Rapport HCE 2026 : entre sexisme ordinaire et menace masculiniste

Le rapport 2024 du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes sur l’état des lieux du sexisme en France invitait à « s’attaquer aux racines du sexisme » ; celui de 2025 s’inquiétait d’une forte « polarisation sociale » autour des enjeux d’égalité de genre. Dans le rapport 2026 publié ce 21 janvier, c’est un véritable électrochoc qu’appelle de ses vœux le HCE, car il y a urgence à s’emparer « du problème du sexisme et de la menace sécuritaire que les masculinistes font peser sur notre pays » par leurs idées « violentes et radicales ». Menace d’autant plus inquiétante qu’elle s’inscrit dans un large mouvement réactionnaire international. Dans cette mobilisation, l’école peut jouer un rôle essentiel, encore faut-il lui en donner les moyens.

Le sexisme : un phénomène bi-dimensionnel

Pour « lever les barrières sociales qui perpétuent les inégalités et promouvoir une égalité réelle entre les femmes et les hommes », il faut d’abord comprendre quels sont les principaux mécanismes qui structurent le sexisme. Continuer la lecture de Rapport HCE 2026 : entre sexisme ordinaire et menace masculiniste

Comment mener la bataille de l’information ?

En débat: Face à l’offensive hégémonique de l’extrême droite, des formes d’appropriation populaire de l’information s’organisent, s’inspirant des luttes d’hier.

« On trouve dans cette radio un rapport un peu ambivalent à la culture populaire », estime Ingrid Hayes.
© Estate of Gerald Bloncourt. All Rights Reserved 2026 / Bridgeman Images

À l’occasion des 10es rencontres d’histoire critique de Gennevilliers, organisées les 27 et 28 novembre 2025 par les Cahiers d’histoire, l’Institut de recherche de la FSU, l’institut CGT d’histoire sociale et la Fondation Gabriel-Péri, cette table ronde animée par David Chaurand revient sur quelques-unes des expériences historiques de prise de pouvoir citoyenne sur la production de l’information. Une rétrospective nécessaire pour repenser la bataille hégémonique actuelle.

Durant la Commune de Paris, on trouve déjà une forme d’appropriation populaire de l’information. Qu’est-ce que cette expérience révolutionnaire nous apprend-elle dans la bataille médiatique actuelle ?

Sylvie Braibant, Historienne, coprésidente des Amies et Amis de la Commune de Paris 1871

 

À propos de la Commune de Paris, on peut dire que la presse est consubstantielle de l’événement révolutionnaire. Tous les éléments sont en place pour que la Commune arrive, mais c’est l’interdiction des journaux révolutionnaires qui va produire l’étincelle. La Commune va durer soixante-douze jours, et 71 journaux seront créés pendant ce laps de temps. Ce mouvement se déroule en outre dans un contexte où il n’est pas facile de se procurer du papier et où l’analphabétisme est proéminent. Continuer la lecture de Comment mener la bataille de l’information ?

Ce collectif porte « un plan de sortie du financement public de l’enseignement privé sous contrat »

CONGRÈS DU PCF : Une contribution de fond de FRANCK MARSAL

Le socialisme, seule réponse possible à la crise historique actuelle
(Franck Marsal – Section des Rives de Dordogne – Fédération de la Gironde)
Notre parti a décidé de tenir un congrès en juillet. C’est un choix courageux, qui doit permettre de renforcer et de développer les positions du parti dans une période difficile, une période d’accélération de l’histoire, de montée des tensions et aussi des opportunités. Il a été décidé, dans ce cadre, de réouvrir la question fondamentale de notre projet historique, que l’on appelle communément la question du socialisme.
Nous devons ouvrir une nouvelle perspective face à la crise historique du réformisme, qui a dominé la vie politique mondiale depuis près de 50 ans. Avec la consolidation du bloc capitaliste pendant la guerre froide, le réformisme, qui avait largement été déconsidéré durant les crises de 1914 à 1945, a connu un regain. Continuer la lecture de CONGRÈS DU PCF : Une contribution de fond de FRANCK MARSAL

Dix milliardaires possèdent la majeure partie des médias : quand les super-riches menacent la démocratie

Constatant une accélération de la concentration des richesses en France et dans le monde, le dernier rapport d’Oxfam met en lumière l’influence croissante de cette oligarchie sur les opinions publiques et les décisions politiques.

La pauvreté, elle, a explosé, touchant désormais 11 millions de Français, soit 15,4 % de la population, du jamais-vu depuis trente ans
© Nasser Berzane/ABACAPRESS.COM

La démocratie peut-elle survivre à l’accroissement des inégalités ? C’est la question posée par l’ONG Oxfam dans son rapport « Résister au règne des plus riches : défendre la liberté contre le pouvoir des milliardaires », rendu public ce 19 janvier, à la veille du Forum économique de Davos. Continuer la lecture de Dix milliardaires possèdent la majeure partie des médias : quand les super-riches menacent la démocratie

« Nous travaillons au rassemblement dans chaque commune autour de projets d’intérêt général » P. Lacaze, responsable aux élections du PCF

Malgré les divisions à gauche, le responsable aux élections du PCF, Pierre Lacaze, se réjouit du rassemblement de plusieurs forces de gauche dans 80 % des communes de plus de 10 000 habitants. Un point d’appui pour combattre l’extrême droite et mener des politiques au service des populations, estime-t-il.

Pierre Lacaze souligne l’importance du rassemblement de la gauche dans les communes pour remporter les élections municipales.
© Anthony MICALLEF/HAYTHAM-REA

« Les élections municipales, ce sont près d’un million de candidats, soit six à sept millions d’hommes et de femmes qui mènent campagne, discutent, présentent des projets », fait remarquer Pierre Lacaze, responsable aux élections du PCF. D’où l’importance pour la gauche de se montrer à la hauteur. Continuer la lecture de « Nous travaillons au rassemblement dans chaque commune autour de projets d’intérêt général » P. Lacaze, responsable aux élections du PCF

Lénine, le Venezuela et la nécropolitique des ragots

Il y a incontestablement à partir de l’agression du Venezuela un sursaut de dignité en Amérique latine, et la volonté – qui était celle de Lénine- d’armer sur le plan de la théorie et de la connaissance le prolétariat , les nations qui résistent par l’accès à la connaissance à l’heure des rumeurs et ragots du virtuel. Cette prise de conscience est née de la facilité avec laquelle certains internautes relayaient n’importe quelle propagande de l’impérialisme et j’ai éprouvé cela aussi comme un choc mais il y a eu aussi le spectacle de cette diaspora vénézuélienne comme Machado, capable de se réjouir de ce qu’aucun individu sensé doué d’un minimum de respect humain et de véritable amour pour sa patrie fut-il opposant à son régime actuel n’aurait osé, jusqu’où cette haine de classe pouvait-elle passer pour l’expression du peuple vénézuélien dans la propagande officielle, elle aussi relayée par les réseaux sociaux et les partis socio-démocrates n’ayant pas la force de s’opposer au courant. Cet opportunisme de l’ignorance est apparu comme un des principaux obstacles à l’action contre la fascisation qui a gagné du terrain. (note et traduction de Danielle Bleitrach)

À l’ère de l’intelligence artificielle, une nouvelle culture politico-virtuelle est nécessaire de toute urgence pour appréhender le chaos et l’anxiété, le vide et le néant. Photo
À l’ère de l’intelligence artificielle, une nouvelle culture politique et virtuelle est nécessaire de toute urgence pour appréhender le chaos et l’anxiété, le vide et le néant. Photo Gemini

 

Raúl García Sánchez*

17 janvier 2026 00:04

Sans instruction, affirmait Lénine, nous sommes exclus de la vie politique et devenons la proie des « rumeurs, des ragots, des contes de fées et des préjugés ».

Plus de dix jours se sont écoulés depuis l’attaque de l’impérialisme américain contre le Venezuela, et le brouillard se dissipe, révélant quelques lueurs d’espoir au milieu de tant de décombres. Continuer la lecture de Lénine, le Venezuela et la nécropolitique des ragots

Municipales 2026 : les ambitions du PCF à deux mois du scrutin (Pierre Lacaze)

À deux mois du premier tour des élections municipales, le PCF, qui validait ce samedi ses chef·fes de file, exprime une ambition forte.

Troisième force politique de France dans les villes et villages, il s’agit pour le Parti communiste français de conforter son assise territoriale, de l’élargir au service de toutes les populations, de combattre l’abstention et de faire gagner la gauche pour répondre aux attentes des habitantes et habitants.

Dans des centaines de villes de plus de 20 000 habitants, les communistes ont contribué aux rassemblements les plus larges à gauche et sont mobilisés pour faire gagner les maires communistes, socialistes et écologistes face à la droite et à l’extrême droite.

Au Havre et à Nîmes, deux villes symboliques des impasses de la droite, les communistes sont prêts à relever le défi. A Montreuil avec Patrice Bessac ou à Vitry-sur-Seine avec Pierre Bell-Lloch, les communistes aspirent faire ré élire leurs maires des deux plus grandes municipalités qu’ils dirigent. A Arles, Champigny-sur-Marne ou Saint-Pierre-des-Corps notamment, grâce au travail mené le plus souvent avec le Parti socialiste et les Écologistes, le PCF organise la reconquête de villes perdues en 2020. Dans toute la France, de nombreuses candidates communistes s’engagent. Ainsi à Vénissieux avec Michèle Picard, Bagneux avec Hélène Cillières, Mitry-Mory avec Charlotte Blandiot-Faride, Échirolles avec Amandine Demore, ce sont des femmes qui sont en passe d’être élues ou réélues.

Fabien Roussel et la direction du PCF se félicitent que dans 90 % des villes dirigées par la gauche, les majorités municipales soient rassemblées, exprimant ainsi une dynamique nationale en faveur de l’union face à la droite et à l’extrême-droite, malgré les tentatives de division. Le PCF prend toute sa part à ce combat et mènera ainsi de nombreuses listes d’union face au RN dans les régions des Hauts de France, de Grand Est et en région PACA. A Calais, Nîmes, Sète, Arles ou Martigues, les têtes de liste communistes affronteront dès le premier tour les candidats du Rassemblement national.

Forts de la dynamique populaire de rassemblement qui s’exprime autour de leurs candidatures et de l’union très large à gauche, les communistes sont prêts, dans les villes comme dans les villages de France, pour les élections municipales à faire gagner des politiques utiles et protectrices, en faisant des services publics locaux, de la solidarité, de l’émancipation humaine et de la démocratie locale les piliers d’un véritable projet de société.

Pierre Lacaze, Responsable Élections au PCF,

Pour le souvenir de Michel Veyres par Jean Paul Damaggio

Aujourd’hui il s’agit de Michel. Mais je ne dissocie pas Michel et Marie-Jo. A cause de leur immense générosité.

A chacun son souvenir. Les miens commencent à l’école de Bio à la rentrée 1971. Ils sont syndicaux, et syndicaux en tout genre. Avec le SNI, avec Le Gyrophare, avec le SNuipp. Plier le journal chez eux, un moment si agréable. Les souvenirs, ils furent communistes ensuite.

Quand la vie me conduisit un temps à Montauban j’étais à deux pas de chez eux et ils m’ont aidé à m’installer.

En tant qu’instituteur on s’est croisé au Petit Versailles, aux Chaumes, rue Bêche. Une discussion toujours enrichissante car les désaccords c’est aussi la générosité.

Puis il y a eu la Compagnie des écrivains. Notre dernière action en commun c’était pour la défense de Léon Cladel (d’où la photo). Il traita des rapports entre Cladel et Hugo (je vais publier le texte)

Par sa chronique des Nouvelles il a témoigné de mon action d’éditeur. Toujours avec générosité. Qui n’était pas qu’à mon encontre car toutes ses chroniques furent écrites sous le même angle. Peut-être que la dernière concerna cet autre moi-même qui s’appelait André Caylus et que j’ai essayé d’honorer.

On avait eu l’idée de publier ses chroniques en un livre mais, plus porté à aider les autres qu’à s’aider lui-même, il ne prit pas le temps des corrections certes nombreuses.

Avec Marie-Jo on contribua à une petite édition de ses poèmes et du livre sur Raymond Bayssade. Car poète il était aussi. Avec générosité.

D’ailleurs je retiens ici sa première chronique des Nouvelles (du moins il me semble en 1998) et chacun va vérifier qui il était. Qu’elle concerne un Saint-Antoninois n’a rien pour me surprendre.

J-P Damaggio


Michel Veyres, Chroniques littéraires dans Les Nouvelles du Tarn-et-Garonne

Républicains espagnols en France. Des Pyrénées au Tarn-et-Garonne : itinéraire. Deux ans et demi de combats trois ans et demi de camp…

A 88 ans, CASADO Vincent, à St Antonin, a toujours l’esprit vif. Né à Sines, dans la Castille, au cœur de l’Espagne, il s’engage en août 1936, combat dans la section des mitrailleurs (37ème brigade d’infanterie). Blessé, il y a juste 60 ans, il franchit la frontière en ambulance le 7 Février 1939 au Perthus.

Après une semaine au Boulou, c’est le camp de concentration d’Argelès qui « l’accueille » (1). Sur cette plage de la mer Méditerranée, seul le sable, derrière les barbelés, s’offre pour dormir, se reposer, procéder aux nécessités de la vie. N’oublions pas que nous sommes en février ; pluie, vent, humidité, froid affaiblissent l’organisme. «Pas d’eau potable, des pompes plantées dans le sable fournissaient une eau de mauvaise qualité». Et, «les médecins au camp international, prisonniers comme nous, nous soignaient avec pas grand-chose». Autour des barbelés, des Sénégalais, l’arme au poing, gardaient les Républicains espagnols que la République française avaient abandonnés, face au fascisme… Comme nourriture : des conserves, froides. «On s’est organisé nous-mêmes, il fallait être inscrit pour avoir sa part de ravitaillement.

Fin avril 1939, c’est le départ pour Le Vernet, dans l’Ariège, en camion. Là, il y a des baraquements et de très nombreux Espagnols ; « la nourriture, mauvaise mais suffisante, se constitue surtout de haricots, lentilles». «On dort par terre».

Le général GAMELIN (2) vient faire  une inspection, tient un discours patriotique…

En novembre, c’est… Septfonds jusqu’à mai 1942. Là aussi, des baraquements, dans ce camp de concentration, et d’abord couchés par terre, puis sur des litières, enfin sur des châlits de 4 places. Chaque baraque avait  sa cuisine : «c’était meilleur qu’au Vernet». «On avait 1 kg de pain pour trois».

Vincent CASADO se souvient que des gendarmes les gardaient derrière 3 lignes de fil de fer barbelés que dominaient les miradors.

Il y a eu des protestations de la part des prisonniers, des menaces y ont répondu. «Des gestes de solidarité (3) nous ont fait parvenir du matériel de toilette, des habits quelquefois…». « Le P.C. de Septfonds nous aidait, le Secours Rouge aussi. On nous changeait souvent de baraquement pour gêner, empêcher notre organisation ».

Enfin des G.T.E. ont été créés et Vincent se retrouve affecté à une compagnie de travailleurs étrangers départementale, contrôlée par le camp de Septfonds.

On l’envoie travailler à Montauban, «aux écuries de l’armée, derrière l’hôpital», ensuite à «La Clare», près d’Albias, où se trouvait un camp de «récupération de matériel militaire», c’était aussi un lieu de commerce…

En mai 1942, il devient agriculteur, à Mas-Grenier, chez M. FOURCADE. «J’étais bien nourri et payé 10 F par jour»… ça a duré jusqu’en novembre/décembre 1942. «j’étais bien !».

Retour au camp, puis c’est l’envoi chez un exploitant forestier, M. REYNAT par lequel il va être employé jusqu’à la fin de la guerre.

C’est d’abord Cazals, ensuite les environs de St Antonin où il va se fixer qui l’accueille. Un travail pénible l’attend avec ses camarades espagnols : la coupe, le charbon de bois…

Il passe maintenant des jours tranquilles dans son logement au centre de la petite ville… et connaît différents sens du mot «République».

Lire aussi: Victor Hugo et Léon Cladel par Michel Veyres

(1) Voir n° 85

(2) Chef d’Etat-Major puis Commandant des groupes franco-britanniques…  limogé en mai 1940 !

(3) «J’y allais, de St Antonin, le dimanche, en vélo, leur porter du tabac, du dentifrice, des allumettes, à travers les barbelés, en cachette». (Mimi RAUZET).


Un dernier hommage aura lieu lundi 19 Janvier à 18h30 au crématorium de Montauban

Liberté, démocratie pour le peuple iranien !

Le Parti communiste français réaffirme sa totale solidarité avec le peuple iranien qui se soulève contre la dictature islamiste. Mobilisant le monde du travail, les femmes, les commerçants, les étudiants, et s’étendant à l’intégralité du pays, ce soulèvement est inédit par sa détermination et l’ampleur des forces engagées dans la mobilisation. Après le grand mouvement « Femmes-vie-liberté », c’est la grande majorité de la nation iranienne qui aspire à se débarrasser d’un régime corrompu et oppressif.

Lire aussi: « Femme, Vie, Liberté » : pourquoi les Iraniennes sont-elles au cœur des luttes ? Continuer la lecture de Liberté, démocratie pour le peuple iranien !