Après les canicules et la sécheresse, que faire ? : table ronde avec Yamina Saheb, Alain Bihr et Amar Bellal

Après un été marqué par des canicules et des sécheresses hors normes, l’urgence climatique ne peut plus être pensée comme une simple parenthèse à gérer. Yamina Saheb, Alain Bihr et Amar Bellal interrogent les réponses immédiates à apporter, mais aussi les transformations économiques, sociales et démocratiques indispensables pour s’attaquer aux causes du dérèglement.

La sécheresse a touché l’ensemble de la France cet été. Le lac des Brenets, à la frontière franco-suisse, s’est retrouvé à sec dès le mois de juillet.
© Fabrice COFFRINI / AFP

Canicules à répétition, sécheresses, incendies : l’été 2026 a donné un avant-goût d’un dérèglement climatique appelé à s’intensifier. Mais comment éviter que l’adaptation à l’urgence ne serve de prétexte à renoncer à agir sur ses causes ? La climatologue Yamina Saheb, le sociologue Alain Bihr et Amar Bellal, coauteur du plan « climat-empreinte 2050 » du PCF, confrontent leurs analyses. Tous mettent en avant, au-delà des réponses techniques, la nécessité de transformer profondément nos modes de production, de consommation et d’organisation collective.

Lire aussi: La sécheresse et la crise alimentaire: comprendre les mécanismes réels

Après cet été qui nous est apparu hors normes, sommes-nous vraiment entrés dans un nouveau régime climatique ? Continuer la lecture de Après les canicules et la sécheresse, que faire ? : table ronde avec Yamina Saheb, Alain Bihr et Amar Bellal

Le socialisme : conquérir partout le pouvoir pour reprendre la maîtrise de notre avenir par Jean Paul Legrand

Intervention de Jean-Paul LEGRAND Université d’été du PCF – Toulouse – 23 août 2026

Lorsqu’on m’a proposé de parler du socialisme, je me suis dit que le sujet était aussi vaste que notre histoire. Nous pourrions passer des heures avec Marx et Engels, Lénine et Gramsci, Mao Zedong et Fidel Castro, ou encore avec Michel Clouscard, Lucien Sève, Louis Althusser, Paul Boccara, Domenico Losurdo et bien d’autres grands intellectuels et militants marxistes qui n’ont jamais séparé la théorie de la pratique révolutionnaire. Mais allons à l’essentiel.

Et l’essentiel en 20 minutes, vous en conviendrez, n’est pas tâche facile. Je vais essayer de faire de mon mieux et je vous remercie de votre fraternelle indulgence.

Car la question politique fondamentale qui nous est posée aujourd’hui est simple : pourquoi reparler encore du socialisme en 2026 ?

Depuis plus de trente ans, on nous explique que l’Histoire aurait tranché, que le capitalisme serait devenu l’horizon indépassable de l’humanité. Pourtant, regardons le monde. Jamais l’humanité n’a produit autant de richesses, jamais elle n’a disposé d’autant de connaissances scientifiques et de capacités techniques.

Et pourtant, jamais autant de femmes et d’hommes n’ont eu le sentiment de ne plus maîtriser leur propre existence. Ils travaillent davantage sans être certains de vivre mieux, voient fermer leur usine et disparaître des services publics, et subissent des décisions prises loin d’eux, dans les conseils d’administration des grands groupes financiers.

Voilà le paradoxe : nous savons produire énormément de choses, mais nous décidons de moins en moins.

Nous vivons précisément la deuxième grande révolution anthropologique de l’humanité. Après l’agriculture, c’est celle de la révolution informationnelle : les hommes ont appris à mettre des informations dans des machines capables de transformer profondément toutes les activités humaines. Continuer la lecture de Le socialisme : conquérir partout le pouvoir pour reprendre la maîtrise de notre avenir par Jean Paul Legrand

Soyons sérieux et évitons les polémiques stériles …

NDLR de DEMOCRITE…: D’aucun pourrait nous accuser de ne reprendre qu’une seule source de réflexion, à savoir les écrits « d’Histoire et Société ». C’est vrai! Mais devant l’appauvrissement de la réflexion collective à Gauche et devant l’absence d’une réflexion salutaire de la situation politique du moment qui pourrait être menée par l’Humanité et d’autres journaux de « gauche », nous nous appuyons sur des forces vives car il est vital pour les forces de progrès et plus singulièrement pour les militants du PCF de sortir des injures, anathèmes et autres petitesses qui animent les débats et enfin donner du sens à la construction d’un pacte d’avenir pour notre pays! Avec les écrits présentés sur ce site, nous apportons notre pierre à l’édifice car il nous faut renverser le cours de l’histoire, combattre le capitalisme, retrouver les vertus de la lutte des classes et bâtir l’espoir!

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Histoire et société

Nous sommes dans une période historique où il faut avoir une vision de l’avenir, celle du bien public et osons le mot de la patrie. C’est nécessaire pour relever la politique de son incapacité actuelle à distinguer le bien du mal quand l’intérêt personnel obscurcit les frontières entre ces deux notions, en particulier pour ce qui est du à la protection réelle aux plus faibles. Ce qui nous renvoie à ce thème de la « sécurité » si galvaudé comme la plupart des enjeux politiciens, il doit être repensé au-delà des idéologies, par rapport aux défis et tâches concrètes qui sont devant nous. La sécurité englobe des niveaux si différents de l’action politique , cela va de la paix et de la guerre au panier de la ménagère, en passant par de vastes questions de civilisation comme l’IA, les migrants, ou le socialisme, les libertés collectives. La politique doit les unifier en donnant au citoyen, aux différents collectifs et en premier lieu à la classe ouvrière, aux travailleurs utiles à la nation, la possibilité de définir ce qui est bien et ce qui est mal, sur tous ces enjeux, pas les tirades moralisatrices, non ce qui a des effets réels bon ou mauvais. C’est un débat de fond, dans l’action , l’expérimentation, qui se pense dans l’immédiat des luttes mais sur des décennies. Il y a doit y avoir de la gravité dans la manière dont nous assumons aujourd’hui nos engagements. l’empoignade autour de la « gauche » de son leadership ne fait que poursuivre la déconsidération de cette référence historique à la gauche, qui devient le contraire de ce qu’il faut pour faire face aux périls et qui jette le peuple français vers ceux qui sont ses pires ennemis. Face à ce paradoxe, il faut au contraire que chacun dise comment il voit la situation, ce que je fais ici.

Publié par Danielle Bleitrach

On perle de la gauche mais celle-ci a perdu, c’est peu de le dire, son aura,

Je suis tout à fait d’accord avec l’idée qu’il ne faut pas de polémiques stériles à gauche et j’ai dit à ce titre mon appui à la proposition de Fabien Roussel qui va dans ce sens. Bien que je ne sois pas aussi convaincue que lui de la pertinence de la division gauche droite actuellement. Sur ce point, je n’ai rien de définitif, je veux bien reconnaitre que le socialisme à la française, sur lequel nous nous entendons, doit savoir reconnaitre ce qui a toujours relevé de deux idées fortes de la vie politique nationale: la lutte des classes en France, sa capacité à s’élargir aux masses, au « peuple » qui est une catégorie dont les contours sont mouvant mais toujours en référence avec la nation et sa souveraineté, ce qui est tout aussi essentiel pour rassembler le « peuple ». Donc avant d’enterrer les catégories de droite et gauche il faut mesurer les possibles.

Nous nous entendons donc je pense avec le PCF et Fabien Roussel, sur le fait qu’il est indispensable de construire un nouveau rapport de forces parce que celui qui existe en France est marqué par l’hégémonie de l’extrême droite et de le droite, par le conservatisme avant coureur des intérêts financiers.

N’est-ce pas parce que la gauche s’est elle-même identifiée à ces intérêts financiers, faisant la différence seulement sur les moeurs, le conservatisme devenant alors synonyme de sécurité? Jamais la gauche n’a été aussi faible, si coupée du monde du travail et des couches populaires. Le peuple avec la classe ouvrière affaiblie a déserté la gauche pour donner à la sécurité et au patriotisme un aspect chauvin qui est celui qui sert la classe dominante, l’impérialisme. C’est une situation très dangereuse et que l’on retrouve sous des modalités diverses dans toute l’Europe, dans tout l’occident, une classe dominante divisée elle-même, qui n’a plus de perspective autre que la destruction, la guerre, la misère survit grâce à des divisions d’un peuple atomisé, souvent à partir de ce qu’est devenue sa « démocratie ».

Le critère essentiel de ce en quoi on peut se fier est à mes yeux celui de la capacité à unifier ce qui doit l’être pour construire des alternatives concrètes dépassant des antagonismes secondaires. Ces oppositions qui font partie de la diversité mais sur lesquelles on organise la division des exploités en forme de clientélismes.

C’est pour cela que je dis fraternellement à tous ceux qui s’obstinent avec la foi du charbonnier à donner à Mélenchon et au « vote utile » en sa faveur l’espoir d’une dynamique de gauche qu’ils raisonnement mal. Et encore plus mal quand ils accusent les candidats de la gauche d’être à l’origine de la situation. Ce sont les sondages qui disent les tendances et aussi malheureusement les contacts que nous avons tous.

Non seulement les chiffres sont têtus face à ce que représente la gauche mais ils s’aggravent dans le cas de Mélenchon, qui une fois de plus a fait la preuve qu’il était un très mauvais tacticien dans cette ultime campagne, comme il n’a cessé de l’être par courte vue dans le sillage du mitterrandisme qui a inauguré cette partition tactique du peuple, de la classe ouvrière, cette caution donnée au patronat autant qu’aux USA. Cela passe par un « radicalisme » qui fait table rase pour rester seul sur un champ de ruines et de là faire accepter au peuple français ce qui a du être imposé au Chili, en Argentine et partout sous la torture comme les privatisations. En entraînant les « intellectuels » dans cette impasse au chant de « vive la crise, la trahison des élites sur le mode Tapie, la déconsidération des avant-garde sur le plan politique comme sur le plan culturel par démagogie ? . Oui et non, il mène son électoralisme sur cette lancée en continuant à réduire ke PCF tout en prétendant s’inscrire un temps a contrario de cette dérive… Il prétend unir le mitterrandisme, la volonté de réduire le PCF avec ce ,qu’a pu représenter le chavisme et dont on peut reconnaitre les mérites et les limites aujourd’hui face aux mues de l’impérialisme,

La France insoumise dans l’état de désaveu dans lequel était tombé la gauche et l’affaiblissement du PCF, sa vassalisation à la social démocratie et de ce fait à l’atlantisme, est apparu comme un ovni dans le monde politique français: un « mouvement », pas de congrès, pas d’élection des responsables, ni du candidat, pas de débats internes, pas de tendances, pas de cotisations, une direction auto proclamée, et le retour à la vénération de la parole d’un homme, UN trotskiste qui réalisait son être « stalinien » en se prenant pour Chavez.

Mais il est évident que ce qui faisait son charme au fur et à mesure que montent les périls est particulièrement soumis aux caprices et aux irrationnels d’un tel système qui s’acharne d’une manière sectaire sur tout ce qui contredit le leader et prend pour argent comptant les rumeurs avec une absence totale de connaissance historique qui est transformée pour illustrer la pensée du gourou.

Il a pêché par incapacité à sentir à l’inverse de Roussel ce qu’est la France, son peuple… Y compris quand il prétend comprendre ceux issus de l’immigration et quand il ose la vilenie de faire de Roussel un raciste, il y a des limites à ne pas franchir et elles disent le terrain fallacieux sur lequel on prétend défendre le peuple. Il ne mesure pas la réalité là non plus. Mais le fond est qu’il en est à prévoir sa tactique en imaginant comme il le dit un électorat versatile qui change d’opinion tous les 6 mois et à qui on peut imposer des tactiques contradictoires autour de sa seule personne. Je crois que c’est aussi parce qu’il n’a pas mesuré la situation réelle d’un nombre grandissant de gens qui n’en peuvent plus et qui détestent les jeux politiciens, qui ont la colère. Il reste trop influencé par des couches moyennes, et par une vision géopolitique ancienne. Il n’a pas pris la mesure de la nouvelle figure y compris multipolaire. Il n’est pas le seul mais il veut imposer alors qu’il faut beaucoup travailler ensemble. Rien n’est perdu mais l’autocritique est nécessaire pour reconstruire.

Faute de cette autocritique, et de la persévérance, il est le plus mauvais candidat pour la « gauche » telle qu’elle est et elle est dans un état catastrophique, coupée de la base populaire, du monde du travail, boboisée à l’extrême. Et il porte une lourde responsabilité dans la division de la gauche, j’en veux pour exemple ses deux dernières tactiques totalement absurdes: la première c’est la manière dont il a envoyé ses troupes à l’assaut des mairies de gauche et communistes non seulement cela n’a pas donné grand chose mais cela a fracturé durablement l’électorat et les militants des partis. Non content d’un tel exploit il a remis ça en s’autoproclamant le candidat de la gauche sans la moindre concertation.

J’imagine mal un tel « tacticien », alors qu’il ne représente même pas la totalité des 25% de l’électorat du pays, qui par miracle serait parvenu à la présidence, capable alors de faire le poids s’il est confronté à la violence des marchés financiers à la Tsipras, Sa capacité à mobiliser une résistance populaire dans un tel rapport des forces. Et son entourage brouillon parfois irresponsable n’est pas plus engageant. Continuer à insulter les militants et les dirigeants de gauche est de la folie… Est-ce que vous mesurez la nature de ce qu’est l’adversaire, demandez aux Cubains, aux Palestiniens, aux Iraniens, à toute l’Amérique latine, à la planète, à tous ceux qui choisissent de résister la nature du séisme qui s’abat sur eux ?

Déjà il conduit donc à l’échec et à la plus grande faiblesse devant Marine le Pen au second tour parce qu’il a réussi à être celui dont le plus grand nombre ne veulent pas.

Si cet argument du vote utile dans cette situation avait la moindre pertinence face à l’extrême droite il ne faudrait surtout pas voter pour lui mais pour Hollande ou la droite et on sait où ça mène à l’état de la gauche telle qu’elle est. Cet argument est complètement erroné et chacun mesure bien que si la gauche est dans cet état c’est parce qu’en relation avec les pièges institutionnels il a détruit systématiquement les forces de résistance à l’exploitation accrue et désormais au fascisme, à la guerre.

Fabien Roussel a raison, il faut arrêter ce petit jeu contre les candidats de gauche et chercher les bases d’une reconquête et d’une unité y compris si l’on veut sauver les meubles aux législatives.

En ce qui me concerne je ne sais même pas ce que représente un député de gauche ou même communiste, et je ne suis pas la seule, il faut là aussi avoir le courage d’un bilan et repartir sur d’autres propositions. Cette vaine polémique autour de Melenchon sauveur suprême d’une hypothétique dynamique nous masque un véritable travail. J’ai le sentiment que Fabien Roussel est suffisamment resté communiste pour avoir le courage d’oser cette candidature alors qu’aucun cadeau ne lui sera fait.

Je ne peux qu’approuver le choix qu’il inaugure d’aller discuter avec un patron français sur les conditions de réindustrialiser la France… le peuple face à cette question cruciale comprend en priorité les producteurs, les travailleurs utiles, mais peut aussi entraîner une part du patronat et la question des moyens que l’on se donne va bien au-delà des déjeuners en ville avec le CNPF/MEDEF ou les technocrates de l’appareil d’Etat à qui on donne des garanties.

C’est un corps à corps qui doit être relayé partout dans la recherche de solutions face à ce désastre qui se poursuite contre les entreprises françaises, les lieux de production comme contre le service public, il faudrait pouvoir en discuter voilà ce qui me convaincrait pour les législatives et d’autres échéances, la part que chacun a pris dans ce domaine concret. C’est une autre conception de la démocratie, il a besoin d’un parti pas d’un mouvement autour d’un leader sauveur suprême à son heure.

Il faut un peu de raison, les passions illusoires ne servent qu’à entretenir une situation qui est mauvaise et que l’on retrouve dans toute l’UE pour des raisons assez semblables.

Il faut arrête les caprices et les insultes et construire l’unité … Fabien Roussel a au moins du bon sens en orientant sa campagne sur les questions qui préoccupent les Français, les solutions et pas la division que l’on payera parce que l’autoritarisme du pseudo chef ne mène nulle part .

Mais puisque nous en sommes à nous dire franchement ce que nous pensons, tout n’est vraiment pas de la faute de Melenchon et son activisme brouillon a rempli un vide celui laissé par les partis et leurs militants et bien sur au premier rang le parti communiste français qui a été liquidé dans sa capacité d’action même s’il demeure encore le plus actif sur le terrain. tout cela mérite autre chose que des insultes réciproques et la critique doit déboucher sur l’action, son efficacité. C’est là un des enjeux essentiel de Roussel et qui demeure son maillon faible : l’organisation et la formation des militants en particulier dans le monde du travail. Le retour vers les cellules est indispensable. Mais c’est un autre sujet.

La preuve du pudding c’est qu’on le mange, la preuve de l’hégémonie à gauche pour gouverner la France c’est qu’on la réalise…

Danielle Bleitrach


Commentaires

  • Franck Marsal, le 27 août 2026

    Mon oncle, qui était un ouvrier du bâtiment, et qui est mort quelques mois avant sa retraite, ne votait jamais à gauche. Je ne le comprenais pas. Il ne s’intéressait que peu à la politique, mais il me répondait toujours : chaque fois que la gauche est au gouvernement, on en prend plein la gueule.

    Qu’est-ce que « la gauche » ? Certains considèrent que c’est le camp du progrès, une sorte de bloc populaire, certains y voient même, à travers l’alliance entre le PS et le PCF une sorte de front unique prolétarien. De la coupe aux lèvres, il y a loin et de la gauche au front prolétarien aussi. Le PS mitterrandien n’est plus la SFIO. Et la « gauche » n’a jamais été un front de classe. Ce qu’on appelle « la gauche » est en fait un produit de la démocratie bourgeoise : une série d’alliances parlementaires à géométries variables autour la division – limitation du champ politique à la politique bourgeoise, celle qu’aujourd’hui les français vomissent.

    La gauche est centrée, qu’on le veuille ou non, sur la perspective de changer le système de l’intérieur, par les élections au sein des institutions bourgeoises et surtout sous leur contrôle. Marx avait dit qu’on ne pouvait théoriquement écarter la possibilité d’une victoire révolutionnaire par ce biais. Force est de constater que presque deux siècles plus tard, les exemples concrets sont peu convaincants et qu’on en est toujours principalement à l’hypothèse théorique dans ce domaine. L’avenir sera-t-il différent ?

AUX COMMUNISTES LA PATRIE PEU RECONNAISSANTE par D. Bleitracht

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Malgré la canicule et le souffle brulant dont elle nous enveloppe, alors que se multiplient les images d’apocalypse d’une France en proie aux flammes, je m’obstine à aller au cinéma. la Bataille de Gaulle, comme la guerre, le deuxième épisode « j’écris ton nom ». j’avais lu des compte rendus enthousiastes même dithyrambiques proclamant qu’il y avait là une ouverture grandiose sur l’Histoire des deux épisodes de Baudry . Dans ces temps de défaite et de trahison, on pouvait se réjouir de voir célébrée la France qui n’aurait jamais arrêté de se battre et la permanence de l’Etat républicain, de ce point de vue le parti pris était intéressant. Oui l’action de De gaulle, relayée par celle de deux hommes Leclerc et Jean Moulin, aujourd’hui bradée, nous a assuré un siège aux Nations Unies une place parmi les vainqueurs et plus tard l’application du programme du CNR. La France jusqu’à Macron n’a pas eu de bases de l’Otan, ne les a pas partagées du côté d’Ormuz, et a eu sa propre dissuasion, elle a même un temps, rompu par Sarkozy, déserté le commandement de l’OTAN, refusé de participer à des aventures en Irak… Prononcé le discours de Phnom Penh . Mais s’il est juste de le célébrer, il est intolérable que l’air du temps s’impose, celui d’un négationnisme du rôle des peuples et de la lutte des classes dans les guerres. Ainsi est-ce que sans les communistes, sans ce qui les a précédés, et ce depuis Valmy, la résistance patriotique de la Commune, peut-on concevoir un modèles républicain universaliste dans l’émancipation et vraiment souverain. Comment peut-on l’oublier et au nom de quoi ce film prétend le gommer ? ce ne sont pas seulement les communistes, l’Union soviétique est également niée, Stalingrad, l’avancée de l’armée rouge et même la manière dont Staline a soutenu la France, est gommé dans ce huis clos de ce qui devient un théâtre de boulevard où l’on retrouve l’histoire de la III e République, celle de Lavisse débouchant sur le pire et le meilleur de l’endoctrinement républicain.

Publié par Danielle Bleitrach

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Article original pour le blog in Histoire et société 

Pourtant le parti pris adopté par Baudry aurait dû faire la part belle aux communistes, comme à l’URSS. puisqu’il s’agit de la manière dont grâce à l’action déterminée de quelques individus la France a échappé au partage et à la mise en tutelle atlantiste qui va désormais gérer le monde en s’accommodant des fascistes. Continuer la lecture de AUX COMMUNISTES LA PATRIE PEU RECONNAISSANTE par D. Bleitracht

«  La lutte des classes n’est plus seulement pour la répartition des fruits du travail, mais aussi pour l’habitabilité du monde » : entretien avec Jacques Baudrier

Adjoint PCF à la mairie de Paris, Jacques Baudrier appelle à se saisir du concept de lutte des classes pour mener la bataille écologique. Avec des propositions pour rendre accessibles les véhicules électriques et la rénovation thermique des logements, comme exemples de mesures répondant à la fois aux exigences sociales et environnementales.

« Les plus riches pourront toujours se construire des bulles climatisées pour se garantir une qualité de vie quand certaines zones du monde vont devenir inhabitables. C’est une question de santé humaine.», explique Jacques Baudrier, adjoint PCF au maire de Paris. © Istock

Les vagues caniculaires des dernières semaines l’ont démontré : les plus précaires sont les premières victimes du réchauffement climatique. Un constat qui rappelle l’exigence, de concilier politique sociale et politique écologique, ce que prône Jacques Baudrier, auteur du livre La bataille pour le climat est une lutte des classes (Arcane 17, 2026). Continuer la lecture de «  La lutte des classes n’est plus seulement pour la répartition des fruits du travail, mais aussi pour l’habitabilité du monde » : entretien avec Jacques Baudrier

Trump et le communisme

La bataille frontale est engagée et les signes se multiplient de la manière dont la lutte des classes, l’anti-impérialisme apparait comme ce qui structure les camps. Même le vote contre le blocus témoigne du fait que désormais le vote a un sens nouveau, il n’est plus simplement formel : on vote et après on se conforme à la loi extraterritoriale instaurée dans le mépris de la légalité internationale. Il n’y avait alors que deux opposants Les Etats-Unis et Israël, ils sont une trentaine dont bien sur l’Ukraine, l’Argentine mais aussi ceux dont les gouvernements acceptent la loi de la jungle. Est-ce que c’est un affaiblissement : oui si on choisit le sectarisme, une manière de marquer les camps mais c’est exactement le contraire si on constate le nombre de ceux qui même sans s’abstenir ont tenu bon sur la base du droit international. C’est là que l’on a besoin du communisme et pas de l’étroitesse gauchiste, Trump le désigne comme l’adversaire, relevons le défi en France et dans le monde en faisant comme la Chine, comme Cuba en constituant ce terrain de rassemblement contre la guerre et contre le fascisme. Ne nous marginalisons pas appuyons nous sur le refus majoritaire de la guerre et des politiques d’austérité et de répression qui vont avec. Ne nous trompons pas d’adversaires (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Trump redécouvre l’anticommunisme, mais à des fins intérieures.

Par  Francesco Piccioni

Toutes les contradictions de l’Amérique de Trump en une seule journée : le 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance de l’Angleterre. Continuer la lecture de Trump et le communisme

« Racisé », un terme polémique ?

Utile au combat antiraciste ? Essentialisant et réducteur ? Le débat autour de l’usage de ce mot entré dans le dictionnaire en 2010 révèle des conceptions et des approches différentes dans le travail de recherche et les stratégies militantes.

La notion de « racisé », adjectif ou substantif, dérange lorsqu’elle est perçue comme visant une personne dont l’identité se réduit à cette caractéristique.
© Julien Mattia / Le Pictorium 

Utile aux universitaires et au combat antiraciste pour les uns, essentialisant, réducteur ou humiliant pour les autres, le terme « racisé » divise et fait débat, au-delà du champ sémantique. La notion de « racisé », adjectif ou substantif, dérange lorsqu’elle est perçue comme visant une personne dont l’identité se réduit à cette caractéristique. Pourtant, entrée dans le dictionnaire en 2010, elle définit une personne victime de racisme et de discrimination. Continuer la lecture de « Racisé », un terme polémique ?

L’HISTOIRE NE SE RÉPÈTE PAS MAIS ELLE DEVRAIT PERMETTRE D’EMPÊCHER CERTAINES DÉRIVES D’AUJOURD’HUI

Il y a une manière de s’emparer de tout ce qui est secondaire pour paraître être à la pointe du combat alors que par ailleurs on est rien moins qu’un social démocrate électoraliste qui entretient un clientélisme et favorise l’inertie, la division de son camp, tout à fait caractéristique de la dite social démocratie quand elle est la proie d’un prurit gauchiste.

Du côté des communistes il commence à y avoir une prise de conscience de ce phénomène en particulier en ce qui concerne le cas Mélenchon qui a fini par provoquer un hérissement spontané, instinctif mais qui témoigne aussi de l’erreur tactique de ce dernier dans la seule chose dans lequel il est maître: l’électoralisme.

Il faut dire qu’il a fait une erreur tactique en se déclarant trop tôt et il a été pris dans un mouvement des quarante candidatures. Certaines de ces candidatures, – vu le désaveu de la gauche tel que la liquidation depuis les années quatre-vingt l’a détruite dans sa base de classe et de masse- à droite ont plus de chance que la sienne. Sa tactique de destruction de la dite gauche pour rester le seul candidat et forcer tous les fragments à se rassembler autour de lui avait déjà témoigné de l’échec de la LFI aux municipales. Il a buté surtout sur ce qui est en train de se réveiller sous l’influence des FAITS, en particulier la manière dont Macron et les siens conduisent au surarmement et à la destruction du quotidien des Français. Continuer la lecture de L’HISTOIRE NE SE RÉPÈTE PAS MAIS ELLE DEVRAIT PERMETTRE D’EMPÊCHER CERTAINES DÉRIVES D’AUJOURD’HUI

Aujourd’hui plus que jamais, un marxisme vivant

Thalia Denape
économiste, membre du conseil national du PCF

Notre revue prône un marxisme vivant. Elle affirme tout d’abord, à ceux qui voudraient enterrer la théorie de Marx, que celle-ci n’est pas morte. Qu’au contraire, s’appuyer sur le marxisme est d’autant plus utile que s’approfondit la crise systémique du capitalisme et qu’elle nous précipite dans une crise à la fois économique, mais aussi sociale, écologique et politique. En effet, entre les théories économiques au service du capital qui nient l’existence de crises inhérente au système lui-même, les théories qui réduisent l’origine de la crise à une « sous-consommation » ou encore celles qui mettent la responsabilité sur l’offre qui serait réduite du fait d’un « coût du travail » trop élevé, les théories marxistes ont développé une synthèse grâce notamment à la compréhension des cycles économiques et de la suraccumulation du capital. Il n’est a priori pas nécessaire de convaincre nos lecteurs à ce sujet. Continuer la lecture de Aujourd’hui plus que jamais, un marxisme vivant

Il s’agit d’hégémonie pas de l’électoralisme derrière un leader qui placerait les siens dans les appareils d’Etat…

Il existe aujourd’hui un malentendu répandu qui révèle non seulement une pauvreté politique, mais aussi une surprenante ignorance théorique : la croyance que l’hégémonie culturelle consiste à s’emparer des appareils politiques, à remplacer les dirigeants et à nommer des intellectuels partageant les mêmes idées à des postes clés de production symbolique. C’est une grave erreur : l’hégémonie n’est pas le résultat mécanique du pouvoir politique, mais sa condition préalable. On ne gouverne pas pour établir l’hégémonie ; au contraire, le gouvernement est légitimé – au sens historico-politique, et non simplement électoral – dans la mesure où l’hégémonie  est déjà  acquise.

LES ILLÉGÉTARIENS DE L’HÉGÉMONIE CULTURELLE

Par Francesco Coniglione

Il existe aujourd’hui un malentendu répandu qui révèle non seulement une pauvreté politique, mais aussi une surprenante ignorance théorique : la croyance que l’hégémonie culturelle consiste à s’emparer des appareils politiques, à remplacer les dirigeants et à nommer des intellectuels partageant les mêmes idées à des postes clés de production symbolique. C’est une grave erreur : l’hégémonie n’est pas le résultat mécanique du pouvoir politique, mais sa condition préalable. On ne gouverne pas pour établir l’hégémonie ; au contraire, le gouvernement est légitimé – au sens historico-politique, et non simplement électoral – dans la mesure où l’hégémonie  est déjà  acquise. Continuer la lecture de Il s’agit d’hégémonie pas de l’électoralisme derrière un leader qui placerait les siens dans les appareils d’Etat…