Faut-il limiter le droit à la propriété pour garantir le droit au logement ? + Appel PCF pour le droit au logement

 L’université permanente de la section de Castelsarrasin, Moissac et du Pays de Serres poursuit son programme de conférences publiques. Le prochain rendez-vous, autour du droit au logement et des réponses face à la crise, sera organisé

le samedi 2 mars de 10h à 12h30

à l’Espace Métais, rue de la Révolution à Castelsarrasin.

Cette conférence est ouverte à tous.

« Soixante-dix ans après l’appel de l’abbé Pierre, la crise du logement est à son niveau le plus grave. La situation affecte des milliers d’habitantes et d’habitants dans notre département. Tous s’accordent à la dénoncer mais cela ne suffit pas. Il faut désormais alerter la population de la situation et pointer les sujets sur lesquels la mobilisation de nos concitoyens sera nécessaire afin de permettre à chacun de se loger dignement », a déclaré Maximilien Reynes Dupleix, secrétaire de la section locale du PCF, lors de la présentation à la presse.

« Les gouvernements successifs ont enfoncé le pays dans une crise durable en diminuant le soutien financier à la construction de HLM. Plus de 5000 ménages sont en attente d’un logement social en Tarn et Garonne, mais l’office public n’aura la capacité d’en construire qu’un peu moins de 150 en 2024. C’est une véritable bombe sociale qui est en train d’exploser dans nos territoires », détaille Julien Sueres, administrateur de la Confédération Nationale du Logement (CNL), représentant des locataires au conseil d’administration de Tarn et Garonne Habitat et qui animera le débat. Continuer la lecture de Faut-il limiter le droit à la propriété pour garantir le droit au logement ? + Appel PCF pour le droit au logement

Pour une coalition internationale pour la paix en Ukraine : reprenons la main sur la défense et la sécurité européennes

Déclaration de la liste Reprenons la main en France et en Europe conduite par Léon Deffontaines

Il y a deux ans, le régime réactionnaire, autocratique et chauvin du président russe Vladimir Poutine envahissait l’Ukraine. Nous avions alors immédiatement condamné sans réserve cette violation de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et du droit international, que rien ne pouvait justifier. Depuis, les bombes ne cessent de s’abattre sur les villes ukrainiennes, faisant chaque jour davantage de victimes civiles. Des millions de réfugiés ont été contraints de fuir leur pays. Des villes et des civils russes sont également victimes de ce conflit abominable. Le coût humain en est effroyable. Cette guerre a des répercussions mondiales, accélérant la militarisation des rapports de force internationaux. La course aux armements est relancée. L’approvisionnement en céréales et en engrais de nombreux pays est instrumentalisé et menacé. Continuer la lecture de Pour une coalition internationale pour la paix en Ukraine : reprenons la main sur la défense et la sécurité européennes

La Cérémonie, retour sur une entrée au Panthéon Par olivier Barbarant

 

 

Le poète Olivier Barbarant, spécialiste de Louis Aragon et membre du comité de rédaction de Commune, faisait partie des invités à la cérémonie de panthéonisation de Missak et Mélinée Manouchian. Il nous livre un témoignage éminemment personnel sur ce grand moment d’hommage à la résistance immigrée et communiste et aux héros de l’Affiche rouge.

L’entrée au Panthéon de Missak et Mélinée Manouchian (et à travers eux de l’ensemble des 23 martyrs de l’Affiche rouge, comme de la résistance de la « Main d’œuvre immigrée », voire pour la première fois de la résistance communiste) n’a pas attendu ce pluvieux 21 février 2024 pour occuper les esprits. Depuis plusieurs mois, dans les collèges et les lycées, on apprend leur histoire, on étudie les biographies des « Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant », on analyse l’admirable renversement par lequel une propagande a vu se retourner l’affiche conçue pour susciter la haine, cherchant « un effet de peur sur les passants », en stèle d’hommage, parce que « des doigts errants/ avaient écrit sous vos photos ’Morts pour la France’ »… L’École de la République, grâce à l’investissement de ses maîtres, les associations de mémoire de la résistance, les syndicats, le Parti communiste, les collectifs arméniens ont nourri depuis des mois ce dont la cérémonie est à la fois la source et l’aboutissement. Dans ce seul mois, deux rencontres ont eu lieu à la Place du Colonel Fabien, les 5 et 20 février, faisant toutes deux salle comble.

On a raconté la vie des apatrides, passant d’une guerre à l’autre dans leur exil, comme Celestino Alfonso sortant de la guerre contre Franco pour combattre le fascisme dans un pays dont on sait comment il y fut accueilli… C 215 a peint dans la prison de Fresnes les portraits des héros étrangers.

On a honoré leur mémoire sans que l’étude cédât au culte, sans que la précision historique fût enveloppée dans les brumes d’un rituel ne servant que les intentions du jour –ce qui était à craindre. La science aussi a progressé dans la foulée de cet élan : les carnets manuscrits de Missak Manouchian, redécouverts au musée d’art et de littérature d’Erevan par sa petite-nièce Katia Guiragossian, désormais mis en ligne par les Archives nationales, rejoignent les dossiers de naturalisation, ceux des filatures, les organigrammes reconstitués par la police de Vichy… Continuer la lecture de La Cérémonie, retour sur une entrée au Panthéon Par olivier Barbarant

CAC 40 : des milliards de profits qui font débat + Video Leon Deffontaines

Alors que le gouvernement vient d’annoncer de nouvelles mesures d’austérité, des voix s’élèvent pour taxer les bénéfices des multinationales françaises, dont les résultats annuels s’annoncent supérieurs à 2023.

C’est un hasard du calendrier, un de ces carambolages dont l’actualité raffole. Le gouvernement a décidé d’annoncer un nouveau tour de vis budgétaire d’un montant de 10 milliards d’euros, en plein pendant la période de publication annuelle des résultats du CAC 40

L’effet produit par cette collision malheureuse est saisissant : chaque jour, le gouvernement donne le détail des coupes budgétaires qu’il compte opérer, pendant que l’indice boursier vole de record en record, dopé par l’optimisme des multinationales françaises. Le CAC 40 a ainsi dépassé les 7 880 points, un record historique (lors de sa création, en 1987, il valait 1 000 points). Continuer la lecture de CAC 40 : des milliards de profits qui font débat + Video Leon Deffontaines

Les maires et le naufrage démocratique Par Philippe Rio

Passé presque inaperçu, le 15e « Baromètre annuel de la confiance politique » du Cevipof vient de sortir. Il dresse le portrait de Françaises et de Français déçus de la démocratie et méfiants envers leur prochain. De page en page, on vacille sur sa chaise quand on ne manque pas d’en tomber. Du moins à première vue. La méfiance (38 %) et la lassitude (36 %) caracolent en tête pour qualifier l’état esprit de nos concitoyens quand l’enthousiasme (9 %) et le bien-être (15 %) se morfondent dans les profondeurs du classement. Continuer la lecture de Les maires et le naufrage démocratique Par Philippe Rio

Discours de Fabien Roussel devant la dernière planque des Manouchian – 21 février 2024

Monsieur le vice-président du Sénat, cher Pierre Ouzoulias, Mesdames, Messieurs les parlementaires,
Madame la Secrétaire générale de la Confédération Générale du Travail, chère Sophie Binet,
Mesdames, Messieurs les présidents d’association, Mesdames, Messieurs,

Nous sommes rassemblés ici, rue de Plaisance, devant ce lieu où, clandestins, Missak et Melinée Manouchian vécurent au plus dur de la guerre. Une petite rue toute simple, comme il y en a tant dans notre pays, une rue où frémissait un amour, une rue où grandissait un espoir, celui, formidable, de la Résistance à l’oppresseur et du triomphe de la liberté.

Nous sommes ici pour rendre hommage à cet homme, Missak Manouchian et à cette femme, Mélinée Manouchian ; à leurs frères et à leurs sœurs de combat

Celestino, Olga, Joseph, Georges, Rino, Thomas, Maurice, Spartaco, Jonas, Emeric, Léon, Szlama, Stanislas, Cesare, Armenak, Marcel, Roger, Antoine, Willy, Amedeo, Wolf, Robert et les dizaines de milliers d’autres, ceux qui furent arrêtés plus tôt, ceux qui furent arrêtés ensuite, ceux qui furent déportés et qui ne revinrent jamais, ceux qui survécurent. Tous ces hommes et ces femmes, nés ici ou ailleurs, qui coururent tous les risques pour que nous vivions libres et debout. En pleine humanité. Continuer la lecture de Discours de Fabien Roussel devant la dernière planque des Manouchian – 21 février 2024

Fabien Roussel : « La panthéonisation de Manouchian est un honneur pour les communistes et la réparation d’une injustice » + video

Le secrétaire national du PCF salue l’entrée du résistant communiste au Panthéon, qui consacre la reconnaissance du rôle joué par les Francs-Tireurs et Partisans. Il fustige la présence de l’extrême droite à la cérémonie officielle.

Ce 21 février, Missak et Mélinée Manouchian, et avec eux les 23 de « l’Affiche rouge », entrent au Panthéon. Que signifie cet événement pour les communistes ?

C’est d’abord un honneur d’avoir enfin un communiste qui entre au Panthéon aux côtés d’autres résistants. C’est une réparation vis-à-vis de notre histoire et de l’engagement prépondérant du PCF face à l’occupant nazi et pour la libération du pays. La Résistance a construit la nation française. Elle était constituée de courants de pensée différents qui ont su s’unir au service de la République. Beaucoup l’ont payé de leur vie.

Ces différents courants sont représentés par des personnages illustres comme Jean Moulin, qui a été le premier résistant à entrer au Panthéon. D’autres personnalités panthéonisées sont intimement liées à l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Je pense à Simone Veil, à Jean Zay, à Joséphine Baker. Il manquait la Résistance communiste.

Qu’elle soit représentée au Panthéon par un ouvrier poète arménien, étranger, est un honneur pour le Parti communiste français. Le PCF avait construit une branche armée, les FTP-MOI, composée de militants étrangers immigrés. C’est un symbole extrêmement fort, représentatif de notre combat, de notre vision universaliste de la société française. Continuer la lecture de Fabien Roussel : « La panthéonisation de Manouchian est un honneur pour les communistes et la réparation d’une injustice » + video

Fabien Roussel invité de RTL matin…

Fabien Roussel était l’invité de RTL Matin, ce lundi 19 février…

 

Le Rhaine et Reconquête ne sont pas les bienvenus…

Pierre Ouzoulias, sénateur CRCE-K

Le RN et Reconquête n’ont rien à faire à la cérémonie de panthéonisation de Missak Manouchian. Ils sont les héritiers de Vichy et d’une vision ethnique de la nation. Nous sommes les héritiers de Manouchian et d’une vision politique de la nation.
Cet antagonisme historique et politique était vrai hier et perdure encore aujourd’hui. Sinon, comment expliquer que depuis l’annonce officielle de la panthéonisation (18 juin), Marine Le Pen n’a pas prononcé un mot à ce sujet (y compris le jour même, comme en témoigne cette capture d’écran), que le RN a dénoncé l’électoralisme d’Emmanuel Macron, tandis que Zemmour lui a fustigé « une manipulation » qui laisse penser que « seuls les étrangers se sont battus pour la France, c’est faux ».
Chères et chers journalistes, plutôt que de nous demander pourquoi nous ne voulons pas d’eux mercredi prochain, demandez-leur pourquoi ils n’ont rien à dire ou pourquoi ils s’insurgent de la panthéonisation de Missak Manouchian.
Vous comprendrez alors ce qui sépare les républicains de ceux qui ne le sont pas.

Strophes pour se souvenir

Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c’est alors que l’un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d’hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant.

Louis Aragon, Le Roman Inachevé

Missak Manouchian et l’Affiche rouge : « La propagande nazie s’est retournée contre ses initiateurs »

L’historien du communisme et du régime de Vichy Denis Peschanski et le documentariste Hugues Nancy cosignent « Manouchian et ceux de l’Affiche rouge », un film-événement « tout archives ». Ce remarquable travail vient combler les zones d’ombre qui subsistent autour de la lutte, la traque et la fin de ces mythiques combattants FTP-MOI.

L’histoire est connue. Mais elle révèle encore des détails que seul le travail minutieux des historiens peut mettre en lumière. Aux nazis, il fallait une tête d’affiche pour dénoncer les « terroristes » qui voulaient libérer leur pays : ce sera Missak Manouchian, requalifié en « chef de bande » de « l’armée du crime ». Mais grâce à cette affiche rouge dont Aragon et Ferré feront un signe de ralliement, lui et ses 22 camarades combattants des FTP-MOI entreront à jamais dans la lumière.

Ils le méritent, comme cette entrée prochaine au Panthéon, par leur amour immense pour leur patrie d’adoption : on apprend ainsi, dans le film coécrit par l’historien Denis Peschanski et le documentariste Hugues Nancy, que Manouchian avait déposé deux demandes de naturalisation, pour pouvoir s’enrôler dans l’armée. Il trouvera finalement un autre moyen de défendre son pays. Comme lui, les communistes étrangers, pour les Allemands coupables à double, parfois triple titre (nombre d’entre eux étaient juifs, il y avait même des femmes) du délit d’altérité, ont clamé cet amour en versant leur sang. Ce rappel pour mémoire (collective) n’était pas inutile. Continuer la lecture de Missak Manouchian et l’Affiche rouge : « La propagande nazie s’est retournée contre ses initiateurs »