Réseaux sociaux. Avec le « féminisme de hashtag », le mouvement change d’échelle

En réponse à la crise sanitaire et à la société du sans contact, une nouvelle forme d’expression des féminismes s’est développée sur les différentes plateformes numériques. Protéiforme, plurielle et transnationale, elle n’est pas pour autant déconnectée des réalités de terrain.

MeToo, #SciencesPorcs, #JusticePourJulie, #LaHonteDoitChanger DeCamp, #StopFeminicides, #OnSeLeveEtOnSe Casse, #EgalitéFH, #This­IsNotConsent, #NiUnaMenos… Slogans percutants, ces mots clés collés à un hashtag, qui résonnent sur les réseaux sociaux, deviennent-ils aujourd’hui plus efficaces que les banderoles des manifestants ?

Le début de l’année 2021 a été marqué par de nouveaux #MeToo se répandant de façon virale sur la Toile : #MeTooInceste, #MeTooGay… Les premiers flots de témoignages en ligne dénonçant viols et violences sexuelles datent de 2017, mais la vague ne s’est jamais tarie. Continuer la lecture de Réseaux sociaux. Avec le « féminisme de hashtag », le mouvement change d’échelle

Le PCF franchit une nouvelle étape vers 2022

Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel. © Charly Triballeau/AFP

Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel. © Charly Triballeau/AFP

En vue de sa conférence nationale du mois d’avril, le conseil national du PCF a adopté ce samedi un projet de texte d’orientation pour les élections présidentielle et législatives. La direction de la formation s’est majoritairement prononcée en faveur d’une candidature communiste. Fabien Roussel a confirmé sa disponibilité.

Le PCF prépare activement sa conférence nationale du mois d’avril durant laquelle sa stratégie pour les élections présidentielle et législatives de 2022 sera débattue. Ce samedi, son Conseil national a adopté le texte qui servira de socle à ces échanges. Le document propose une candidature communiste pour la présidentielle et un « pacte d’engagements » aux autres forces de gauche en vue des législatives. Avec un objectif : « contribuer au surgissement du très grand mouvement populaire qui fait défaut au pays depuis tant d’années pour le débarrasser du pouvoir en place, battre la droite et l’extrême droite, créer les conditions du changement tant attendu par des millions d’hommes et de femmes ».

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Accès à la santé des immigrés: le rôle des centres de santé… Par Dr Eric May

 

La question de l’accès à la santé des immigrés, et plus précisément, celle de leur accès au système de soins et de protection sociale réapparaissent régulièrement dans le débat public en France. Elles sont portées idéologiquement de façon accusatrice par le camp des droites les plus extrêmes  mais aussi par les femmes et hommes politiques qui ont besoin d’occuper le terrain médiatique et qui pensent flatter – et séduire – une partie de l’électorat: la droite dénonce ainsi depuis longtemps son coût et l’appel d’air que constituerait le modèle social et sanitaire français trop généreux. Les débats fumeux s’appuient souvent sur des données fausses, mal expliquées et en fait ignorent tout simplement la réalité, le vécu des personnes immigrées et de leurs soignants.

Tout d’abord, rappelons que tout être humain a le droit d’être soigné quand il est malade. Du serment d’Hippocrate à la constitution de l’OMS[1], en passant par la déclaration de Genève de l’Association Médicale Mondiale en 1948, le droit de toutes et tous à accéder aux meilleurs soins est une obligation déontologique qui s’impose à tous les médecins et de ce fait à toutes les structures qui les emploient[2]. Ce point de vue éthique n’est pas négociable aujourd’hui. Ceci règle en grande partie la question de savoir si un immigré – particulièrement sans papier – a le droit à l’accès aux soins. Évidemment, les professionnels de santé le constatent chaque jour, le pouvoir politique utilise depuis toujours d’autres subterfuges pour contourner ces obligations qui lui sont faites et réduire, contrôler, limiter cet accès.  Ainsi l’Aide Médicale d’Etat (AME), dont l’obtention est un parcours du combattant pour beaucoup, n’ouvre pas droit à tous les soins.

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Dans le Sud-Ouest, des milliers de porcs, deux présidents, et un ancien camp de concentration … in REPORTERRE + Lettre de MER

Celia Izoard (Reporterre)

Dans le Tarn-et-Garonne, l’extension d’une porcherie industrielle là où furent internés des républicains espagnols à la fin des années 1930 rencontre une farouche résistance. D’une part, pour la préservation de ce lieu de mémoire ; de l’autre, contre l’élevage intensif, qui soulève ici un parallèle historique plus que morbide.

Lundi 15 mars, Emmanuel Macron se rendra à Montauban, dans le Tarn-et-Garonne, pour une rencontre au sommet avec Pedro Sánchez, président du gouvernement espagnol. Ce sera certainement pour les deux chefs d’État l’occasion de se recueillir sur la tombe de Manuel Azaña, président de la République espagnole de 1936, mort en exil à Montauban en 1940, un an après la défaite contre Franco.

Emmanuel Macron ne le sait peut-être pas, mais il s’apprête à mettre le pied dans une situation où il pourrait lui être difficile de célébrer tranquillement la mémoire de l’Espagne républicaine. Depuis quelque temps, sur les marchés du Tarn-et-Garonne, surgissent des personnes affublées de masques de cochon qui entonnent à pleine voix les célèbres chants de la Guerre d’Espagne : El ejército del Ebro! Rum balarum balarum bam bam! Cette vision loufoque reflète en miroir l’obscénité d’un projet qui voit le jour à trente kilomètres de Montauban : un élevage intensif de porcs sur un ancien camp d’internement de républicains espagnols.

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Appel des communistes: L’urgence d’un nouveau monde ! (PCF82)

Soyons Clairs !

Face à la pandémie qui nous menace au quotidien et nous angoisse tant, le capitalisme est incapable de répondre à l’intérêt général et aux besoins vitaux des populations. Il plonge de plus en plus l’humanité dans le chaos social et écologique.

Les politiques d’austérité successives fragilisent depuis trop d’années les services publics et leurs emplois. Ce sont eux pourtant avec leurs salariés qui sont au quotidien sur le pont.

La pauvreté, le chômage, la précarité, le désespoir des jeunes, étudiants et précaires, se répandent largement.

Or, dans le même temps et en pleine crise sanitaire, l’indice CAC des 40 principales valeurs privées s’envole de 26,37 %. En Europe, les milliardaires ont vu leur fortune bondir de 14 %, de 25 % aux Etats-Unis. Les actionnaires s’enrichissent alors que le chômage s’envole.

Ce capitalisme financier affaiblit et déstructure nos capacités industrielles et de recherche.

Preuve en est le scandale Sanofi. Cet ancien fleuron français de la santé et du médicament est incapable aujourd’hui de fournir un vaccin anti-covid. Il a bénéficié de beaucoup d’argent public via le Crédit impôts recherche. Pourtant le groupe a licencié la moitié de ses chercheurs en France et dans le monde. Il ne reste plus que trois laboratoires de recherche sur les onze que comptait l’entreprise. La direction Sanofi et le gouvernement refusent toujours que ses chaînes de production sous-traitent la fabrication de vaccins conçus ailleurs…

Soyons Convaincus !

Des alternatives existent mais il faut choisir : servir la rapacité des actionnaires où l’intérêt général ? De partout, montent les exigences de bien public, de mise en commun, de partage des richesses, de propriété collective, de coopération, de vivre ensemble, de solidarité…

Des valeurs sur lesquelles se fondent les véritables propositions transformatrices :

  • Versement d’argent public sous condition d’utilité sociale et environnementale, l’interdiction des licenciements dans les entreprises qui ont bénéficié de ces versements,
  • Revalorisation des minimas sociaux et des bas salaires, des agents de la fonction publique,
  • Mise en œuvre d’un véritable impôt sur les fortunes,
  • Création de nouveaux services publics dans les domaines de la santé, du médicament, de l’eau…

C’est avec combativité que les élus communistes au plan régional ou local agissent pour la gratuité des transports collectifs, pour la création de centres publics de santé dans les territoires…

Soyons Combatifs !

Malgré les contraintes sanitaires et sociales difficiles qui pèsent sur la vie quotidienne, nombreux sont les salariés qui ne baissent pas les bras et luttent courageusement contre l’austérité infligée aux services publics, contre la casse des entreprises et des emplois, contre la mal-vie. C’est le cas des personnels EDF unanimement opposés avec tous leurs syndicats au projet Hercule de démantèlement de l’entreprise publique de l’énergie. C’est le cas aussi des enseignants, des personnels de santé, des étudiants, des salariés des entreprises de logistique…

Il n’y aura pas de changements ni de progrès durables sans des mobilisations multiformes et des débats sur les mesures urgentes à imposer qui doivent accompagner ces mobilisations.

Les communistes s’engagent à participer à toutes les initiatives à venir contre l’austérité, pour plus de solidarité, pour une meilleure répartition des richesses et pour l’accès de tous à une vie décente. Ils appellent les citoyens attachés aux valeurs de gauche à les rejoindre au-delà des échéances électorales dans les combats quotidiens.

Ensemble et unitaire, bâtissons ce nouveau monde !

 

Vous pourrez rencontrer les communistes :

Samedi 13 à Beaumont de Lomagne dés 10h30 sur le marché

Dimanche 14 à Moissac dés 10h30 sur le marché

Mardi 16 à Valence d’Agen dés 10h30 sur le marché

 


Ensemble et unitaire, bâtissons ce nouveau monde !

Je suis d’accord sur les propositions faites, je souhaite être contacté (e) et participer

Nom : ……………………………………

Prénom : ……………………………….

Adresse : ………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Tél : ……………………………………….

@ :………………………………………….

J’ai des propositions, je les exprime :

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Contacts PCF Espace Métais 24, rue de la Révolution 82100 Castelsarrasin 06 .85.73.52.10 Pages dédiées sur FaceBook®

 

Éducation. InserJeunes, la voie pro livrée à la concurrence (Dossier)

L’apprentissage pratique un tri social non avoué, mais bien réel, qui, au final, dope ses résultats en termes d’insertion. Christophe Morin/IP3

L’apprentissage pratique un tri social non avoué, mais bien réel, qui, au final, dope ses résultats en termes d’insertion. Christophe Morin/IP3

Au motif d’aider à l’orientation des jeunes élèves de troisième, le gouvernement a ouvert un site aux informations orientées, qui veut pousser les jeunes vers l’apprentissage au détriment du lycée professionnel.

Le site s’appelle InserJeunes (1). Il a été lancé le 9 février par les ministères de l’Éducation nationale et du Travail. Le but, selon la communication de la Rue de Grenelle : apporter « une aide aux élèves de troisième qui envisagent une orientation en voie professionnelle », et favoriser leur insertion sur le marché du travail. Rien que de très louable en apparence. Surtout quand on sait les difficultés des familles à s’y retrouver dans la jungle des offres de formation, en particulier depuis la fermeture des CIO (centres d’information et d’orientation) par ce même gouvernement.

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Table ronde. Quels sont les combats féministes pour aujourd’hui ?

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Rappel des faits La lutte pour l’égalité des droits entre les hommes et les femmes constitue une composante essentielle de celle pour l’émancipation, qui concerne l’humanité entière et se mène sur tous les terrains. Avec Fatima-Ezzahra Cofondatrice de l’association les Effronté-es Benomar Martine Storti Journaliste et écrivaine (1) Hélène Bidard Adjointe PCF à la maire de Paris chargée de toutes les questions relatives à l’égalité femmes-hommes

Quel état des lieux dressez-vous de l’égalité des droits entre les hommes et les femmes dans nos sociétés ?

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atima-Ezzahra Benomar Dans le monde du travail, dont on a l’impression qu’il est devenu un univers mixte, la moitié des femmes actives en France sont cantonnées dans seulement 12 des 85 catégories socioprofessionnelles répertoriées par l’Insee : femmes de ménage, femmes de chambre, caissières, vendeuses, infirmières, secrétaires, des métiers dont la pénibilité est souvent ignorée, les contrats précaires, les salaires bas, le temps partiel non choisi, et qui aboutissent à des pensions de retraite modiques. Sans compter que cette situation les expose aux violences, en témoigne le cas des femmes de chambre grévistes de l’hôtel Ibis Batignolles.

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La Fête du Cochon. Chronique 7 de Marcel Duvel

 « Un futur dirigeant politique ne peut se dispenser de senraciner dans une culture et une histoire pour simprégner de linconscient du peuple, de sa mentalité et de ses moeurs en vue de lui donner un cap auquel il adhérera. » Cette sentence extraite d’un texte que Marion Maréchal a publié sur le site web de l’ISSEP, le centre de formation qu’elle dirige, Romain Lopez peut entièrement la prendre à son compte.

Romain Lopez, le maire de Moissac, a d’ailleurs fait ses armes en politique auprès de l’ex-députée Rassemblement National. Et en ce début de mars 2021, il s’est senti prêt à donner un cap à son peuple moissagais en décidant que désormais la ville de Moissac assurera directement sa programmation culturelle. Déjà lors de la rupture unilatérale de la convention qui liait la ville à Arène Théâtre, le maire annonçait qu’il avait « d’autres ambitions culturelles pour Moissac » (sic). Quelques mois plus tôt, c’était le Festival des Voix qu’il voulait remettre au pas, contre la volonté des autres villes impliquées dans le projet.

Au sein de sa formation politique, les exemples de main mise sur la culture ne manquent pas. Il pourra s’inspirer du maire d’Orange qui avait imposé des livres nationalistes et révisionnistes à la bibliothèque municipale. Ou de celui de Marignane qui avait décidé d’exclure la presse de gauche des rayons de la médiathèque. Ou de celui de Vitrolles qui avait fermé brutalement et illégalement un café-théâtre au prétexte d’éliminer une programmation musicale trop «cosmopolite » à son goût.

Mais pour faire adhérer le peuple, les mairies RN aiment rassembler leurs habitants lors de fêtes populaires qui glorifient les valeurs ancestrales de la France. Hénin-Beaumont a son festival « Les Médiévales » qui rend hommage au passé de la ville, Mantes-la-Ville a son « Festi’ville » qui chaque année célèbre un thème qui fleure bon l’ancien régime (celui d’avant 1789), et Hayange a sa « Fête du Cochon » qui veut rassembler autour des bonnes vieilles traditions françaises.

Romain Lopez prépare une nouvelle formule de la Fête du Chasselas qui sera emblématique de sa nouvelle programmation culturelle. J’ai du mal à cacher mon impatience…

Marcel Duvel

Quelle(s) politique(s) culturelle(s) dans les municipalités Front/Rassemblement National ? Et à Moissac?

« NDLR de MAC: suite a l’annonce municipale RN de Moissac de la fin du « Festival des voix, des lieux et des mondes » qui disparait de fait avec le non renouvellement de la subvention à MCV (Moissac Culture Vibrations) et la reprise en main de toute la programmation culturelle, il est intéressant de se pencher sur le bilan culturel effectué en juin 2020 dans les 11 communes tenues depuis 2014 par le RN. L’article parut sur le site Culture G est a ce titre édifiant et laisse présager les mêmes dérives pour la commune de Moissac et ses habitants: la mise en place d’une culture dévoyée au service de la cause identitaire de la nouvelle majorité municipale. Ici pas de « fête du cochon » mais un recentrage sur des valeurs locales : le Chasselas et uniquement le Chasselas!

Et dire que certains contradicteurs vont encore applaudir la fin de la diversité culturelle qui fait la richesse des rencontres. Moissac se recroqueville sur elle même et perd petit à petit sa splendeur culturelle…. Quel appauvrissement et M. Lopez n’a même pas pour lui la palme de l’originalité! »

 

 

Hôtel de ville d’Hayange, dans le Grand-Est

 

Au dernières Municipales, le Front/Rassemblement National rafle la mise avec 11 mairies. Observés à la loupe pendant les six dernières années, ces maires ont cherchés à marquer la ville de leur empreinte non sans scandale. Souvent oubliées les politiques culturelles sont pourtant un excellent biais pour analyser les politiques publiques et leur politisation et instrumentalisation. Qu’en est-t-il à Hénin-Beaumont, Hayange, Mantes-la-Ville ?

En 2014, au lendemain du premier tour des élections municipales à Avignon qui place le candidat Front National (FN), Philippe Lottiaux, de quelques centièmes de points devant la candidate union de gauche (PS-EELV), Cécile Helle, en tête (29,63% contre 29,54%), Olivier Py, directeur du Festival d’Avignon déclare à France Info (24 mars 2014) “Je ne me vois pas travailler avec une mairie Front national. Cela me semble tout à fait inimaginable. Donc je pense qu’il faudrait partir. Il n’y aurait aucune autre solution”. Olivier Py complète sa pensée lors d’un entretien donné au Nouvel Observateur le 26 mai 2014 : “rester, travailler avec le Front national, c’est le cautionner. Je ne le ferai pas, je ne prendrai pas la responsabilité historique d’asseoir Marine Le Pen et Jean Vilar à une même table. Oui, j’ai du mépris pour les idées du FN. Front national, ce nom veut bien dire quelque chose, non ?”.

Avec cette déclaration, Olivier Py s’engage fortement. Il marque une rupture entre le monde culturel et le Front National, et questionne de fait la relation qu’entretient le Front National avec les politiques culturelles. Continuer la lecture de Quelle(s) politique(s) culturelle(s) dans les municipalités Front/Rassemblement National ? Et à Moissac?

5 rappels historiques pour nos diplomates qui aiment taper sur la Commune de Paris

Capture d'écran des échanges de Gérard Araud et Etienne de Poncins sur Twitter.

Capture d’écran des échanges de Gérard Araud et Etienne de Poncins sur Twitter.

Gérard Araud, ancien ambassadeur aux États-Unis, et Étienne de Poncins, qui représente la France en Ukraine, s’en prennent à la révolution de 1871 sur Twitter, au plus grand mépris de l’histoire. Cent-cinquante ans après, l’esprit versaillais est toujours là…

La Commune de Paris reste une période méconnue. Même les plus hauts diplomates en ont une vision, disons, erronée. Pour les 150 ans de cette révolution, voilà que l’ancien ambassadeur de la France aux États-Unis, Gérard Araud, la qualifie d’« insurrection armée contre une Assemblée qui vient juste d’être élue au suffrage universel, qui incendie par esprit de destruction les monuments de la ville, le tout sous l’œil de l’ennemi qui sable le champagne ».

Un tweet que notre ambassadeur en Ukraine, Étienne de Poncins, commente ainsi : « La Commune est aussi une préfiguration du totalitarisme communiste soviétique par la terreur et les massacres accomplis. Sur le plan politique, c’était une référence permanente de Lénine pour 1917. »

Seule la dernière phrase tombe juste. Pour le reste, il conviendrait de traiter cette période avec plus de rigueur et moins de mépris.

  • Un : la Commune s’est insurgée le 18 mars 1871 car Thiers tentait de s’emparer des 227 canons de la garde nationale.
  • Deux : l’Assemblée élue en février l’a été lors de législatives réclamées par l’Empire allemand, dont l’armée occupait plus de 40 départements français et retenait près de 400 000 prisonniers. Le Journal officiel ne publie d’ailleurs ni le nombre d’inscrits, ni celui de votants. Et les monarchistes remportent l’élection non pas car les citoyens adhèrent à leur régime, mais parce qu’ils apparaissent comme les garants de la paix (en échange de 5 milliards de francs-or, et de la session de l’Alsace-Moselle).
  • Trois : Paris se révolte, et la Commune adopte en 72 jours toute une série de mesures progressistes.
  • Quatre : Thiers la fait massacrer, après avoir demandé à Bismarck la libération de soldats uniquement dans ce but. L’ennemi peut sabler le champagne !
  • Cinq : les versaillais font bombarder la capitale et liquider plus de 17 000 personnes. Dans le chaos, des communards, sans l’aval de leur gouvernement, exécutent une centaine d’otages et brûlent des monuments. C’était une faute. Mais que dire des versaillais…

L’Humanité vous propose
un hors-série exceptionnel pour célébrer
les 150 ans de la Commune de Paris.

Revivez ces 72 jours de révolution, l’histoire de leurs acteurs
et la richesse des débats qui leur succédèrent.

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