Christelle Taraud : « Le féminicide, c’est s’attaquer au peuple des femmes »

Violences de genre. Par des conversations avec des chercheuses, artistes, journalistes et militantes du monde entier, l’historienne Christelle Taraud dresse un impressionnant état des lieux du continuum des violences faites aux femmes dans Féminicides, une histoire mondiale.

L'historienne Christelle Taraud réunit dans cet ouvrage les meilleures spécialistes mondiales pour penser le continuum des violences qui visent les femmes. © NnoMan Cadoret et Ludovic Marin/AFP

L’historienne Christelle Taraud réunit dans cet ouvrage les meilleures spécialistes mondiales pour penser le continuum des violences qui visent les femmes. © NnoMan Cadoret et Ludovic Marin/AFP

Une femme meurt toutes les onze minutes dans le monde. Comment et pourquoi décrire, depuis la préhistoire, les agressions, harcèlements, féminicides dont sont victimes les femmes à toutes les époques parce que femmes ? L’historienne Christelle Taraud a convié des spécialistes féministes de tous horizons pour comprendre cette guerre de genre. Gita Aravamudan, Claudine Cohen, Silvia Federici, Rosa-Linda Fregoso, Patrizia Romito, Rita Laura Segato, Aminata Dramane Traoré y dialoguent avec beaucoup d’autres et avancent un projet politique pour que cessent définitivement ces violences.

Pourquoi coordonner un tel ouvrage sur les féminicides ? Continuer la lecture de Christelle Taraud : « Le féminicide, c’est s’attaquer au peuple des femmes »

Sortir du joug patriarcal (PCF)

En 1960, les sœurs Mirabal sont assassinées parce que femmes et militantes féministes en République dominicaine. En 1999, l’Assemblée générale des Nations unies proclame le 25 novembre journée internationale contre les violences faites aux femmes.

Cette journée donne de la visibilité à la lutte contre les violences : féminicides, violences conjugales, violences sexistes et sexuelles, prostitution, exploitation sexuelle et reproductive, interdiction d’accès à la contraception et à l’avortement, mutilations génitales, mariage forcé, etc.

La violence socio-économique et les inégalités salariales et professionnelles sont des violences qui pérennisent la précarité des femmes et nous confrontent encore à l’assignation à résidence, au plancher collant et au plafond de verre.

Les intégrismes religieux, l’extrême droite et les politiques conservatrices, la crise sanitaire, les crises migratoires et les guerres renforcent ces violences. Nous soutenons les femmes en lutte partout à travers le monde : états-uniennes, ukrainiennes, afghanes, iraniennes… La solidarité féministe et sororale ne connait pas de frontières. Continuer la lecture de Sortir du joug patriarcal (PCF)

Violence à l’égard des femmes : le combat continue en Tarn-et-Garonne in DDM

Un lâcher de ballons sera organisé vendredi au centre social La Comète à Montauban. Photo DDM, archives, Manu Massip
Un lâcher de ballons sera organisé vendredi au centre social La Comète à Montauban. Photo DDM, archives, Manu Massip

 

La journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes aura lieu ce vendredi. Plusieurs animations sont prévues sur le sujet.

« Comme chaque année, le collectif Droit des femmes 82, qui regroupe plusieurs associations du département, se mobilise à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Nous organisons le 25 novembre, des actions à destination des publics que nous accompagnons au quotidien », résume Leila Athmani, la directrice du Cidff 82 (Centre d’information sur les droits des femmes et des familles).

À Montauban cela se déroulera entre autres au centre social de la Comète*. « Il y aura des ateliers de collage, d’expression et une marche sera organisée. Un déjeuner sera pris sur place sur le mode de l’auberge espagnole, précise-t-elle, et à 15h, nous ferons un lâcher de ballons, sur lesquels les femmes présentes attacheront des petits mots qu’elles auront écrits », détaille la directrice. Continuer la lecture de Violence à l’égard des femmes : le combat continue en Tarn-et-Garonne in DDM

Violences sexistes et sexuelles: les coulisses d’une journée de lutte

Ce 19 novembre, à l’initiative du collectif #NousToutes, des manifestations ont eu lieu à Paris et dans plusieurs villes de France. Parmi les 90 associations, syndicats ou partis de gauche à avoir appelé à défiler, la Fondation des femmes s’est fondue dans la marée violette.

C’est à la Cité audacieuse, dans le 6ème arrondissement de Paris, que les bénévoles et salariées de la Fondation des femmes se sont données rendez-vous ce matin du 19 novembre pour mener à bien les derniers préparatifs de la marche. Au programme : ateliers pancartes et maquillage.

Cette année, cinq ans après #MeToo, ce sont les dysfonctionnements de la justice en matière de lutte contre les violences sexistes et sexuelles qui sont, plus particulièrement, pointés du doigt. Les associations, dont la Fondation des femmes, réclament une augmentation drastique des moyens alloués à la lutte contre ces violences, entre 1 et 2 milliards d’euros.

À Paris, la manifestation a rassemblé 80 000 personnes selon les organisatrices et 18 500 selon la police.

Plus d’articles sur les sujets qui vous intéressent: #noustoutes

Refuge pour êtres en déconstruction

Bande dessinée Poétesse des formes, Marion Fayolle croque des personnages, abrités provisoirement par sa Maison nue. Ses mots touchent. Ses images parlent.

La Maison nue, de Marion Fayolle, éd. Magnani, 236 pages, 35 euros

«Quand j’entends les mots, je vois des dessins. » Les images de Marion Fayolle nous parlent. Sa ligne est claire, ses métaphores limpides, sa poésie émouvante. Au cœur de sa Maison nue , trois personnages en déconstruction sont abrités, un temps, sous une habitation vouée à la démolition. Un premier colocataire retourne chaque jour vers celle qui le quitte chaque nuit. Un autre refuse de regarder à l’extérieur et se mure, « malade que le monde soit malade ». La troisième habitante est une cavalière farouche, qui aime les mauvais chevaux, et s’ennuie vite. Elle-même ne se laisse pas découvrir. Chaque nouvel amant échoue à la mettre à nu, tant elle est recouverte de mille couches protectrices. Continuer la lecture de Refuge pour êtres en déconstruction

Déclaration du Parti communiste français (PCF) lors de la 22e rencontre internationale des partis communistes et ouvriers

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Au nom du Parti communiste français et de son secrétaire national Fabien Roussel, je voudrais remercier très chaleureusement le Parti communiste cubain de l’organisation de cette 22e rencontre internationale des partis communistes et ouvriers.

Notre délégation souhaite, ici, à cette occasion à la Havane, apporter toute la solidarité au peuple cubain, au parti communiste cubain qui luttent et résistent au blocus des États-Unis depuis 60 ans.

Nous le redisons ici, ce blocus économique, financier, ces lois extraterritoriales sont scandaleuses, illégales. Elles sont l’expression d’une ingérence intolérable des États-Unis, elles sont une violation totale de la souveraineté des peuples.

Il est urgent que les résolutions de l’ONU soient appliquées et pas seulement votées. Continuer la lecture de Déclaration du Parti communiste français (PCF) lors de la 22e rencontre internationale des partis communistes et ouvriers

Égalité femmes-hommes : on a tous à y gagner

Salaires Ce vendredi, dès 9 h 10, les femmes commenceront à travailler gratuitement, selon les calculs de la newsletter féministe les Glorieuses. S’attaquer aux inégalités de revenus profiterait pourtant à l’ensemble de la société.

La revalorisation des salaires des femmes aurait des répercussions bénéfiques pour le pays, dans la mesure où ces dernières sont sur-représentées dans les métiers dits essentiels. Marta Nascimento/Réa

La revalorisation des salaires des femmes aurait des répercussions bénéfiques pour le pays, dans la mesure où ces dernières sont sur-représentées dans les métiers dits essentiels.
Marta Nascimento/Réa
 

Et si, ce vendredi, les femmes restaient au lit ? Plus d’auxiliaires de vie pour nourrir à domicile les personnes âgées, plus de sages-femmes pour accoucher ce jour, plus de caissières pour compter vos achats… En 1975, c’est ainsi que les Islandaises ont protesté pour dénoncer un écart de salaire de 25 % entre les hommes et les femmes, et l’importance de ces dernières dans la société. Ce vendredi-là, les hommes furent contraints d’emmener exceptionnellement leurs enfants à l’école, les avions restèrent cloués au sol, faute d’hôtesses de l’air, et les femmes au foyer (qui travaillaient gratuitement) rendirent leur tablier pour aller manifester. Dix ans plus tard, elles descendirent à nouveau dans la rue pour réclamer l’égalité salariale. En 2005, rebelote. Mais cette fois-ci, elles se mirent à calculer : ramené au temps de travail, à salaire équivalent à celui des hommes, à quelle heure les femmes ne seraient-elles plus payées ? Et elles quittèrent toutes le travail à 14 h 8. Aujourd’hui, l’Islande est considérée comme le pays le plus égalitaire au monde, selon le Forum économique mondial. Mais l’égalité réelle n’est pas encore atteinte… Continuer la lecture de Égalité femmes-hommes : on a tous à y gagner

Un nouveau journal communiste dans l’ouest du Tarn et Garonne

Le désespoir est grand de ce côté du département où plus d’un tiers de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté. Jadis synonyme de bien-vivre, le travail aujourd’hui permet souvent de survivre juste un peu mieux que ceux qui n’en ont pas. La vie est chère et les difficultés nombreuses.

L’ouest du Tarn et Garonne est un véritable champ de ruines économique, social et politique sur lequel l’extrême-droite a trouvé un terrain fertile. Il ne faut pas se tromper de colère. Plus que jamais la question du travail, accessible à tous et bien payé, doit être au centre du débat public. De même que l’augmentation générale des salaires et des retraites.

Cela passera par une prise de conscience du plus grand nombre. En lançant ce nouveau journal, les communistes entendent apporter leur pierre à la reconstruction d’une gauche populaire, capable de rassembler le plus grand nombre vers de nouveaux conquis sociaux tels que ceux obtenus récemment par les salariés de la centrale de Golfech. Comme disait Jaurès, « c’est par des informations étendues et exactes que nous voudrions donner à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger elles-mêmes les événements du monde ».

« L’Écho des cocos » devrait sortir tous les deux mois et sera diffusé gratuitement par les militants communistes de Castelsarrasin, Moissac, Beaumont de Lomagne et du Pays de Serres.

Voici donc le 1er numéro à télécharger lecho-des-cocos

 

Entendre les voix d’une révolution féministe en Iran

Nous publions cet appel d’universitaires féministes du monde entier lancé sous la forme d’une pétition.

Manifestation devant l'ambassade d'Iran à Buenos Aires, en solidarité avec les femmes en Iran, le 27 septembre 2022 - AFP

Manifestation devant l’ambassade d’Iran à Buenos Aires, en solidarité avec les femmes en Iran, le 27 septembre 2022 – AFP

Le 16 septembre, Mahsa (Zhina) Amini, femme kurdo-iranienne de 22 ans, a été brutalement assassinée par la police des mœurs de la République islamique d’Iran. Elle a été frappée à plusieurs reprises à la tête après son arrestation pour port de hijab soi-disant “incorrect”. Il s’agit de l’un des nombreux autres meurtres d’État commis de manière systématique et délibérée par le régime d’apartheid sexiste de l’Iran. Depuis ce meurtre d’État, des personnes ont manifesté dans de nombreuses villes d’Iran. Continuer la lecture de Entendre les voix d’une révolution féministe en Iran

Le fléau des violences sexistes (PCF)

L’affaire Adrien Quatennens secoue l’opinion publique et la classe politique. Reconnaissant être auteur de violences conjugales sur sa future ex-compagne, il choisit de ne pas se mettre en retrait de son mandat électif. Comment représenter la République et œuvrer à protéger les femmes du fléau des violences sexistes et sexuelles si on violente soi-même sa compagne ?

Quelques soutiens entreprennent de minimiser. « Une gifle, oui mais… » pas tous les jours, oui mais il s’est excusé… On se centre uniquement sur la gifle et on ne parle pas du téléphone subtilisé, du harcèlement, du poignet saisi. Pas un mot pour la victime. Une séquence révélatrice d’une ignorance ou d’un mépris de la réalité des violences conjugales et de leur gravité et qui suscite une nouvelle vague d’indignation. Ernestine Ronai, communiste et responsable de l’Observatoire des violences faites aux femmes en Seine-Saint-Denis, en déduit que « ce qui marque notre époque c’est le recul de la tolérance sociale vis-à-vis de ces violences, et c’est ce qu’il faut cultiver et faire grandir ».

D’autres affaires d’accusations de violences sexistes et sexuelles concernant des élus et personnalités politiques font également beaucoup parler. La méthodologie des partis politiques dans la gestion et la prise en charge de ces accusations et faits de violences sexistes et sexuelles est questionnée.

Fabien Roussel le rappelle ainsi dans sa tribune parue au JDD le 25 septembre dernier : « Au PCF, nous avons fait le choix de mener une politique de tolérance zéro. » Nous prenons nos responsabilités et avons été parmi les premiers à le faire. Nous avons fait le choix de refuser l’impunité des agresseurs dans notre organisation. Notre programme à la dernière élection présidentielle a montré notre volonté d’être à la pointe en matière de lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Depuis 2018, le PCF est doté d’un dispositif Stop violences que l’on peut saisir à l’adresse mail stopviolences@pcf.fr ou via le collectif féministe contre le viol avec lequel nous sommes conventionnés. Au sein du dispositif comme au CFCV, les victimes sont assurées d’être écoutées, accompagnées et orientées par des personnes formées.

Notre périmètre d’action n’est pas judiciaire. Nous ne rendons pas la justice et nous ne nous substituons pas à celle-ci. Il s’agit de faire respecter nos statuts qui garantissent à chacun·e la protection de son intégrité physique et morale.

Être communiste ne protège pas des violences du monde patriarcal dans lequel nous vivons, mais être adhérent au PCF nous oblige à y faire face et être à l’initiative. En prônant une société libérée de toutes formes de domination, exploitation, oppression, nous avons un devoir d’exemplarité. Voilà pourquoi nous avons créé ce dispositif et pourquoi, avec l’appui du secteur formation, nous formons toutes et tous les camarades à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Nous travaillons concrètement à créer des conditions toujours plus propices à un cadre de militantisme sain et sécurisé, au bénéfice de toutes et tous.

Wirden Shirley, membre du CN PCF