#3Novembre9h22. Rebecca Amsellem : « Nos propositions pour réduire les écarts de salaire entre hommes et femmes »

Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2021 à Paris. Alain Guilhot/Divergence

Depuis cinq ans, Rebecca Amsellem calcule la date à laquelle les femmes commencent à travailler gratuitement du fait des inégalités salariales en faveur des hommes. Cette année, la disparité commence ce 3 novembre, à 9 h 22. Il y 5 ans, c’était le 7 novembre. Comment faire face à cette inégalité qui continue de s’accroître ? 

Rebecca Amsellem Fondatrice de la newsletter féministe les Glorieuses

Rebecca AmsellemFondatrice de la newsletter féministe les Glorieuses

La fondatrice de la newsletter féministe les Glorieuses, à l’initiative du mouvement annuel en faveur de l’égalité salariale, lance une pétition #3Novembre9h22 et des propositions à l’intention des prétendants à l’élection présidentielle.

Comment vous est venue l’idée de lancer cette opération ?

Rebecca Amsellem Il y a cinq ans, j’ai vu une photo très impressionnante : des Islandaises descendues en masse dans les rues de Reykjavík pour réclamer l’égalité salariale. En Islande, il y a, depuis les années 1970, un engagement politique de syndicalistes qui, tous les cinq ans, calculent la date et l’heure à laquelle les femmes devraient s’arrêter de travailler si elles étaient payées autant que les hommes. Continuer la lecture de #3Novembre9h22. Rebecca Amsellem : « Nos propositions pour réduire les écarts de salaire entre hommes et femmes »

L’écologie sans la lutte des classes c’est du jardinage (Vidéo)

A diffuser massivement!

Déserts médicaux. Le cri d’alarme d’un médecin de campagne

Une nuit de début octobre, Frédérick Stambach a constaté le décès d’un homme qui n’avait pu être pris en charge à cause des insuffisances du système de santé local. L’intervention de trop pour ce généraliste en Haute-Vienne qui a adressé à l’Humanité une lettre coup de poing où il appelle à renverser les politiques austéritaires :  « Nos gouvernements ont sciemment organisé le chaos sanitaire » écrit-il.

Médecin généraliste à Ambazac, Frédérick Stambach est ce que l’on peut appeler un praticien aguerri. À 39 ans, dont huit à exercer dans cette commune rurale voisine de Limoges, à la jointure de la Haute-Vienne et de la Creuse, le docteur a l’agenda de consultations rempli plus que de raison et le téléphone en surchauffe permanente.

À ses rares heures perdues, le thérapeute, qui endure chaque jour les conséquences d’un désert médical, se mue en citoyen engagé au chevet de notre système de santé au sein du collectif Ateliers pour la refondation du service public hospitalier (1). Aguerri, il pensait l’être. Jusqu’à ce soir d’octobre et la constatation inhumaine de ce décès. « J’avoue avoir mis plusieurs jours à m’en remettre », glisse-t-il dans le courrier adressé à l’Humanité le 13 octobre. « J’ai eu l’impression d’entrevoir notre futur à la campagne car déjà nous n’y arrivons plus et la situation ne va faire que s’aggraver… L’angoisse est générale chez les patients et les soignants face à cette situation », souligne-t-il. Continuer la lecture de Déserts médicaux. Le cri d’alarme d’un médecin de campagne

Il n’y a pas de solitude inexpugnable : ainsi fut le discours de Pablo Neruda lors de la remise du Nobel….

 

On sait aujourd’hui le contexte de ce Nobel et comment Neruda a mené une véritable campagne pour l’obtenir, non pour sa gloire personnelle mais pour le soutien politique à son camarade Allende alors que les Etats-Unis menaient campagne contre cette attribution, comme encore aujourd’hui ils prétendent contrôler le Nobel et la reconnaissance internationale culturelle. Le discours qui rappelle le contexte de l’exil auquel a été contraint Neruda, le poète mais la relation entre poésie et combat politique d’un communiste va encore plus loin, elle revendique la simplicité du geste qui nourrit et le chamanisme qui enfonce ses racines dans la nature et la conscience d’être des hommes, la solitude et la communauté et comme Aragon, il peut alors dire qu’il n’a jamais appris à écrire. Un dernier mot souvent sous le titre de discours au nobel de Neruda on trouve un poème qui lui est attribué et il débute par “il n’a pas vécu celui…”, chaque fois je proteste parce que le dit poème est le contraire de ce que dit Neruda, il fait partie de ces posts prétentieux des réseaux sociaux, de ces pseudos envols de l’âme et citations qui éloignent de la culture et de la poésie, en font un lieu de maxime pour “le bien vivre”, la seule place qui leur convienne est la porte des toilettes. Lisez donc ce véritable discours de Neruda comme un antidote à la médiocrité de notre temps sur le plan politique comme sur le plan de l’écriture, il y manque le silence, le geste et la parole du peuple, je me plains de ce qu’on ose faire des êtres humains et de la poésie, de l’être Aragon. (note et traduction de Danielle Bleitrach) .
Pablo Neruda lors de la remise du prix Nobel de littérature en 1971.

Le 21 octobre 1971, il a été annoncé que le prix Nobel de littérature reviendrait cette année-là à Pablo Neruda. Quelque temps plus tard, le 10 décembre, le poète était en Suède pour le recevoir. Dans son discours, il raconte l’histoire de sa fuite en Argentine, en 1949, pour fuir la persécution et fait une réflexion sincère sur la poésie. Ceci est le texte intégral. Continuer la lecture de Il n’y a pas de solitude inexpugnable : ainsi fut le discours de Pablo Neruda lors de la remise du Nobel….

Harcèlement scolaire. « Les solutions ne peuvent être que collectives »

Mulhouse (Haut-Rhin), le 24 octobre. Marche blanche en mémoire de Dinah. Victime de harcèlement, cette adolescente de 14 ans s’est donné la mort le 5 octobre. © Frédéric Florin/AFP

Pour Éric Debarbieux, pédagogue spécialiste de la violence à l’école, la lutte contre le harcèlement nécessite une prise en charge globale de l’acceptation de l’autre qui dépasse le milieu scolaire.

Plus de 1 400 personnes ont défilé, dimanche 24 octobre, à Mulhouse (Haut-Rhin) pour rendre hommage à Dinah, l’adolescente de 14 ans qui s’est suicidée le 5 octobre. Depuis deux ans, elle était victime de harcèlement en raison de son origine ethnique et de son orientation sexuelle. Éric Debarbieux, philosophe et professeur en sciences de l’éducation, réagit.

Comment de tels drames peuvent-ils encore avoir lieu ?

Éric Debarbieux Philosophe et professeur en sciences de l’éducation

Éric Debarbieux On aurait certainement pu faire autrement. Les cellules d’écoute ne sont pas suffisantes. La prise en compte collective dans les établissements scolaires, la formation ne sont pas à la hauteur, même si les choses ont progressé. Mais on le sait : dans la plupart des cas les plus sévères, aucun programme magique de peut résoudre le problème.

Les programmes nationaux de lutte contre le harcèlement ne seraient donc pas efficaces ? Continuer la lecture de Harcèlement scolaire. « Les solutions ne peuvent être que collectives »

Tollé contre la levée du secret médical dans les écoles in Caf. Péda.

L’amendement à la loi « portant diverses dispositions de vigilance sanitaire » autorisant les chefs d’établissement et les personnes qu’ils autorisent à avoir accès au statut virologique et vaccinal des élèves suscite de nombreuses protestations. Le syndicat des infirmières Snics Fsu estime que les retombées du texte seront bien plus négatives que son application. Le principal syndicat de personnels de direction, Snpden Unsa, juge que c’est inopportun.

Un amendement pris sans concertation

 L’amendement 366 de la loi « portant diverses dispositions de vigilance sanitaire » a t-il un avenir ? S’il en avait un il faudrait s’interroger sur des motivations cachées. Car à l’évidence ceux qui sont susceptibles de l’utiliser n’en veulent pas. Continuer la lecture de Tollé contre la levée du secret médical dans les écoles in Caf. Péda.

Tarn-et-Garonne : « Sans les AESH, l’école ne pourrait pas fonctionner », plaide une enseignante in DDM

Des grévistes ont tenu une réunion d’information dans les locaux de la FSU à Montauban. Des grévistes ont tenu une réunion d’information dans les locaux de la FSU à Montauban. DDM – William BERNECKER

Les AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap) étaient en grève ce mardi pour dénoncer un manque de considération et des salaires insuffisants.

« Un vrai statut, un vrai salaire ». Telle est la synthèse des revendications de la journée intersyndicale de mobilisation des AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap). Un appel à la grève était lancé hier dans toute la France. « Sans AESH, l’école ne pourrait pas fonctionner » insiste Sandra Rubio, enseignante et co-secrétaire du syndicat SNUipp-FSU en Tarn-et-Garonne. Une profession, largement féminine, qui accompagne au quotidien des élèves sur le temps scolaire depuis 2014 (anciennement AVS pour Auxiliaires de Vie Scolaire). « Au-delà de les aider, c’est leur apporter du bonheur, de la confiance en eux. On prépare la génération de demain. » témoigne Fabienne, 58 ans, qui exerce depuis 5 ans. Continuer la lecture de Tarn-et-Garonne : « Sans les AESH, l’école ne pourrait pas fonctionner », plaide une enseignante in DDM

Laïcité : Blanquer menace les professeurs  in Caf. Péda.

JM Blanquer montre son vrai visage. « Transmettre les valeurs de la République » ou « quitter l’enseignement ». Le ministre de l’éducation nationale a énoncé une nouvelle règle d’interdiction professionnelle le 19 octobre  durant la première journée de formation à la laïcité organisée par son ministère. Ses menaces confirment la conception particulièrement excluante de la laïcité que porte JM Blanquer et son opposition avec la culture professionnelle des enseignants. Il ne s’agit pas de défendre la laïcité mais d’imposer la version du ministre qui, par ailleurs , est un fervent soutien du catholicisme dans son ministère. « L’école de la confiance » était bien un leurre. Ces propos font réagir des enseignants.

« Sortez de ce métier »

« Lorsqu’on devient professeur, on devient fonctionnaire. Lorsqu’on est fonctionnaire de la République, on connaît les valeurs de la République et on les transmet », déclare Jean-Michel Blanquer le 19 octobre. « Si quelqu’un a un problème avec les valeurs de la République, ça peut être possible sur le plan démocratique, en tant que citoyen français, par contre ce n’est pas possible en tant que fonctionnaire de la République… Si vous devenez professeur, vous transmettez les valeurs de la République. Et si vous ne les transmettez pas et si même vous militez contre les valeurs de la République, éventuellement sortez de ce métier, parce que vous vous êtes trompés à un moment donné ». Et JM Blanquer précise encore la menace : « Cela n’a peut-être pas été assez clair dans le présent et le futur, au travers de la formation comme de la gestion de la carrière des personnes ». Continuer la lecture de Laïcité : Blanquer menace les professeurs  in Caf. Péda.

Handicap. L’école inclusive est un sport de combat

Selon les syndicats, le nombre d’heures d’accompagnement alloué aux enfants « se réduit trop souvent à 3,7 heures par semaine, quand il était auparavant de 6 à 9 heures ». J.-M. Loos/MaxPPP

La journée d’action des AESH de ce 19 octobre, la troisième cette année, met en évidence les promesses non tenues d’une école proclamée « inclusive », mais à qui on ne donne pas les moyens de le devenir.

Elles et ils ne lâchent pas l’affaire. Les AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap) étaient dans la rue le 8 avril, dans une mobilisation qui a surpris par son ampleur ceux qui ne s’intéressent qu’épisodiquement à leur situation. Ils ont remis ça le 3 juin. Et comme ils n’obtiennent toujours pas ­satisfaction sur leurs revendications ­essentielles, ils y retournent ce mardi 19 octobre, avec une liste de manifestations et de rassemblements qui n’oublie aucun recoin de l’Hexagone (pour l’Île-de-France, rendez-vous à 13 heures à la station RER Luxembourg pour défiler en direction du ministère de l’Éducation nationale). Continuer la lecture de Handicap. L’école inclusive est un sport de combat

La laïcité rabougrie de Jean-Michel Blanquer

Photo d'illustration Alain Jocard/AFP

Qu’a fait le ministère de l’Éducation nationale depuis un an pour rendre hommage à Samuel Paty et conforter les enseignants dans leur rôle ? Bien peu si ce n’est tenter d’imposer une certaine vision de la laïcité.

Il ne peut pas s’empêcher de brandir la trique. Jeudi 14 octobre, à la veille de cette journée nationale d’hommage à Samuel Paty dans tous les établissements scolaires sous la forme d’une minute de silence observée en fin de journée, Jean-Michel Blanquer a prévenu : tout fait de perturbation volontaire devra être « signalé et bien évidemment sanctionné ». Le ministre a pourtant dû rappeler que de tels faits « représentaient un pourcentage très faible », y compris l’an dernier, lors de l’hommage rendu au professeur assassiné. Continuer la lecture de La laïcité rabougrie de Jean-Michel Blanquer