Faut-il parler d’« absence », d’« absentéisme » des professeur.es ou plutôt d’une pénurie de professeur.es ? Les mots ont un sens et véhiculent des idées, des clichés. Le mot « absentéisme » a une connotation négative, signifiant une absence non justifiée. Dans le langage scolaire, il renvoie non aux professeurs, mais à des élèves qui « sèchent » les cours, les élèves qui sont absents avec une raison d’ordre médical, sont absents car malades. On voit là un curieux renversement qui dénote une vision infantilisante des agents, voire paternaliste.
Dès lors, parler d’absentéisme révèle un regard négatif et jette l’opprobre sur les personnels ainsi désignés. Une fois passé cet éclairage lexical et sémantique, qu’en est-il en réalité ? Ces propos ne véhiculent-ils pas une idée fausse ? Parler de fonctionnaires absentéistes montre et nourrit un regard dépréciatif, un lancinant #profbashing qui viendrait justifier la cure d’austérité. Le service public est ainsi désigné comme le bouc-émissaire par une politique et une communication politique qui l’attaquent. Continuer la lecture de Débunkage : derrière le prétendu « absentéisme » des fonctionnaires, une énième attaque contre les services publics
Porté par l’empire Bolloré, le livre du président du Rassemblement national, Jordan Bardella, bénéficiera d’une campagne publicitaire massive. Jusqu’à submerger les gares de France. La CGT et Sud Rail appellent la SNCF à refuser cet affichage à rebours des valeurs du groupe.
Jordan Bardella a mis du temps à le pondre, mais le voici enfin. Du moins pour qui attend vraiment sa prose. Annoncé depuis plusieurs mois, le premier livre du président du Rassemblement national, « Ce que je cherche », paraîtra en librairie le 9 novembre.
Et pour assurer sa promotion, les éditions Fayard, dirigée par Lise Boëll, éditrice qui a fait d’Éric Zemmour un essayiste d’extrême droite à succès, voit les choses en grand. D’abord, l’ouvrage sera tiré à 155 000 exemplaires. Ensuite, la maison, filiale d’Hachette Livre, propriété de Vincent Bolloré par le groupe Vivendi, a prévu d’inonder les médias du groupe de ce dernier.
Julien Sueres, un parent d’élève engagé pour défendre l’école de la République
« Vous avez entre vos mains l’intelligence et l’âme des enfants », disait Jaurès. C’est pour cette raison qu’il est crucial de mener la bataille des moyens pour l’éducation, et en particulier pour rendre le métier d’enseignant plus attractif. Prôner la haine, diviser et chercher des boucs émissaires ne sert à personne, mais l’extrême droite ne semble toujours pas l’avoir compris. Continuer la lecture de Non à l’infiltration de l’extrême droite dans nos écoles !
L’austérité budgétaire ou l’attractivité du métier ? L’éducation est un droit humain fondamental, nous rappelle l’Unesco. L’attractivité en berne du métier creuse la pénurie d’enseignants. Les contextes d’austérité ne sont pas favorables à l’attractivité du métier enseignant. Les conclusions du rapport de l’Unesco publié vendredi 4 octobre 2024 dans le cadre de la journée mondiales des enseignants tomberaient-elles à pic pour inspirer les politiques publiques de la France ? A la veille des discussions et de la publication sur la PLF 2025, le rapport de l’Unesco résonne comme une alerte pour le nouveau gouvernement et la ministre de l’Éducation nationale quand souligne qu’« il est inquiétant de constater que des mesures d’austérité prévues dans certains pays pourraient avoir des répercussions importantes sur les dépenses publiques». Et si certaines dépenses n’étaient que des investissements nécessaires pour un pays ?
Tandis que 80% des Français∙es ne reçoivent aucune donation du vivant et que parmi celles et ceux qui héritent, 9 sur 10 touchent moins de 100 000€ au cours de leur vie, Oxfam France publie un nouveau rapport alertant sur l’émergence d’une minorité d’ultra-riches touchant des super-héritages insuffisamment taxés.
Ce rapport montre notamment que le top 0,1% des héritiers ne paye qu’environ 10% de droits de succession – contre 45% en théorie – et met en lumière un système de taxation des successions opaque et inadapté.
Malgré un ralentissement de l’inflation en 2024, la dernière édition du Baromètre de la pauvreté du Secours populaire français souligne une nouvelle dégradation du pouvoir d’achat et des inquiétudes croissantes pour l’avenir.
Les Français ont de plus en plus de difficultés à joindre les deux bouts. C’est ce qui ressort de la 18e édition du baromètre Ipsos/Secours populaire sur la pauvreté et la précarité en France, publié ce 12 septembre.
« Nous avons l’impression que, année après année, depuis que nous avons commencé ces sondages en 1988, la situation s’aggrave. À cet égard, les chiffres sont conformes à ce que nous voyons dans nos 1 500 lieux d’accueil à travers tout le territoire. Contrairement à certains discours officiels, aucun indicateur ne s’améliore dans la façon dont les personnes perçoivent leurs conditions de vie », constate Henriette Steinberg, secrétaire générale de l’organisation.
NDLR de MAC: texte long (environ 19 minutes) avec de nombreuses argumentations qui méritent une analyse et une attention particulière… Un texte à verser à la construction du PCF de demain qui s’appuyant sur les fondamentaux sera le pivot de la construction du socialisme.
Le dimanche est un jour où l’audience est moindre qu’en semaine, celui où nous choisissons de publier des articles qui sont plus de réflexion, ce sera le cas de la plupart des textes que nous publions aujourd’hui, en exposant des points de vue venus d’horizons divers, sur quel est l’état du monde dans lequel nous agissons. Voici, à ce titre, le dernier article sur le mode de la confidence personnelle sur ce voyage à l’Université d’été du PCF hanté par l’idée de connaitre et de comprendre pour transformer… Une observation participation, à distance, dans laquelle, pour faire simple, j’ai eu la joie de découvrir que les communistes n’étaient pas aussi totalement intoxiqués par la propagande occidentale que ce que pouvait le faire croire l’image qu’ils en donnaient dans certaines interventions publiques et malheureusement plus généralement dans leur presse… ou ce qui en tient lieu… Notre point d’observation, ce qui réunit dans ce blog, auteurs, lecteurs, la paix et les relations internationales. Notre conclusion : un dialogue est possible, nécessaire et au-delà des communistes, il concerne le peuple français, avec et au-delà de la gauche. Comme tout combat idéologique, il exige des principes et de la patience et le travail sera collectif ou il ne sera pas…
Il s’avère que j’ai beaucoup apprécié les débats de cette université d’été du PCF; parce que comme j’ai essayé de le rendre à travers des compte-rendus précédents, ils étaient tous d’un bon niveau et d’une grande courtoisie. Il s’agissait alors d’exposer clairement les enjeux politiques actuels, à savoir:
1) le choix d’un parti communiste totalement intégré à une gauche ralliée à l’atlantisme. Un parti en rupture à la fois dans son histoire et en géopolitique avec toutes les expériences socialistes existantes au nom souvent d’un idéal marxiste, républicain. Cette orientation pouvait s’assortir de théories comme ici sur les conditions de la connaissance.
2) Face à ces “propositions” des organisateurs de l’Université, il y avait l’immense majorité des communistes qui en se référant aux 38 et 39e congrès voulaient l’autonomie du PCF et refusaient d’être impliqués dans les aventures atlantistes. Ces communistes étaient plus partagés sur l’héritage historique du PCF, sur la responsabilité de l’OTAN en Ukraine. Le débat allait souvent de ce fait dans le sens d’un éclaircissement en tous les cas d’une écoute réciproque, ce qui était une grande nouveauté après des années de censure et de diffamation. Il n’y a pas eu de fausse note jusqu’au dimanche matin où a eu lieu une intervention totalement scandaleuse qui a été celle de Clémentine Fauconnier. 45 minutes pour nous exposer une analyse digne de LCI ne laisser la parole qu’à des “questions” et pas de contradicteurs. C’était une véritable provocation. Continuer la lecture de Teng Hsiao Ping, Lénine, Mao, Politzer et la théorie du “reflet” ou le léninisme est-il marxiste ? un débat à l’université d’été(3) …
Ce diagnostic paru dans la revue Commune sous la signature d’Olivier Barbarant met en évidence la “nature” du pouvoir de Macron, on pense irrésistiblement à l’anarchiste couronné Heliogabale d’Artaud détruisant l’empire romain dont il est l’incarnation de la toute puissance illusoire de la décadence… Il y a la France, mais Macron et le défi lancé aujourd’hui à la raison “étatique”, celle de la bourgeoisie, est un des avatars de la crise politique de cette classe dominante occidentale… La bourgeoisie pouvoir de classe limite de l’exercice citoyen devient un racisme de classe pour tenter de survivre … La pièce centrale du dispositif en est les USA avec l’élection présidentielle, l’impossible régulation de la crise multiforme du capitalisme, aucune “démocratie” n’y échappe. C’est la chute d’une hégémonie, faut-il pour autant affirmer que la Ve République est morte ? Que l’impérialisme US n’est plus qu’un tigre de papier ? Au contraire, l’exigence “théorique”, celle de savoir où l’on va et sur quelle base on se rassemble, devient plus que jamais nécessaire. Il est suicidaire de passer du constat de l’anarchie dynamitant les institutions de l’Etat capitaliste à l’idée que l’appareil d’Etat est détruit par cet anarchiste couronné. C’est la tentation de ceux qui partagent le “spontanéisme” du capital à son stade ultime impérialiste. C’est la crainte de cette illusion qui mène aux massacres qui a poussé à l’Université d’été un certain nombre d’entre nous à mettre en cause l’opération derrière Lucie Castets, dans sa confusion idéologique en particulier en ce qui concerne la guerre et nous battre pour que le parti communiste opère un véritable travail théorique sur la reconquête d’un parti de classe en particulier sur la question de la paix et de la guerre, qui n’est que la volonté d’élargir le régime d’exploitation à l’intérieur comme à l’extérieur… et qui pour cela a besoin du fascisme… (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Il arrive encore qu’on s’interroge sur ce que peut être le macronisme, qui partage avec la droite la totalité de son libéralisme économique, et tente de voler à la gauche sociétale l’essentiel de ses slogans pour l’égalité sexuelle ou le droit de certaines minorités – certaines et non pas toutes, en effet. Malgré les évidents démentis de l’expérience, on a même pu prendre pour du keynésianisme le moment désormais passé à la postérité sous le nom de « quoi qu’il en coûte ». Or ce considérable déversement de fonds publics n’a donné lieu à aucune contrepartie, aucune régulation étatique : il s’est agi, sous couvert d’intervention de l’Etat en matière économique, d’un pas supplémentaire dans son suicide programmé : affaiblir encore davantage les finances publiques, pour que le privé continue de tourner. Continuer la lecture de Le racisme de classe, socle idéologique du macronisme … Olivier Barbarant
Guislaine David, Nicolas Wallet, Blandine Türki, les co-secrétaires nationaux ont tenu leur conférence de presse lundi 26 août 2024 à Malakoff à l’école maternelle Jean Jaurès. Et elle s’avère combattive pour le Snuipp qui annonce une journée de grève le 10 septembre et appelle à faire front pour l’École.Le syndicat a exposé lors de sa conférence de presse les urgences et les mesures pour la rentrée.
La question de la rentrée 2024 : y aura-t-il un ministre et restera-t-il ou t-elle toute l’année ?
Une chose est sûre dans un contexte politique que la co-secrétaire générale du Snuipp qualifie d’« inédit ou ubuesque » : la rentrée scolaire se prépare. Le syndicat souligne que la rentrée se prépare, « portée par une forte émulation professionnelle individuelle et collective » par des « enseignantes et enseignants qui seront sur le terrain, dans leurs écoles et la semaine prochaine avec leurs élèves, pour les accueillir correctement sans se soucier de paroles de cette ministre éphémère ». Continuer la lecture de Le SNUipp lance un appel aux parlementaires pour sauver l’école publique