Ce que la violence scolaire dit de notre société

« Protéger l’école,  c’est reconnaître que la violence que nous voyons dans les établissements est le symptôme d’une violence plus large dans notre société – une violence qui, si elle n’est pas traitée à sa racine, continuera à sévir » écrit Yannick Trigance, conseiller régional (PS).

L’agression atroce dont a été victime une enseignante au collège La Guicharde à Sanary-sur-Mer le mardi 3 février – poignardée par un élève de 14 ans, son pronostic vital engagé – nous glace d’effroi. Mais ce drame ne doit pas rester un événement isolé dans nos mémoires et dans nos discours : il est l’expression d’un malaise profond, structurel, et largement documenté. Continuer la lecture de Ce que la violence scolaire dit de notre société

Municipales 2026: Tu seras féministe, ma ville ! + Video

Les élections municipales (15 et 22 mars 2026) sont l’occasion pour les 35 000 maires et mairesses de France de mettre en avant les enjeux de genre à l’échelle de leur commune. Dans un contexte de restrictions budgétaires pour les acteur·ices de la lutte contre les violences faites aux femmes, des villes expérimentent ce à quoi pourrait ressembler une politique féministe. 
Crédit de l’image : Calypso Breon

Retrouvez cet article dans la revue La Déferlante n°21 Obtenir justice, parue en février 2026. Consultez le sommaire

Des vulves et des clitoris en peluche, des flyers colorés disposés sur des tables, un drapeau arc-en-ciel au mur, des éclats de rire : ce 28 juin 2025, l’ambiance est à la fête au Planning familial de Loire-Atlantique, à Nantes. Salariées et bénévoles de l’association inaugurent leur nouveau local. Une éclaircie dans l’actualité sombre de la structure, dont les subventions promises par la région Pays de la Loire pour 2025, 2026, 2027 et 2028 ont été annulées. Grâce au soutien financier de la ville, dirigée depuis 2020 par la socialiste Johanna Rolland, le Planning a pu acheter les murs dans lesquels il s’installe. Un moyen « de ne pas craindre la perte de [son] local si la mairie change de couleur politique », explique l’ex-directrice de l’association Bérengère Tessé. Continuer la lecture de Municipales 2026: Tu seras féministe, ma ville ! + Video

À Commentry des élèves empêchés de chanter Lavilliers (video) en soutien aux salariés de l’aciérie promise à la fermeture… au nom de la laïcité

Les élèves d’une école primaire de Commentry (03) qui avaient prévu de chanter les Mains d’or lors d’un concert de l’Harmonie municipale sur le thème « La Forge en musique », le 28 mars, en soutien aux salariés de l’aciérie, promise à la fermeture. Ils s’en voient empêchés par décision de l’inspection d’académie qui assimile ce projet à « du prosélytisme ».

Si les salariés qui luttent pour imposer un projet de continuation de l’activité à Commentry, ont pris la décision de ne pas entamer de mouvement de grève afin « de donner une bonne image à un éventuel repreneur », ils ont organisé de multiples évènements avec l’appui de la mairie. 

« Travailler encore ». Ce refrain de la chanson Les mains d’or de Bernard Lavilliers, entonné à l’unisson par un chœur d’enfants de Commentry promettait un moment chargé d’émotion à l’heure où est annoncée la fermeture de l’aciérie autour de laquelle s’est construite la petite ville. C’était sans compter l’opposition des instances de tutelle de l’Éducation Nationale qui voient dans cette chanson, une « atteinte au principe de neutralité », si elle est chantée en dehors du cadre scolaire. « C’est vraiment dommage que cette initiative ne puisse pas voir le jour pour des raisons qui dépassent les élèves », déplore Sylvain Bourdier le maire (DVG) de Commentry, qui s’apprête à affronter une liste d’extrême droite aux prochaines élections municipales. Continuer la lecture de À Commentry des élèves empêchés de chanter Lavilliers (video) en soutien aux salariés de l’aciérie promise à la fermeture… au nom de la laïcité

Fabien Roussel et Assan Lakehoul : « Faire le pari de la jeunesse ! »

Après la proposition du Medef de créer un Smic jeunes et un CDI qui pourrait « être rompu sans motif pendant les trois premières années », mais aussi les déclarations du chef d’état-major Mandon à « se préparer à perdre ses enfants », une génération entière est visée par ces attaques.

Deux messages n’ont pas échappé à la jeunesse de France.

Le premier émane du chef d’état-major des armées, Fabien Mandon, qui a déclaré que la France devait se préparer à « accepter de perdre ses enfants ». Le second vient du syndicat patronal, le Medef, qui réclame pour les jeunes un CDI révocable, payable en dessous du Smic. Voilà donc le double projet proposé à la jeunesse de France par ceux qui la dirigent !

Entre précarité sociale et perspectives guerrières, la jeunesse voit son présent et son avenir hypothéqués sans que jamais la parole ne lui soit donnée.

La jeunesse doit être la priorité des décennies à venir. Et le monde a besoin d’une jeunesse formée, épanouie, joyeuse, prête à remettre la planète sur ses pieds. Face au sentiment de déclassement, au réchauffement climatique et aux menaces de guerre, il y a besoin de générations de jeunes hommes et de jeunes femmes conscientes, qui fassent le choix du climat, du vivant, de la coopération, de l’amitié entre les peuples plutôt que celui du court terme, de la confrontation et de la désespérance.

Oui, mille fois oui, la jeunesse est une solution et non un problème à résoudre. Les jeunes d’aujourd’hui sont la première génération à penser que leur vie sera pire que celle de leurs parents. C’est une honte et un échec collectif. Il faut leur redonner confiance. Il faut remettre l’avenir qu’elles et ils représentent au cœur de notre présent commun.

Construire un avenir à la jeunesse, c’est construire un avenir à la nation tout entière. Nous devrions y consacrer une part significative de notre richesse, comme nous l’avons fait en 1945 pour nos anciens avec la Sécurité sociale ! Redresser l’école, développer les universités, révolutionner la formation professionnelle, planifier la création d’emplois utiles, émancipateurs et rémunérateurs, voilà les chantiers à entamer d’urgence pour que la jeunesse puisse voir un coin de ciel bleu dans cet horizon qu’on lui promet si orageux.

Faire de la jeunesse de France, dans sa diversité, la jeunesse la mieux formée, la plus épanouie, la plus heureuse d’Europe, c’est un vrai projet de société.

Et celui-ci tourne le dos, bien entendu, à la précarité, au chômage et à la pauvreté qui frappent près d’un quart de nos enfants aujourd’hui, à la ville comme à la campagne.

Ne manque-t-il pas dans nos services publics des centaines de milliers de soignants, de juges, de magistrats, d’enseignants, d’accompagnants pour les personnes âgées, de travailleurs sociaux pour les enfants en situation de handicap ou les grands précaires ? Ne manque-t-il pas de médecins, de policiers, de gendarmes, de pompiers, tous ces métiers si utiles qui, autrefois, faisaient briller les yeux des enfants. N’y a-t-il pas des milliers de postes à créer dans nos universités, pour préparer la transition écologique, pour développer une IA utile à l’humanité, pour développer en tous domaines la recherche et l’innovation ? Ces métiers si indispensables pour nous permettre de faire société doivent être beaucoup mieux reconnus, mieux valorisés, mieux rémunérés pour redevenir attractifs.

Ceux qui nous dirigent vont-ils une bonne fois pour toutes entendre ces jeunes qui veulent vivre, participer, s’émanciper, créer et non plus se faire exploiter, se faire dominer, se faire mépriser ?

Nos enfants sont en quête d’espérance, de respect, d’écoute. Ils veulent vivre libres et heureux en France, à égalité quels que soient leur sexe, leur couleur de peau, leurs origines sociale ou culturelle. Certains rêvent d’une maison, d’une famille, d’un travail, d’un salaire dans la ville où ils ont grandi ; d’autres de voyages, de découvertes, de libertés en Europe et dans le monde ! Ils veulent vivre dans une planète respirable, en paix. Certains veulent des enfants. D’autres non. Ils sont divers, différents mais ils doivent être respectés, entendus, écoutés, qu’ils vivent dans les grandes villes ou à la campagne, qu’ils aient des diplômes ou pas. Qu’attendons-nous pour leur donner envie de vivre, de s’investir, d’aimer et de bâtir leur pays !

Faire le pari de la jeunesse, c’est faire le pari d’une belle République, unie, forte et audacieuse. C’est tout ce dont la France a besoin !

 

Agression au collège de Sanary-sur-Mer : protéger l’école, ses personnels et les enfants !

Le Parti communiste français exprime sa profonde solidarité avec la professeure grièvement blessée au collège de Sanary-sur-Mer, avec ses proches, ses collègues, les élèves et leurs familles, durement éprouvés par un acte d’une violence insoutenable.

Nous saluons le courage des équipes éducatives et des personnels de santé mobilisés pour accompagner les élèves et tenter de réparer, autant que possible, le traumatisme collectif causé par cette agression.

lire aussi: Attaque dans un collège de Sanary : l’Ecole et ses professeur.es en première ligne

Ce drame rappelle avec force une réalité que nous dénonçons depuis des années : l’école et la protection de l’enfance sont laissées exsangues par des politiques d’austérité qui fragilisent à la fois les personnels et les jeunes les plus en difficulté.

Rien ne justifie un acte aussi grave. Mais tout oblige à regarder lucidement les défaillances du système. Des signaux d’alerte existaient. Une situation familiale préoccupante avait été signalée. Un suivi éducatif était en cours. Pourtant, les délais d’intervention, notamment de la Protection judiciaire de la jeunesse, étaient inacceptables. Quatre mois pour un rendez-vous avec la PJJ, c’est quatre mois de trop. Ce n’est pas un « dysfonctionnement », c’est le résultat de suppressions de postes, de sous-financement chronique et d’un désengagement de l’État.

La sécurité à l’école ne se construira ni par la stigmatisation de la jeunesse, ni comme certains le portent par une surenchère répressive, ni par la transformation des établissements en zones policières. Elle se construit par :

  • des équipes éducatives renforcées et formées ;
  • une présence massive de personnels médico-sociaux dans les établissements (psychologues, infirmiers, assistants sociaux) ;
  • une protection de l’enfance dotée de moyens suffisants pour intervenir rapidement et durablement comme nous le portons dans notre plan pour la protection de l’enfance ;
  • une PJJ capable d’assurer un suivi effectif, continu et humain des mineurs en difficulté ;
  • une école émancipatrice, qui lutte contre les inégalités sociales et la relégation.

Le PCF appelle le gouvernement à rompre immédiatement avec les logiques d’austérité qui détruisent les services publics. Investir dans l’éducation, la prévention et la protection de l’enfance, ce n’est pas un coût : c’est une nécessité pour la société tout entière.

Le Parti communiste français continuera de se tenir aux côtés des personnels de l’Éducation nationale, des travailleurs sociaux, des familles et des jeunes pour défendre une école publique protectrice, humaine et émancipatrice.

Paris, le 4 février 2026,

Parti communiste français.

MUNICIPALES : Un combat local décisif pour l’emploi, les services publics et l’unité populaire (Jean Paul Legrand)

Les élections municipales ne sont pas des élections secondaires. Elles constituent un moment politique central, car elles conditionnent la capacité des communes à agir concrètement sur l’emploi, le développement économique et la cohésion sociale. Dans un contexte marqué par l’austérité budgétaire, la domination du capital financier, les menaces de l’impérialisme sur notre nation et l’affaiblissement des services publics, le rôle des équipes municipales est stratégique.

Doter les communes d’équipes unies autour d’un objectif prioritaire clair – défendre et promouvoir le développement des entreprises locales et de l’emploi – est une nécessité car sans essor de nos forces productives le pays s’appauvrit et son indépendance est de plus en plus précaire . Continuer la lecture de MUNICIPALES : Un combat local décisif pour l’emploi, les services publics et l’unité populaire (Jean Paul Legrand)

Pauvreté et déterminisme scolaire : qui en parle ? in Caf. Péda.

Quels sont les effets de la pauvreté dans les apprentissages des enfants et leur relation à l’école et comment mieux lutter contre les discriminations ? 

Les chiffres des inégalités sont frappants : 72,1 % des élèves en SEGPA et 80 % des élèves en ULIS sont issus de milieux défavorisés.  ATD Quart monde a rendu compte d’un travail de 6 ans sur la pauvreté lors d’une riche journée à l’Académie des sciences samedi 24 janvier.

Des militant.es, des enseignant.es, des chercheur.es et deux ancien.nes ministres socialistes de l’Education nationale, Vincent Peillon et Najat Vallaud Belkacem, et leur ancien Dgesco Jean-Paul Delahaye, étaient réunis. Une image forte et un message politique : la pauvreté non seulement affichée mais invitée là où elle est habituellement absente. Et c’est une histoire de système et non d’individus. Continuer la lecture de Pauvreté et déterminisme scolaire : qui en parle ? in Caf. Péda.

« Nous travaillons au rassemblement dans chaque commune autour de projets d’intérêt général » P. Lacaze, responsable aux élections du PCF

Malgré les divisions à gauche, le responsable aux élections du PCF, Pierre Lacaze, se réjouit du rassemblement de plusieurs forces de gauche dans 80 % des communes de plus de 10 000 habitants. Un point d’appui pour combattre l’extrême droite et mener des politiques au service des populations, estime-t-il.

Pierre Lacaze souligne l’importance du rassemblement de la gauche dans les communes pour remporter les élections municipales.
© Anthony MICALLEF/HAYTHAM-REA

« Les élections municipales, ce sont près d’un million de candidats, soit six à sept millions d’hommes et de femmes qui mènent campagne, discutent, présentent des projets », fait remarquer Pierre Lacaze, responsable aux élections du PCF. D’où l’importance pour la gauche de se montrer à la hauteur. Continuer la lecture de « Nous travaillons au rassemblement dans chaque commune autour de projets d’intérêt général » P. Lacaze, responsable aux élections du PCF

Quand l’extrême droite s’attaque aux engagements citoyens des élèves In Caf. Peda.

Une nouvelle fois, l’école se retrouve prise pour cible de l’extrême droite. À Lagny-sur-Marne, une action de défense des droits humains, menée par une antenne jeunes d’Amnesty International dans un lycée, a déclenché une polémique portée par un sénateur du Rassemblement national et le collectif créé par le parti d’extrême-droite Reconquête, Parents Vigilants. Accusée de « propagande militante » et d’atteinte à la laïcité sur la base de contenus qui ne leur ont pas tous été présentés, l’action des élèves ainsi que l’ONG font l’objet d’une attaque. Cet épisode, loin d’être isolé, illustre la stratégie désormais récurrente de pression et d’intimidation, par l’extrême droite, de la jeunesse et des acteurs éducatifs et associatifs. Continuer la lecture de Quand l’extrême droite s’attaque aux engagements citoyens des élèves In Caf. Peda.

Utilisation vs Interdiction des réseaux sociaux numériques : attention aux amalgames

Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans ? « Les interdictions (en vigueur en Australie) en projet en cette nouvelle année 2026 pour les moins de 15 ans nous semblent s’inscrire dans cette habitude des pouvoirs fragiles qui préfèrent interdire qu’éduquer et discerner » écrit Bruno Devauchelle dans ce texte qui interroge la notion de « réseau ».

Les « réseaux sociaux » : un amalgame qui empêche de penser

Quand on parle des « réseaux sociaux », on oublie toujours de spécifier la dimension numérique. Car les réseaux sociaux sont une composante de la vie humaine en société et cela depuis fort longtemps. Continuer la lecture de Utilisation vs Interdiction des réseaux sociaux numériques : attention aux amalgames