Rentrée 2026 : 4 032 postes supprimés dans les écoles, collèges et lycées

C’est une rentrée 2026 qui se prépare sous le signe de l’austérité. Manque de moyens, et conséquences directes pour les élèves : un large consensus syndical se dégage pour dénoncer les choix budgétaires et politiques du gouvernement Lecornu pour la rentrée 2026. Au total, plus de 4 000 postes d’enseignants seront supprimés dans le premier et le second degré, malgré des besoins éducatifs toujours importants.

 

Suppressions de postes en augmentation 

Le comité social d’administration, chargé de la répartition des moyens pour la prochaine rentrée, s’est réuni lundi 26 janvier. Cette instance avait été reportée à trois reprises en raison du contexte budgétaire.

Dans le second degré, 1 365 suppressions de postes avaient déjà été annoncées en novembre. Selon le Snes-FSU, le ministère a décidé d’augmenter le volume d’emplois de professeurs stagiaires pour faire face aux « incertitudes du rendement des concours » (+438). Cette décision entraîne mécaniquement la suppression de postes de professeurs titulaires dans les académies, qui s’ajoutent aux suppressions déjà prévues. « Autrement dit, le ministère fait payer aux élèves et aux personnels les incertitudes liées à la mise en œuvre précipitée de la réforme des concours de recrutement », écrit le Snes-FSU. Continuer la lecture de Rentrée 2026 : 4 032 postes supprimés dans les écoles, collèges et lycées

Rapport HCE 2026 : entre sexisme ordinaire et menace masculiniste

Le rapport 2024 du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes sur l’état des lieux du sexisme en France invitait à « s’attaquer aux racines du sexisme » ; celui de 2025 s’inquiétait d’une forte « polarisation sociale » autour des enjeux d’égalité de genre. Dans le rapport 2026 publié ce 21 janvier, c’est un véritable électrochoc qu’appelle de ses vœux le HCE, car il y a urgence à s’emparer « du problème du sexisme et de la menace sécuritaire que les masculinistes font peser sur notre pays » par leurs idées « violentes et radicales ». Menace d’autant plus inquiétante qu’elle s’inscrit dans un large mouvement réactionnaire international. Dans cette mobilisation, l’école peut jouer un rôle essentiel, encore faut-il lui en donner les moyens.

Le sexisme : un phénomène bi-dimensionnel

Pour « lever les barrières sociales qui perpétuent les inégalités et promouvoir une égalité réelle entre les femmes et les hommes », il faut d’abord comprendre quels sont les principaux mécanismes qui structurent le sexisme. Continuer la lecture de Rapport HCE 2026 : entre sexisme ordinaire et menace masculiniste

Police municipale : pourquoi les villes de gauche finissent par s’y résoudre

Après s’être longtemps opposées aux polices municipales, les villes de gauche s’y résolvent de plus en plus face au désengagement de l’État. En veillant toutefois au respect de son rôle et de son périmètre, permis par la loi, au contraire de la droite.

Le PCF, lui, tout en exprimant sa « grande vigilance face à plusieurs dérives possibles », ne se dit « pas opposé par principe » à leur développement « dans un cadre précis » à définir – qui exclut l’armement létal.
©Max BAUWENS/REA 

En six ans, le changement de ton est spectaculaire. En 2019, alors candidat à la Mairie de Paris pour Europe Écologie-Les Verts (EELV), David Belliard est catégorique : « La police municipale, c’est inutile, électoraliste. Ça ne sert à rien ! » Cinq ans plus tard, en août 2025, l’adjoint d’Anne Hidalgo se félicite de la création d’une police municipale par la majorité de gauche en 2021. Et plaide, désormais, pour un renforcement de ses effectifs « parce que nous avons besoin d’agents sur le terrain » en complémentarité des missions de la police nationale. Continuer la lecture de Police municipale : pourquoi les villes de gauche finissent par s’y résoudre

40e congrès 2026: Le socialisme, seule réponse possible à la crise historique actuelle, par Franck Marsal

Histoire et societe ne se veut pas simplement un site d’information apportant une dimension géopolitique et historique, mais il est devenu pour ses animateurs, ses lecteurs un laboratoire d’idées autour du basculement historique que nous sommes en train de vivre. Un lieu avec un but commun mais où chacun conserve son ancrage privilégié sans l’imposer aux autres. En ce qui me concerne j’ai la conviction que les partis, les syndicats, les organisations existantes sont actuellement des lieux où ce débat est impossible, même si les échos de ce qu’il devrait être grandissent. Par expérience de censure stupide et irresponsable du groupe fractionnel qui pour moi détient encore les clés du PCF et de son congrès, j’ai décidé de m’en abstraire. Sans le moins du monde nier qu’à la base comme dans d’autres lieux, il existe des possibles. Il n’est donc pas question de pratiquer la politique du pire et de devenir les adversaires de ce qui demeure un atout pour les « opprimés » de France, simplement rester dans un tel cadre ne mène pour moi nulle part, c’est une perte de temps et j’en ai peu. Ce n’est la position ni de Franck, ni de Marianne, ni même celle de Jean. C’est une pratique que nous avons pour tous nos intervenants, nous l’étendons à l’équipe de direction comme un mode de fonctionnement démocratique nécessaire. Marianne, Franck et Jean, comme d’autres courants qui interviennent ici, mais sans que nous devenions le lieu de ces débats, nous exposeront leurs réflexions et l’avancée de leur « voie » propre, nous renvoyons nos lecteurs à propos de ce texte de Franck Marsal et de tous ceux qu’il publiera dans ce cadre à Pcf débat et nous continuerons à nous aider mutuellement dans Histoireetsociete. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Contribution de Franck Marsal – Section des Rives de Dordogne – Fédération de la Gironde

Notre parti a décidé de tenir un congrès en juillet. C’est un choix courageux, qui doit permettre de renforcer et de développer les positions du parti dans une période difficile, une période d’accélération de l’histoire, de montée des tensions et aussi des opportunités. Il a été décidé, dans ce cadre, de réouvrir la question fondamentale de notre projet historique, que l’on appelle communément la question du socialisme. Continuer la lecture de 40e congrès 2026: Le socialisme, seule réponse possible à la crise historique actuelle, par Franck Marsal

Comment mener la bataille de l’information ?

En débat: Face à l’offensive hégémonique de l’extrême droite, des formes d’appropriation populaire de l’information s’organisent, s’inspirant des luttes d’hier.

« On trouve dans cette radio un rapport un peu ambivalent à la culture populaire », estime Ingrid Hayes.
© Estate of Gerald Bloncourt. All Rights Reserved 2026 / Bridgeman Images

À l’occasion des 10es rencontres d’histoire critique de Gennevilliers, organisées les 27 et 28 novembre 2025 par les Cahiers d’histoire, l’Institut de recherche de la FSU, l’institut CGT d’histoire sociale et la Fondation Gabriel-Péri, cette table ronde animée par David Chaurand revient sur quelques-unes des expériences historiques de prise de pouvoir citoyenne sur la production de l’information. Une rétrospective nécessaire pour repenser la bataille hégémonique actuelle.

Durant la Commune de Paris, on trouve déjà une forme d’appropriation populaire de l’information. Qu’est-ce que cette expérience révolutionnaire nous apprend-elle dans la bataille médiatique actuelle ?

Sylvie Braibant, Historienne, coprésidente des Amies et Amis de la Commune de Paris 1871

 

À propos de la Commune de Paris, on peut dire que la presse est consubstantielle de l’événement révolutionnaire. Tous les éléments sont en place pour que la Commune arrive, mais c’est l’interdiction des journaux révolutionnaires qui va produire l’étincelle. La Commune va durer soixante-douze jours, et 71 journaux seront créés pendant ce laps de temps. Ce mouvement se déroule en outre dans un contexte où il n’est pas facile de se procurer du papier et où l’analphabétisme est proéminent. Continuer la lecture de Comment mener la bataille de l’information ?

Ce collectif porte « un plan de sortie du financement public de l’enseignement privé sous contrat »

Dix milliardaires possèdent la majeure partie des médias : quand les super-riches menacent la démocratie

Constatant une accélération de la concentration des richesses en France et dans le monde, le dernier rapport d’Oxfam met en lumière l’influence croissante de cette oligarchie sur les opinions publiques et les décisions politiques.

La pauvreté, elle, a explosé, touchant désormais 11 millions de Français, soit 15,4 % de la population, du jamais-vu depuis trente ans
© Nasser Berzane/ABACAPRESS.COM

La démocratie peut-elle survivre à l’accroissement des inégalités ? C’est la question posée par l’ONG Oxfam dans son rapport « Résister au règne des plus riches : défendre la liberté contre le pouvoir des milliardaires », rendu public ce 19 janvier, à la veille du Forum économique de Davos. Continuer la lecture de Dix milliardaires possèdent la majeure partie des médias : quand les super-riches menacent la démocratie

Le Havre, Roubaix, Arles… Les villes que la gauche pourrait gagner

Bien que la gauche souffre de divisions favorisées par les désaccords nationaux, elle conserve des chances de succès dans bien des villes. Zoom sur dix points chauds où elle peut conquérir des municipalités.

Les partis de gauche espèrent s’appuyer sur leurs politiques locales pour démontrer leur capacité à incarner l’alternative au libéralisme et à l’extrême droite. © Lafargue Raphael/ABACA

Au Havre, le PCF rêve d’éjecter Édouard Philippe

Le Havre (Seine-Maritime), à droite depuis 1995, pourrait-elle repasser à gauche ? Dans la commune la plus peuplée de Normandie (167 000 habitants), les communistes croient en leurs chances. À la tête d’une liste de rassemblement de la gauche (PCF, PS, EELV, Génération.s, Place publique, l’Après…), le candidat PCF Jean-Paul Lecoq défie le sortant Édouard Philippe.

« Nous avons de très sérieuses chances de l’emporter. Édouard Philippe est moins populaire qu’il y a six ans. Il est absorbé par sa campagne présidentielle et a soutenu toutes les politiques d’austérité de Macron », mesure Baptiste Bauza, secrétaire de section PCF. Continuer la lecture de Le Havre, Roubaix, Arles… Les villes que la gauche pourrait gagner

Appréciations de bulletin genrées : On attend des progrès !

Alors que dans beaucoup d’établissements les enseignant·es sont en train d’informer les bulletins de premier semestre, une nouvelle note consacrée aux inégalités de genre à l’école, publiée par le pôle éducation de l’IPP (Institut des politiques publiques), alerte sur le caractère très souvent genré des appréciations scolaires. Prenant appui sur « l’étude statistique des bulletins scolaires remis à plus de 600 000 lycéens de terminale scientifique au cours de la période 2013-2017 », les deux autrices de la note, Pauline Charousset (IPP) et Marion Monnet (Université Bourgogne-Europe, IPP) montrent combien ces appréciations reproduisent certains stéréotypes toujours bien ancrés. « A niveau égal, appréciation égale ? » : pas vraiment ! Une invitation à prendre conscience de cet impensé sexiste pour combattre les biais genrés. Continuer la lecture de Appréciations de bulletin genrées : On attend des progrès !

Municipales 2026 : les ambitions du PCF à deux mois du scrutin (Pierre Lacaze)

À deux mois du premier tour des élections municipales, le PCF, qui validait ce samedi ses chef·fes de file, exprime une ambition forte.

Troisième force politique de France dans les villes et villages, il s’agit pour le Parti communiste français de conforter son assise territoriale, de l’élargir au service de toutes les populations, de combattre l’abstention et de faire gagner la gauche pour répondre aux attentes des habitantes et habitants.

Dans des centaines de villes de plus de 20 000 habitants, les communistes ont contribué aux rassemblements les plus larges à gauche et sont mobilisés pour faire gagner les maires communistes, socialistes et écologistes face à la droite et à l’extrême droite.

Au Havre et à Nîmes, deux villes symboliques des impasses de la droite, les communistes sont prêts à relever le défi. A Montreuil avec Patrice Bessac ou à Vitry-sur-Seine avec Pierre Bell-Lloch, les communistes aspirent faire ré élire leurs maires des deux plus grandes municipalités qu’ils dirigent. A Arles, Champigny-sur-Marne ou Saint-Pierre-des-Corps notamment, grâce au travail mené le plus souvent avec le Parti socialiste et les Écologistes, le PCF organise la reconquête de villes perdues en 2020. Dans toute la France, de nombreuses candidates communistes s’engagent. Ainsi à Vénissieux avec Michèle Picard, Bagneux avec Hélène Cillières, Mitry-Mory avec Charlotte Blandiot-Faride, Échirolles avec Amandine Demore, ce sont des femmes qui sont en passe d’être élues ou réélues.

Fabien Roussel et la direction du PCF se félicitent que dans 90 % des villes dirigées par la gauche, les majorités municipales soient rassemblées, exprimant ainsi une dynamique nationale en faveur de l’union face à la droite et à l’extrême-droite, malgré les tentatives de division. Le PCF prend toute sa part à ce combat et mènera ainsi de nombreuses listes d’union face au RN dans les régions des Hauts de France, de Grand Est et en région PACA. A Calais, Nîmes, Sète, Arles ou Martigues, les têtes de liste communistes affronteront dès le premier tour les candidats du Rassemblement national.

Forts de la dynamique populaire de rassemblement qui s’exprime autour de leurs candidatures et de l’union très large à gauche, les communistes sont prêts, dans les villes comme dans les villages de France, pour les élections municipales à faire gagner des politiques utiles et protectrices, en faisant des services publics locaux, de la solidarité, de l’émancipation humaine et de la démocratie locale les piliers d’un véritable projet de société.

Pierre Lacaze, Responsable Élections au PCF,