David Brooks, correspondants

Washington et New York. Le commandant en chef Donald Trump a ordonné l’opération militaire visant à kidnapper Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores sous prétexte de lutte contre le trafic de stupéfiants et a déclaré que les États-Unis gouverneraient le pays sud-américain jusqu’à ce qu’une « transition en bonne et due forme » soit réalisée, que les compagnies pétrolières américaines seraient chargées de gérer le pétrole vénézuélien et que cela était un signe de la résurgence de la doctrine Monroe. Continuer la lecture de Trump kidnappe Maduro, déclare l’occupation et ouvre le pétrole vénézuélien aux entreprises américaines.

« Le patronat organise le grand déménagement de notre industrie » Aymeric Seassau

Face aux difficultés du tissu industriel français, symbolisées par la récente liquidation judiciaire de Brandt, le communiste Aymeric Seassau appelle l’État à agir et dénonce le rôle du capital.

Aymeric Seassau, Membre du CEN du PCF, responsable à la nouvelle industrialisation
« Cette situation crée, dans le pays, un sentiment d’injustice et de colère très fort. Il est urgent d’y apporter des réponses, d’autant que l’extrême droite rôde et surfe sur ce désespoir », analyse-t-il. 

Pourquoi appelez-vous à sonner « l’état d’urgence industriel » ?

 

Cet appel part d’un constat. La France et son appareil productif sont arrivés à un point de non-retour : nous sommes le tout dernier pays d’Europe en part de l’industrie dans le PIB. Peut-on vraiment vivre dans un pays dans lequel 78 % des médicaments, 87 % des vêtements et 92 % des équipements électroniques consommés sont produits à l’étranger ?

D’autant que c’est encore en train de reculer puisque avec la liquidation de Brandt, on perd le dernier producteur de cuisson en France. C’est grave pour la nation tout entière pour notre souveraineté de production, pour la transition écologique, puisqu’en perdant notre industrie, on en vient à importer de l’autre bout du monde ce que l’on pourrait fabriquer ici.

Et c’est grave pour la balance commerciale, l’emploi, et donc la protection de la protection sociale. C’est pour cela que nous lançons un cri d’alerte en appelant à l’état d’urgence industriel. Notre pays ne peut plus laisser cette casse se poursuivre. Il ne s’en remettrait pas.

Que symbolise, selon vous, la récente liquidation de Brandt ?

C’est un cas qui est extrêmement éloquent, mais il y en a d’autres : Mittal, Vencorex… Le premier responsable de cette situation, c’est le patronat, qui organise un grand déménagement industriel depuis plusieurs années. Et qui, comble de l’indécence, s’emploie dans le même temps à capter les politiques publiques en direction des entreprises pour alimenter le capital et reverser des dividendes record.

Disons les choses : en France, nous avons l’un des patronats les moins patriotes du monde puisque nos grands groupes ont 62 % de leurs emplois à l’étranger, contre 38 % en Allemagne et 28 % en Italie. Une situation amplifiée par l’abandon de l’État, symbolisé aujourd’hui par Emmanuel Macron, qui promeut la start-up nation au détriment de la France des usines.

Cette situation crée, dans le pays, un sentiment d’injustice et de colère très fort. Il est urgent d’y apporter des réponses, d’autant que l’extrême droite rôde et surfe sur ce désespoir.

Le PCF a mené une campagne sur le thème de l’industrie ces dernières semaines. Un tour de France a été réalisé pour recueillir doléances et propositions. Que retenez-vous de ce travail de terrain ?

Nous disons une chose : si l’État ne peut pas tout faire, l’État ne peut pas non plus ne rien faire. Il y a des mesures simples qui peuvent être prises dès maintenant. Comme déclarer un moratoire sur les licenciements pour ne plus perdre d’emplois industriels, réformer les tribunaux de commerce pour que les demandes des salariés soient entendues, notamment lorsqu’ils se prononcent en faveur d’une proposition de reprise favorable à l’emploi et à l’écologie.

Mais aussi se doter d’un pôle public bancaire, composé de la Caisse des dépôts, de la BPI (Banque publique d’investissement, NDLR) et de la Banque postale, pour en faire un levier économique nous permettant de nationaliser des groupes stratégiques. Mais aussi travailler sur la formation : il faut savoir qu’il existe beaucoup d’emplois industriels non pourvus en France par manque de compétences.

Cela suffira-t-il à faire vivre cette « nouvelle industrialisation » que vous appelez de vos vœux ?

Lorsque nous disons « nouvelle industrialisation », ça ne veut pas dire revenir à l’état antérieur. Mais en créer une qui répond aux enjeux de notre temps, en particulier la transition écologique. Il faut planifier une nouvelle stratégie industrielle nationale où l’État comme les travailleurs jouent pleinement leur rôle, notamment en sécurisant l’emploi et la formation, en reconstruisant et en défendant des filières industrielles stratégiques, en mobilisant les marchés publics pour favoriser le « produire en France »…

Et cela veut aussi dire relocaliser, conditionner les aides publiques à des objectifs décarbonés, peser sur la concurrence déloyale lorsque des produits interdits de production sur le territoire européen sont importés et mettre en place des barrières pour empêcher les produits nocifs et nuisibles pour le climat sur le continent.

Que répondre à ceux qui vous diront que nationaliser coûte cher ?

Nous proposons un plan de 100 milliards pour nationaliser lorsque c’est nécessaire et ainsi empêcher la casse de notre appareil productif dans nos territoires. On peut penser que c’est une grande somme, mais, en comparaison, nous déboursons aujourd’hui 211 milliards par an en aides aux entreprises, que ce soit des aides directes ou indirectes. Soit le double de ce qui est alloué aux collectivités territoriales. Quel est ce pays qui investit davantage dans le capital que dans la sauvegarde de ses emplois et ses services publics ?