« Éric Zemmour est un doctrinaire obsessionnel » par Laurent Joly

Le polémiste, selon Laurent Joly, «  pioche des faits qui vont dans le sens de ses préjugés en les amplifiant ou en les déconnectant de leur contexte pour généraliser et élaborer une théorie   ». Franck Crusiaux/Rea

L’historien décrypte « le rapport à l’histoire constamment perverti » du candidat d’extrême droite alors que son procès en appel pour ses propos sur le régime de Vichy s’ouvre ce jeudi.

Condamné lundi pour injure raciale dans l’affaire des mineurs étrangers, Éric Zemmour doit à nouveau comparaître, ce jeudi, devant la cour d’appel pour ses propos tenus en octobre 2019 sur le régime de Vichy qui aurait « sauvé les juifs français ». Auteur de la Falsification de l’Histoire. Éric Zemmour, l’extrême droite, Vichy et les juifs, paru début janvier chez Grasset, Laurent Joly resitue le désormais candidat dans la tradition de l’extrême droite française et dans le cadre de son projet politique.

Ce jeudi, Éric Zemmour doit comparaître en appel pour ses propos sur Vichy. Vous aviez témoigné lors de la première audience. En quoi était-ce important pour vous ? Continuer la lecture de « Éric Zemmour est un doctrinaire obsessionnel » par Laurent Joly

Blanquer et le Protocole sanitaire : From Ibiza with love…

Alors que les directeurs d’école, les chefs d’établissement et les enseignants attendaient le protocole applicable au retour des vacances, JM Blanquer était en vacances à Ibiza. Médiapart révèle que l’interview publiée par Le Parisien le 2 janvier au soir a été réalisée depuis l’ile des Baléares. Une situation cachée par le ministre lors des questions au gouvernement le 4 janvier. Et qui montre une certaine désinvolture dans la gestion d’une crise grave.

Un moment difficile pour les personnels de l’éducation nationale

Selon Mediapart, JM Blanquer était à Ibiza au moment de l’interview réalisée par Le Parisien sur le nouveau protocole sanitaire. C’est dans cet entretien, publié le dimanche 2 janvier , dans un article payant, que JM Blanquer donne les détails du protocole sanitaire de rentrée. Continuer la lecture de Blanquer et le Protocole sanitaire : From Ibiza with love…

Fabien Roussel : « Je mène un combat de classe, pas de race » In Charlie Hebdo

 

Il est l’un des plus discrets des candidats de gauche, le communiste Fabien Roussel fait cependant parler de lui depuis quelques semaines. Essentiellement pour deux initiatives : son hommage aux dessinateurs de Charlie Hebdo le 5 janvier 2022 et ses propos sur la bonne chère. De quoi déchaîner la fureur de ceux qui ont vu – même dans son camp – un « virage politique » du PC. « Des polémiques stériles loin des préoccupations des vraies gens », estime Fabien Roussel qui a accordé une interview à Charlie.

« Évidemment que le PCF peut et doit organiser des hommages à Charlie. Hier soir, cela dépassait largement l’hommage : la sélection des invités confirme un virage politique opéré par mon parti depuis qqes mois (…) ». Que vous inspire cette déclaration sur Twitter de la députée communiste Elsa Faucillon au lendemain de l’hommage que vous avez rendu aux dessinateurs de Charlie ? Continuer la lecture de Fabien Roussel : « Je mène un combat de classe, pas de race » In Charlie Hebdo

Éducation. Après la grève historique, la colère ne retombe pas

© M. TirlerAFP

La mobilisation du 13 janvier a contraint le gouvernement à négocier et à lâcher sur quelques revendications. Mais pour la plupart, le compte n’y est pas. Un nouvel appel intersyndical à la grève est lancé pour le jeudi 20 janvier.

Les vieilles leçons de stratégie militaire ne se démentent pas : faire retraite n’est jamais qu’un moyen de contre-attaquer. Ses lignes enfoncées par la déferlante du peuple de l’éducation mobilisé dans une unité jamais vue, le gouvernement a dû reculer et abandonner quelques positions le 13 janvier. Ce faisant, il a aussi réorganisé ses troupes et réussi à diviser l’adversaire. La preuve par l’intersyndicale qui, le lendemain, n’a pas réussi à s’accorder sur une stratégie commune. Continuer la lecture de Éducation. Après la grève historique, la colère ne retombe pas

Fabien Roussel défend la gastronomie française et provoque un tollé : la boussole de la gauche est-elle cassée ? in DDM

La lutte contre l’extrême droite, une constante pour Fabien Roussel comme pour le PCF.
La lutte contre l’extrême droite, une constante pour Fabien Roussel comme pour le PCF. DDM – LAURENT DARD

l’essentiel À gauche de l’échiquier politique, aucun candidat ne dépasserait 10 % au 1er tour des présidentielles, le 10 avril. Cela n’empêche pas les polémiques venues d’ailleurs comme celle qui, depuis dimanche, accuse le candidat communiste de chasser sur les terres du RN au prétexte qu’il défend la gastronomie française. De quoi s’interroger sur la boussole de la gauche en 2022.

« Le pli ordinaire de la gauche dans son histoire est la désunion. On sera donc tenté de dire que la gauche n’existe pas, ou de façon fortuite lorsque, face à ses adhérents et à ses électeurs, se dresse un ennemi commun », écrivait l’historien Michel Winoch dans « Qu’est-ce que la gauche », un ouvrage collectif paru aux éditions Fayard début 2017, à l’aube d’une campagne électorale qui a vu la gauche française éparpillée façon puzzle.
Une polémique née dimanche sur les réseaux sociaux laisserait croire que même la lutte contre l’extrême droite ne ferait plus partie des marqueurs communs de la gauche. Dimanche donc, Fabien Roussel déclare qu’« un bon vin, une bonne viande, un bon fromage : c’est la gastronomie française. Le meilleur moyen de la défendre, c’est de permettre aux Français d’y avoir accès ». Et, aussitôt, la twittosphère se déchaîne.
« Aïe aïe aïe heureusement que le grotesque ne tue pas ! Faites avancer la gauche au lieu de faire des appels de pied à la droite identitaire », s’agace Jannnanas, tandis que Sergio Coronado, un ex-député écologiste, se moque : « Je ne bois pas. Je suis végétarien. J’espère que je ne suis pas l’anti-France.

« Une polémique ridicule »

« Cette polémique est ridicule, soupire Jean-Pierre Bel, socialiste et président du Sénat de 2011 à 2014. On est là sur une dérive du wokisme. Il faut arrêter de vouloir évangéliser tout un chacun. J’en ai assez des inquisiteurs. Fabien Roussel, je l’apprécie. Il a amené beaucoup de choses au PC. Les combats politiques que j’ai connus dans ma vie me paraissent plus essentiels que ces attaques sans fondement. »
Carole Delga, la présidente PS de Région, enfonce le clou : « Je suis meurtrie du niveau des débats de cette présidentielle. Le débat n’est pas au niveau des enjeux… La crise climatique n’a jamais été aussi alarmante, les inégalités sociales sont criantes, mais ce sont des petites phrases des candidats dont nous nous préoccupons ? Après « l’emmerdement des non vaccinés » et « le karcher ® ressorti de la cave », voici que la polémique enfle alors que les propos de Fabien Roussel sont simplement de bon sens. Ceux qui ont écouté son intervention savent qu’il parle simplement de pouvoir d’achat, d’accès à une alimentation de qualité et même d’accès à la culture et à l’art. »

« On ne peut pas soupçonner le PC de faire du nationalisme pour prendre des voix à l’extrême droite, selon Christian Lammens, d’EELV. « 

Christian Lammens, membre du bureau exécutif régional Occitanie d’EELV, l’avait compris comme ça. Que quelqu’un puisse imaginer une seule seconde que Fabien Roussel pourrait chasser sur les terres de l’extrême droite le choque. « J’ai écouté le passage en entier. J’aurais développé sur le bio et la façon de favoriser les circuits courts. Mais pour le reste, il n’y a rien de choquant dans ce que dit Fabien Roussel. Les communistes sont hyperpatriotes, oui ! Ils l’ont prouvé pendant la guerre. Il n’y a pas de procès à leur faire pour ça. On ne peut pas les soupçonner de faire du nationalisme pour prendre des voix à l’extrême droite. Cette polémique, c’est n’importe quoi! »
Les valeurs de la gauche vont plus loin encore. Jean-Pierre Bel défend une gauche « internationaliste ». Les Verts se disent en lutte « contre l’agriculture industrielle qui est une des causes de l’augmentation des gaz à effet de serre ». À ce titre, ils rejoignent Fabien Roussel qui défend l’idée de « manger moins de viande mais de la bonne » à des prix accessibles pour tous. Jean Triguero, militant communiste ariégeois depuis 1968, se bat « pour l’emploi, les salaires »…

Des valeurs communes

Des valeurs communes qui font dire à son ami Jean-Pierre Bel que « la crise politique actuelle n’est pas une crise de la gauche. C’est une crise de la démocratie à laquelle Emmanuel Macron a participé en niant le fondement même de la démocratie, c’est-à-dire la lutte éternelle pour le progrès contre les conservateurs ».
En même temps, le Parti socialiste qui a implosé au niveau national résiste au niveau local, comme l’a prouvé Carole Delga, présidente la mieux élue de France aux dernières régionales.
Avec des communistes et des écologistes sur sa liste, elle montre que si certains ont perdu la boussole sur les réseaux sociaux, l’Occitanie ne perd pas le nord. Et que, sur le terrain, la gauche a encore un cap, « en cohérence avec ses valeurs de fraternité, de solidarité et de justice sociale ».

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Exaspération. Submergée par Omicron, l’Éducation Nationale appelle à la grève

Lionel Bonaventure/AFP

Après une semaine où le chaos dans les établissements a fait monter la colère, une large intersyndicale lance un appel à une mobilisation nationale jeudi 13 janvier.

C’est parti comme une traînée de poudre, au point que certains n’ont pas attendu l’intersyndicale du vendredi 7 janvier pour l’annoncer : la quasi-totalité des acteurs de l’éducation appellent à une grève nationale le jeudi 13 janvier.

Confrontée depuis des mois à une situation difficile, devenue totalement ingérable depuis la rentrée du 3 janvier avec le nouveau protocole sanitaire, censé accompagner le tsunami de contaminations engendré par le variant Omicron, l’école menace d’imploser à tous les niveaux et a décidé de dire stop.

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Moissac. Urgences de nuit : la mobilisation ne faiblit pas

Depuis le premier décembre, le service des urgences de l’hôpital intercommunal de Moissac a baissé son rideau entre 20 heures en soirée et 8 heures le lendemain matin. Cette décision, portée par l’Agence Régionale de Santé (ARS) et justifiée officiellement par une problématique de gestion des ressources humaines (un manque cruel de personnel imposant un redéploiement de celui-ci), a réussi à mettre vent debout la population de tout l’Ouest tarn-et-garonnais.

Une fois n’étant pas coutume, l’ensemble des élus et des représentants des corps intermédiaires (syndicats, associations) sont passés outre les clivages idéologiques et sociaux habituels pour dénoncer cette décision considérée comme inique, fragilisant encore davantage un accès aux soins déjà bien contrarié. Continuer la lecture de Moissac. Urgences de nuit : la mobilisation ne faiblit pas

Omicron. L’école craque et les mensonges de Blanquer éclatent + appel à la Grève

Thomas COEX/POOL/AFP

De la maternelle au lycée, la situation est vite devenue explosive depuis la rentrée pour les élèves, les familles et les personnels. Une réalité que le ministre de l’Éducation nationale a de plus en plus de mal à masquer.

On a beau essayer, on ne trouve pas. On ne trouve pas d’autre mot pour qualifier tout ce qui remonte des écoles, collèges et lycées depuis le 3 janvier que celui-ci : le chaos. Et cela va bien au-delà des seuls problèmes posés par cette évolution du protocole sanitaire annoncée à la dernière minute, la veille de la rentrée – qui plus est dans un média privé et payant. Continuer la lecture de Omicron. L’école craque et les mensonges de Blanquer éclatent + appel à la Grève

Film « les SEGPA » : quand on organise le mépris et le harcèlement + Réactions

Ceux-là même qui tiennent des discours lénifiants sur le harcèlement scolaire, parfois en écorchant les enseignants sur le sujet, sont capables de mettre en scène les stigmatisations qui, demain, produiront le harcèlement des élèves de SEGPA. Honte à une société qui livre à la moquerie et au mépris ses adolescentes et adolescents les plus fragiles…

La pétition

Paul DEVIN
Syndicaliste FSU, inspecteur de l’Education nationale à la retraite, ancien secrétaire général du SNPI-FSU, président de l’Institut de Recherches de la FSU
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 » La SEGPA accueille, de la 6ème à la 3ème des collégiens qui ont d’importantes difficultés scolaires et qui nécessitent des enseignements adaptés avec des effectifs réduits et des enseignants spécialisés proposant des démarches pédagogiques particulières. L’origine des difficultés de ces élèves est diverse mais on y retrouve souvent la convergence de situations sociales ou familiales éprouvantes et de difficultés personnelles. Continuer la lecture de Film « les SEGPA » : quand on organise le mépris et le harcèlement + Réactions

Covid. Emmanuel Macron, « irresponsable » en chef

À l’approche du scrutin de 2022, le chef de l’État confirme qu’il « n’y a pas de faux suspense  » sur sa candidature et multiplie les clins d’Sil à l’électorat conservateur. Ludovic Marin/AFP

(Les députés se sont prononcés pour la transformation du passe sanitaire en passe vaccinal par 214 voix pour ce jeudi matin, contre 93 voix contre). Le président déclare avoir « très envie d’emmerder » les « non-vaccinés », en plein débat explosif sur le passe vaccinal. Une stratégie du clivage électoraliste, au détriment de la politique sanitaire et de la citoyenneté.

«L es non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder, et on va continuer de le faire jusqu’au bout. » Puis, un peu plus tard, à propos des antivax : « Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n’est plus un citoyen. » En prononçant ces mots, dans un entretien au Parisien publié en ligne mardi 4 janvier dans la soirée, le président de la République a pris le parti de verser du sel sur les plaies du pays, tout en déclenchant rien de moins qu’une crise politique et institutionnelle, en plein débat parlementaire sur le passe vaccinal (lire page 6). Continuer la lecture de Covid. Emmanuel Macron, « irresponsable » en chef