Les écoles victimes d’un refus de priorité + Elections PRO

Délestages En cas de coupures sur le réseau électrique cet hiver, les établissements scolaires ne seront pas prioritaires. Le Covid n’a pas servi de leçon : face au risque, un mélange d’autoritarisme et d’amateurisme domine.

Jean-Pierre AMET

L’école n’est plus prioritaire. C’était pourtant le mantra répété jusqu’à l’absurde par le gouvernement pendant les deux ans où l’épidémie de Covid dominait l’actualité. Mais face aux risques de coupures d’électricité cet hiver, c’est cette fois un refus de priorité que la Macronie oppose aux acteurs du système scolaire. Non, les écoles et établissements scolaires ne seront pas préservés en cas de délestages : le ministère de l’Éducation nationale l’a confirmé aux organisations syndicales, rencontrées le vendredi 2 décembre. Continuer la lecture de Les écoles victimes d’un refus de priorité + Elections PRO

PCF. Fabien Roussel : « La défense du travail, c’est nous »

Le Parti communiste entre, ce week-end, dans le vif du sujet de son 39e congrès. Son secrétaire national, Fabien Roussel, livre ce qui, selon lui, doit être au cœur du débat, comme de la riposte à la Macronie. Entretien.

Lahcene ABIB

Dans un climat social marqué par la vie chère et la prochaine réforme des retraites, le PCF va franchir ce week-end une étape importante en vue de son 39e congrès, prévu début avril 2023, à Marseille. Son conseil national doit adopter un projet de « base commune de discussion », le petit nom donné par les communistes à leur texte d’orientation.

Fabien Roussel, candidat à sa propre succession à la tête de la formation, plaide pour que ce rendez-vous soit l’occasion de plancher sur « le projet de société que les communistes veulent mettre en débat et (leur) stratégie pour construire un mouvement majoritaire ». Des questions clés qui suscitent du débat au sein du PCF et qui pourraient faire l’objet de textes alternatifs.

Depuis la rentrée, les Français subissent de plein fouet les effets de la vie chère. Le gouvernement vante de nouvelles mesures à venir (nouveau crédit d’impôt, dividende salarié…) pour « les Français qui travaillent dur, se lèvent tôt ». Comment jugez-vous ce discours et la teneur de ces annonces ? Continuer la lecture de PCF. Fabien Roussel : « La défense du travail, c’est nous »

Laurent Lardeux : « La jeunesse est plurielle et diverse »

À rebours des analyses simplistes qui évoquent le « vote des jeunes » comme un ensemble homogène, la jeunesse apparaît comme un électorat aussi divisé que les autres tranches d’âge (quand elle vote) mais qui se distingue par ses priorités. Entretien avec le sociologue Laurent Lardeux, chercheur à l’INJEP.

Le vote des jeunes à l'élection présidentielle 2022 s'est réparti entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Emmanuel Macron ne fait que 13 % chez les 18-24 ans et 16 % chez les 25-34 ans. © Philippe Huguen/AFP

Le vote des jeunes à l’élection présidentielle 2022 s’est réparti entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Emmanuel Macron ne fait que 13 % chez les 18-24 ans et 16 % chez les 25-34 ans. © Philippe Huguen/AFP

Une jeunesse plurielle et aussi polarisée que ses aînés, mais qui ne vote pas pour les mêmes raisons que les plus âgés. Voilà ce qui ressort de l’enquête Youngelect 2022, cordonnée par les chercheurs Vincent Tiberj, Amaïa Courty, et l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP).

Un des slogans de la présidentielle 2022, côté majorité sortante, était « Macron, président des jeunes ». À la lumière de votre enquête, on en est bien loin…

Laurent Lardeux
Sociologue

Emmanuel Macron obtient ses meilleurs scores chez les plus de 65 ans. Il ne fait que 13 % chez les 18-24 ans et 16 % chez les 25-34 ans. On a parlé à raison de tripartition des votes, à la présidentielle, entre trois candidats – Emmanuel Macron, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon – ayant capté à eux trois 75 % des voix. On ne peut pas vraiment parler de tripartition, en revanche, quand on prend le vote des moins de 35 ans, on observe plutôt une bipolarisation du vote autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon (38 % chez les 18-24 ans, 30 % chez les 25-34 ans) et de Marine Le Pen (28 % chez les 18-24 ans, 33 % chez les 25-34 %). Les jeunes qui ont voté pour le président de la République sont un électorat très marqué socialement, plutôt avantagés socialement ou scolairement. Continuer la lecture de Laurent Lardeux : « La jeunesse est plurielle et diverse »

Les saillies racistes de Grégoire de Fournas, une vieille habitude

Le député RN a provoqué un véritable tollé avec ses propos visant un parlementaire insoumis. Exclu quinze jours de l’Assemblée nationale, il collectionne les déclarations du même genre sur les réseaux sociaux. Petit florilège de ses publications.

Fraîchement élu député du RN de la 5e circonscription de Gironde, Grégoire de Fournas se présentait à la presse comme un « enfant du pays ». Celui qui adhère au FN dès 2011 omettait sciemment de préciser son penchant pour les pires discours xénophobes. Continuer la lecture de Les saillies racistes de Grégoire de Fournas, une vieille habitude

«Qu’il(s) retourne(nt) en Afrique !»: le masque du RN tombe

NDLR de MAC: On ne saurait s’habituer à ce genre de propos et nous dénonçons la banalisation d’un racisme permanent pour des élus RN qui utilisent des tribunes comme les conseils municipaux, communautaires et maintenant l’assemblée nationale pour distiller leur haine. Non le RN/FN n’a pas changé et honte à celles et ceux qui veulent le dédiaboliser en se réjouissant de recueillir leurs voix. Cela expose notre pays à basculer dans le fascisme comme en Italie, en Hongrie… La République mérite plus de démocratie et de respect! Ici M. Lopez au CM de Moissac


 

Tollé, à l’Assemblée nationale, jeudi 3 novembre, après la sortie raciste d’un député RN dans l’hémicycle, alors que l’élu insoumis Carlos Martens Bilongo, d’origine angolaise, avait la parole.

Grégoire de Fournas, député de Gironde.Le député RN

Marine Le Pen avait averti ses néo-députés :  « Pas de vague ». Il faut croire que tout le monde n’a pas reçu le mémo. Jeudi 3 novembre, lors d’une séance de questions au gouvernement, le député insoumis Carlos Martens Bilongo, d’origine angolaise, interpelle l’exécutif sur le sort des migrants en Méditerranée quand s’élève du banc RN l’abjection suivante :  « Qu’il retourne en Afrique ! ». La sortie raciste provoque un tollé dans les rangs de la gauche, de la majorité et même certains LR. Continuer la lecture de «Qu’il(s) retourne(nt) en Afrique !»: le masque du RN tombe

Lula président : joie mais aussi inquiétude

Ce qui domine à l’annonce des résultats très serrés est la joie mais on ne peut pas cacher à quel point la partie va être très difficile pour Lula, plus de 49% du corps électoral à voté pour l’extrême-droite et suite au premier tour tout comme au Chili, au Pérou ou en Colombie, Lula n’a pas de majorité parlementaire.

Dès aujourd’hui que va faire son rival battu de justesse : contester les résultats comme a pu le faire Trump ?

De toute manière, le fascisme qui bénéficie de la moitié des voix, va comme dans les autres pays du continent où le président a été élu dans de telles conditions mener une lutte impitoyable en s’appuyant sur les rumeurs, le mensonge des réseaux sociaux, des réseaux évangélistes, obliger le président à devoir mener une lutte constante dans laquelle les Etats-Unis, la CIA, vont jouer la déstabilisation. Le pays est sinistré et le drame vécu par des millions de brésiliens va être utilisé à plein. Lula a déjà dans sa déclaration noté que ce pays avait besoin de calme et d’unité. Continuer la lecture de Lula président : joie mais aussi inquiétude

Brésil : Lula en tête avec 48,43 %

Le pays-continent jouait son destin le 2 octobre avec le premier tour de la présidentielle. La victoire possible de Luiz Inacio Lula da Silva, largement en tête au premier tour, suscite d’immenses espérances. Mais « La lutte continue jusqu’à la victoire finale », a déclaré, Lula contraint à un second tour.

« Dès demain, nous serons en campagne. Ne vous reposez pas. Parlons à nos adversaires, à nos amis. Nous sommes la meilleure solution pour résoudre la vie du peuple brésilien. Bonne nuit et à demain. »

En effet, selon les résultats publiés par le Tribunal supérieur électoral (TSE)  portant sur 99,99 % des bulletins dépouillés, le représentant du Parti des travailleurs, ancien chef de l’Etat de 2003 à 2010, enregistre plus de cinq points d’avance avec 48,43 % des voix sur le président d’extrême droite sortant, Jair Bolsonaro (43,20 %).

Lula recueille plus de 57,2 millions de votes en sa faveur. Mais faute de majorité absolue, un second tour aura lieu le dimanche 30 octobre.

La centriste Simone Tebet est troisième, loin derrière, avec 4,16 % des voix. Le travailliste Ciro Gomes la suit, à 3,04 %. Tous les autres candidats sont autour ou sous la barre des 0,50 %. Le taux de participation de ce premier tour a atteint 79 %.

Le dernier sondage Datafolha donnait le candidat du Parti des travailleurs (PT) largement en tête, avec 50 % des voix, contre 36 % pour Jair Bolsonaro. Plus que jamais les risques de déchirement d’une société dévastée et extrêmement polarisée restent présents.

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Le RN s’installe dans les rouages de l’Assemblée

Extrême droite Marine Le Pen a tiré mardi le bilan des premières semaines de son groupe dans l’Hémicycle. Un début de législature marqué par ses votes libéraux et l’obtention de postes importants au sein des institutions du Palais-Bourbon.

La cheffe de file du Rassemblement national lors de sa conférence de presse, le 2 août. Alain jocard/afp

La cheffe de file du Rassemblement national lors de sa conférence de presse, le 2 août. Alain jocard/afp AFP

Marine Le Pen peut sourire.

Alors que la première session parlementaire de cette législature doit se clore ce week-end, la cheffe de file du Rassemblement national (RN) a tiré mardi, en conférence de presse, un bilan inespéré de ces sept dernières semaines. La normalisation de son extrême droite s’est en effet accélérée comme jamais dans la Ve République, et voici le RN et ses 89 députés installés, avec l’appui de la majorité, tel un parti comme les autres, susceptible de gouverner prochainement. « Notre famille politique commence à être représentée à sa juste place. Nous avons pu placer nos députés à quasiment toutes les fonctions que nos institutions réservent aux oppositions », s’est félicitée Marine Le Pen. Grâce aux petits arrangements avec Renaissance (ex-LaREM) et « Les Républicains » (LR), le RN a obtenu deux postes de vice-présidents (Sébastien Chenu et Hélène Laporte). Avec la légitimité ainsi que les moyens financiers et humains qui vont avec. Continuer la lecture de Le RN s’installe dans les rouages de l’Assemblée

Fiona Texeire : « Il faut que les femmes puissent s’investir en politique sans craindre d’être victimes de violences machistes »

La cofondatrice de l’Observatoire des violences sexuelles et sexistes en politique revient sur les difficultés des partis politiques à gérer les cas de violences sexuelles après #MeToo.

Fiona Texeire est collaboratrice d’élu.e.s depuis 14 ans. Elle débute sa carrière comme assistante parlementaire au Parlement européen. Fiona Texeire intervient également à Sciences Po Rennes, avec un cours qui aborde les violences sexuelles et sexistes en politique. 

Entretien. Fiona Texeire a co-fondé en 2021 l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique aux côtés des féministes Madeleine Da Silva, Hélène Goutany, Mathilde Viot et Alice Coffin. Collaboratrice sans étiquette d’élus depuis quatorze ans, elle s’est mobilisée en faveur du #MeToopolitique, censé révolutionner les mentalités et les pratiques d’un milieu encore largement masculin.

Vous avez participé à la création de l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique. Quels sont ses objectifs ?

Nous souhaitons mettre en lumière les violences sexistes et sexuelles qui traversent dans la vie politique française. Compiler les faits, interpeller l’opinion publique, faire du plaidoyer à destination des partis politiques ou des institutions font partie des missions de notre association. Récemment, nous avons transmis un signalement à LR et à LaREM pour des faits présumés de viol visant l’ ancien ministre Damien Abad. Continuer la lecture de Fiona Texeire : « Il faut que les femmes puissent s’investir en politique sans craindre d’être victimes de violences machistes »

Oui, nous avons des divergences sur le communisme du XXIe siècle ! par Pierre Alain Millet (Le PCF en débat)

NDLR de MAC: nous ouvrons ici une rubrique « Le PCF en débat » à l’occasion du prochain congrès du PCF des 7,8 et 9 avril 2023. C’est ainsi que s’ouvre une période de débats en interne et en externe pour faire vivre la démocratie au sein de notre parti révolutionnaire et construire dans la continuité du 38ème congrès un PCF fort, combatif et non soumis à la social-démocratie. Nous l’avons vu, nous avons entendu au cours de la riche séquence électorale que nous venons de vivre (Européennes, Municipales, Départementales, Présidentielle et Législatives plus Sénatoriale) bien des renoncements, des replis, des fuites en avant… Il est temps que notre congrès et l’ensemble des communistes se réapproprient le devenir de leur parti.

par  pam,

Patrice Leclerc, qui par parenthèse n’a pas parrainé Fabien Roussel, maire de Gennevilliers a publié le 8 juillet dernier une tribune sur la stratégie du PCF, intitulée “Nous avons des divergences sur le communisme du XXIe siècle”, relayée dans l’Humanité dès le 11 juillet. Au passage, Pierre Alain Millet souligne que l’huma n’avait pas consacré une seule ligne à la déclaration “A l’offensive” publiée le 27 juin par 132 militants dont Michèle Picard, la maire de Vénissieux, la plus grande ville communiste hors région parisienne. Cela confirme que Patrice Leclerc a raison, nous avons des divergences. Mais il faut constater que l’Humanité n’est pas le journal du débat sur ces divergences, mais un journal prenant parti le plus souvent contre l’opinion majoritaire des communistes. Ceux-ci doivent exiger que ce journal qui fut le leur, respecte leurs débats et publie donc l’appel “A l’offensive” signée de Michèle Picard à la même place que la tribune de Patrice Leclerc.

En attendant, il faut mener ce débat ailleurs que dans l’Humanité, ce site va y contribuer, parmi d’autres, dit le site PCF/ débat, le site histoire et societe relaye quelques textes. Histoire et société a renoncé à espérer quoi que ce soit de l’Humanité et de la totalité de la presse qui se réclame encore (surtout quand il y a des appels à contribution financière) des militants communistes mais qui pratique une censure totale, voire la diffamation contre ceux qu’elle a désignés comme “staliniens”, ce qui est une manière bien commode et bien digne des trotskistes qui tiennent désormais une bonne partie de l’appareil pour en fait ne donner la parole qu’aux soutiens de l’OTAN et du capital. Mais le futur congrès du PCF sera-t-il démocratique ou les “liquidateurs” une fois de plus par inertie, viol des choix collectifs et censure conduiront-ils le PCF à sa fin? Nous en sommes là… et cela dépend des communistes eux-mêmes. (note de Danielle Bleitrach pour histoire et société) Continuer la lecture de Oui, nous avons des divergences sur le communisme du XXIe siècle ! par Pierre Alain Millet (Le PCF en débat)